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7 plantes médicinales contre la fatigue

fatigue fièvreIl est important d’être à l’écoute de son corps pour prévenir la fatigue intense. En cas d’excès d’effort, de stress, de maladie ou de baisse d’énergie, le repos ne suffit pas toujours à redynamiser l’organisme. Qu’il s’agisse de fatigue physique ou émotionnelle, le recours aux plantes médicinales peut être d’une grande aide pour augmenter le niveau d’énergie. Découvrez 7 plantes médicinales dont des plantes adaptogènes, permettant de lutter contre le stress, comme le ginseng et le rhodiola, et des plantes stimulantes comme le café, le thé, la cannelle, l’angélique et l’açaï.

#1. Le ginseng
ginseng plante utile lors du sevrage à l'alcoolLe ginseng (Panax ginseng) est une plante adaptogène reconnue pour sa grande efficacité à booster l’énergie, mais surtout à sa faculté à maintenir ou retrouver l’équilibre dans l’organisme lorsque celui-ci est soumis à un état de stress trop important. Grâce à ses différentes propriétés, il agit à la fois sur la fatigue et l’immunité pour favoriser un bien-être général. Cette fonction de régulateur est essentielle puisqu’elle aide l’individu et son corps à s’adapter à son environnement et à modérer les tensions physiques et psychiques produites par le stress. A consommer sous forme de tisane, de comprimé ou de gélule.
L’éleuthérocoque ou ginseng de Sibérie (Eleutherococcus senticosus) est une autre plante adaptogène qui permet de lutter contre la fatigue physique et psychique lors de fatigue modérée. A consommer par exemple sous forme de gélule.

#2. Le rhodiola
Le rhodiola (Rhodiola rosea), appelé aussi orpin rose, possède des propriétés tonifiantes qui agissent sur les fonctions intellectuelles et le cerveau. Il augmente la concentration et la mémoire, mais il est aussi particulièrement indiqué en cas de fatigue liée au stress. Tout comme le ginseng, il permet à l’organisme de mieux affronter le stress et de retrouver un meilleur équilibre. Il favorise la détente, améliore la performance physique, apporte du tonus et renforce la résistance en cas de fatigue ou de dépression. A consommer sous forme de tisane ou de gélule.

#3. Le café (et maté)
Boire davantage de café pourrait prévenir le diabète de type 2Le café (Coffea arabica), riche en caféine, est très utilisé comme stimulant naturel grâce à sa capacité à favoriser l’éveil. Il est indiqué pour lutter contre la fatigue, notamment si celle-ci n’est pas due à une insuffisance de sommeil. Grâce aux substances actives qu’il contient, il agit sur les capacités physiques, mais aussi intellectuelles. La meilleure façon de profiter de tous les bienfaits du café serait de boire un quart de tasse de café noir plusieurs fois dans la journée au lieu de consommer une ou deux fois une trop grande quantité d’un coup. A consommer sous forme de boisson.  Une autre plante riche en caféine est le maté, surtout consommé en Argentine, Uruguay, Paraguay, Chili et le sud du Brésil.

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#4. Le thé
Le thé (Camellia sinensis) réduit la sensation de fatigue. Ses propriétés stimulantes aident à atténuer autant la fatigue physique que mentale. Des études ont montré que le thé agissait sur l’humeur et qu’il augmentait les performances au travail. Il est conseillé de boire du thé noir nature pour mieux profiter de ses effets bénéfiques sur la fatigue. Il faut noter que le choix du thé sera surtout effectué en fonction de l’origine de la fatigue puisque si le thé vert est plus riche en antioxydants, il contient moins de caféine que le thé noir. A consommer simplement sous forme de boisson.

Du thé vert pour la mémoire

#5. La cannelle
L’écorce de cannelle (Cinnamomum verum) a des vertus stimulantes. Particulièrement indiquée en cas de fatigue, lors d’une convalescence ou une asthénie post-grippale, cette épice médicinale très aromatique peut aussi être utilisée en cas de troubles digestifs. A consommer sous forme de tisane, de gélule ou de poudre. La cannelle agirait aussi en cas de diabète pour aider à contrôler la glycémie. Vous pouvez aussi rajouter simplement un peu de poudre de cannelle sur votre café, thé ou chocolat chaud.

#6. L’angélique
Probablement la plante la moins connue de cette liste, la racine de l’angélique (Angelica archangelica) a des vertus tonifiantes. Cette plante permet aussi à l’organisme de retrouver l’équilibre en cas de fatigue nerveuse tout en stimulant l’appétit. L’angélique est contre-indiquée chez la femme enceinte et son usage doit être modéré chez les personnes diabétiques. A consommer sous forme de tisane, de décoction ou de gélule.

#7. L’açaï
Les baies d’açaï (Euterpe oleracea) ont des propriétés stimulantes. Elles aident à lutter contre le stress et la fatigue et permettent d’accroître le niveau global de l’énergie dans l’organisme. Plante tonique et énergétique, l’açaï possède également une forte valeur nutritive, une raison de plus pour déguster ses baies. A consommer sous forme de gélules. Il est aussi possible de manger directement les baies ou la glace à l’açaï (photo ci-dessous). Ce fruit est très consommé au Brésil et toujours plus aux Etats-Unis également.

Bonus. L‘origan (Origanum vulgare) qui agit comme anti-inflammatoire pourrait aider lors de fatigue, car on sait que l’inflammation diminue le niveau d’énergie. A rajouter un peu d’origan dans une salade. L’échinacée (Echinacea purpurea) aurait aussi un effet positif lors de baisse d’énergie tout comme le maca (Lepidium meyenii).

Mis à jour le 19 septembre 2018. Par Seheno Harinjato (Creapharma.ch). Supervision scientifique (Xavier Gruffat, pharmacien). Crédits photos : Fotolia.com/Adobe Stock
Infographie : Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch)

Lire aussi : dossier complet sur la fatigue

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5 aliments à absolument stocker au réfrigérateur

Une bonne conservation des aliments évite tout risque de contamination et de développement de germes nocifs pour la santé. Si certains produits comme les tomates, les œufs ou les pommes de terre n’ont pas besoin d’être gardés au frais, d’autres aliments périssables tels que les produits laitiers, les viandes ou les plats cuisinés, doivent au contraire être conservés dans le réfrigérateur de manière à ne pas rompre la chaîne de froid. En effet, dès 4°C, la croissance des bactéries est limitée et à moins 18°C, leur multiplication s’arrête complètement et elles deviennent inactives. Quels aliments faut-il ainsi nécessairement stocker au frigo pour éviter tout risque de contamination par des agents pathogènes ?

#1. La viande

Le régime à base de protéinesLe congélateur est le moyen idéal pour conserver la viande. Il est possible d’y garder les pièces de bœufs pendant plusieurs mois en maintenant une température moyenne de moins 18°C. Les morceaux stockés peuvent être mis dans des barquettes ou congelés dans leur emballage d’origine. Quant aux viandes déjà découpées, la durée de conservation au réfrigérateur peut s’étendre sur plusieurs jours à une température maximale de 4°C. Un petit conseil : le papier aluminium n’est pas très indiqué pour emballer la viande, car il pourrait favoriser son oxydation.

#2. Les poissons et fruits de mer

Le régime à base de protéinesLa congélation permet de conserver la texture et la saveur des fruits de mer. Au moment de stocker les aliments, il convient de les répartir de manière à disposer d’une quantité suffisante pour un repas. Cela évite de devoir tout décongeler. Pour les poissons, il est nécessaire de les éviscérer avant toute conservation, car les viscères renferment des substances nocives pouvant altérer la chair. Si vous mettez les poissons et fruits de mer au réfrigérateur, la température idéale se situe entre 0°C et 2°C. Il convient ensuite de les consommer dans les 48 heures pour ne rien perdre de leurs qualités gustatives.

