Pour soigner la dépression le médecin peut utiliser des médicaments (antidépresseurs) ou des traitements pyschologiques axés sur la parole : psychothérapie ou la psychanalyse ainsi que des nouveaux traitements plus originaux (privation de sommeil, régime, pratique de sport, impulsions éléctrique ou magnétique ....).
Le médecin (psychiatre ou généraliste) combinera en général les différents traitements (médicaments et psychothérapie).
Relevons toutefois que seuls 60 à 80% des patients parviennent à une guérison avec les traitements actuels.
Nous allons ici détailler les traitements médicamenteux possibles de la dépression (sous prescription médicale stricte, seul votre médecin peut vous prescrire ces médicaments, sauf le millepertuis, en vente libre). Dans cette classe de médicament on distingue en général les antidépresseurs suivants :
> les tricycliques, par ex. l'amitryptiline : premier médicament antidépresseur sur le marché, médicament relativement efficace, attention toutefois aux effets secondaires provoquant sécheresse de la bouche, constipation,...
> les I.M.A.O. (=inhibiteurs de la mono amine oxydase), choisir de préférence des I.M.A.O. révérsible. Médicament également efficace.
> les sérotoninérgiques ou inhibiteurs séléctifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) comme le citalopram (action sur le neurotransmetteur sérotonine, lire article ci-dessous sur le citalopram), médicaments efficaces et souvent très prescrits, veuillez prendre note des effets secondaires et interaction en lisant la notice d'emballage.
Le Bon Conseil du Pharmacien (par Xavier Gruffat, Pharmacien)
L’antidépresseur Citalopram peut provoquer de graves arythmies cardiaques
ZOUG – Le citalopram (en France et en Suisse Seropram et génériques) un médicament très prescrit contre la dépression de par le monde par les médecins et psychiatres peut provoquer de graves arythmies cardiaques menant jusqu’à la mort selon l’agence américaine du contrôle des médicaments la FDA (Food & Drug Administration) qui a diffusé un communiqué fin août 2011. Cette information qui selon Creapharma est passée de façon plutôt inaperçue dans le monde francophone mérite pourtant une grande attention de la part des patients et du personnel médical (médecins, pharmaciens).
Une dose élevée de citalopram (40 mg par jour) peut interagir avec le cœur et provoquer dans certains cas des arrêts cardiaques suite à des problèmes dans la conduction du courant électrique. C’est pourquoi la FDA déconseille d’utiliser ce médicament à des doses supérieures à 40 mg par jour. Car comme la plupart du temps en pharmacologie la dose est très importante, plus la dose est élevée et plus les risques sont élevés. Relevons aussi qu’il y aussi de grandes différences d’une personne à l’autre (influence génétique).
D’un point de vue pratique les patients qui prennent du citalopram devraient réaliser un électrocardiogramme de routine chez leur médecin pour savoir s’ils courent un risque de souffrir d’une arythmie cardiaque. Il s’agit du meilleur moyen de contrôle afin d’éviter d’être atteint par ce grave trouble cardiaque. Relevons aussi que si vous êtes sous traitement avec le citalopram il ne faut jamais arrêter son traitement tout seul mais toujours demander conseil à son médecin. Finalement un conseil pour les docteurs, aucun médecin ne devrait prescrire du citalopram à une dose supérieure à 40 mg par jour selon la FDA. Les pharmaciens devraient mettre en garde leurs clients/patients en cas d’ordonnance à base de citalopram en suivant les recommandations mentionnées ci-dessus.
> les médicaments antidépresseurs de nouvelle génération, nouveaux médicaments avec moins d'effets secondaires et avec action rapide. Demandez conseil à votre médecin.
> le millepertuis : plante médicinale utile lors de dépression légère à modérée.
Remarques importantes avec les antidépresseurs > Souvent les médicaments antidépresseurs ne font pas effet immédiatement. C'est normal, car ces médicaments nécessitent souvent de nombreux jours (10 à 20 jours) de traitement pour que l'effet s'installe.
Restez donc patient et demandez conseil à votre pharmacien ou médecin si les effets sont trop importants ou au contraire trop faibles.
Il existe toutefois d'importantes différences entre les médicaments, veuillez lire la notice d'emballage et demandez conseil à un spécialiste.
> Chez environ 20% à 40% des patients (source : ATS, 2007), les traitements classiques (médicaments ou psychothérapie) n'ont aucun effet. C'est pourquoi le médecin devra se tourner davantage vers des traitements plus originaux (impulsion éléctrique ou magnétique,....).
Remarque sur le traitement de la dépression saisonnière (SAD)
Pour soigner le SAD une des meilleures thérapie est la luminothérapie, voir notre page spéciale sur la luminothérapie.
Antidépresseurs et préscriptions pour les enfants/adolescents : polémique !
