La durée du sommeil en partie inscrite dans les gènes
PARIS - Si Napoléon n'avait besoin que de 4 heures de sommeil, l'explication serait en partie génétique, selon des chercheurs européens. Ceux-ci ont identifié un gène impliqué dans la régulation du sommeil, tout en montrant que sa durée est aussi influencée par d'autres facteurs individuels ou environnementaux.
Selon les chercheurs, dont les travaux viennent d'être publiés dans la revue spécialisée "Molecular Psychiatry", ce gène appelé ABCC9 explique environ 5% de la variation dans la durée du sommeil.
L'équipe des chronobiologistes Till Roenneberg et Karla Allebrandt de l'université Ludwig-Maximilians à Munich a mené une étude sur plus de 4000 individus de sept pays européens.
Leur analyse des comportements vis-à-vis du sommeil (via un questionnaire) et des caractéristiques génétiques a montré que les individus avec une variation courante du gène ABCC9 dormaient généralement pendant une période "significativement plus courte" que les individus présentant l'autre version du
gène.
"Ce n'est pas la première étude à mettre en évidence l'implication de gènes dans la régulation du sommeil, mais sa force est de mettre en évidence ce gène dans une large population et de confirmer son rôle chez la drosophile (mouche du vinaigre)", commente pour l'AFP le chronobiologiste français Claude Gronfier (Inserm, Lyon).
"Un vrai rôle biologique"
L'équipe du Pr Roenneberg, en collaboration avec des chercheurs de l'université de Leicester (Royaume-Uni), a en effet montré que le gène ABCC9 affectait également la période de sommeil nocturne chez la mouche du vinaigre.
"Ce n'est donc pas seulement une association statistique qui donnerait un rôle à un gène qui finalement n'en a pas tant que ça, c'est un vrai rôle biologique qui est montré, une belle confirmation", explique le Dr Gronfier. "Le rôle de ce gène dans la durée du sommeil est incontestable", ajoute-t-il.
Ce même gène ABCC9 a été précédemment relié au diabète et à des pathologies cardiaques. "Ainsi, apparemment, les relations entre la durée du sommeil et les troubles métaboliques peuvent s'expliquer en partie par un mécanisme moléculaire sous-jacent commun", a déclaré le Dr Allebrandt.
Des couche-tôt et des couche-tard
L'autre enseignement de l'étude, souligne le Dr Gronfier, c'est le rôle de l'environnement sur la durée du sommeil.
Elle montre ainsi l'influence du chronotype (le fait d'être plutôt "couche-tôt" ou "couche-tard"). Plus précisément, elle montre que la conséquence de la variation du gène ABCC9 est plus importante chez les couche-tard que chez les couche-tôt.
De la même manière, les chercheurs ont observé que les conséquences de la variation génétique sont aussi plus importantes chez les populations subissant une forte amplitude de durée de la journée en fonction des saisons.
"On voit là la combinaison, la synergie, entre l'environnement et la génétique qui conduisent à une altération du sommeil", souligne le Dr Gronfier.
Pour ce spécialiste, ces résultats "renforcent le message qu'une durée de sommeil suffisante, par une bonne hygiène du sommeil, est capitale pour un fonctionnement physiologique adapté et pour éviter l'apparition de troubles
sérieux".
ATS : 23 novembre 2011
L'insomnie augmenterait le risque de crise cardiaque
WASHINGTON - L'insomnie, dont plus d'un tiers de la population souffrirait, accentuerait le risque de crise cardiaque, affirme une étude norvégienne. Elle tend à confirmer des travaux précédents, moins étendus, liant également problèmes de sommeil et hypertension artérielle.
Les chercheurs norvégiens ont évalué l'accroissement du risque de crise cardiaque dans une fourchette de 27 à 45% selon l'ampleur des troubles du sommeil. Pour leur étude, parue dans la revue Circulation, une publication de American Heart Association, ils ont établi trois grands symptômes d'insommie avec une évaluation correspondante du risque cardiaque.
Le premier, qui correspond au fait d'avoir du mal à trouver le sommeil quasi quotidiennement au cours du dernier mois, augmente le risque de faire une crise cardiaque de 45%. Le second symptôme, avoir les plus grandes difficultés à rester endormi presque chaque nuit lors des trente derniers jours, accroît les chances d'attaque cardiaque de 30%. Le troisième symptôme, ne pas se sentir frais au réveil plus d'une fois par semaine, fait grimper ce risque de 27%.
