> actualités médicaments - diagnostic mise à jour : le 11 mars 2010
Traitement du paludisme: mise en garde de l'OMS
GENEVE - Les nouveaux médicaments contre le paludisme pourraient perdre leur efficacité, s'ils ne sont pas employés correctement, a mis en garde mardi l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). L'agence de l'ONU publie de nouvelles directives.
Un nouveau type de traitement, les associations médicamenteuses comportant de l'artémisinine (ACT), a été introduit ces dernières années. L'OMS recommande maintenant de procéder à un test diagnostic pour tous les cas présumés.
Le traitement basé seulement sur les symptômes cliniques sera réservé aux situations dans lesquelles on ne dispose pas de ce type de tests, indique l'organisation.
En 2008, dans 18 des 35 pays africains ayant fait un rapport, seuls 22 % des cas suspects du paludisme ont été testés. Jusqu'à présent et dans la plupart des cliniques, il a fallu se fier aux examens microscopiques mais, avec la mise au point récente de tests de diagnostic rapide utilisant des bandelettes réactives sur une goutte de sang, un changement de politique est possible, explique l'OMS.
Etape cruciale
Le passage à un test universel du paludisme est une étape cruciale dans la lutte contre cette maladie, car il permettra une utilisation ciblée des ACT, en les réservant exclusivement à ceux qui ont réellement le paludisme, ajoute l'organisation.
Le but est de réduire l'apparition et la propagation des pharmacorésistances et de repérer les patients qui ont de la fièvre, mais pas le paludisme, de façon à pouvoir poser d'autres diagnostics et à leur administrer le traitement approprié.
L'OMS recommande par ailleurs de retirer du marché la monothérapie orale à base d'artémisinine, car son utilisation accélère le développement de la résistance des parasites. Les pays doivent veiller à diagnostiquer correctement les patients et à ce qu'ils prennent le traitement complet d'ACT pour éviter le développement de pharmacorésistances.
La moitié de la population mondiale est exposée au risque de paludisme. Chaque année, plus de 250 millions de cas, qui provoquent 860 000 tués, sont recensés. Pour la plupart en Afrique, ces décès concernent pour 85 % des enfants.