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Le sommeil : un capital essentiel pour une bonne santé, notamment du cerveau

Le sommeil : un capital essentiel pour une bonne santé, notamment du cerveauNEW YORKEn médecine, si on ne devait retenir que 3 bons conseils de prévention on aurait probablement : manger sainement, effectuer régulièrement de l’exercice et avoir chaque jour une bonne nuit de sommeil. Les deux premiers conseils reviennent très souvent dans les médias et dans la bouche des spécialistes de la santé, surtout pour lutter contre la prise de poids, le cancer et maintenir une bonne santé cardiovasculaire. L’influence du sommeil est moins connue, pourtant son rôle est pris toujours plus au sérieux par les médecins et scientifiques pour son effet crucial sur la santé et notamment celle du cerveau.

Dormir 7 heures par nuit

Le sommeil : un capital essentiel pour une bonne santé, notamment du cerveauPour être en forme et surtout pour maintenir une bonne santé pendant toute la vie, l’idéal pour un adulte est de dormir 7 heures par nuit, ni plus et surtout ni moins. Ceux qui dorment moins de six heures par nuit voient leur risque d’accident vasculaire cérébral et d’infarctus doubler, selon une étude américaine parue en 2012. La probabilité de défaillance cardiaque est aussi multipliée par 1,6.
Une autre étude effectuée en Grande-Bretagne en 2007 avait montré qu’une diminution de la durée de sommeil parmi des sujets dormant habituellement 6, 7 ou 8 heures menait à une augmentation de 110 % de risques de décès d’origine cardiovasculaire. Mais un excès de sommeil chez des sujets dormant généralement 7 ou 8 heures a provoqué la même augmentation des risques, mais pour d’autres causes.

Les petits dormeurs souffrent aussi davantage de diabète, d’obésité, d’hypertension et probablement d’Alzheimer comme on le verra dans cet article. De plus, ils ont un taux de mortalité plus précoce par rapport aux personnes dormant davantage.

On sait qu’aux États-Unis 40 % des Américains dorment moins de 7 heures par nuit. En Europe les chiffres n’ont pas de raison d’être bien différents à cause notamment du stress de la vie quotidienne et l’usage toujours plus fréquent des appareils électroniques le soir avant d’aller se coucher comme Creapharma en a parlé dans un article il y a quelques semaines (Troubles du sommeil, nouveau fléau moderne).

Peu dormir, mauvais pour le cerveau et la mémoire

Le sommeil : un capital essentiel pour une bonne santé, notamment du cerveauPlusieurs études ont montré que dormir mal, trop peu ou à un horaire irrégulier ou décalé comme le travail de nuit pouvait affecter négativement le cerveau et notamment les processus cognitifs comme la mémorisation ou la concentration. Avec l’âge on sait qu’on perd chaque jour des neurones, on parle aussi de vieillissement cognitif naturel. Mais chez les petits dormeurs, ce déclin neuronal semble s’accélérer comme l’ont montré des études. On estime que les dommages sur le cerveau seraient même définitifs.

En effet, une expérience réalisée sur des souris a montré qu’une privation de sommeil de 3 jours menait à une perte de neurones de 25 à 30 % dans une aire bien précise du cerveau, jouant un rôle clé dans la concentration. Les chercheurs ont aussi montré que ces cellules détruites l’étaient à jamais, autrement dit, elles ne pouvaient plus se régénérer.

Le sommeil pour nettoyer les toxiques

Une autre étude réalisée par l’Université Rochester Medical Center en 2013 et publiée dans la revue Science a montré, toujours sur le cerveau des souris, que lorsqu’elles dorment un mécanisme physiologique se met en place et permet de nettoyer les déchets accumulés dans le système neuronal. Autrement dit, lorsqu’on dort trop peu, il est probable qu’on accumule des déchets potentiellement toxiques pour les neurones et autres cellules cérébrales. Pour ce travail de nettoyage, le cerveau utilise un système unique appelé “glymphatique” hautement actif pendant le sommeil et qui permet de nettoyer les toxines responsables de la maladie d’Alzheimer et d’autres pathologies neurologiques. De plus, ces chercheurs ont découvert que les cellules cérébrales réduisaient leur taille de 60 % quand on dort, permettant aux déchets d’être enlevés plus efficacement. Selon le principal auteur, le Dr Maiken Nedergaard, de la faculté de médecine de l’Université de Rochester (New York) : “La nature récupératrice du sommeil résulterait de l’élimination des déchets produits par l’activité neuronale qui s’accumulent pendant la période d’éveil”, ajoute-t-il.

Ce serait une hypothèse plausible pour mieux expliquer les troubles cognitifs observés chez des petits dormeurs. En effet, une vaste étude portant sur 15’000 personnes, réalisée en mai 2014, a montré que ceux dormant moins de 5h par nuit pendant plusieurs années voyaient leur performance de mémorisation, en passant des tests cognitifs, vieillir de 2 ans de plus par rapport au vieillissement naturel.

On ne s’en rend pas compte

Un problème grave lorsqu’on prend l’habitude de peu dormir est que l’organisme acquiert une certaine tolérance. Après quelques nuits avec par exemple 5 heures de sommeil, beaucoup de personnes s’habituent et finissent par ne plus se sentir fatiguées, peut-être à l’aide d’un peu de caféine pour tenir ces longues journées. Mais lorsque les chercheurs leur font passer des tests cognitifs complexes, les résultats sont mauvais chez ces petits dormeurs. Pour être performant, rien ne vaut de bonnes nuits de sommeil d’une durée de 7 heures pendant toute la vie.

Lire aussi : 12 aliments contre l’insomnie7 conseils essentiels pour bien dormir en 2014

Le sommeil : un capital essentiel pour une bonne santé, notamment du cerveau

Le 10 novembre 2014. Par Xavier Gruffat, pharmacien. Sources : agences de presse (ATS)

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Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 11.09.2017

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