Allergie au pollen (rhume des foins): la pollution et le mode de vie sont à l'origine du mal
ZURICH - Durant les 100 dernières années, le nombre de personnes souffrant d'allergie au pollen en Suisse a augmenté de manière exponentielle. La faute à la pollution de l'air et à un mode de vie favorisant l'hygiène à outrance, selon Georg Schäppi, directeur de la fondation aha!.
Paradoxalement, les progrès réalisés en matière de santé publique et d'isolation des bâtiments jouent un mauvais tour à la population: "Plus le système immunitaire des personnes est renforcé, plus celui-ci réagit à l'environnement extérieur. Cela se manifeste par des allergies", explique à l'ATS le responsable du centre suisse pour l'allergie, la peau et l'asthme (aha!).
Les allergies sont donc des maladies typiques du monde occidental. "Il n'existe guère d'allergiques dans les pays pauvres", constate Georg Schäppi. Là-bas, les organismes doivent se battre encore contre des maladies éradiquées chez nous. Ils sont trop affaiblis pour réagir au pollen.
Autre facteur, la pollution de l'air a entraîné avec elle de nombreux cas d'allergie: "Lorsque l'air est pollué, les plantes libèrent davantage de substances allergènes. C'est le cas du bouleau qui produit une protéine de stress pour se protéger contre la pollution."
Et les pollens se brisent parfois sous l'effet de la pollution, d'où une dissémination encore plus forte. L'irritation des voies respiratoires causées par la pollution favorise en outre lui aussi le déclenchement d'allergies.
Bientôt un vaccin
Aujourd'hui, 20% de la population suisse souffrent d'allergie aux pollens. Ce taux atteignait 0,1% en 1901. "Les progrès de la médecine devraient toutefois permettre de mettre au point un vaccin anti-allergique ces prochaines années", pronostique M. Schäppi.
ATS, le 16 mars 2010
Nouvelle thérapie contre le rhume des foins
ZURICH - Trois injections au lieu d'un long traitement de désensibilisation: des chercheurs de l'Université de Zurich ont développé une nouvelle thérapie prometteuse contre le rhume des foins.
Le groupe de scientifiques dirigé par le dermatologue Thomas Kündig a mis au point une technique permettant d'injecter le vaccin non pas dans les tissus graisseux mais dans les ganglions lymphatiques. Ceux-ci participent au système immunitaire du corps. De cette manière, les anticorps peuvent se développer beaucoup plus vite.
Les chercheurs ont testé la nouvelle méthode en la comparant avec la thérapie traditionnelle. Sur quelque 160 patients souffrant du rhume des foins, la moitié environ a reçu trois injections dans les glandes lymphatiques en l'espace de huit semaines. L'autre groupe a été traité avec 54 doses de vaccin injectées dans les tissus graisseux pendant plus de trois ans.
Effets rapides et durables
La nouvelle thérapie s'est révélée la plus efficace. Après quatre mois, les patients étaient déjà environ dix fois moins sensibles aux pollens qu'auparavant. Les effets positifs duraient encore trois ans plus tard.
En revanche, les patients qui ont subi un traitement de désensibilisation ont dû attendre un an avant de ressentir une amélioration notable. Les effets étaient comparables à ceux de la nouvelle thérapie trois ans plus tard seulement.
Moins douloureux
De plus, nombreux ont été les patients à se décourager et à stopper les frais avant la fin du traitement. Les effets secondaires et les douleurs sont aussi plus fréquents qu'avec la nouvelle thérapie. Les résultats de l'étude zurichoise ont été publiés dans la dernière édition du magazine scientifique "PNAS".
Les allergies aux pollens sont très répandues. Environ 35 % de la population des pays occidentaux en souffriraient, selon des études. En Suisse, le nombre d'habitants touchés est estimé à 1,4 million.
ATS, le 11 novembre 2008
Particules fines
Beau temps et pollution font souffrir les allergiques aux pollens
BERNE - Aulnes et noisetiers sont en fleurs depuis quatre semaines en raison du beau temps. Leurs germes font d'ores et déjà souffrir les personnes allergiques aux pollens, déjà incommodées par le taux élevé de particules fines dans l'air.
La floraison a commencé 10 à 20 jours plus tôt que d'habitude, affirme Andreas Pauling, biométéorologue chez MétéoSuisse, interrogé jeudi par l'ATS. Les températures élevées du mois de janvier en sont l'explication, selon lui.
Le sud des Alpes, le Valais et l'Arc lémanique sont particulièrement touchés par cette forte concentration de pollens en raison de la clémence de leur climat. Les émissions élevées de particules fines ne font qu'aggraver la situation pour les allergiques. "Il semble que le corps réagisse de façon plus sensible au pollen, lorsque le degré de pollution est important", souligne M. Pauling.
Les températures - élevées pour la saison - et les fortes concentrations de particules fines vont se maintenir au niveau actuel ces prochains jours, prédit le spécialiste. Les allergiques sont condamnés à espérer une baisse du mercure et des précipitations.
En Suisse, 15 à 30 % des personnes souffrent du "rhume des foins". Ce taux est en hausse et la période d'exposition aux pollens dure plus longtemps en raison du réchauffement climatique, estime M. Pauling. La plupart des allergies sont liées aux graminés et au pollen de bouleau.
Source : ATS, 14 février 2008
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