#3. Le fromage

Les fromages, notamment les fromages frais se conservent au réfrigérateur. Une température maximum de 4°C est parfaite, car il faut savoir qu’une température trop élevée ou trop basse risque d’en altérer la texture et le goût. Pour les fromages moins fragiles et affinés, la fraîcheur du bac à légumes suffit, mais il est possible de les stocker dans une cave du moment que la fraîcheur reste modérée. Pour mieux déguster le fromage, il est judicieux de le sortir environ une à deux heures à l’avance du réfrigérateur.

#4. Les produits laitiers

Outre le fromage, les autres produits laitiers comme le yaourt doivent être conservés au réfrigérateur. Il est impératif de respecter la chaine de froid pour éviter la prolifération de germes pathogènes, d’autant plus qu’il s’agit de produits issus du vivant. La bonne température pour stocker les produits laitiers peut varier selon la nature de chaque aliment, mais il faut retenir que le yaourt et le fromage ont besoin d’une température maximum de 4°C tandis que les crèmes, le lait et le beurre se conservent à 6°C maximum. Pour les produits qui ne sont pas vendus au rayon frais, le stockage au réfrigérateur reste nécessaire une fois qu’ils sont entamés.

Le régime à base de protéines

#5. Les plats et sauces

Les plats comme la salade de pommes de terre, les plats cuisinés, les plats à base de mayonnaise ou les restes de plats doivent être conservés au réfrigérateur pour éviter tout risque de contamination. Si la mayonnaise fait maison doit être consommée dans les 24 heures, les légumes préparés et les poissons cuits peuvent y rester pendant 2 jours. Pour conserver un plat cuisiné, il convient d’attendre qu’il refroidisse avant de le mettre au frais. Attention cependant à ne pas dépasser un délai d’attente de 2 heures pour le préserver de tout risque de contamination.

Conseils utiles pour la santé

  • Une décongélation lente et progressive permet de garder toute la saveur des aliments et en préserver la qualité. Le mieux est de sortir les produits à décongeler la veille et les mettre au réfrigérateur au lieu d’utiliser le micro-ondes.
  • Pour les poissons, une décongélation au réfrigérateur ou à l’eau froide est l’idéale.
  • Après décongélation, il est impératif de consommer rapidement l’aliment. Celui-ci ne doit absolument plus être recongelé.
  • Vérifier régulièrement les dates de péremption des produits stockés au réfrigérateur doit devenir une habitude. Tout signe extérieur comme l’odeur, le gonflement de l’emballage ou l’aspect ramolli ou gluant de l’aliment peut traduire une éventuelle contamination.
  • La température n’est pas la même dans le réfrigérateur, la zone du haut gravite autour de 8°C, celle du milieu autour de 5°C, la partie basse en haut du bac à légumes autour de 2 à 4°C tandis que dans le bac et sur la porte, la température se situe entre 9 à 10°C.
  • Une petite astuce : pour chasser la mauvaise odeur du réfrigérateur, il suffit de bien le nettoyer et de placer à l’intérieur un coton imbibé de vinaigre ou une petite tasse de café moulu.

Le 18 septembre 2018. Par l’équipe de Creapharma.ch. Supervision scientifique de Xavier Gruffat (Pharmacien).

Lire aussi : 10 aliments à ne pas stocker au réfrigérateur

10 fruits et légumes aux propriétés anti-inflammatoires

Cause douleurs musculairesL’inflammation est un mécanisme naturel de défense de l’organisme pour lutter contre les agressions extérieures comme les infections virales et bactériennes ou les blessures. L’inflammation est un processus essentiel, par exemple si vous vous tordez la cheville en faisant du sport, les signes inflammatoires comme la douleur et la raideur sont un moyen de communication du corps pour que vous restiez au repos jusqu’à ce que la blessure soit guérie. Lors d’inflammation, les cellules du système immunitaire se déplacent jusqu’à l’agression (ex. blessure) et produisent en quantité importante des molécules appelées cytokines qui vont attaquer la zone touchée. Le problème est que chez certaines personnes l’inflammation continue sans raison apparente (ex. blessure, maladie virale), en devenant parfois chronique, sans qu’on ne sache vraiment pourquoi. Dans ce cas une alimentation spécifique à base de fruits et légumes peut agir efficacement comme anti-inflammatoire.  Ce régime peut aussi permettre une guérison plus rapide des plaies ou une atténuation des douleurs lors d’inflammation aiguë ainsi que prévenir le risque de mortalité. 

Infarctus du myocarde chez la femme, 5 informations essentielles à connaîtreEn effet, une étude publiée en septembre 2018 a montré que suivre un régime à base d’aliments anti-inflammatoires (voir liste ci-dessous) était associé à une diminution du risque de mort de toutes causes, y compris les maladies cardiovasculaires et le cancer. Dans cette étude menée auprès de 68’273 Suédois âgés de 45 à 83 ans qui ont été suivis pendant 16 ans, les participants qui ont suivi de près un régime anti-inflammatoire présentaient un risque de mortalité toutes causes confondues inférieur de 18%, un risque de mortalité cardiovasculaire inférieur de 20% et un risque de mortalité par cancer inférieur de 13%, comparativement à ceux qui ont suivi le régime à un degré moindre. Les fumeurs qui ont suivi le régime alimentaire en ont tiré des avantages encore plus grands par rapport aux fumeurs qui n’ont pas suivi le régime. Cette étude a été publiée le 12 septembre 2018 dans le journal scientifique Journal of Internal Medicine (DOI : 10.1111/joim.12823).

Voici une liste non exhaustive des meilleurs fruits et légumes aux propriétés anti-inflammatoires à intégrer dans votre alimentation. Certaines plantes riches en antioxydants (ex. flavonoïdes) peuvent aussi aider à lutter contre l’inflammation chronique. Le régime méditerranéen, riche en fruits et légumes, est un régime anti-inflammatoire par excellence. A l’inverse, une alimentation à base d’aliments transformés contenant souvent beaucoup de sucre et graisse comme la viande, les chips ou les boissons sucrées favorisent l’inflammation (pro-inflammatoire).

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Les flavonoïdes pourraient prévenir le diabète de type 21. Le céleri
Le céleri constitue un remède naturel qui améliore les processus inflammatoires. En plus de ses vertus minceurs, il contient du polyacétylène favorisant l’élimination des toxines. Cette substance permet aussi d’atténuer les douleurs dues aux affections comme l’arthrite rhumatismale ou la goutte. Grâce aux différents types d’antioxydants, tels l’apigénine et le lutéine, qui se trouvent dans ses graines et ses feuilles, le céleri pourrait réduire la prolifération de certaines cellules cancéreuses, notamment celles du foie.

2. Le chou chinois
Le chou chinois ou bok choy est riche en vitamines et minéraux antioxydants. Ce légume vert contiendrait plus de 60 substances phénoliques aux propriétés antioxydantes dont notamment les acides hydroxycinnamiques, qui luttent efficacement contre les radicaux libres. L’intérêt du bok choy est qu’il peut se manger et se cuisiner de multiples manières sans perdre ses propriétés.

