BERNE – Chaque année en Suisse, un cancer du poumon est diagnostiqué chez près de 2500 hommes et 1200 femmes. Chez l’homme, avec 2000 décès par an, le cancer du poumon est le type de cancer le plus mortel. Chez la femme, cette forme de cancer se place après le cancer du sein en deuxième position des causes de décès par cancer, avec quelque 900 victimes par an.
Ces chiffres sont effrayants. Cependant, en comparaison avec d’autres types de cancer, le cancer du poumon fait l’objet de bien peu d’attention de la part des médias et du public. Mais cette situation doit changer – en novembre pour commencer. Le mois de novembre est en effet le mois international du cancer du poumon (Lung Cancer Awareness Month, LCAM). En Suisse, il est organisé pour la quatrième année consécutive par un comité médical composé de six médecins. Ces éminents spécialistes du cancer du poumon (oncologues et pneumologues) exercent dans toutes les régions linguistiques de la Suisse et sont tous les jours sur le front pour combattre le cancer du poumon. Et les nouvelles du front sont quelquefois bonnes: en Suisse, le taux de survie à cinq ans (14%) est le plus élevé d’Europe – et ce grâce à une prise en charge médicale multidisciplinaire de qualité.
Les fumeurs ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes...
Dans 80% des cas, le cancer du poumon est dû au tabagisme. La question suivante est par conséquent légitime: les personnes touchées ne sont-elles pas responsables de ce qui leur arrive? Réponse du Dr Solange Peters, membre du comité médical du LCAM, Cheffe de clinique, Centre pluridisciplinaire d’oncologie Hôpital universitaire de Lausanne (CHUV): «Oui, les fumeurs sont partiellement responsables de leur maladie. Cela dit – et c’est très important de le souligner –, ils n’ont pas mérité de tomber malades. Personne ne mérite de tomber malade. Nous devons de savoir soigner sans aucun jugement de valeur sur les choix de chacun. Tant qu’ils sont en bonne santé, les fumeurs sont des citoyens respectés, des collègues appréciés et aimés et des personnes estimées. Et ils le restent au même titre une fois atteints d’un cancer du poumon!»
Liguepulmonaire.ch, 27 octobre 2011
Fumer provoque des dégâts au niveau génétique en quelques minutes
WASHINGTON - Les premières bouffées de tabac inhalées par un fumeur decigarette provoquent en quelques minutes des dégâts au niveau génétique qui induisent des risques de cancer. C'est ce que montre une étude de scientifiques américains diffusée samedi.
"L'effet est si rapide qu'il est équivalent à l'injection directe de la substance dans le sang", expliquent les scientifiques dans des conclusions qui constituent selon eux un "avertissement sévère" pour les fumeurs.
Cette étude parue dans le journal "Chemical Research in Toxicology" est la première à examiner comment les substances contenues dans le tabac provoquent des dégâts au niveau de l'ADN chez l'homme. Elle s'appuie sur 12 fumeurs volontaires, chez lesquels les chercheurs ont suivi la trace de produits toxiques contenus dans le tabac et appelés hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP).
Ils se sont notamment intéressés à l'action dans le sang d'une de ces substances, le phénanthrène, qu'on trouve dans la fumée de cigarettes et ont constaté qu'elle formait une substance toxique qui "provoque des mutations qui peuvent engendrer un cancer", selon l'étude.
"Les fumeurs atteignent le niveau maximum de la substance dans une échelle de temps qui a surpris même les chercheurs: seulement 15-30 minutes après que les volontaires eurent fini leur cigarette", note l'étude.
Le cancer du poumon est le plus meurtrier des cancers et celui qui augmente le plus dans le monde, puisque plus de 12 millions de nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année et que près de 8 millions de personnes en meurent. Quelque 90% des morts dues à un cancer des poumons sont liés à la cigarette.