Ces travaux sont basés sur les réponses à un questionnaire sur l'insomnie soumis à 52 610 Norvégiens, dans le cadre d'une enquête de santé effectuée de 1995 à 1997. Les auteurs de l'étude ont aussi examiné les dossiers médicaux dans des hôpitaux et les statistiques de décès.
"Les problèmes du sommeil sont fréquentes et assez faciles à traiter", relève le Dr Lars Erik Laugsand, du département de science, technologie et santé publique de l'Université de Trondheim (Norvège), principal auteur de l'étude. "Il est de ce fait important que le public soit conscient du lien entre insomnie et risque d'attaque cardiaque et de parler avec le médecin traitant de tout symptôme d'insomnie", insiste-t-il.
Une étude américaine effectuée en Grande-Bretagne et publiée en 2007 indique qu'une diminution de la durée de sommeil parmi des sujets dormant habituellement 6, 7 ou 8 heures a entraîné une augmentation de 110% des risques de décès d'origine cardiovasculaire. Mais un excès de sommeil chez des sujets dormant généralement 7 ou 8 heures a provoqué la même augmentation des risques, mais pour d'autres causes.
ATS : 27 octobre 2011
Bercer un adulte l'aide aussi à s'endormir
BERNE - Un hamac est l'endroit idéal pour faire une sieste. Des chercheurs suisses ont établi que le balancement chez l'adulte provoque un endormissement plus rapide et vraisemblablement un sommeil plus profond.
"De tout temps nous berçons nos bébés pour les endormir", rappelle Sophie Schwartz, cheffe de groupe au Département des neurosciences fondamentales à l'Université de Genève. Ses propos sont cités dans un communiqué de Cell Press, groupe américain éditeur de revues scientifiques spécialisées.
La chercheuse s'est demandée si le bercement favorisait vraiment un sommeil paisible et quelle serait son éventuelle action sur le cerveau. Avec son équipe, elle a proposé à douze hommes adultes de s'allonger pour deux roupillons de 45 minutes.
Chaque volontaire s'est installé dans un lit spécialement conçu. Pour le premier somme, le lit se mettait légèrement en mouvement tandis que pour le second il restait totalement immobile. Les résultats de cette étude sont publiés mardi dans le magazine professionnel "Current Biology".
Les hommes ayant dormi pour le bien de la science sont âgés de 22 à 38 ans. Ils passent pour de bons dormeurs et habituellement ne somnolent pas exagérément, ni ne font de sieste en milieu de journée. La pièce accueillant cette expérience a été assombrie pour l'occasion et son niveau sonore maintenu constant, écrivent les scientifiques.
Activités cérébrales
Ceux-ci ont mesuré en particulier l'activité électrique cérébrale durant les deux périodes de sommeil. L'électro-encéphalographie (EEG) permet d'observer avec une grande précision les diverses phases typiques du sommeil chez l'être humain.
Ce sont par exemple celles d'endormissement, de sommeil léger ou de sommeil profond. Cette dernière appelée aussi "sommeil paradoxal" se caractérise par une agitation rapide des globes oculaires (REM).
Bercement efficace
Chacun des participants s'est endormi plus rapidement lorsque le lit balançait, a déclaré le codirecteur de l'étude Michel Mühlethaler. Ce qui confirme la sagesse populaire. De façon inattendue, les scientifiques ont aussi observé que les divers types d'activités cérébrales étaient renforcés.
Le bercement prolongerait un des trois stades de sommeil non REM, le "sommeil lent" qui succède au sommeil léger et précède le sommeil lent profond. Ces effets ont notamment été mis en relation avec le fonctionnement de la mémoire durant le sommeil.
Apprendre mieux ?
Les chercheurs déduisent des résultats de leur étude que le bercement synchronise des régions spécifiques du cerveau, leur permettant d'osciller ensemble en harmonie. Il est vraisemblable que cela conduise à un renforcement des rythmes du sommeil.
Sophie Schwartz et ses collègues veulent maintenant tester si le bercement pourrait améliorer des périodes de sommeil plus longues et éventuellement venir en aide aux personnes souffrant d'insomnie par exemple. Il se pourrait qu'il puisse aider à la consolidation des acquis et à la régénération après des blessures au cerveau.
