Une
étude américaine a montré que plus de 5%
des hospitalisations aux Etats-Unis étaient dûes
aux effets secondaires des médicaments (soit environ
100'000 personnes par année, dont 3'000 décès).
C'est à partir de cette étude que des scientifiques
anglais ont récemment cherché à savoir
les causes et les origines de ces hospitalisations.
Une
première constatation réside dans l'observation
que deux tiers de ces patients sont des
personnes âgées, les effets
indésirables sont typiquement des saignements, des
problèmes rénaux et les origines sont bien
souvent à incomber aux antidouleurs, diurétiques
et anticoagulants.
Bien souvent il s'agit d'une
mauvaise compliance de la part des patients,
c'est à dire que la posologie n'est pas respéctée,
parfois également le patient est dépassé
par son schéma thérapeutique (trop de
médicaments en même temps et troubles de mémoires)
ce qui amène le patient à l'hôpital.
Les intéractionssont également responsables d'effets secondaires
menant à l'hospitalisation et plus particulièrement
les interactions entre médicaments d'auto-médication
(=vente libre), par exemple avec le millepertuis
(souvent peu pris en considération), ce dernier peut
diminuer l'effet d'autres médicaments.
Enfin une autre raison menant à l'hospitalisation peut
être une mauvaise prescription de la part du médecin,
suite à un diagnostic faux ou une thérapie mal
adaptée.
Afin d'éviter le plus possible des complications suite
à la prise de médicament, mentionner le
plus rapidement possible à votre médecin ou pharmacien
les effets secondaires liés à votre traitement,
parlez-en également si vous relevez une mauvaise compliance
chez une personnes âgée (dans la famille,...),
informez-vous également (sur ce site) ou avec votre pharmacien
des interactions possibles entre les médicaments (même
ceux en automédication tel le millepertuis).
Des
chercheurs américains ont démontré que
la prise d'Aspirine (molécule=acide
acétylsalicilique) chez les femmes pourrait
diminuer le risque d'avoir le plus fréquent des
cancers du sein. Cette étude parue dans le Journal
of the American Medical Association devrait toutefois être
encore confirmée. Mais dans cette première étude
les chercheurs ont trouvé que les femmes qui utilisaient
de l'aspirine au moins 4 fois par semaine pendant au moins 3
mois développaient 30% moins de risque de développer
le plus fréquent des cancers du sein. Les scientifiques
suspectent une interférence avec l'hormone oestrogène.
Ainsi l'aspirine (et ses génériques) a un effet
toujours plus extraordinaire. A la base utilisé pour
combattrre douleur, inflammation et fièvre cette subtance
s'est également avérée utile pour traiter
l'athériosclérose et réduire des risques
cardiaques, maintenant il semble que cela prévient certains
cancers, où la "success story" Aspirine s'arrêtera-t-elle?
Apportons toutefois un petit bémol, l'aspirine peut provoquer
des ulcères d'estomac, est contre-indiqué en cas
d'asthme, en revanche si on supporte ce médicament alors
il semble presque magique ! (29.05.04 Creapharma.ch et Cnn.com/Reuters)
La pharmacogénétique : aurait-elle pu éviter
le retrait du Vioxx® ?
Alors que le Vioxx® a été
retiré du marché mondial en grande pompe dans
le courant du mois de novembre et que le laboratoire MSD®
l'ayant commercialisé s'apprête à devoir
faire face à des milliards de dollars de procès
des familles des patients décédés la
pharmacogénétique
aurait vraisemblablement pu permettre d'éviter un tel
désastre humain et économique.Eclairage sur cette branche de la pharmacie qui suscite
beaucoup d'intérêt et d'espoir.
La
pharmacogénétique allie
le patrimoine génétique d'une personne avec
l'effet pharmacologique du médicament. Cette branche
permet de définir plus précisément
les effets secondaires du médicament
chez un patient et surtout de façon
préventive.
Cela permet une plus grande personnalisation des
remèdes. En effet de nos jours le médecin
préscrit un médicament et observe les effets
secondaires chez son patient, si le remède provoque
trop d'effets collatéraux désagréables
pour le patient, le médecin arrête si possible
la théarapie et en prescrit une autre. Cette
étape de tâtonnement pourrait justement être
diminuée voire supprimée grâce à
la pharmacogénétique.
Scientifiquement la pharmacogénétique repose
sur une analyse génétique de chaque patient grâce
à des chips (petites puces) biogénétiques
prédictives analysant les gènes. En effet chaque
personne présente des petites variations dans son code
ADN (gènes) appelées SNPs (single
nucleotid polymorphysms). Un lien entre ces SNPs et les effets
secondaires d'un médicament peuvent ainsi être
établi grâce à ces tests et connaître
à l'avance le meilleure remède pour le patient.
Ces
tests, effectués par le médecin, permetteraient
à long terme d'éviter le retrait d'un médicament
à grande échelle comme le Vioxx®. En effet
ce médicament était très utile
pour de nombreux patients (donnaient moins de problèmes
gastriques que les anti-inflammatoires classiques) mais multipliait
malheureusement par quatre le risque cardio-vasculaire
(photo). Une décision raisonnable a
donc été prise par le laboratoire. Toutefois ce
dernier a perdu énormément en ressources, premièrement
le Vioxx® était un médicament blockbuster
(plus d'un milliard de dollars de CA) pour la firme et deuxièmement
l'image de marque du labo s'est effondrée. De plus des
milliers de patients sont décedés à travers
le monde.
Nous pensons ainsi que la pharmacogénétique,
à terme, pourrait éviter un retrait global d'un
médicament. Grâce à ces tests, pour
le cas du Vioxx® par exemple on aurait pu prédire
les personnes susceptibles de faire un infarctus. Même
si cette solution est une hypothèse
émise par creapharma.ch (car la réalisation
pratique eusse pue être plus complexe et mener à
des coûts importants de plus des personnes mouraient et
il fallait agir vite) nous pensons qu'il s'agit toutefois d'une
solution réaliste pour l'avenir de l'industrie
pharmaceutique pour lutter face à des retraits et permettre
l'innovation de nouvelles molécules sans voir s'inscrire
le spectre de la peur d'un retrait brutal.
C'est pourquoi Roche®, le deuxième laboratoire pharmaceutique
Suisse, l'a bien compris et dépense désormais
des sommes très importantes en recherche et
développement (R&D) dans le domaine
de la pharmacogénétique.
La pharmacogénétique est donc à notre
avis une prochaine (r)évolution pour
l'industrie pharmaceutique qui lui permettera certainement de
se refaire une image, fortement compromise
ces derniers temps par ces scandales de retraits et donc d'assurer
plus de sécurité et de qualité pour le
bien des patients.