ATS: 16 janvier 2011
Des progrès dans la lutte contre le cancer du poumon
GENEVE - Plus de 1500 spécialistes du cancer du poumon sont réunis à Genève jusqu'à samedi. Ils vont faire le point de l'avenir de la recherche et des nouvelles approches thérapeutiques. Les progrès réalisés sont prometteurs, ont affirmé mercredi les organisateurs.
"La recherche est à un moment décisif, en raison des progrès rapides réalisés dans le développement de nouveaux agents thérapeutiques, en génétique et dans les traitements multidisciplinaires", a déclaré le Dr Rafael Rosell (Espagne) en ouverture du congrès à Palexpo.
Le Dr Françoise Mornex (France) a espéré que le congrès "ouvre la voie vers des progrès importants pour l'amélioration des conditions des patients, grâce à des traitements plus efficaces, dans le cadre de stratégies thérapeutiques combinées".
Le congrès a lieu pour la deuxième fois à Genève après la première édition en 2008. Il est organisé par la Société européenne pour l'oncologie médicale (ESMO) et l'Association internationale pour l'étude du cancer du poumon (IASLC).
Cancer le plus fréquent
Le cancer du poumon est à l'origine de 1,3 million de décès par an dans le monde sur un total de 7,4 millions de décès par cancer chaque année. Il s'agit du cancer le plus fréquent chez l'homme. Près de 90% des décès dans les pays développés sont imputés au tabagisme.
Chaque année en Suisse, 2800 personnes environ meurent d'un cancer du poumon sur 3200 cas recensés. Cette maladie est responsable de 24,5% des décès par cancer chez l'homme (9200 au total) et de 7,3% des décès par cancer chez la femme (7300 au total) en Suisse.
Les spécialistes, oncologues, radiologues et représentants d'autres disciplines réunis à Genève, doivent discuter notamment de la personnalisation des traitements.
"Les thérapies personnalisées, c'est-à-dire développées sur mesure en fonction des caractéristiques du cancer de chaque patient, semblent particulièrement prometteuses", a affirmé le Dr Pobert Pirker (Autriche). Cela non seulement pour les résultats obtenus chez les patients, mais aussi d'un point de vue économique et en termes de réduction de la toxicité.
Métastases osseuses
Une étude a été présentée mercredi sur l'utilisation de l'acide zolédronique chez les patients présentant des métastases osseuses. Selon cette étude, les patients traités avec cette substance vivent plus longtemps.
Les métastases osseuses ont lieu chez 20 à 40% des malades du cancer du poumon, mais elles sont souvent diagnostiquées trop tard, a expliqué le Dr Rossella Calderone (Italie) en présentant l'étude.
Les chercheurs ont analysé l'évolution de la maladie chez 124 patients traités avec une chimiothérapie et atteints de métastases osseuses, dont 49 ont reçu de l'acide zolédronique. Ceux-ci ont survécu en moyenne 34 semaines, comparés aux 19 semaines de survie pour les 75 patients qui n'ont pas été traités avec de l'acide zolédronique.
Source : ATS, 29 avril 2010
Cancer du poumon du non-fumeur: prédisposition génétique
PARIS - Des variations génétiques pourraient contribuer à augmenter de façon significative le risque de développer un cancer du poumon chez des personnes n'ayant jamais fumé. C'est ce que révèle une étude publiée lundi en ligne dans la revue "The Lancet Oncology".
Le tabagisme reste la première cause du cancer du poumon: les fumeurs ont un risque quinze à vingt fois supérieur de développer ce type de cancer, comparé aux non fumeurs.
Cependant, 15% des hommes et 53% des femmes qui développent un cancer du poumon n'ont jamais fumé (soit moins de 100 cigarettes dans toute leur vie). C'est-à-dire qu'un quart des cas de cancers du poumon dans le monde survient chez des non-fumeurs. Un des facteurs de risque connu est le tabagisme passif.
Récemment, plusieurs études génomiques ont identifié des variations génétiques qui pourraient avoir un effet modéré sur le risque de cancer du poumon. Mais jusqu'à présent, aucune n'avait été réalisée uniquement sur une population de non-fumeurs.