ATS : 21 juin 2011
Des hormones à l'origine du réveil matinal des personnes âgées
BÂLE - ZURICH - Les personnes âgées sujettes au réveil particulièrement matinal sont victimes de leurs hormones, indique une étude des universités de Bâle et Zurich. Cette forme d'insomnie sénile pourrait être un jour traitée avec des médicaments.
Les chercheurs Anne Eckert, de l'Université de Bâle, et Steven Brown, de l'Université de Zurich, ont comparé l'horloge biologique chez des sujets âgés et jeunes, a indiqué mardi l'Université de Bâle. L'horloge interne règle diverses activités du corps dans un rythme de 24 heures. Cela va du sommeil à la température corporelle, la digestion ou la pression artérielle.
Cette horloge est particulière à chaque individu: alors qu'une personne débordera d'énergie dès l'aube, une autre aura besoin de quelques heures pour se mettre en route et sera en pleine forme à minuit.
Nocturnes et lève-tôt
Ce rythme biologique connaît des changements durant la vie. Pendant la puberté, il privilégie plutôt une activité nocturne, ce qui explique les divertissements nocturnes des adolescents. Dès l'âge de 20 ans, l'horloge interne a tendance à se déplacer pour aboutir chez beaucoup de personnes âgées vers un lever toujours plus avancé.
L'étude se base sur 36 sujets, dont la moitié était âgée de 21 à 30 ans et l'autre de 60 à 88 ans, indiquent les chercheurs dans la revue spécialisée "PNAS". L'équipe a effectué une biopsie de la peau dont les cellules ont permis de mesurer l'activité de l'horloge interne.
Le résultat a montré que l'horloge interne des sujets, quel que soit leur âge, fonctionnait exactement de la même manière. Les propriétés de l'horloge interne des cellules de la peau semblent ainsi ne pas changer avec l'âge.
Changements hormonaux
En revanche, le comportement s'est modifié lorsque les chercheurs ont traité ces mêmes cellules avec du sérum sanguin de personnes âgées. Dans ce cas de figure, l'horloge interne s'est alors nettement déplacée - quelles que soient les cellules testées. L'effet du sérum issu de personnes jeunes a par contre été nul.
L'équipe en a déduit qu'avec l'âge ce ne sont pas les composants moléculaires de l'horloge interne qui sont modifiés. Ils soupçonnent bien plus que des hormones qui circulent dans le corps, influencent le rythme biologique et modifient avec les années les habitudes de sommeil.
Les chercheurs tentent de savoir quels facteurs sont en cause. Car dès lors qu'on aura identifié les changements hormonaux à l'origine du déplacement du rythme biologique, il sera peut-être possible de traiter ces troubles du sommeil chez les personnes âgées à l'aide de médicaments.
Notre sondage
ATS : 19 avril 2011
Moins un enfant dort à un jeune âge, plus il risque d'être obèse
WASHINGTON - Les enfants de moins de cinq ans qui manquent de sommeil sont plus susceptibles de devenir obèses tôt dans leur vie que ceux qui dorment mieux. Des chercheurs américains ont découvert "une forte corrélation entre la durée de sommeil nocturne à un jeune âge et l'obésité chez les enfants entre cinq et neuf ans".
Les auteurs de l'étude publiée lundi dans les "Archives of Pediatric and Adolescent Medecine" avouent avoir du mal à expliquer cette corrélation. Mais d'après eux, moins de sommeil pourrait conduire "à moins d'exercice physique à cause de la fatigue et à une alimentation plus fréquente" car l'enfant a plus d'occasions de manger.
Les scientifiques ont mené une étude sur quelque 1930 enfants américains au cours d'une période de cinq ans. Ils ont pris en compte les facteurs qui influencent la prise de poids (poids des parents, activités physiques de l'enfant...) et le nombre d'heures de sommeil nocturne et de sieste.
Cinq heures et demie de sommeil
Les enfants ont été répartis en deux groupes: les moins de cinq ans et ceux ayant entre cinq et treize ans. Les chercheurs ont comparé les données relevées au début de l'étude et cinq ans après.
En moyenne, les plus jeunes enfants dorment dix heures par nuit, tandis que les plus âgés dorment neuf heures et demie. Mais, dans les deux groupes, certains enfants ne dorment pas plus de cinq heures et demie par nuit.
Cinq ans après le début de l'étude, 33% des enfants les plus jeunes étaient obèses ou en surpoids. Ceux du groupe des plus âgés étaient 36% à être dans ce cas.