3. Les épinards
Les épinards regorgent de flavonoïdes anti-inflammatoires. De plus, ils facilitent la digestion et aident à mieux absorber les aliments. Il faut savoir que lors d’une inflammation, le taux d’acidité dans le sang augmente, il convient ainsi de consommer des aliments riches en produits alcalins pour retrouver un pH équilibré. Les épinards font partie des légumes les plus alcalins.

Un extrait d'épinard pour diminuer l'envie de manger et perdre du poids

4. La betterave
La betterave est un autre légume aux propriétés anti-inflammatoires. Il est riche en bétanine, un antioxydant qui en plus de lui conférer sa couleur rouge vif, est un excellent anti-inflammatoire. Ce légume est également riche en magnésium, ce qui permet de limiter les risques d’apparition de maladies inflammatoires causées par une carence en magnésium. Quand le magnésium est en faible quantité dans l’organisme, le calcium s’accumule sans être absorbé, causant sur le long terme des calculs rénaux. Consommer régulièrement de la betterave augmente le taux de magnésium dans le sang et facilite l’assimilation du calcium par le corps.
Lire aussi notre dossier complet sur le jus de betterave

Le brocoli protège les cellules du stress et de l'Alzheimer5. Le brocoli
Le brocoli est une excellente source d’antioxydants, dont notamment les flavonoïdes et les caroténoïdes. Ces substances réduisent le stress oxydatif et contribuent à combattre les inflammations chroniques comme les douleurs articulaires causées par l’arthrose. Le brocoli n’est pas le seul chou qui aider à lutter contre l’inflammation, d’autres espèces s’avèrent aussi efficaces comme le chou classique, le chou frisé (kale) ou le chou chinois (lire ci-dessus, conseil no2).

6. Le raisin et ses dérivés
Le raisin, le jus de raisin et le vin regorgent d’un puissant antioxydant, le resvératrol, appartenant aux polyphénols. Cette substance antioxydante a un effet protecteur contre les maladies cardio-vasculaires et présente également une activité anti-inflammatoire. Certaines recherches ont montré un effet positif du resvératrol, mais d’autres se sont montrées plus critiques.

jus d'ananas7. L’ananas
L’ananas est le fruit anti-inflammatoire par excellence. Il est riche en broméline, une enzyme digestive contenant du souffre. Quand cette substance est ingérée, elle améliore non seulement le mécanisme de digestion, mais également le processus anti-inflammatoire de l’organisme. Chez les personnes souffrant de pathologies articulaires, la consommation d’ananas contribue à réduire l’accumulation des liquides au niveau des articulations et diminuer, par conséquent, les inflammations et les douleurs qui en résultent généralement. Pour profiter au mieux des propriétés anti-inflammatoires de l’ananas, il est conseillé de le manger frais, et à jeun.

Sélénium8. Les noix
En Europe et en Amérique du Nord, il est parfois plus facile et meilleur marché de se procurer des noix (classiques) que la noix du Brésil (photo à gauche). Ce fruit oléagineux est une source importante de vitamine E, un antioxydant lipophyle. La vitamine E qui porte aussi le nom de tocophérol est l’un des antioxydants les plus importants pour la cellule, car elle protège les lipides de la membrane cellulaire contre l’entrée de radicaux libres. La noix du Brésil, ce fruit oléagineux, est riche en sélénium. Des recherches ont montré que la noix du Brésil aurait un effet positif dans la prévention du cancer de la prostate, grâce à sa concentration en antioxydants. Il est recommandé de consommer 2 noix du Brésil par jour.

étude prévention cancer9. La cerise (griotte notamment)
La cerise contient de l’anthocyane, une substance reconnue pour ses propriétés anti-inflammatoires. Ce fruit est également riche en quercétine, une enzyme qui permet de lutter contre l’action des radicaux libres. Les substances contenues dans ce fruit aideraient au traitement des personnes qui souffrent d’arthrite et notamment de la goutte. Les spécialistes préconisent la consommation de 15 cerises par jour pour profiter de tous ses bienfaits. La griotte ou cerise acide (Prunus cerasus) est particulièrement riche en anthocyane.

Papaye10. La papaye
La papaye, un fruit exotique, doit sa propriété anti-inflammatoire à la papaïne contenue dans sa chair. Cette enzyme fréquemment utilisée en médecine naturelle permet de soulager efficacement les douleurs et réduire différents types d’inflammation. Pour profiter pleinement des bienfaits de la papaïne, il suffit de consommer une demi-papaye quotidiennement. Ce fruit est également très digeste et assainit les muqueuses digestives en agissant comme un antiseptique.

Bonus
reflux gastro oesophagien orangeLes agrumes comme le citron ou l’orange contiennent de la naringinine, un flavonoïde, qui a montré des propriétés anti-inflammatoires en tout cas en laboratoire comme l’a montré une étude de l’université Tufts aux Etats-Unis. En plus des plantes, les probiotiques (ex. Lactobacillus) et les oméga-3 permettent également de lutter naturellement contre l’inflammation. Les acides gras oméga ont un effet sur l’inflammation dans l’organisme, avec les oméga-3 qui agissent en général comme anti-inflammatoires et les oméga-6 comme pro-inflammatoires, c’est-à-dire favorisant l’inflammation. En général, l’alimentation occidentale est beaucoup trop riche en acide gras oméga-6 et on suspecte qu’ils peuvent contribuer aux maladies chroniques.
Finalement, la pratique régulière d’exercice physique comme simplement marcher 10 minutes par jour est un autre excellent moyen de lutter contre les processus inflammatoires néfastes de l’organisme. Le café et l’huile d’olive agissent aussi comme anti-inflammatoires.

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Mis à jour le 14 septembre 2018 par la rédaction de Creapharma.ch. Supervision scientifique : Xavier Gruffat (pharmacien).
Référence étude : Journal of Internal Medicine (DOI : 10.1111/joim.12823).
Crédits photos : Fotolia.com, Creapharma.ch
Crédit infographie : Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch)

Lire aussi : 5 plantes médicinales aux propriétés anti-inflammatoires

Le diclofénac double le risque de graves maladies cardiaques comme l’infarctus

COPENHAGUE – Une nouvelle grande étude danoise réalisée sur plus de 6 millions de personnes entre 1995 et 2016 a montré que le diclofénac (nom de marque : Voltaren® du laboratoire suisse Novartis et génériques) augmentait de façon significative le risque de graves troubles cardiaques si le médicament était utilisé pendant au moins 30 jours.

Infarctus du myocarde chez la femme, 5 informations essentielles à connaîtreLe diclofénac appartient à la famille des anti-inflammatoires non stéroïdien (AINS), dans cette famille de médicaments très prescrits dans le monde on trouve aussi l’ibuprofène, le naprofène et l’aspirine. Les chercheurs danois ont constaté que les personnes prenant du diclofénac avaient 50% plus de risque de souffrir de maladies cardiaques graves comme une insuffisance cardiaque ou un infarctus du myocarde en comparaison avec des personnes ne prenant aucun AINS. Mais le risque de prendre du diclofénac était aussi plus élevé qu’avec d’autres AINS et le paracétamol. Il était de 20% plus élevé avec les AINS ibuprofène et naproxène et de 30% plus élevé que le paracétamol. Les scientifiques ont aussi noté qu’il y avait une relation entre la prise de diclofénac et une augmentation du risque de mortalité cardiaque ainsi que de saignements du système gastro-intestinal.

Effets

Sans rentrer dans trop de détails, on suppose que le diclofénac favorise la formation de thrombose suite à la fabrication du thromboxane A2. En plus d’agir sur l’inflammation les AINS agissent aussi sur la coagulation du sang, d’où parfois des saignements au niveau du système digestif.

