Les antirétroviraux plus efficaces que prévu contre la transmission
ROME - L'utilisation du traitement antirétroviral contre la transmission de l'infection au VIH est encore plus efficace qu'annoncé, selon les derniers résultats d'une étude rendus publics lundi à Rome. Ceux-ci pourraient transformer le visage de l'épidémie.
Cette étude conduite dans neuf pays, a porté sur 1763 couples sérodifférents -une personne infectée, l'autre pas-. Elle a fait apparaître que si on traite plus tôt la personne infectée il en résulte une réduction du risque d'infection chez l'autre de 96%.
De fait, selon les nouvelles données publiées lundi, ce sont 29 personnes qui ont été infectées, dont 28 chez les personnes traitées plus tardivement.
En outre, il est apparu que le seul cas d'infection dans le couple dont la personne infectée a été traitée tôt est intervenu très probablement juste après le début du traitement. Celui-ci n'avait pas encore réduit la charge virale.
Par ailleurs, fournir un traitement précoce aux personnes infectées leur procure un bénéfice individuel, puisque les taux de CD4, les cellules qui mesurent l'immunité, ont toujours été plus élevés chez elles que chez les personnes traitées plus tard. Les premières ont également subi 41% de moins d'infections opportunistes liées à l'infection au VIH, telles que la tuberculose, ainsi que de décès.
Suite à cette étude, l'OMS, qui devait présenter à Rome ses recommandations sur le dépistage et le traitement dans les couples sérodifférents, a retardé cette publication. Le directeur de l'étude, Myron Cohen de l'Université de Caroline du nord, s'est dit "particulièrement heureux" que l'OMS prenne en compte ces données pour ses recommandations.
ATS, le 18 juillet 2011
Trente ans de SIDA
Le sida devient rare en Suisse, mais pas le VIH
BERNE - GENEVE - Trente ans après la découverte des premiers cas de sida, la maladie a fortement reculé en Suisse, après avoir connu un pic dans les années 1990. Une évolution comme on en voit rarement en médecine, selon un professeur genevois, spécialiste du sujet depuis 1981.
"En 1985, l'espérance de vie d'une personnes séropositive était en moyenne d'un an, voire deux au maximum. Aujourd'hui, un séropositif a la même espérance de vie que n'importe qui", explique à l'ATS le professeur Bernard Hirschel, chef de l'Unité VIH/Sida aux Hôpitaux universitaire de Genève (HUG).
"On ne meurt plus que très rarement du sida en Suisse", car on peut prévenir son apparition par le traitement, poursuit le médecin. "Par contre, l'infection par le VIH est toujours fréquente et je ne vois pas de perspective d'éradication en Suisse", relativise-t-il.
Le sida a tué 24 personnes en Suisse l'an passé, selon des chiffres encore provisoires de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). En 1994, l'année la plus meurtrière, l'OFSP avait recensé 730 décès.
Mais ces chiffres sont à prendre avec des pincettes, explique Jean-Louis Zurcher, porte-parole de l'OFSP, car toutes les personnes qui ont le VIH (virus de l'immunodéficience humaine) ne meurent pas du sida. Par ailleurs, des décès déclarés "sans cause connue" peuvent en réalité être dus au sida.
Virus indétectable
De nos jours, la thérapie permet de diminuer la présence du VIH dans le corps jusqu'à ce qu'il soit indétectable chez près de 90% des patients, se réjouit M. Hirschel. Le risque de transmission diminue ainsi considérablement, permettant à certains séropositifs de devenir parents sans contaminer ni leur partenaire ni leur enfant.
Les premiers traitements efficaces, mis au point treize ans après la découverte du virus en 1983, étaient très lourds, rappelle le médecin. Aujourd'hui, il suffit de prendre une pilule par jour, qui combine trois principes actifs parmi la vingtaine existante, ajoute-t-il.
A la découverte des premiers cas, en 1981, "nous nous sommes toute de suite rendu compte que nous avions affaire à quelque chose de nouveau", se souvient encore le médecin, qui était à l'époque spécialiste en infectiologie et chef de clinique aux HUG. "Entre 1981 et 1996, les soins étaient essentiellement palliatifs".
Actuellement, la trithérapie est bien supportée par la majorité des patients, assure M. Hirschel. Ils doivent toutefois prendre des médicaments à vie, car "si on arrête le traitement, le virus revient toujours" à plus ou moins long terme.