"Chez les plus jeunes enfants, une durée de sommeil faible au début de l'étude a très fortement augmenté les probabilités pour qu'un enfant ayant un poids normal soit en surpoids cinq ans plus tard et pour qu'un enfant en surpoids soit obèse cinq ans plus tard", expliquent les auteurs.
Selon eux, s'assurer que les jeunes enfants bénéficient d'assez d'heures de sommeil nocturne permettrait de prévenir l'obésité et le surpoids.
ATS: 7 septembre 2010
Dormir sept heures par nuit pour éviter l'infarctus
WASHINGTON - Pour éviter l'infarctus il faut dormir pile sept heures par nuit. Les risques de maladies cardiovasculaires augmentent quand on dort plus de sept heures ou quand on dort moins de sept heures, selon une étude américaine publiée dimanche dans la revue "Sleep" (Dormir).
Dormir moins de cinq heures, siestes incluses, fait plus que doubler les chances de développer des angines, des insuffisances coronariennes ou de faire un infarctus ou une crise cardiaque, selon cette étude menée par la faculté de médecine de l'université de Virginie-Occidentale.
Probablement plus surprenant, dormir régulièrement plus de neuf heures augmente aussi les risques de maladies cardiovasculaires, d'une fois et demie par rapport au chiffre magique de sept heures, selon les chercheurs. Dormir six ou huit heures n'augmente que légèrement les risques de développer une maladie cardiovasculaire.
Le groupe le plus exposé selon eux sont les moins de 60 ans dormant moins de cinq heures par nuit: leurs risques de maladie cardiovasculaire sont plus que triplés comparés à ceux qui dorment sept heures.
Pour réaliser cette étude, les chercheurs ont analysé les données de 30'000 adultes qui ont participé en 2005 à un vaste "questionnaire de santé nationale". Parmi ceux qui ont répondu à ce questionnaire, 8% affirmaient dormir moins de cinq heures par nuit et 9% que leurs nuits étaient de plus de neuf heures.
Artères bouchées
Les chercheurs ont affiné les réponses en fonction des caractéristiques de chacun: leur âge, sexe, s'ils fumaient ou buvaient, étaient gros ou minces, sportifs ou sédentaires. Mais même en excluant les diabétiques, les dépressifs, et ceux souffrant d'hypertension artérielle, ils ont conclu à une corrélation forte entre maladies cardiovasculaires et temps de sommeil.
En raison de la manière dont cette étude a été menée, les chercheurs n'ont pas été en mesure d'expliquer les raisons scientifiques d'un lien entre maladie cardiovasculaire et temps de sommeil.
Ils ont néanmoins observé que les excès de sommeil affectaient les glandes endocrines et les fonctions métaboliques tandis que les privations de sommeil pouvaient conduire à un affaiblissement de la tolérance au glucose, une sensibilité réduite à l'insuline, ou à une augmentation de la pression artérielle. Autant d'éléments qui augmentent le risque de boucher ses artères.
ATS: 1er août 2010
Faire la sieste dope les capacités mentales, selon une étude
SAN DIEGO - Faire une sieste rafraîchit non seulement le cerveau mais doperait aussi les capacités mentales. C'est ce que révèlent dimanche des travaux de chercheurs américains.
"Le sommeil a des effets réparateurs après une période prolongée d'éveil mais accroît également les capacités neurocognitives comparativement à ce qu'elles étaient avant de faire la sieste", a expliqué Matthew Walker, professeur de psychologie à l'Université de Berkeley et le principal auteur de ces études présentées à la conférence annuelle de l'American Association for the Advancement of Science (AAAS), réunie ce week-end à San Diego (Californie).
Pour cette recherche ces chercheurs ont examiné 39 jeunes adultes divisés en deux groupes dont l'un a fait une sieste et l'autre pas. A midi, tous les participants ont été soumis à des exercices mentaux visant surtout à activer hippocampe, une région du cerveau qui aide à stocker des informations. Les deux groupes ont eu des performances identiques.
A 14h00, les membres du groupe retenus pour faire la sieste sont allés dormir pendant 90 minutes tandis que les autres sont restés éveillés. Plus tard dans la journée, à 18h00, tous les participant de l'étude ont été de nouveau soumis à une série d'exercice mentaux dans lesquels ils devaient mémoriser des informations. Ceux qui sont restés éveillés toute la journée ont vu leurs performances décliner comparativement aux précédents exercices.