Danemark

Le Danemark a un système de santé publique qui enregistre la prise des médicaments sur ordonnance de chaque personne. Il est ensuite plus facile de faire une corrélation avec les événements cardiovasculaires, eux aussi documentés. De l’année 1996 à 2016 les chercheurs ont noté 1465 événements cardiovasculaires graves chez les personnes prenant du diclofénac (0,1%) contre 898 (0,07%) pour ceux ne prenant pas de diclofénac. Les personnes prises en compte étaient âgées de 46 à 56 ans.

Plus en vente libre ?

Notons que dans cette étude seulement la prise par voie orale de diclofénac, par exemple en comprimé, était concernée et non la prise par voie externe comme en gel ou crème. Le principal auteur de cette étude, Morten Schmidt, aimerait comme il l’a dit au journal suisse Le Temps que la prise orale de diclofénac ne soit seulement délivrée sur ordonnance médicale et plus en vente libre.

Alternative

Les chercheurs danois écrivent dans un communiqué de presse en lien avec l’étude qu’il y a peu de justification à continuer à prescrire du diclofénac sans essayer d’autres anti-inflammatoires, à cause des risques cardiovasculaires et digestifs de ce médicament. Une alternative intéressante est l’ibuprofène. Le paracétamol (ex. Dafalgan® ou Panadol®) est une autre possibilité pour lutter contre la douleur mais moins contre l’inflammation, car cette molécule est peu efficace. L’avantage du paracétamol est qu’il mène à moins d’effets secondaires au niveau gastro-intestinal comme des saignements que les AINS.

Cette étude réalisée par des scientifiques de l’hôpital Aarhus University Hospital et a été publiée le 4 septembre 2018 dans le journal scientifique BMJ (DOI : 10.1136/bmj.k3426).

Le 8 septembre 2018. Par Xavier Gruffat (Pharmacien). Sources : Atlanta Journal Constitution, Communiqué de presse de l’étude en anglais, Le Temps. Folha de S.Paulo. Référence étude : BMJ (DOI : 10.1136/bmj.k3426). Crédits photos : Adobe, Fotolia

Lire aussi : 
– La FDA met en garde contre le risque d’infarctus et d’AVC avec tous les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme l’ibuprofène ou le diclofénac
–  Risque accru de crises cardiaques avec des antidouleurs couramment utilisés (2017)

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5 conseils originaux pour mieux dormir

Le sommeil : un capital essentiel pour une bonne santé, notamment du cerveauAvec l’augmentation de l’utilisation des téléphones portables (smartphone) consultés souvent jusqu’à tard le soir, les troubles du sommeil tendent à augmenter dans nos sociétés modernes. On sait aussi qu’une vie trop sédentaire perturbe le sommeil. Nos vies stressantes sont un autre facteur de troubles du sommeil, car le cerveau a besoin de laisser de côté les soucis de la vie quotidienne pour s’endormir. Aux Etats-Unis, plus de la moitié de la population souffre d’une forme ou d’une autre de troubles du sommeil. En plus de certaines recommandations classiques pour mieux dormir comme éviter de boire du café après 15h00 chez les personnes sensibles à la caféine ou se lever à la même heure chaque jour (y compris le week-end), découvrez 5 conseils originaux et efficaces pour bien dormir. 

1. Bains ou douches. Prenez des bains de pieds (avec de l’eau froide), une douche chaude ou un bain chaud par exemple avec des extraits de lavandecamomille, romarin, eucalyptus ou mélisse. Vous pouvez aussi rajouter des sels Epsom (sels à base de sulfate de magnésium). Le but des bains est de se détendre, afin notamment de lutter contre le stress accumulé pendant la journée et d’essayer d’oublier les soucis du quotidien. Les bains chauds permettent aussi de faire chuter la température du corps. En effet, et de façon peu intuitive, lorsqu’on prend un bain chaud le sang circule davantage à la surface du corps. Au moment de sortir du bain, le sang se refroidit ainsi que l’ensemble du corps. Une basse température aide à mieux d’endormir (lire aussi point no 5 ci-dessous). Adopter une routine comme prendre un bain ou douche avant d’aller dormir contribue aussi à améliorer le sommeil. Faire une prière ou méditer sont d’autres routines conseillées avant d’aller dormir.
Une recette pour se détendre : bain de lavande

2. Pieds au chaud. Parfois les troubles de l’endormissement peuvent venir des pieds froids, dans ce cas n’hésitez pas à mettre des chaussettes ou chaussons. Cela peut sembler paradoxal par rapport au point 1, mais des pieds froids perturbent le sommeil.
En parlant des pieds, une idée est aussi d’appliquer quelques gouttes d’huile essentielle de lavande directement sur la peau des pieds. L’odeur de la lavande agit comme relaxant et favorise un bon sommeil.

3. Hamac. Une étude de 2011 a montré que bercer un adulte l’aide à s’endormir. Le hamac serait l’endroit idéal pour faire une sieste. Des chercheurs suisses ont établi que le balancement chez l’adulte provoque un endormissement plus rapide et vraisemblablement un sommeil plus profond.

4. Musique. Ecoutez de la musique comme du compositeur Debussy avant d’aller dormir. En effet, une étude de 2016 publiée dans la revue scientifique Journal of Alternative and Complementary Medicine a montré que des personnes âgées qui écoutaient de la musique comme de Debussy avec 60 à 80 battements par minute pendant 30 à 45 minutes s’endormaient plus facilement mais aussi dormaient plus longtemps. Le matin suivant, les participants se sentaient plus reposés que ceux n’ayant pas écouté une telle musique. Selon les chercheurs, cette musique présente un effet relaxant sur le système nerveux et augmente la libération d’ocytocine, une sorte d’hormone du « bien-être ». Des battements du rythme musical proche de 60 correspondent à la fréquence cardiaque au moment de s’endormir.

S’il y a beaucoup de bruits dans votre chambre à coucher, vous pouvez aussi utiliser une machine à bruit blanc. Un bon moyen pour retrouver un certain calme.

5. Température. Il est important d’avoir une température adaptée de la chambre à coucher. Une température de 18,3°C (65°F) est conseillée pour un bon sommeil. Autrement dit, la plupart des personnes devraient régler le thermostat quelques degrés en dessous qu’habituellement. Ces résultats proviennent d’une étude publiée en 2015 dans la revue scientifique Current Biology (DOI: 10.1016/j.cub.2015.09.046) montrant de façon surprenante que la température avait en moyenne plus d’impact sur le sommeil que la lumière. Ce qui est important de comprendre est que pour bien s’endormir le corps a souvent besoin d’avoir une température plus basse que le reste de la journée. En été ou dans des pays chauds sans climatisation, il est recommandé d’utiliser des habits les plus légers possibles pour dormir et de bien aérer la chambre à coucher. Cette étude a notamment été réalisée par des chercheurs de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA).
Au lieu de diminuer la température de la chambre, vous pouvez aussi dormir nu ou avec un simple sous-vêtement.

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Le saviez-vous ?
Des chercheurs ont montré qu’au Moyen Âge (15ème siècle) les personnes dormaient 2 fois par 24 heures. Comme à cette époque il n’y avait pas d’électricité, ils allaient dormir au coucher du soleil, se réveillaient naturellement vers minuit, puis vers 1 ou 2 heures du matin allaient se recoucher et dormaient jusqu’au lever du soleil. On estime que c’est seulement avec la révolution industrielle que l’homme s’est mis à dormir 1 fois par 24 heures, sauf pour ceux qui font la sieste et autres exceptions.

