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Rispéridone

La rispéridone est un antipsychotique dit atypique indiqué contre la schizophrénie et d’autres troubles psychiatriques.

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Noms de la molécule :
Rispéridone, risperidonum PhEur

Formule de la molécule :
C23H27FN4O2

Métabolisme :
La rispéridone est biotransformée dans le foie par le cytochrome CYP2D6 en un métabolite actif, la palipéridone (9-hydroxyrispéridone). La palipéridone est également commercialisée en Suisse sous le nom d’Invega®.
Le temps de demi-vie de la rispéridone est de 20h (des différences peuvent exister entre individus, notamment à cause e la formation du métabolite actif palipéridone). L’élimination est principalement rénale.

Effets :
Les effets sont principalement basés sur l’antagonisme au niveau des récepteurs de la sérotonine 5HT2 et des récepteurs de la dopamine D21. A la différence des autres neuroleptiques, la rispéridone a un effet antagoniste au niveau des récepteurs de la sérotonine 5HT2 et des des récepteurs de la dopamine D2 plus marqué. Ces actions pharmacologiques de ce neuroleptique semblent responsables d’effets secondaires de type syndromes extrapyramidaux (ex. Parkinson) moins forts que les neuroleptiques typiques.

Indications :
Schizophrénie (en cas de crise ainsi qu’en prévention)
– Autres troubles psychotiques et psychiatriques comme des troubles sociaux problématiques chez les enfants et adolescents (ex. agressivité, colère).
Maniaco-dépression (trouble bipolaire), indiqué contre la phase maniaque (la rispéridone agit plus rapidement en cas de crise chez un patient bipolaire que d’autres médicaments comme le lithium ou la carbamazépine)
– Certains cas de démences (avec symptômes d’agitation et d’agressivité). Remarque : l’indication lors de démences comme Alzheimer est contestée à cause d’une augmentation de la mortalité (aux Etats-Unis, en 2019 la rispéridone n’était pas enregistrée contre les démences).

Effets secondaires :
Les effets secondaires les plus courants sont les symptômes de la maladie de Parkinson d’origine médicamenteuse (“syndromes extrapyramidaux”), la somnolence, les maux de tête et l’insomnie. La rispéridone peut prolonger l’intervalle QT. De nombreux autres effets secondaires ont été observés comme : agitation, anxiété, vertiges, hypotension, risque de chute augmenté, sédation, hallucinations, troubles sexuels, diarrhée, etc.

Contre-indications :
Dépression du système nerveux central, diabète, dépression, maladies neurologiques, attention avec un allongement de l’intervalle QT chez le patient, grossesse, allaitement.

Interactions :
La rispéridone est principalement biotransformée du CYP2D6 en son métabolite actif, la 9-hydroxyrispéridone (palipéridone). Des interactions médicamenteuses sont possibles avec les inhibiteurs et les inducteurs du CYP2D6 ainsi que du CYP3A4. Attention aux médicaments qui peuvent allonger l’intervalle QT.
Pour la liste complète des interactions, veuillez consulter la notice d’emballage.

Formes galéniques :
La rispéridone est disponible sur le marché, en tout cas en Suisse, sous forme de comprimés pelliculés (0,25 mg, 0,5 mg, 1 mg, 2 mg, 3 mg et 4 mg), de comprimés orodispersibles (0,5 mg, 1 mg, 2 mg, 3 mg et 4 mg), de solution orale (1 mg/ml) et de suspension ou solution pour application intramusculaire (25 mg/2ml, 37,5 mg/2ml et 50 mg/2 ml).

Posologie :
Pour un adulte lors de schizophrénie ou de phase maniaque aiguë (lors de maniaco-dépression) la posologie habituelle en prise orale (ex. comprimé) est de 2 mg par 24 h dans la phase initiale puis de 2 à 6 mg par 12h à 24h dans la phase d’entretien. Attention, pour une dose de plus de 8 mg par 24h, répartir en 2 prises (chaque 12 heures).
Ce médicament est pris une ou deux fois par jour, indépendamment des repas.
Pour la posologie chez les enfants (ex. 5 ans ou plus) veuillez lire la notice d’emballage, la dose est en général fortement réduite (ex. en Suisse 0,25 mg par jour chez un enfant de 5 ans comme dose initiale).
La durée totale du traitement doit être bien considérée par le médecin.
Chez les personnes âgées, il est possible de commencer avec la moitié de la dose initiale, augmenter la dose d’entretien de façon très progressive.

Remarques :
– La rispéridone a été autorisée en Suisse en 1994, sous le nom de Risperdal®. Il existe désormais des génériques.
– En comparaison avec d’autres antipsychotique également atypiques (ex. olanzapine ou quétiapine), la rispéridone mène à moins de prise de poids importante et de diabète.
– Lors de schizophrénie, le médicament le plus efficace est la clozapine, également un antipsychotique atypique. Toutefois, la clozapine peut mener à une agranulocytose, un grave effet secondaire2.
– Chez les enfants souffrant d’autisme et prenant de la rispéridone, un suivi médical régulier est absolument indispensable.
Alternative :
– L’halopéridol, un médicament antipsychotique typique de la classe des neuroleptiques, est une alternative sérieuse à la rispéridone contre la schizophrénie et les troubles bipolaires.

Sources & Références : 
Sources : 
Keystone ATS (agence de presse suisse), Pharmawiki.ch, Swissmedicinfo.ch.
Références et littérature :
“100 wichtige Medikamente” – Infomed (2020).

Rédaction : 
Xavier Gruffat (Pharmacien)

Dernière mise à jour : 
07.04.2021

Crédits photos :
Fotolia.com/Adobe Stock

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Notes de bas de page et références :

  1. Site en allemand Pharmawiki.ch, page accédée le 25 novembre 2020
  2. “100 wichtige Medikamente” – Infomed (2020)
Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 07.04.2021

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