En comparaison les participants ayant fait la sieste ont fait notablement mieux et ont même améliorer leurs aptitudes, ont précisé les chercheurs. Ces résultats confortent leur hypothèse selon laquelle le sommeil est nécessaire pour vider la mémoire à court terme du cerveau et faire de la place pour de nouvelle information, a dit Matthew Walker lors de sa présentation.
ATS, le 22 février 2010
Un gène mutant pourrait expliquer pourquoi certains dorment moins
WASHINGTON - La mutation d'un gène pourrait expliquer le fait que certaines personnes aient moins besoin de dormir que les autres. Le temps moyen de sommeil nécessaire chez un individu se situe entre huit heures et huit heures et demie - et sept heures 45 après une journée non-travaillée.
Alors qu'elle menait une vaste étude sur le sommeil, une équipe de chercheurs américains a découvert, un gène mutant chez une mère et sa fille qui ne dormaient que six heures par nuit sans ressentir de fatigue. L'analyse d'un gène, le DEC2, réputé réguler les cycles du sommeil, a montré une modification chez ces deux personnes.
Pour confirmer leur hypothèse, les chercheurs ont introduit ce gène mutant dans l'organisme de souris et ont observé leur sommeil. "Les souris dormaient moins (...) et avaient moins besoin de récupérer lorsqu'elles avaient été privées de sommeil", a expliqué Ying-Hui Fu, professeur de neurologie à l'Université de Californie.
Selon elle, le gène DEC2 "pourrait être impliqué dans la modulation de quantité de sommeil seule ou bien dans le processus de maintien en éveil".
"Le cas des souris doit nous donner l'occasion d'étudier de façon plus précise si il y a d'autres comportements ou d'autres conditions physiologiques associés à ce syndrome du sommeil court", conclut l'auteur principale de l'étude publiée jeudi dans la revue "Science".
Voir le dossier sur l'insomnie
ATS 14 août 2009
L'alcool, ennemi du sommeil: pourquoi il nous empêche de dormir
LAUSANNE - Méfions-nous avant d'accepter un dernier verre pour finir la soirée autour du barbecue. Car l'alcool trouble le sommeil et suscite des phases d'éveil, notamment pendant la deuxième partie de la nuit. Il modifie le rythme du sommeil, favorise les maux de tête, les poussées de transpiration et le ronflement. Les personnes souffrant de problèmes respiratoires pendant le sommeil voient leur gêne accentuée. L'Institut suisse de prévention de l'alcoolisme et autres toxicomanies (ISPA) donne des conseils pour dormir d'un sommeil profond.
La période estivale est propice aux fêtes. Les longues journées ensoleillées et la douceur des températures jusqu'à une heure avancée de la nuit incitent à veiller tard et à s'amuser entre amis. Certains se demandent donc si la bière accompagnant les saucisses fait dormir d'un sommeil paisible ou provoque au contraire des insomnies. La
recherche scientifique conforte l'expérience personnelle, à savoir que l'alcool a tendance à accélérer l'endormissement. Il n'en reste pas moins qu'alcool et sommeil ne font pas bon ménage. C'est ainsi que l'élimination de l'alcool dans le corps provoque des effets désagréables. On ressent le besoin d'aller aux toilettes et le sommeil devient plus superficiel. Une consommation modérée d'alcool peut provoquer pendant la nuit des poussées de transpiration, des
maux de tête, des cauchemars ou un assèchement de la bouche susceptibles de chasser le sommeil. Une consommation plus élevée et plus régulière s'accompagne souvent d'insomnies.
L'alcool favorise le ronflement
Les personnes qui ont bu de l'alcool avant d'aller se coucher ronflent plus fréquemment. En effet, la consommation d'alcool provoque un relâchement de la musculature des voies respiratoires. De ce fait, l'air inspiré a plus de difficultés à se frayer un chemin vers les poumons. L'inspiration devient plus pénible et les ronflements augmentent. Il peut en résulter de brefs arrêts respiratoires, même chez les personnes qui en temps ordinaire ne souffrent pas d'apnée du sommeil. Plusieurs travaux de recherche montrent par ailleurs que l'alcool est susceptible d'aggraver les troubles respiratoires liés au sommeil. Une consommation excessive, notamment le soir, peut favoriser le syndrome d'apnée du sommeil. Cette maladie se caractérise par de brèves interruptions de la respiration pendant le sommeil, provoquées le plus souvent par un rétrécissement des voies respiratoires. Ceux qui en sont atteints se sentent souvent somnolents et épuisés pendant la journée. Les personnes qui souffrent de troubles respiratoires nocturnes ont intérêt à s'abstenir d'alcool avant d'aller se coucher et, plus généralement, à n'en consommer qu'avec modération.