Ping Yang (Mayo Clinic of Medicine, Rochester, Etats-Unis) et une équipe internationale de chercheurs ont conduit une étude en quatre étapes pour tenter d'identifier des variations génétiques responsables d'une augmentation du risque de cancer du poumon chez les non-fumeurs.
Ils ont identifié deux variations sur le chromosome 13 qui augmentent de près de 60% chez les non-fumeurs le risque développer un cancer du poumon.
Selon les chercheurs, ces variants génétiques altéreraient l'expression du gène GPC5, ce qui contribuerait au développement de cancer du poumon chez les non-fumeurs. Des études complémentaires sont nécessaires pour déterminer le rôle fonctionnel du gène GPC5, ont-ils estimé.
Un test de l'haleine pour détecter le cancer du poumon (étude)
PARIS - Des chercheurs israéliens ont mis au point un processus permettant de diagnostiquer un cancer du poumon en analysant l'haleine, avant que les tumeurs ne soient visibles sur des radios, selon une étude publiée dimanche dans la revue britannique "Nature Nanotechnology".
Le processus utilise des nanoparticules en or qui permettent de détecter des niveaux infimes de composés organiques volatiles dont la quantité augmente chez les personnes souffrant de cancer.
Selon cette équipe, conduite par Hossam Haick, de l'Institut de technologie d'Israël, le procédé doit encore être soumis à des essais cliniques à grande échelle. Les premiers essais ont détecté des cancers du poumon avec une réussite de 86%, affirment-ils.
Actuellement, seulement 15% des cancers sont découverts avant que la maladie ait commencé à s'étendre, alors qu'une détection précoce augmente considérablement les chances de survie.
96 personnes
Pour cette étude, l'équipe de chercheurs a relevé des échantillons d'haleine de 56 personnes en bonne santé et de 40 personnes souffrant de cancer du poumon. Pour éviter toute contamination, les participants au test avaient préalablement respiré à fond pendant cinq minutes à travers un filtre qui retenait 99,99% des composés organiques de l'air.
Les chercheurs ont étudié ensuite les composés organiques volatiles présents chez les seuls patients cancéreux, qui pouvaient servir de biomarqueurs de la maladie. Trente trois de ces composés apparaissaient chez au moins 83% des patients cancéreux, et à un moindre degré chez les personnes en bonne santé.
Les chercheurs ont ensuite mis au point un ensemble de capteurs chimiques utilisant des nanoparticules en or. Ils ont manipulé ces capteurs pour qu'ils puissent détecter certains composés organiques volatiles apparus comme spécifiques du cancer et donc distinguer entre l'haleine des patients cancéreux et celle des personnes saines.
"Ces résultats sont très prometteurs pour des diagnostics rapides, faciles et peu coûteux du cancer du poumon", ont souligné les chercheurs, estimant que la technique pourrait être étendue à d'autres types de cancer.
Selon l'Organisation mondiale de la santé, le cancer du poumon coûte la vie à 1,3 million de personnes par an dans le monde, soit près de 18% des décès par cancer.
Résultats prometteurs avec des traitements combinés
LAUSANNE - Il vaut parfois la peine d'opérer des patients souffrant d'un cancer des poumons à un stade avancé. Une étude pilotée depuis Lausanne montre qu'un plus grand nombre de malades peuvent être guéris en combinant une opération avec des séances de chimio et de radiothérapie.
"Il faut mettre toutes les armes ensemble", a résumé jeudi le Dr Roger Stupp, du CHUV à Lausanne. Jusqu'ici, les patients porteurs d'une tumeur pulmonaire très étendue dans la cavité thoracique ou ayant envahi les ganglions lymphatiques étaient considérés comme inopérables et traités exclusivement par chimio et radiothérapie.
L'étude coordonnée par le Dr Stupp démontre qu'une combinaison des traitement est dans certains cas plus efficace. Elle est publiée ces jours dans la revue scientifique "Lancet Oncology".
