Le mode de vie joue un rôle plus important que la génétique dans l’apparition du diabète de type 2

BOSTON Le mode de vie joue un rôle plus important que d’éventuelles prédispositions génétiques dans l’apparition du diabète. Une étude menée par des chercheurs de l’Université du Massachusetts à Amherst aux Etats-Unis suggère que même les personnes présentant un risque génétique élevé de diabète de type 2 peuvent réduire considérablement leurs chances de développer la maladie en adoptant un mode de vie plus sain – et que plus de la moitié des cas pourraient être évités.

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Publiée dans la revue Diabetes (10.2337/db25-0672) dans l’édition de mai 2026, cette étude a analysé les données de plus de 332’000 adultes au Royaume-Uni et a révélé que des facteurs liés au mode de vie, tels que le poids corporel, l’activité physique, le tabagisme et l’alimentation, jouent un rôle déterminant dans le risque de diabète, quelle que soit la prédisposition génétique.

« Même si vous avez des antécédents familiaux importants ou un risque génétique élevé, il n’est pas inévitable que vous développiez un diabète de type 2 », explique l’auteure principale Cassandra Spracklen, professeure associée d’épidémiologie à l’UMass Amherst. « Des choix de mode de vie plus sains atténueront votre risque, même si vous avez tiré le mauvais numéro à la loterie génétique. »

L’étude a examiné comment le risque génétique, calculé à partir de 783 variants génétiques connus liés au diabète, interagit avec les comportements liés au mode de vie. Les participants ont été suivis pendant une durée médiane de près de 14 ans, au cours de laquelle 4% d’entre eux ont développé un diabète de type 2.

Le risque génétique et le mode de vie peuvent tous deux, indépendamment l’un de l’autre, augmenter la probabilité de développer la maladie. Mais c’est le mode de vie qui a eu l’effet le plus marqué. Les personnes ayant les modes de vie les moins sains avaient près de sept fois plus de risques de développer un diabète que celles ayant les habitudes les plus saines, contre un risque 2,6 fois plus élevé pour celles présentant le risque génétique le plus élevé de diabète de type 2 par rapport à celles présentant le risque génétique le plus faible.

« Comme le montrent ces résultats, si la prédisposition génétique joue un rôle important, les choix de mode de vie ont un impact nettement plus important sur le risque de diabète », ajoute Chi « Josh » Zhao, doctorant en épidémiologie à l’UMass Amherst et premier auteur de l’étude. « Il est encourageant de constater que cela signifie que chacun peut réduire considérablement son risque en adoptant des comportements plus sains, quel que soit son profil génétique. »
Lorsqu’on examine l’effet combiné des choix de mode de vie et de la génétique, tous niveaux de risque génétique confondus, les personnes qui ont adopté un mode de vie plus sain présentaient systématiquement des taux de diabète plus faibles que celles ayant des habitudes moins saines.

Un facteur facilement influençable

Selon l’équipe de recherche, le rapport entre le mode de vie et la génétique dans le développement du diabète de type 2 serait de 55% contre 45%. L’« environnement » est donc plus important que tout autre facteur et serait ainsi, en principe, facilement influençable.

Les chercheurs ont classé les modes de vie selon quatre facteurs, sur la base des recommandations de l’American Heart Association : le tabagisme (absence), l’indice de masse corporelle (IMC), l’activité physique et l’alimentation. Les personnes présentant au moins trois de ces facteurs ont été considérées comme ayant un mode de vie sain.

Parmi ces facteurs, l’IMC présentait le lien le plus fort avec le risque de diabète, suivi du tabagisme et de l’activité physique. L’alimentation restait un facteur important, mais son effet indépendant était le plus faible dans cette analyse.

Les résultats étaient cohérents tant chez les hommes que chez les femmes et parmi divers groupes d’ascendance, ce qui suggère que ces conclusions sont largement applicables.

Les participants étaient âgés de 40 à 69 ans au moment de leur inscription, et l’étude a suivi l’évolution de leur état de santé pendant une période pouvant aller jusqu’à deux décennies à l’aide de la UK Biobank, une base de données biomédicale à grande échelle.

Cette recherche vient s’ajouter aux preuves de plus en plus nombreuses indiquant que, si la génétique contribue au risque de maladie, les comportements modifiables jouent un rôle essentiel.

« On ne peut pas changer sa génétique », note Mme Spracklen. « Mais le simple fait d’apporter des améliorations à l’âge adulte — pas nécessairement des changements parfaits, mais de meilleurs choix — peut tout de même réduire le risque. »

Elle ajoute que retarder l’apparition du diabète, même si celui-ci ne peut être entièrement évité, pourrait réduire les complications à long terme associées à la maladie.

Cette étude a bénéficié du soutien de l’American Diabetes Association, des National Institutes of Health et du Commonwealth du Massachusetts.

Infographie Creapharma.ch

Le 8 juillet 2026. Par Xavier Gruffat (pharmacien). Source : press release (en anglais), Keystone-ATS via notre partenaire Pharmapro.ch.

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Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 08.07.2026
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