Ebola



Définition

actu épidémie ebolaEbola est une maladie d’origine virale pouvant mener à de véritables épidémies. Il s’agit d’une fièvre hémorragique. L’OMS donne le nom précis de maladie à virus Ebola, dans ce dossier nous utiliserons le terme Ebola pour simplifier la compréhension.


Epidémies d’Ebola
Le virus a été découvert en 1976 par le docteur belge Peter Piot suite à une épidémie du virus en République démocratique du Congo et au Soudan. Le terme Ebola provient du nom d’une rivière de la République dém. du Congo (à l’époque Zaïre).

Taux de mortalité d’Ebola
Le taux de mortalité d’Ebola varie de 30 à 90%, cela dépend de différents paramètres comme de la région touchée ou des moyens médicaux à disposition. Dans l’épidémie de 2013 à 2014, le taux de mortalité était proche de 70% comme l’a informé l’OMS dans un communiqué le 14 octobre 2014. La maladie tue rapidement, souvent en une semaine. Lire sous symptômes ci-dessous
Si une personne survit au virus, normalement elle ne peut pas être contaminée une nouvelle fois, elle acquiert une immunité.

Ebola est extrêmement contagieux et il faut savoir que tous les fluides du corps sont contaminés (sangs, sueurs, larmes, urines, sperme, etc.). Les scientifiques évaluent le nombre de virus par ml de sang jusqu’à 100 milliards.

Tant qu’un individu atteint du virus de l’Ebola est encore en phase d’incubation, c’est-à-dire ne présente aucun symptôme, il n’est pas contagieux. C’est à partir du moment où la maladie se déclare qu’il faut faire très attention. Cette incubation peut durer entre 2 à 21 jours. Seul l’isolement évite tout risque de diffusion.

Réservoir du virus
Ebola serait à l’origine transmise par des chauves-souris frugivores, des réservoirs, qui ont contaminé les primates. Ces derniers auraient à leur tour infecté les hommes, notamment les chasseurs venus trouver des gibiers dans les brousses.

Epidémiologie

Epidémie en 2017
Depuis le 22 avril 2017, date marquant le début d’une nouvelle épidémie d’Ebola, 2 nouveaux décès ont été confirmés au Congo dans la province de Bas-Uele, comme le rapporte le site américain de référence CBSNews.

Epidémie de 2013-2014-2015
Selon l’OMS, l’épidémie d’Ebola sévissant depuis fin 2013 et terminée en 2015 a mené à plus de 11’000 décès. L’épidémie de 2013 à 2015 a commencé dans le district de Guéckédou, en Guinée, en décembre 2013.

Historique de l’épidémie de 2013 à 2015
En octobre 2014, plusieurs pays africains étaient touchés par l’épidémie d’Ebola ayant commencé en décembre 2013: la Guinée (où a commencé l’épidémie le 2 décembre 2013), la Sierra Leone, le Liberia, la République dém. du Congo et le Mali (1 seul cas au 29 octobre 2014). Selon les autorités nigériennes, ce pays ne serait plus touché par Ebola au 25 septembre 2014. Fin septembre 2014, un cas d’Ebola a été observé chez un Libérien résidant au Texas, aux Etats-Unis, il revenait d’un voyage au Libéria.

Début août 2014 un médecin travaillant pour une organisation caritative évangélique Samaritan’s Purse, Kent Brantly, contaminé par le virus Ebola a été rapatrié par avion d’Afrique vers Atlanta en Géorgie (Etats-Unis) pour se faire soigner. Toutes les mesures de protection ont été prises pour éviter une contamination à d’autres personnes. Une autre femme, travaillant pour la même organisation, a aussi été rapatriée d’Afrique le 5 août 2014 pour se faire soigner, selon CNN.
Ces deux Américains ont été soigné par un traitement expérimental, un sérum (qui contient des anti-corps contre le virus) et ont pu sortir de l’hôpital guéri le 21 août 2014.
Le 8 octobre 2014, les médias ont annoncé la mort du premier patient touché par Ebola sur le sol américain, à Dallas (Texas).

Au Liberia, l’Espagne a organisé mardi 5 août le rapatriement d’un prêtre catholique espagnol, M. Pajares, atteint par le virus, selon le ministère espagnol de la Santé. M. Pajares est le premier espagnol diagnostiqué comme étant atteint par l’Ebola. Ce prêtre est malheureusement décédé le 12 août 2014.

Le 4 octobre 2014, les autorités françaises ont annoncé que l’infirmière contaminée par Ebola après une mission au Libéria avait été guérie.


Le 14 octobre 2014, on a appris la mort d’un patient de 56 ans atteint d’Ebola soigné à Leipzig, en Allemagne.

Le 4 décembre 2015 les autorités sanitaires ont annoncé que les deux derniers cas connus d’Ebola au Liberia ont été déclaré guéris.

Un nouveau décès par Ebola a été confirmé au Liberia par l’OMS le 1er avril 2016, une femme de 30 ans est morte le 31 mars 2016 au soir. Un coup dur pour le pays, car le Liberia a été décrété libéré d’Ebola en janvier 2016.