Découvrez aussi une vidéo de Creapharma.ch pour mieux dormir : 

Lire aussi : 12 aliments contre l’insomnie

Article mis à jour le 7 septembre 2018. Par Xavier Gruffat (Dipl. Pharmacien EPF Zurich). Sur une idée originale de Creapharma.ch. Sources : références dans l’article pour études, dossier complet sur l’insomnie, The Wall Street Journal (plusieurs éditions), magazine Prevention. Références études : Current Biology (DOI: 10.1016/j.cub.2015.09.046)
Crédits photos : Fotolia.com. Infographie : Creapharma.ch (Pharmanetis Sàrl)

Lire aussi : Dossier complet sur les troubles du sommeil Bons conseils pour bien dormir

Un spécialiste mondial du cancer fait le point sur la maladie

SAO PAULOLe célèbre médecin américain d’origine indienne Siddharta Mukherjee, spécialiste du cancer et de la génétique, donnait une conférence sur le cancer début septembre 2018 à São Paulo au Brésil. Creapharma était présent et reprend pour vous les principales informations à connaître sur le cancer en 2018. Le Dr Mukherjee a écrit deux livres à succès mondial, le premier sur le cancer publié en anglais en 2011 (L’empereur de toutes les maladies : Une biographie du cancer) et un autre ouvrage sur la génétique (Il était une fois le gène) publié en 2016. Le scientifique de 48 ans a gagné le très renommé prix Pulitzer en 2011 avec son livre sur le cancer. Avec un CV impressionnant, étude de biologie à l’Université de Stanford en Californie, d’immunologie à Oxford en Angleterre et un diplôme de médecine à Harvard sur la côte est américaine, l’actuel professeur assistant à l’Université de Columbia à New York a une capacité de vulgariser et simplifier les informations pour le grand public. En plus d’écrire, il participe et mène aussi des études scientifiques sur le cancer. Grâce à l’avancée de la science, cette maladie longtemps tabou et qui faisait très peur devient progressivement mieux acceptée et comprise parmi la société. Toutefois, l’oncologue explique que l’âge est une composante importante du cancer, plus on vieillit et plus le risque augmente. Cela signifie qu’avec le vieillissement de la société les cas de cancer ne peuvent qu’augmenter. Tour d’horizon des différents points à retenir en 2018. 

Maladie génétique

ADNLe cancer est une maladie fondamentalement génétique, comme le souligne Prof. Mukherjee. Dans le passé, on pensait que le cancer venait de l’extérieur, mais maintenant on sait qu’il vient de l’intérieur, de nos propres cellules. En effet, les cellules cancéreuses proviennent à la base de cellules normales qui se divisent. Néanmoins, des causes externes comme l’environnement (ex. la pollution), les virus ou le hasard (division cellulaire anormale) peuvent influencer les gènes et la division cellulaire. C’est justement tout le problème de certains traitements anticancéreux, comment détruire des cellules cancéreuses sans toucher aux cellules normales qui se divisent également ? C’est pour cette raison que les chimiothérapies mènent souvent à des effets secondaires au niveau digestif et à une chute des cheveux en touchant à tort les cellules également en croissance mais non tumorales. Un objectif de la recherche actuelle est d’aller vers des traitements plus ciblés autant en terme d’efficacité que vers une diminution des effets secondaires. Comme nous avons tous des gènes différents, chaque cancer est unique en terme génétique. Cette grande diversité fait du cancer une maladie très complexe. Avec presque 8 milliards d’habitants, il ne sera pas possible d’avoir 8 milliards de traitements différents, les scientifiques doivent donc apprendre à regrouper certains patients avec des signes proches.

Complexité génétique, Angelina Jolie

cancer seinL’utilisation de tests génétiques est un  moyen de prévention pouvant être très efficace. On se rappelle de l’histoire d’Angelina Jolie il y a quelques années qui avait procédé à une ablation des deux seins (mastectomie) à titre préventif, car elle était porteuse de gènes (BRCA1) menant à un  risque élevé de cancer. Après son retrait, son risque de cancer du sein est désormais proche de zéro. Mais pour le Prof. Mukherjee, ce cas est relativement facile à prendre en charge, car il se base sur un gène bien identifié. La situation devient complexe lorsqu’une femme signale des cas de cancer du sein dans la famille mais n’est pas porteuse d’un ou de deux gènes à risque (ex. BRCA1, BRCA2). Dans ce cas, il est difficile de conseiller la patiente avec des certitudes, comme décider si elle doit ou non effectuer une mastectomie. Des études basées notamment sur des algorithmes devraient permettre de mieux conseiller ces femmes.

Questions éthiques complexes

La médecine préventive n’est pas simple et pose de sérieuses questions éthiques. Par exemple une étude (Khera et al., BIORXIV) pas encore publiée dans un journal scientifique qu’il a citée a montré qu’il devient possible de prévoir grâce à un algorithme le risque génétique de chaque personne par rapport au cancer. Cette étude va même plus loin en identifiant un possible risque génétique pour un foetus. Par exemple dans les pays où l’avortement est légal, les parents pourront décider d’interrompre la grossesse si les résultats du test de diagnostic montrent un risque élevé (ex. plus de 20%) de cancer pour l’enfant à 20 ans. De quoi ouvrir de nombreuses questions sur l’eugénisme et donner des arguments aux personnes contre l’avortement (IVG) en tout cas dans certaines situations.

Biopsie liquide 

Une biopsie liquide, c’est-à-dire une détection dans le sang de traces d’ADN de cellules cancéreuses, est un moyen efficace de détecter de façon précoce une tumeur, avant qu’elle ne se développe. Car il faut savoir que le matériel génétique d’une cellule cancéreuse est légèrement différent de cellules normales. Par exemple, si 15 cellules cancéreuses se développent au niveau du sein mais sont invisibles à l’aide d’imagerie médicale, une biopsie liquide permettra d’identifier très rapidement ces cellules cancéreuses et éventuellement les traiter avant qu’un nombre plus important de cellules cancéreuses apparaissent. Mais le médecin d’origine indienne précise en citant notamment les avertissements de la FDA qu’un test de biopsie liquide ou tout autre test de diagnostic doit permettre à la fin de diminuer le taux de mortalité. Car certaines tumeurs ne sont pas dangereuses et il s’agira d’éviter de traiter toutes les cellules cancéreuses, mais seulement celles potentiellement dangereuses.

« Overdiagnosis »

Le surdiagnostic (en anglais overdiagnosis) est justement un risque problématique avec l’arrivée sur le marché de nombreux tests de diagnostic du cancer, à commencer par une biopsie liquide. Imaginons qu’un individu présente 1000 risques différents de cancer dans son organisme. Il sera bien sûr impossible de traiter chacune des cellules cancéreuses ou tumorales. Les autorités de santé devront donc fixer des règles claires pour éviter de traiter chacune des tumeurs de l’organisme mais se concentrer seulement sur celles à risque élevé.

Immunothérapie

Le Dr Mukherjee, qui s’exprimait dans une interview fin août 2018 au journal Folha de S.Paulo qui organisait cet événement, relève que l’immunothérapie – utilisation du système immunitaire pour soigner le cancer – a encore beaucoup de limitations. Par exemple on ne comprend pas bien pourquoi l’immunothérapie fonctionne pour certains types de cancer et pas pour d’autres. Il se pose aussi la question de savoir ce qui doit être amélioré pour que le système immunitaire réagisse de façon plus efficace. Ces réponses devraient être apportées dans la prochaine décennie, selon lui.

