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EDITORIAL – Quand une Américaine vante le système de santé français

SERIE SUR LES SYSTEMES DE SANTE DU MONDE

NEW YORK Dans une France plutôt en crise comme l’affirment presque tous les jours les grands médias français comme Le Figaro, certaines histoires montrent que ce pays n’est peut-être pas le plus à plaindre du monde. En tout cas par rapport à son système de santé. Dans un article datant du 2 janvier 2019 publié dans le New York Times, journal classé plutôt à gauche ou libéral, l’auteure Erica Rex affirme avoir émigré en Europe en 2009 à cause d’un cancer non couvert. Le système de santé américain est complexe et très lié à l’employeur. Par conséquent, une personne sans travail fixe ou au chômage peut vite se retrouver sans couverture médicale. Les personnes pauvres et âgées peuvent respectivement profiter de Medicaid et Medicare, il est donc faux d’affirmer que tous les Américains non employés ne sont pas couverts par une assurance maladie. Mais il est évident que des millions d’Américains restent en 2019 toujours sans une couverture adéquate. Le projet dit Obamacare n’ayant pas permis d’arriver à une couverture universelle comme c’est le cas par exemple en France (Sécu), en Grande-Bretagne (NHS) ou au Brésil (SUS).

Mme Rex explique dans le journal new-yorkais qu’elle aurait préféré rester aux Etats-Unis mais que suite à un cancer du sein diagnostiqué en 2009 non couvert par l’état américain ou de New York, elle a été contrainte d’émigrer en Grande-Bretagne. Dans ce pays, elle a pu être soignée par le NHS (National Health Service), un équivalent de la Sécu. Par la suite elle a déménagé en France et la Sécurité Sociale (Sécu) l’a prise en charge, comme elle était devenue résidente française. Aux Etats-Unis, elle aurait probablement été soignée mais aurait certainement accumulé des dettes impayables par la suite et se serait retrouvée à l’aide sociale de l’état de New York (welfare), comme elle l’explique dans son éditorial au grand journal américain. Elle conclut son éditorial, qui comptait le 3 janvier 2019 plus de 450 commentaires, en vantant le système de santé français universel et en critiquant celui du pays de Donald Trump (Républicain). Ce dernier, non mentionné dans son article, est contre un système unique de santé. Cela dit, le parti Républicain, hésite toujours plus à critiquer Obamacare comme c’était le cas pendant les Midterms de novembre 2018, car de plus en plus d’Américains y compris les conservateurs (Républicains) sont en faveur d’un système universel de santé.

Monde qui change

Il est donc fort probable que dans les 20 prochaines années, les Etats-Unis s’alignent avec les autres grandes puissances occidentales (Grande-Bretagne, France, Allemagne, Brésil) et adopte un système de santé universel. Le maire de New York, le Démocrate Bill de Blasio, a par exemple annoncé début janvier 2019 une enveloppe annuelle de 100 millions de dollars afin que tous les résidents de New York, légaux ou non, soient désormais couverts par une assurance maladie universelle.

Provocation, et le casino ?

Cela dit comme on parle de risque de faillite personnelle, aux Etats-Unis et en France des milliers de personnes s’endettent chaque année au casino et terminent à l’aide sociale criblées de dettes et parfois se suicident, qui pense à eux ? C’est pourquoi je pense que la décision d’interdire le casino comme le fait le Brésil depuis des dizaines d’années est une bonne idée qui ne ravira peut-être pas les libéraux. Mais dans ma définition d’un état protecteur, ce dernier se doit d’éviter la faillite de ses citoyens. Oui à une protection sociale universelle et non au casino, bref à une politique qu’on pourrait qualifier de « paternaliste » qui protège ses citoyens des prédateurs de notre monde.

Article mis à jour le 11 janvier 2019. Par Xavier Gruffat (pharmacien, dipl. MBA). Sources : The New York Times, The Wall Street Journal, CBSNews, Folha de S.Paulo.

Crédit photo : Bradley Knickerbocker[/caption]

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Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 11.01.2019