Les véritables aides au sommeil
L'alcool est un piètre substitut au somnifère. Cependant, outre un bon confort de sommeil passant par l'obscurité et le calme dans la chambre à coucher, une température proche de 18 degrés et un matelas adapté, il existe différentes stratégies favorisant un sommeil profond. Citons, par exemple, le fait de se coucher à des heures régulières, d'éviter le stress, l'énervement et les repas lourds le soir. Ou encore de respecter des rituels comme la lecture avant de s'endormir. Pendant la journée, il convient de pratiquer une activité physique à l'air libre.
ATS 21 août 2008
"Power Nap" - La mini-sieste est à la mode
BERNE - Nos grand-parents juraient par leur sieste quotidienne. Mais dans une société axée sur la performance, ce moment de repos a longtemps été méprisé et réservé aux petits enfants, retraités et paresseux. Actuellement, le petit somme est de nouveau à la mode.
La vague est venue des Etats-Unis il y a quelques années déjà. Et aujourd'hui, on ne parle plus de sieste mais de "power nap", la sieste réparatrice. Dans les métropoles américaines il existe depuis belle lurette des "nap cabs", des cabines ou des pièces pour dormir destinées aux citadins stressés en manque de sommeil.
Au Japon, le petit somme, appelé "inemuri", fait partie intégrante du travail. On dort quand et où l'on peut, au pire aussi debout. Et la tradition de la sieste dans les pays méditerranéens est bien connue.
En Suisse, le "power napping" a ses adeptes. Certaines entreprises ont mis à disposition de leurs collaborateurs des zones de repos, mais l'offre pour un public plus large reste mince.
A Berne par exemple, l'hôtel quatre étoiles "Bären" offre un repas de midi suivi d'une courte sieste. Trois à quatre personnes en profitent en moyenne par jour, selon la direction. Des hommes d'affaires mais aussi des pendulaires qui ne peuvent pas rentrer chez eux à midi.
Régénérer le corps et l'esprit
Un somme de dix à vingt minutes suffit pour régénérer le corps et l'esprit, rappelle une brochure de la clinique spécialisée en médecine du sommeil de Zurzach (AG). Mais il est clair qu'un "power nap" ne peut remplacer une bonne nuit de sept à huit heures de sommeil.
La sieste ne devrait en revanche pas durer plus d'une demi-heure, parce qu'on entre après dans une phase de sommeil profond. Le réveil se fait alors difficile, on se sent comme roué et plus fatigué qu'avant.
Les pieds froids empêchent de dormir
BERNE - Une personne sur dix a de la peine à s'endormir à cause de ses pieds froids. Les femmes sont les premières à en souffrir, mais selon une enquête sur les diffultés d'endormissement liés aux orteils glacés, les jeunes hommes sont aussi concernés.
Selon l'étude, 22 % des hommes âgés de moins de 36 ans ont de la peine à sombrer dans le pays des rêves pour cause de pieds froids. C'est davantage que la moyenne nationale qui se situe à 13 %. Moins surprenant, 40 % des femmes, âgées de plus de 55 ans, se couchent avec des glaçons au bout des jambes, révèle lundi une enquête de l'institut DemoSCOPE.
Menée pour le compte de la société de médecine tibétaine Padma, l'enquête a été effectuée auprès de 1011 personnes en Suisse romande et en Suisse alémanique. Contrairement à ce qu'avait révélé un sondage comparable mené l'an dernier, les Romands n'ont plus les pieds plus chauds que les Alémaniques. L'étude ne fait pas non plus apparaître de fossé ville-campagne.
Les pieds glacés sont souvent le symptôme d'une mauvaise circulation sanguine. Exercices de gymnastique, bains de pied ou chaussettes en laine sont autant de moyens pour y remédier. Les victimes encourent jusqu'à une heure de privation de sommeil par nuit.
Source : ATS, 4 février 2008 |