Coûts très élevés

Par rapport aux coûts souvent extrêmement élevés de l’immunothérapie qui peuvent avoisiner les 500’000 dollars, le Prof. Mukherjee estime que la prévention comme on l’a vu ci-dessus (tests génétiques, bioposte) est un bon moyen d’arriver à faire baisser la facture globale pour les systèmes de santé. C’est-à-dire mieux comprendre les causes génétiques et environnementales du cancer, puis agir très rapidement pour contrer le développement de la maladie. Car au moment où le cancer se développe les coûts commencent à fortement augmenter autant en terme de traitement que de soins.

Pourquoi pas lui ?

Finalement, la question qu’il trouve très intéressante en 2018 est de savoir pourquoi une personne ne développe pas de cancer ? En répondant de façon presque inversée, il est possible d’étudier certains facteurs protecteurs comme par exemple l’absence d’inflammation ou l’influence se trouvant autour des cellules comme le système immunitaire ou encore le microbiome (bactéries intestinales) sans compter l’impact des aliments (nutrition). Le spécialiste d’origine indienne estime toutefois que répondre à cette question sera complexe, probablement plus que répondre à la question de savoir pourquoi un individu développe un cancer, question qui a occupé les chercheurs ces 100 dernières années.

Le 6 septembre 2018. Par Xavier Gruffat (pharmacien). Sources : Folha de S.Paulo, événement sur le cancer du 6 septembre 2018 avec Siddharta Mukherjee (Creapharma.ch était physiquement présent). Crédits photos : Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch), Fotolia.com

Le cœur des femmes, plus fragile que celui des hommes

Série différences homme-femme en médecine
Le cœur des femmes, plus fragile que celui des hommesNEW YORKLe cœur des femmes est plus fragile que celui des hommes. Par exemple le risque pour une femme de mourir après un infarctus du myocarde est 50% plus élevé que pour un homme.  Une étude canadienne publiée en juillet 2018 (voir références ci-dessous) a également montré que les femmes souffrant d’insuffisance cardiaque avaient des taux de mortalité et d’hospitalisation supérieurs aux hommes. Chez la femme l’insuffisance cardiaque représente environ 35% des cas de décès par maladie cardiovasculaire. 

Infarctus du myocarde

Bien que les hommes continuent de souffrir davantage d’infarctus du myocarde, l’augmentation du nombre de cas et de décès chez les femmes a tout simplement explosé ces dernières décennies même si on observe actuellement un tassement. Dans les années 1950 aux Etats-Unis on estime qu’il y avait 10 décès féminins par infarctus du myocarde pour 100 morts masculins, actuellement dans les années 2010 ce chiffre se monte à 50 décès féminins, soit 5 fois plus de cas.

Insuffisance cardiaque

L’infarctus du myocarde n’est pas la seule cause de décès des maladies cardiaques, il faut compter aussi entre autres sur l’arythmie et l’insuffisance cardiaque. Aux Etats-Unis en 2010 598’000 personnes sont mortes d’une maladie cardiaque. La proportion de décès est identique entre hommes et femmes. Parmi les décès, un homme et une femme sur 4 meurent de maladie cardiaque chaque année aux Etats-Unis. C’est la première cause de mortalité dans ce pays, loin devant le cancer. Dans le monde on estime qu’environ 17 millions de personnes meurent chaque année d’une maladie cardiaque (cardiopathie).
Comme on l’a vu dans l’introduction, une étude canadienne de 2018 a montré que le taux de mortalité de l’insuffisance cardiaque était supérieur chez les femmes que chez les hommes. Pour arriver à ces résultats, les chercheurs ont analysé les données de plus de 90’000 patients de l’Ontario (Canada) diagnostiqués d’insuffisance cardiaque. Ces patients ont été suivi sur une période de 5 ans (2009 à 2014). Un an après le premier diagnostic 16,8% (7156) des femmes sont mortes contre 14,9% des hommes (7138). Pendant toute la durée de l’étude, le taux d’hospitalisation des femmes a dépassé celui des hommes avec par exemple exemple 98 femmes pour 1000 femmes hospitalisées contre 91 hommes pour 1000 hommes en 2013. L’un des objectifs de ce genre d’étude est d’arriver à des traitements plus différenciés entre hommes et femmes. Cette étude a été publiée le 16 juillet 2018 dans le journal scientifique CMAJ (DOI : 10.1503/cmaj.180177).

Malbouffe et stress

L’augmentation du nombre d’infarctus du myocarde en particulier est inquiétante, car cela affecte aussi beaucoup de femmes jeunes, ayant encore des enfants ou adolescents à charge. De mauvaises habitudes dans les sociétés à haut revenu comme les Etats-Unis, que cela soit la malbouffe ou la sédentarité, sont clairement des facteurs de risque importants pour les maladies cardiaques

Facteurs risque cardiaque chez la femme

Le cœur des femmes est différent

Le cœur des hommes est différent de celui des femmes, que cela soit au niveau anatomique ou physiologique. La fréquence cardiaque est 10% plus rapide pour les femmes que les hommes, le cœur d’une femme bat entre 60 et 80 fois par minute et de 55 à 70 battements par minute chez les hommes. Le diamètre des artères coronariennes est 15% plus étroit chez les femmes que chez les hommes. Cette étroitesse peut augmenter le risque d’obstruction, par exemple à cause de plaques lipidiques ou de cholestérol.

Une différence fondamentale se manifeste par exemple dans les symptômes de l’infarctus du myocarde. Chez l’homme, dans 90% des cas, les symptômes de l’infarctus sont clairs et se manifestent en particulier par une douleur violente dans la poitrine qui irradie dans le bras et l’épaule.
Chez la femme par contre les symptômes de l’infarctus du myocarde sont dans 70% des cas peu marqués au niveau de l’intensité et peuvent se manifester aussi sous forme de mal de dos, de troubles du sommeil, de fatigue, de brûlure d’estomac ou de nausées. Ces symptômes sont souvent confondus avec d’autres maladies.
Comme on sait que l’infarctus est une urgence médicale absolue, chaque minute compte pour sauver la vie du patient, les femmes courent ainsi un risque supérieur que les hommes dans ce moment crucial. En plus chez la femme l’infarctus est souvent fulminant.

Grave effet secondaire

Les torsades de pointes sont un grave trouble du rythme cardiaque, pour être précis une forme de tachycardie ventriculaire, pouvant mener à une mort subite. Il s’agit souvent d’un effet secondaire provoqué par la prise de certains médicaments et les femmes en souffrent plus fréquemment que les hommes.

Aux Etats-Unis, certains médecins font pression pour que les recherches scientifiques soient davantage orientées sur les femmes (gender medicine). Car trop souvent dans les études cliniques, on prend des hommes parce qu’il y a moins de risques en cas de grossesse par exemple. Mieux connaître la santé cardiaque des femmes pourra permettre d’améliorer le diagnostic, notamment aider à une meilleure identification des femmes souffrant d’infarctus, ainsi que trouver des traitements spécifiques (ex. dosage, posologie). Lire aussi : Médicaments cardiovasculaires : les femmes devraient recevoir un dosage différent et adapté

Il faut aussi savoir que l’œstrogène protège le cœur et les vaisseaux sanguins, à la ménopause et lorsque sa concentration chute, la femme devient plus vulnérable aux maladies cardiaques.

L’importance de la prévention

Il faudra effectuer un contrôle médical (check-up) régulier, autant pour les femmes que les hommes. Le médecin va mesurer différents paramètres comme la tension, le poids, le taux de cholestérol, le glucose, etc. Le but est de soigner toute hypertension ainsi que l’hypercholestérolémie.