Les chercheurs ont suivi 46 patients, soignés dans sept hôpitaux suisses. Le traitement s'est déroulé en trois phases: il a débuté par trois cycles de chimiothérapie, suivis d'une radiothérapie de trois semaines et, dans la mesure du possible, de l'exérèse chirurgicale de la tumeur.
Presque un sur deux guéri
Après cinq ans, 40% des patients étaient encore en vie et considérés comme guéris. Alors qu'avec la radio et la chimiothérapie seules, le taux de survie à cinq ans n'est habituellement que de 20 à 30%, rappellent les spécialistes.
L'étude montre qu'il est possible de guérir des tumeurs pulmonaires même évoluées en unissant les forces. "Dès le départ, les patients ont été vus par tous les spécialistes. Cela nous a permis d'améliorer le traitement", a expliqué le Dr Stupp.
Pour l'oncologue, ces résultats sont encourageants. "Nous ne pourrons pas guérir tout le monde, mais il y a de l'espoir pour certains malades", a ajouté le spécialiste.
Mise au point d'un test sur les risques de cancer du poumon
WELLINGTON - Des chercheurs néo-zélandais ont annoncé mardi avoir mis au point le premier test permettant de mesurer le risque de développer un cancer du poumon chez les fumeurs ou les anciens fumeurs. Il devrait être disponible cette année encore.
Ce test repose sur un prélèvement buccal d'ADN et l'identification des facteurs de risque tels que l'âge, les maladies respiratoires ou les antécédents familiaux, a indiqué le professeur Robert Young, de l'université d'Auckland. "Tous les fumeurs sont exposés à un risque aggravé d'avoir un cancer du poumon mais pour certaines personnnes le risque est bien plus élevé que pour d'autres", a-t-il déclaré.
Le cancer du poumon est le cancer le plus mortel, tuant la moitié des patients atteints au cours de la première année suivant le diagnostic et 80% d'entre eux dans les deux ans. Le risque diminue fortement en cas d'arrêt de la cigarette et le taux de survie est largement supérieur lorsque la maladie est précocement diagnostiquée.
Baptisé Respiragene, ce test a été mis au point par Synergenz Bioscience, qui travaille avec l'Université d'Auckland. Il devrait être disponible en Nouvelle-Zélande et dans le monde dans l'année.
Cancer du poumon: risque de décès accru avec les hormones anti-ménopause
ORLANDO - La thérapie hormonale pour traiter les effets de la ménopause, déjà liée à une augmentation du cancer du sein et des attaques cérébrales, accroîtrait aussi fortement le risque de mortalité des femmes victimes du cancer du poumon. C'est ce que révèle une étude publiée samedi.
Ces résultats sont fondés sur une nouvelle analyse des données d'un essai clinique mené auprès de 16 608 femmes ménopausées en bonne santé par le gouvernement américain.
Cette étude, baptisée "Women's Health Intiative", visait à évaluer les effets du Prempro, une combinaison d'oestrogène et de progestine (forme synthétique de progestérone) commercialisé par le laboratoire américain Wyeth.
Cette dernière analyse a porté sur l'incidence du cancer du poumon le plus fréquent, et de son taux de mortalité pendant une période d'environ cinq ans et demi de traitement hormonal, ou de placebo.
61% plus de risque
Il n'y avait pas de différence significative entre les deux groupes dans l'incidence des cancers du poumon mais le taux de mortalité après le diagnostic était deux fois plus élevé chez les femmes qui suivaient une thérapie hormonale que chez les autres.
En d'autres termes, les femmes ménopausées ayant contracté un cancer du poumon et qui prenaient des hormones avaient 61% plus de risque de décéder de la maladie que les autres.
Le risque de mortalité chez les femmes qui fument et suivent une thérapie hormonale (oestrogène équine plus progestine) "est particulièrement préoccupante", a également souligné le Dr Rowan Chlebowski, un cancérologue du Los Angeles Biomedical Research Institute (Californie, ouest), principal auteur de l'étude.