Epidémies avant 2013
La première épidémie connue du virus en 1976 avait fait 151 morts au Soudan et 280 en Rép. dém. du Congo (RDC).
Entre 1994 et 1996 plusieurs épidémies en RDC et au Gabon ont fait un total de 352 morts.
En 2007 une épidémie en RDC a provoqué 187 morts.
Au total, selon un article du New York Times paru en décembre 2016, environ 1’600 personnes sont mortes d’Ebola jusqu’à l’épidémie de 2013 à 2015 (avec un pic surtout en 2014).

Causes (virus Ebola)

La maladie est provoquée par le virus Ebola, un virus à ARN appartenant à la famille des filovirus. L’ARN (matériel génétique) est entouré d’une capsule à base de protéines. Le virus a la forme d’un bâtonnet très allongé avec un diamètre de 0,5 micron.

Le virus infecte le noyau des cellules (humaines par ex.) et se multiplie rapidement et en grand nombre. Il faut savoir qu’un virus est incapable de se reproduire seul et a besoin d’un hôte, dans ce cas le noyau des cellules humaines, pour se développer.

Selon l’OMS, la raison principale de l’épidémie d’Ebola en Afrique est la grande pauvreté des pays touchés. Il s’en suit un mauvais système de santé, une formation du personnel parfois déficiente, des mesures d’hygiènes non suffisantes, etc.

Personnes à risque
Les personnes qui prennent en charge les soins et rituels funéraires des victimes ainsi que les professionnels de santé représentent une partie importante des cas.
Lire aussi : Ebola : la transmission lors des inhumations a diminué – Les “combattants d’Ebola” désignés par Time personnalité de 2014

Temps d’incubation
Le temps d’incubation du virus Ebola est de 2 à 21 jours (en moyenne 8 à 10 jours). Pendant le temps d’incubation la personne infectée peut transmettre la maladie (lire ci-dessous pour comprendre les voies de transmission).
Le temps d’incubation indique la durée pendant laquelle le virus est présent dans le corps mais sans produire de symptômes.

Transmission – Voies de transmission Ebola
La transmission d’humains à humains s’effectue surtout par contact rapproché, notamment entre le personnel soignant et la famille en contact avec une personne atteinte par le virus Ebola.
La transmission du virus s’effectue par les sécrétions corporelles, c’est-à-dire le sang, la salive, l’urine, la transpiration (sueur), le sperme (lire ci-dessous), les sécrétions vaginales, les vomissements ou encore les fèces. Les larmes pourraient aussi transmettre le virus.
La transmission s’effectue aussi si une surface (objet, meuble, etc) est contaminée par le virus d’Ebola. Il est donc très important de désinfecter les surfaces, en cas de suspicion d’Ebola.

La transmission de la maladie peut également s’effectuer avec les restes d’un cadavre infecté, jusqu’à 4 jours après la mort.

Finalement, l’ingestion d’aliments (par ex. des fruits) contaminés par des animaux infectés par le virus comme la chauve-souris peut aussi mener à la transmission du virus à un être humain.

Le virus Ebola ne se transmet pas par les voies aériennes.
C’est une différence importante avec d’autres virus, comme celui de la grippe. Rappelons qu’en 1918 la grippe espagnole avait fait au moins 50 millions de morts, environ 500 millons de personnes infectées sur une population totale d’environ 2 milliards de personnes à l’époque.

Si une personne ne présente pas de symptôme, elle n’est pas contagieuse.

Contamination sexuelle d’Ebola
Selon une étude médicale parue le 14 octobre 2015 dans le New England Journal of Medecine, le virus d’Ebola peut rester jusqu’à 9 mois dans le sperme d’une personne ayant contracté la maladie et peut donc être transmis au partenaire sexuel pendant le rapport.
Il est très important d’utiliser une protection (préservatif) en cas de rapport sexuel.

Symptômes

Les premiers symptômes de la maladie apparaissent de façon soudaine 3 à 21 jours, dans 90% des cas dans les 10 jours, après la contamination.

Les premiers symptômes sont en général une fièvre élevée (plus de 38,6°C), une très grande fatigue, des céphalées, des myalgies (douleurs musculaires) et une irritation de la gorge (y compris gorge sèche). De la toux intense peut aussi être présente. Ces symptômes apparaissent, car le virus pénètre dans les cellules de l’organisme et provoque une réaction inflammatoire.

Ces premières manifestations sont ensuite accompagnées de diarrhée, maux de ventre, vomissements, nausées et saignements (hémorragies internes et externes). Le patient peut aussi avoir des difficultés à respirer et à avaler ainsi que présenter des douleurs dans la poitrine.