Dans certains cas, il arrive tout de même que l'on renonce au traitement, car le patient réagit mal, admet le médecin. Chez certaines personnes infectés depuis très longtemps, il se peut aussi que le virus devienne résistant aux médicaments.
25 millions par an
En 30 ans, le plus grand succès, c'est le succès thérapeutique, renchérit Roger Staub, responsable de la section Prévention et Promotion à l'OFSP. "Mais c'est un succès médical qui a son prix".
Le traitement coûte 25'000 francs par personne et par année, révèle M. Staub. Aujourd'hui, sur les 20'000 séropositifs que compte la Suisse, 10'000 sont traités, ce qui correspond à un coût de 25 millions de francs au total.
Dans les années 90, le nombre de personnes nouvellement infectées s'était stabilisé grâce à la prévention, ajoute M. Staub. Ce succès a conduit à un certain relâchement. Depuis 2001, 600 à 800 nouveaux cas sont détectés chaque année, ajoute-t-il.
Si la tendance se poursuit, il y en aura 10'000 de plus dans dix ans, s'alarme-t-il. La croissance du nombre de personnes infectées "augmente le risque de rencontrer une personne séropositive".
Actuellement, moins de 0,1% de la population suisse est contaminée par le virus, selon l'OFSP. Mais certains groupes sont nettement plus touchés, comme les hommes homosexuels (10%) ou les migrants originaires de pays connaissant une épidémie généralisée (jusqu'à 30%).
Par Marina Kaempf, ATS, le 30 mai 2011
Les plus de 45 ans sont moins prudents
BERNE - LAUSANNE- En matière de sida, les plus de 45 ans sont moins prudents que les jeunes générations. Les hommes, et encore plus les femmes, utilisent nettement moins le préservatif dans des situations où il est indiqué de se protéger.
Celles et ceux qui se protègent de la manière la plus conséquente sont les 17 à 30 ans: quatre sur cinq utilisent un préservatif au moins durant la première phase d'une nouvelle relation. Avec l'âge, cette proportion recule, et en particulier chez les femmes: chez les 46 à 60 ans, seuls 60% des hommes et 50% des femmes se protègent, chez les plus de 60 ans 46% et 21% respectivement.
C'est ce qui ressort du dernier rapport de suivi de la stratégie du VIH/sida en Suisse, établi par l'Institut universitaire de médecine sociale et préventive du CHUV, à Lausanne. Pour la première fois, l'enquête téléphonique périodique effectuée en 2007 a permis d'obtenir des informations sur les comportements sexuels des personnes de plus de 45 ans.
Baisse plus rapide chez les femmes
La proportion de personnes sexuellement actives - ayant eu au moins un partenaire sexuel dans les douze mois - est la plus élevée chez les 31 à 45 ans (94%) et diminue ensuite, peut-on lire lundi dans le bulletin de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). Cette diminution est particulièrement forte chez les femmes et dès 61 ans, l'inégalité hommes/femmes est très grande, avec des chiffres respectifs de 83% et 55%.
De même, la proportion des personnes ayant noué une nouvelle relation stable durant l'année diminue à mesure que l'âge des répondants augmente. Elle concerne une personne sur cinq dans le groupe des 17 à 30 ans, une sur 25 chez les 46 à 60 ans et moins d'une sur soixante chez les 61 à 74 ans. Là aussi, la baisse est plus forte chez les femmes que chez les hommes.
Jusqu'à 45 ans, la proportion de personnes qui se protègent avec leur nouveau partenaire stable est assez semblable chez les hommes et chez les femmes. Mais à partir de là, l'écart se creuse: cette proportion concerne deux fois moins de femmes que d'hommes dans le groupe des 61-74 ans, soit respectivement 21% et 46%.
Toujours plus jeunes
Selon cette enquête, qui a porté sur 18'760 personnes, les jeunes sont actifs sexuellement de plus en plus tôt: 66% des garçons et 55% des filles âgés de 17 ans, contre 30% environ au même âge pour les deux sexes dans les années 1970.
Parmi les jeunes de 17 à 20 ans sexuellement actifs, 86% déclarent utiliser un moyen de contraception, 12% n'en utilisent pas et 2% n'ont pas répondu. Les femmes sont plus nombreuses que les hommes à recourir à des moyens de contraception, à 91% contre 80%. Le préservatif constitue le moyen le plus utilisé par les jeunes hommes alors que les jeunes femmes recourent majoritairement à la pilule.