Le point essentiel à retenir pour prévenir les maladies cardiaques est de changer, si nécessaire, son style de vie et en particulier d’effectuer de l’exercice régulièrement et d’adopter une alimentation saine et équilibrée (voir 8 aliments contre l’hypertension).

La célèbre Association Américaine du Cœur (American Heart Association) recommande à toutes les femmes d’effectuer 20 minutes d’exercice par jour comme de la marche, de la course à pied ou des exercices musculaires tels le fitness.

D’autres facteurs de risque doivent être également pris en compte et il s’agira d’arrêter de fumer, de perdre du poids et de prévenir le diabète de type 2.

À retenir de cet article :
– Le cœur des femmes est différent de celui des hommes, que cela soit au niveau anatomique ou fonctionnel
– Les femmes souffrant d’insuffisance cardiaque ont des taux de mortalité et d’hospitalisation supérieurs aux hommes
– Les symptômes de l’infarctus du myocarde sont beaucoup moins évidents chez la femme que chez l’homme, dans ce cas la prise en charge de cette urgence médicale est souvent peu adéquate
– La prévention est un élément essentiel de la santé cardiaque (exercice, alimentation saine, ne pas fumer, maigrir), notamment chez la femme

Article mis à jour le 30 août 2018. Par Xavier Gruffat, Pharmacien diplômé de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich, Suisse (ETH). Sources : Congrès de cardiologie de l’Etat de Sao Paulo (Brésil) qui s’est tenu du 15 au 17 juin 2017 à Sao Paulo. XG était présent à ce congrès. Pharmavista.net (site suisse de référence sur les médicaments).
Référence étude : CMAJ (DOI : 10.1503/cmaj.180177).
Photo: © CLIPAREA.com – Fotolia.com

Lire aussi :

On comprend mieux pourquoi certaines personnes malgré des marqueurs cérébraux d’Alzheimer ne souffrent pas de la maladie

huile d'olive contre l'AlzheimerGALVESTONUne nouvelle étude aide à mieux comprendre pourquoi certaines personnes qui ont des marqueurs de la maladie d’Alzheimer, notamment des plaques de protéines bêta-amyloïde, ne développent pas de démence. La maladie d’Alzheimer qui touche 5 millions d’Américains, un peu plus de 1% de la population, est de loin la forme de démence la plus fréquente.  

Plaques de protéines

Un phénomène qu’on observe dans la maladie d’Alzheimer est l’accumulation de plaques de protéines appelées bêta-amyloïdes dans le cerveau des personnes souffrant de la maladie. D’autres protéines appelées TAU peuvent aussi se développer cette fois à l’intérieur des neurones. Ces plaques de protéines détruisent les connexions entre les neurones appelées synapses. Si les synapses ne fonctionnent pas correctement, des troubles de la mémoire surviennent.

De façon intéressante et surprenante certaines personnes produisent ces protéines mais ne développent pas la maladie et aucune autre démence, c’est pourquoi des chercheurs de l’Université du Texas à Galveston ont cherché à mieux comprendre ce cas de figure.

Synapses

Dans une étude précédente les chercheurs texans avaient déjà répondu en partie à cette question. Ils avaient constaté que ces plaques de protéines comme les bêta-amyloïde et TAU ne se déposaient pas au niveau des synapses chez les personnes sans symptôme de démence mais ailleurs dans le cerveau. En revanche, chez les personnes souffrant de la maladie les protéines bêta-amyloïde et TAU se déposaient précisément au niveau des synapses. Mais la question qui manquait était de savoir pourquoi, pour quelles raisons chez certaines personnes saines les protéines ne se développaient pas au niveau des synapses. Ou autrement dit, pourquoi certaines synapses repoussaient ces protéines toxiques ?

3 groupes

Pour répondre à cette question très intéressante, les chercheurs ont effectué des tests de diagnostic par électrophorèse et spectrométrie de masse sur des tissus congelés de cerveaux de personnes mortes qui ont donné le corps à la science. De leur vivant ces personnes avaient participé annuellement à des évaluations neurologiques. Les tissus de cerveau des participants ont été partagé en 3 groupes : ceux souffrant de symptômes d’Alzheimer, ceux avec les marqueurs (ex. bêta-amyloïde) d’Alzheimer mais sans symptôme et ceux sans marqueur de la maladie et avec aucun symptôme.

Protéine unique

Les résultats ont montré que les personnes avec les marqueurs mais sans symptôme avaient dans leur cerveau une signature synaptique de protéine unique, ce qui les différenciaient autant des personnes avec symptômes que des personnes saines. Selon le Dr Giulio Tagliatela qui a participé à ce travail, cette protéine unique peut montrer la résistance synaptique aux protéines bêta-amyloïdes et TAU. Cela semble permettre à ces individus chanceux de rester en bonne santé mentale malgré les signes classiques de la maladie d’Alzheimer.

Le Dr Tagliatela conclut le communiqué de presse de l’étude avec des notes d’espoir : « Nous ne comprenons pas totalement le mécanisme exact responsable de cette protection. Comprendre ces processus biologiques protecteurs pourraient révéler de nouvelles cibles pour le développement de médicaments efficaces contre la maladie d’Alzheimer. »

Cette étude a été publiée le 30 juillet 2018 dans le journal scientifique Journal of Alzheimer’s Disease (DOI : 10.3233/JAD-180179).

Grande déception 

Un article du journal américain de référence The Wall Street Journal paru en novembre 2016 estimait que la maladie d’Alzheimer était peut-être le domaine le plus délaissé par l’industrie pharmaceutique, dans le sens où aucun médicament efficace pour arrêter l’évolution
de la maladie existe actuellement. Depuis 2002 environ, la FDA (agence américaine des médicaments) n’a plus enregistré de nouveaux médicaments indiqués contre la maladie d’Alzheimer.

Le 29 août 2018. Par Xavier Gruffat (pharmacien). Sources : communiqué de presse de l’étude en anglais, The Wall Street Journal. Référence : Journal of Alzheimer’s Disease (DOI : 10.3233/JAD-180179).
Photos: Fotolia.com. Infographie : Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch)

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L’argile contre les plaies : cette ancienne pratique peut être une nouvelle solution

ROCHESTER (Minn.)L’utilisation d’argile notamment comme cataplasme appliqué directement sur la peau est une pratique courante dans certaines cultures. L’application de cataplasme d’argile comme traitement thérapeutique remonte aux temps les plus anciens. Dans une nouvelle étude publiée en août 2018, des chercheurs de la prestigieuse institution médicale Mayo Clinic avec des collègues de l’Arizona State University aux Etats-Unis ont constaté qu’au moins un type d’argile peut aider à lutter contre les bactéries pathogènes se trouvant dans les plaies, y compris certaines bactéries résistantes aux traitements classiques. 

Basse teneur en fer

« Nous avons montré que cette argile à teneur réduite en fer peut tuer certaines souches de bactéries dans les conditions de laboratoire utilisées, y compris les bactéries cultivées sous forme de biofilms, qui peuvent être particulièrement difficiles à traiter », a déclaré le Dr Robin Patel, microbiologiste et spécialiste des maladies infectieuses à la Mayo Clinic et auteur principal de l’étude. Les biofilms se produisent lorsque les bactéries s’accrochent aux surfaces et développent un film ou un revêtement protecteur, ce qui les rend relativement résistantes aux antibiotiques. Ces biofilms apparaissent dans les deux tiers des infections constatées par les médecins.