Fièvre hémorragique
Au niveau physiologique et cellulaire, les globules blancs (leucocytes) commencent à attaquer à tort les propres cellules de l’organisme.
On estime que 50% des patients dans la phase finale de la maladie présentent des hémorragies qui se manifestent notamment au niveau des yeux, oreilles, nez, bouche et rectum. Certains patients peuvent saigner au niveau des pores de la peau. Les saignements sont aussi internes, c’est pourquoi on qualifie Ebola de fièvre hémorragique. Les différents organes de l’organisme peuvent présenter des hémorragies internes.
Malheureusement, lorsque les saignements apparaissent, le malade a peu de chance de survivre. On observe aussi parfois une éruption cutanée et des insuffisances hépatiques.
Certains organes comme le foie et les reins peuvent être atteints et perdre leur fonction physiologique, il s’en suit souvent la mort.
La mort est souvent provoquée par une défaillance de plusieurs organes (ex. foie, reins…) ou par un choc.


Si la maladie est mortelle pour le patient, elle tue souvent en une semaine.

Complications

Selon une étude menée par l’Université de Liverpool et l’École de médecine tropicale de Liverpool au Royaume-Uni, la réadaptation à moyen terme des survivants d’Ebola est souvent difficile. Environ 80% des personnes interrogées dans l’étude ont connu des limitations majeures dans la mobilité, la cognition et la vision un an après avoir été libérées de l’hôpital. Parmi les survivants du virus d’Ebola 78% ont souffert d’invalidité un an après avoir quitté l’hôpital contre seulement 11% dans le groupe de personnes non contaminées par ce virus. Le groupe de survivants d’Ebola comptait 27 personnes et le groupe de personnes non infectées comptait 54 personnes. Cette étude a été publiée le 20 août 2017 dans le journal scientifique Clinical Infectious Diseases. 

Diagnostic

Pour confirmer le diagnostic d’Ebola, en plus de l’observation des symptômes (lire ci-dessus), un examen sanguin est réalisé grâce à deux techniques différentes: Elisa et PCR.

Traitements & Vaccination

Actuellement il n’existe pas de traitement spécifique, c’est-à-dire qu’on ne dispose pas d’un antiviral agissant sur le virus.
Une thérapie consiste à soutenir l’organisme dans sa lutte contre le virus, en apportant notamment une hydratation adaptée pour compenser les pertes hydriques. Il est aussi important de bien contrôler les symptômes du malade. Découvrez les détails du traitement hospitalier sur notre site Carepro, pour le personnel soignant (à lire dans la partie Traitements)

Il est important d’isoler le malade pendant la phase aiguë (plusieurs jours) pour éviter toute contamination à l’entourage.

Sérum
Un traitement expérimental a été utilisé avec un succès relatif sur plusieurs personnes surtout aux Etats-Unis, ce traitement est à base de sérum. Il contient des anti-corps monoclonaux pour lutter contre le virus (source: Université Harvard).

Vaccin contre Ebola – travail de recherche
Il n’existe pour le moment pas de vaccin contre Ebola, des chercheurs américains ont toutefois commencé mi-2014 des recherches pour le développement d’un vaccin.
En Suisse, depuis fin octobre 2014 une équipe de chercheurs est en train de tester à Lausanne un vaccin sur des dizaines d’individus.
Selon l’OMS, en plus des Etats-Unis et de la Suisse, des essais de vaccins ont déjà commencé au Mali et au Royaume-Uni et débutent en Allemagne, au Gabon et au Kenya, afin de déterminer l’innocuité et le dosage adapté du vaccin.
Nouveau vaccin
En décembre 2016, un article du New York Times a mentionné que des chercheurs avaient mis au point un vaccin 100% efficace contre le virus Ebola. Ce nouveau vaccin a été testé en Guinée et documenté dans un article publié en décembre 2016 dans la revue de référence The Lancet. Ce vaccin a toutefois un défaut, car il n’est efficace que contre l’une des deux souches les plus fréquentes du virus. Ce vaccin est ou sera commercialisé ou mis à disposition de l’OMS par le laboratoire pharmaceutique Merck.

Bons conseils et prévention 

– La France et d’autres pays occidentaux déconseillent tout voyage dans les pays touchés par Ebola (en tout cas au moment de l’épidémie de 2014).

– Le respect des mesures élémentaires d’hygiène est préconisé pour endiguer la propagation de la maladie comme la stérilisation et l’isolement des malades dans la phase aiguë de la maladie.

– Après un voyage dans un pays touché par Ebola, il est important de surveiller toute fièvre 3 semaines (21 jours) après le retour dans le pays à risque. En cas de fièvre, contactez immédiatement les urgences (ex. le 15 en France ou le 144 en Suisse) et informez que vous avez voyagé dans un pays à risque d’Ebola.

En savoir plus sur le site de l’OMS en français

Sources: OMS (WHO), The Centers for Disease Control and Prevention (CDC), CBSNews, CNN, FoxNews, France Info, France 5 (émission C dans l’air), TV5 Monde, Veja, Folha de S.Paulo, Webmd.com ATS, AFP, Pharmavista.net, Associated Press (Etats-Unis), The New York TimesClinical Infectious Diseases (lire sous Complications ci-dessus)
Dernière mise à jour de la page: 21.08.2017 – Dossier écrit par Xavier Gruffat (pharmacien, dipl. Polytechnique de Zurich, EPFZ – dipl. MBA)

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Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 11.12.2017

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