Selon des études effectuées dans le passé, parfois controversées, il semblerait que la prescription d'antidépresseurs pour les enfants augmenterait le nombre de suicides. C'est pourquoi une nouvelle étude est parue pour essayer d'effacer cette idée reçue de risque de suicide mais apparemment sans succès.
Il resterait toujours un risque comme par exemple une augmentation possible de l'aggressivité chez les jeunes (12-17 ans) prenant des inhibiteurs du recaptage de la sérotonine. Ce sont en résumé les résultats d'une étude parue en Caroline du Nord par le psychiatre John March. Pour conclure, la prise d'antidépresseurs à l'adolescence devrait dans tous les cas se faire sous stricte contrôle du médecin et en pesant les risques et bénéfices, car on ne sait toujours pas malgré cette nouvelle étude si certains antidépresseurs type pourraient ou non augmenter le risque de suicide. (traduit de l'allemand de divers sites Internet, (04.09.04))
Réactions différentes d'une personne à l'autre avec les antidépresseurs
Des chercheurs allemands ont prouvé que chacun réagirait différemment aux antidépresseurs, du moins avec ceux qui ont été testé (inhibiteurs séléctifs du recaptage de la sérotonine : citalopram et les tricycliques : amitryptilin). Cette différence serait due à une expression génétique différente.
Cette étude est doublement intéressante car premièrement les chercheurs ont consolidé l'hypothèse que la dépression était fortement liée au système hypothalamo-hypophysaire et la glande surrénale c'est-à-dire entre autre liée au stress ou à sa formation et que deuxièmement, comme mentionné en titre, les gènes impliqués dans le système cortico-hypothalamo-hypophysaire étaient exprimés différemment et menaient à une différence dans l'efficacité des antidépresseurs d'une personne à l'autre.
Ces résultats donnent deux informations : comprendre qu'une personne ne soit pas satisfaite de son traitement au vu des ces explications et l'ouverture de portes dans la recherche future de nouveaux antidépresseurs plus efficaces. Assurément les prochains antidépresseurs devront être plus proches du système hypothalamo-hypophysaire et de la glande surrénale que ceux développés jusqu'à présent dont la cible était principalement les synapses (augmentation du taux de NT dans la fente synaptique).
Comme on le voit de plus en plus dans les nouvelles recherches, l'approche vers des espoirs de molécules plus efficaces devra se faire avec pluri-disciplinarité.
Les antidépresseurs : des médicaments qui posent parfois problème !
Les antidépresseurs sont des médicaments qui ne provoquent en général pas une adhésion immédiate du patient. En effet ces traitements nécessitent souvent un délai de plusieurs semaines avant de voir apparaître une réelle efficacité pour lutter contre les troubles de l'humeur.
Il n'est pas rare que ces remèdes agravent la sensation de déprime au début et des effets secondaires sont souvent rencontrés pendant la médication. Courage toutefois car après quelques semaines les antidépresseurs peuvent s'avérer être une sérieuse béquille face à la dépression. Aperçu des différents points à connaître pour faire face à ce traitement de plus en plus courant.
Tout d'abord les antidépresseurs comportent de nombreuses classes différentes (tricycliques, ISRS, IMAO,...). Vouloir absolument catégoriser ces différents remèdes au niveau de l'installation de l'effet et des effets secondaires pourrait s'avérer inexact. Néanmoins, et mis à part certains nouveaux antidépresseurs, le délai d'efficacité d'un antidépresseur est bien souvent de plusieurs semaines (4 à 6 semaines) et semblable d'une classe à l'autre. Les chercheurs ignorent le mécanisme d'action exact d'un antidépresseur permettant de comprendre ce délai d'installation, certains parlent d'une augmentation de la concentration des neurotransmetteurs (NA, sérotonine, dopamine) dans les synapses (lieu entre les neurones) d'autres pensent à une multiplication des neurones liés à la dépression justifiant ainsi ce délai de plusieurs semaines.
Dans cette période d'installation du traitement (ces premières semaines), le patient peut d'une part resentir une non efficacité des antidépresseurs mais d'autres part peut également voir apparaître des effets secondaires importants.
Rappelons que les effets secondaires principaux des antidépresseurs sont souvent : vision trouble, sécheresse de la bouche, fatigue, sentiment d'agitation et d'anxiété, baisse de la libido, prise de poids,...
Effectivement les effets secondaires peuvent être nombreux mais il faut savoir que ces effets collatéraux apparaissent souvent dans les premières semaines voire premiers mois et tendent à disparaître avec le temps du traitement.
Les antidépresseurs sont ainsi des médicaments bien souvent associés à des effets secondaires pour le patient, et qui ne sont pas toujours faciles à supporter et cela d'autant plus que la dépression est déjà par elle même une maladie lourde et pesante. Le conseil que nous pouvons vous donner est de bien parler avec votre médecin de votre traitement, l'informer de votre état. Un changement dans la médication avec des antidépresseurs, la piste de la psychothérapie,... sont des alternatives possibles.