« Cette étude constitue un progrès important dans la compréhension de la façon dont les argiles, en particulier l’argile bleue de l’Oregon, ont montré des propriétés médicinales en se fixant sur des bactéries pathogènes. », a déclaré Enriqueta Barrera, directrice de la fondation (National Science Foundation’s Division of Earth Sciences) qui a financé ce travail de recherche.

Dans les tests de laboratoire, les chercheurs ont constaté que l’argile a un effet antibactérien notamment contre Escherichia coli et Staphylococcus aureus,  y compris des souches résistantes comme le SARM et la CRE. La suspension d’argile était efficace contre plusieurs bactéries, tant un état dit planctonique que sous forme de biofilm.

Pas tous les types d’argile 

Ce travail de recherche est préliminaire et les auteurs avertissent que pour le moment seule une concentration de suspension d’argile a été testée. Les tests de laboratoire sont la première étape pour simuler l’environnement complexe trouvé dans une plaie réellement infectée. Ils mettent également en garde que tous les types d’argile ne sont pas bénéfiques pour la santé. Certaines argiles peuvent au contraire favoriser le développement de bactéries. D’autres recherches sont nécessaires pour identifier et reproduire les propriétés des argiles qui sont antibactériennes.

Les résultats de cette étude ont été publiés le 1er août 2018 dans le journal scientifique International Journal of Antimicrobial Agents (DOI : 10.1016/j.ijantimicag.2018.07.018).

Le 28 août 2018. Par Xavier Gruffat. Source principale : Communiqué de presse de l’étude en anglais et portugais. Référence étude : International Journal of Antimicrobial Agents (DOI : 10.1016/j.ijantimicag.2018.07.018).
Crédit photo : Arizona State University, Creapharma.ch (Pharmanetis Sàrl).

A l’occasion de la rentrée 2018/19, interview avec une spécialiste sur les poux

Christina -RuobZURICHEn cette période de rentrée scolaire, les poux de tête demeurent en ce 21e siècle à des niveaux endémiques bien enracinés chez les enfants de 3 à 14 ans dans la plupart des régions du monde. Très peu de pays disposent d’une politique globale de santé publique pour contrôler cette infestation endémique. Le diagnostic est en général médiocre et de puissants traitements neurotoxiques, appelés traitements chimiques, n’ont pas confirmé scientifiquement leur efficacité comme le relève la Ghent University en Belgique dans une étude présentée lors d’un congrès sur les poux, l’International Conference on Phthiraptera qui s’est tenu pour la 6ème fois en juin 2018 à Brno en République tchèque. Dr Christina Ruob, pharmacienne suisse et spécialiste du sujet, était justement présente à ce congrès. Creapharma.ch a eu la chance de pouvoir lui poser des questions sur les dernières recommandations à suivre en cas de poux et en particulier le comportement à suivre lors de poux à l’école.  Car nombreux sont les parents qui craignent de recevoir un appel de l’infirmière scolaire ou une lettre de l’école les informant que leur enfant a des poux.   

poux-adulteCreapharma.ch (Xavier Gruffat) – En 2018, est-ce que les traitements mécaniques (ex. diméticone) sont toujours plus recommandés que les traitements physiques (ex. malathion) ?
Dr Christina Ruob – Oui, les traitements chimiques comme la permethrine ou le malathion ne sont pas du tout recommandés. L’utilisation topique (locale) d’ivermectine pourrait être une option thérapeutique (utilisée aux Etats-Unis). Le traitement de premier choix (en anglais first line treatment) est la diméticone. Lire aussi le dossier complet de Creapharma sur les poux

Comment expliquez-vous qu’aux Etats-Unis – pays le plus influent au monde pour la médecine –  les traitements physiques comme ceux à base de diméthicone ne sont presque jamais mentionnés par les médias grand publics (ex. CBSNews) ? Autrement dit, comment expliquez-vous ces différences régionales ?
Aux Etats-Unis les traitements physiques commencent à être utilisés. Particulièrement dans une clinique appelée Lice Clinics of America. Dans ces cliniques, ils utilisent le dispositif AirAllé approuvé par la FDA en combinaison avec un traitement au diméticone. C’était d’ailleurs une question du congrès sur les poux à à Brno, savoir comment les recommandations américaines (US Guidelines) pourraient être influencées pour informer sur les recommandations définies. Je pense que ces informations sur les produits chimiques sont basées sur des raisons commerciales.

Dans l’interview accordée sur ce même sujet à Creapharma.ch en 2016, vous expliquiez que si un enfant a des poux il doit aller à l’école. Mais si je comprends bien il peut retourner à l’école seulement après avoir reçu un traitement anti-poux ? Pour mieux comprendre, prenons un exemple. Le lundi soir un parent découvre des poux sur la tête de l’enfant mais il ne dispose pas de traitement à la maison. Par conséquent, le mardi est-ce que l’enfant doit aller à l’école ou c’est mieux s’il reste à la maison au moins le mardi matin et aller à l’école l’après-midi ou le mercredi après avoir reçu le traitement ?
Si des poux de tête sont détectés chez un enfant le lundi soir, ils étaient très probablement présents pendant la journée de lundi et aussi la semaine précédente. Cela n’a aucun sens de ne pas envoyer l’enfant à l’école, car une transmission a déjà pu avoir lieu. Idéalement, tous les parents d’une classe d’école devraient traiter simultanément les enfants concernés afin d’éviter un “effet ping-pong” (ndlr. passage des poux d’une tête à l’autre pendant l’année scolaire ou une partie de l’année scolaire).
Les parents ont dans ce cas 2 options :
A : Vous traitez votre enfant le mardi et informez l’école par la suite.
B : Vous informez d’abord l’école et discutez avec l’enseignant ou l’infirmière scolaire lorsque la classe est traitée (tous les parents vérifient ensuite les enfants le mercredi ou le samedi, par exemple, et les traitent immédiatement).
Une fois traité avec un remède efficace contre les poux de tête (utilisé en quantité suffisante), il n’y a plus de transmission des poux. Il faut savoir que les larves qui éclosent des œufs ne peuvent pas changer de tête, c’est-à-dire passer d’une tête à l’autre.

Pensez-vous que les parents (ou d’autres personnes qui prennent soin de l’enfant) devraient seulement rechercher des poux sur la tête de l’enfant et pas aussi des lentes comme recommandés par le passé ?
Il faut rechercher des poux. Toutefois, si l’on ne trouve que des œufs ou des lentes, on vérifie pendant 14 jours 2 fois par semaine, si des poux en sont issus (à l’aide d’un peigne à poux dans les cheveux humides). Ndlr. : si plus aucun pou n’est trouvé, il n’est pas nécessaire de commencer un traitement.
Dans notre dossier complet sur les poux dans la rubrique Traitements vous trouverez des informations détaillées

Première publication de cette interview le 23 août 2018 (version 1.0, à 16h26). Interview réalisée en juillet 2018 par e-mail en anglais et allemand par Xavier Gruffat (Dipl. Pharmacien EPF Zurich et Dipl. MBA).
Découvrez aussi l’entreprise de Dr Christina Ruob (Medinform.ch) ainsi que son site sur les poux en français et allemand (lausinfo.ch)
Sources : “The unbearable lightness of evidence informing public health policy to control endemic head lice” présentée lors du 6ème congrès de l’International Conference on Phthiraptera à Brno en République Tchèque en juin 2018.
Crédits photos: Fotolia.com, photo du poux en bas de Dr. Christina Ruob. Crédit infographie : Creapharma.ch (Pharmanetis Sàrl).

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