Enfin, pour ce qui est des tests de dépistage du VIH - hors don du sang-, on constate au-dessus de 45 ans une moindre proportion de femmes testées, ce qui n'est pas le cas avant cet âge. "Ces éléments montrent qu'un certain niveau d'exposition au risque de transmission du VIH est présent dans la population de plus de 45 ans", conclut l'OFSP. Et il est probable que des infections restent ainsi indetéctées.
ATS: 2 février 2011
Nouvel espoir pour un vaccin avec la découverte de deux anticorps
WASHINGTON - Des chercheurs américains ont découvert deux puissants anticorps capables de bloquer en laboratoire la plupart des souches connues du virus de l'immunodéficience humaine (VIH). Cette découverte ouvre potentiellement la voie à un vaccin anti-sida efficace, selon leurs travaux publiés jeudi.
Plus d'un quart de siècle après l'identification du VIH responsable de près de 30 millions de morts, la quête d'un vaccin contre l'infection reste largement infructueuse malgré l'ampleur des efforts de la communauté internationale et des ressources mobilisées.
Mais ces deux antigènes, baptisés VRCO1 et VRCO2, paraissent très prometteurs en empêchant l'infection de cellules humaines par plus de 90% des variétés de VIH en circulation, et ce avec une efficacité sans précédent.
Les auteurs de ces travaux, parus dans la revue américaine Science du 9 juillet, ont également démonté le mécanisme biologique par lequel ces anticorps bloquent le virus.
Dans le sang d'un séropositif
"La découverte de ces antigènes aux pouvoirs exceptionnellement étendus de neutralisation du VIH et l'analyse expliquant comment ils opèrent représentent des avancées exaltantes qui vont accélérer nos efforts pour découvrir un vaccin capable de protéger de façon étendue contre le virus du sida", se félicite le Dr Anthony Fauci, directeur de l'Institut national américain des allergies et des maladies infectieuses (NIAID).
"De plus, la technique à laquelle les équipes de recherche ont recouru pour trouver ces anticorps représente une nouvelle approche qui pourrait être appliquée à la conception et au développement de vaccins contre de nombreuses autres maladies infectieuses", ajoute-t-il dans un communiqué.
Ces virologues ont découvert ces deux anticorps, produits naturellement par l'organisme, dans le sang d'un séropositif. Ils ont pu les isoler avec un nouvel outil moléculaire, en fait une des protéines formant le VIH, que les chercheurs ont modifiée pour qu'elle se fixe sur des cellules spécifiques produisant des anticorps qui neutralisent le VIH.
Cette protéine a été programmée pour réagir exclusivement aux anticorps spécifiques à l'endroit où le virus s'attache aux cellules de l'organisme humain qu'il infecte.
Outils moléculaires
Forts de ces découvertes, ces chercheurs ont commencé à développer des composants d'un vaccin pouvant apprendre au système immunitaire humain à produire de grandes quantités d'anticorps similaires aux antigènes VRCO1 et VRCO2.
"Nous avons mis à profit notre compréhension de la structure du VIH, et dans ce cas sa surface, pour affiner nos outils moléculaires permettant de mettre le doigt sur le point faible du virus et nous guider dans le choix des anticorps qui s'attachent spécifiquement sur ce point et l'empêchent d'infecter les cellules humaines", explique le Dr Gary Nabel, qui a co-dirigé les deux équipes de chercheurs dans plusieurs universités dont la faculté de médecine de Harvard.
Trouver des anti-corps capables de neutraliser des souches de VIH partout dans le monde s'est jusqu'à présent avéré ardu car le virus change constamment les protéines recouvrant sa surface pour échapper à la détection du système immunitaire, soulignent les auteurs de ces travaux.
Cette capacité de mutation rapide a résulté en un grand nombre de variantes de VIH, mais les virologues ont pu détecter certains points à la surface du virus qui restent constants dans toutes les souches dont celui où s'attachent les anticorps VRCO1 et VRCO2.
Source: ATS, 8 juillet 2010
Les contaminations diminuent chez les homosexuels
BERNE - Pour la première fois depuis 2001, les cas de contamination du sida chez les homosexuels ont diminué l'an dernier. Selon le bulletin de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) publié lundi, les diagnostics positifs ont baissé de 25%, soit 100 cas de moins qu'un an plus tôt.
Les nouveaux cas de séropositivité sont d'une manière générale en recul: 591, soit 87 de moins qu'en 2008. Ce chiffre correspond au niveau affiché au début de la décennie.