Autisme : définition, causes & traitements | Creapharma

Autisme



Définition

L’autisme infantile est une maladie affectant le fonctionnement du cerveau et le système immunitaire, ce qui crée des troubles au niveau communicationnel, relationnel et surtout social chez l’enfant. Elle se manifeste généralement avant l’âge de 3 ans. Les troubles du comportement et la sensibilité émotionnelle sont causés par l’incapacité de reconnaître les codes sociaux et affectifs, ainsi que les expressions. Un enfant autiste présente le plus souvent un retard de développement mental, un trouble de la parole, ainsi qu’un comportement restreint et répétitif. Un changement dans les habitudes qu’il a adoptées ou une interaction sociale risquent de causer une perturbation qui peut s’exprimer par des crises d’angoisse et de colère, des troubles du sommeil et de l’alimentation.


Troubles du spectre de l’autisme (TSA)
Comme il existe plusieurs formes ou types d’autisme, on parle de plus en plus de troubles du spectre de l’autisme (TSA) pour qualifier l’autisme, en anglais autism spectrum disorder. Le terme TSA est utilisée depuis 2013 dans la 5ème édition du Manuel diagnostique et statistique de l’Association américaine de psychiatrie (DSM-5).

Formes d’autisme
Il existe plusieurs formes d’autisme. On peut citer le syndrome d’Asperger qui est un type d’autisme, dans ce cas l’autiste peut présenter des qualités hors du commun par exemple dans la musique ou les sciences.

Origine du terme autisme
C’est le médecin psychiatre suisse Eugen Bleuler qui a créé en 1911 le terme “autisme”. Il a aussi inventé le terme “schizophrénie“.
Le terme “autisme” vient du grec auto, ce qui signifie “soi-même”.

L'ocytocine et la vasopressine aideraient à synchroniser le comportement social

Epidémiologie

Aux États-Unis, 1 enfant sur 41 est diagnostiqué autiste selon des données de 2018.
La maladie touche environ 3 fois plus les garçons que les filles.


En Suisse, plus d’un enfant sur 200 souffre de troubles du spectre autistique (autisme) en 2018, selon un communiqué de l’Université de Genève publié en août 2018.

Causes

De nombreuses hypothèses sont émises sur les causes probables de l’autisme. Il serait le résultat d’un trouble de développement lors de la maturation du cerveau, causé par des problèmes d’ordre biochimique, immunologique ou traumatique. Selon certaines études, la génétique (lire paragraphe ci-dessous) aurait un rôle important, avec par exemple 3% de probabilité de naissance d’un enfant autiste dans une famille déjà concernée.
L’environnement figure également parmi les facteurs mis en cause. Certaines agressions précoces comme les métaux lourds ou les agents infectieux pourraient avoir un impact sur la cognition et contribuer à l’apparition de la maladie.
Encore au cœur des polémiques, il existe une autre théorie selon laquelle un recours précoce aux antibiotiques pendant la petite enfance serait susceptible de provoquer des maladies comme l’autisme ou en augmenter le risque d’apparition. Dans ce cas la flore intestinale serait en cause. Une  étude dirigée il y a quelques années par le Prof. Beat Schwaller de l’Université de Fribourg (UNIFR) en Suisse soutient la thèse que certaines modifications génétiques à l’origine de l’autisme seraient dues au manque de parvalbumine, une protéine qui participe à la fixation du calcium.

Allergie alimentaire et autisme
Une étude de l’Université de l’Iowa aux Etats-Unis a découvert que les enfants souffrant de trouble du spectre autistique (TSA) sont deux fois plus susceptibles de souffrir d’une allergie alimentaire que les enfants non atteints de TSA. Cette étude s’ajoute à un nombre croissant de recherches qui suggèrent que le dysfonctionnement immunologique est un facteur de risque possible pour le développement des TSA. Les scientifiques ne savent pas encore ce qui vient en premier, l’allergie alimentaire ou les TSA. Dans le détail, l’étude a révélé que 11,25 % des enfants ayant reçu un diagnostic de TSA ont une allergie alimentaire, ce qui est beaucoup plus élevé que les 4,25 % d’enfants qui n’ont pas reçu de diagnostic de TSA et qui souffrent d’une allergie alimentaire. Cette étude a été publiée le 8 juin 2018 dans le journal scientifique JAMA Network Open (10.1001/jamanetworkopen.2018.0279).

Génétique et autisme (plus de 100 gènes)
Les troubles du spectre de l’autisme forment un ensemble de centaines de maladies très rares, causées par des mutations dans de nombreux gènes, comme le relève dans un communiqué de presse datant de juin 2018 Carl Ernst, chercheur au Centre de recherche de l’hôpital Douglas de l’Université McGill au Canada. Selon ce spécialiste, ces maladies très rares peuvent être regroupées en une constellation spécifique de symptômes. M. Ernst recommande d’aborder ces troubles en s’intéressant tout d’abord aux gènes, plutôt qu’en s’attardant à une classification clinique.
L’Université de Genève précise dans un communiqué de presse en août 2018 se référant à une étude publiée dans Nature Communications (DOI : 10.1038/s41467-018-05382-3) que plus d’une centaine de gènes ont déjà été identifiés comme étant liés à un symptôme autistique et une bonne partie d’entre eux sont impliqués dans le fonctionnement synaptique (synapses).

Symptômes

Les symptômes varient fortement d’une personne à l’autre.

Les principaux symptômes sont des troubles au niveau communicationnel, relationnel et surtout social. Par exemple un enfant souffrant d’autisme ne va pas regarder dans les yeux d’un autre enfant ou adulte comme le ferait un autre enfant du même âge.
L’autiste aura souvent de la peine à s’exprimer et en particulier à former des phrases. De façon assez fréquente, il peut aussi avoir des crises de colères.

Dans des cas graves, on peut noter de la violence (ex. agressivité, automutilation).

L’autisme peut aussi s’accompagner d’anxiété et de troubles du sommeil.

Traitements

À l’heure actuelle (2018), espérer une réelle guérison totale de l’autisme n’est pas encore envisageable. Une prise en charge dès la petite enfance, alliant thérapie et éducation spécialisée, permet d’atténuer les symptômes et d’améliorer l’apprentissage pour que l’enfant puisse s’intégrer socialement, interagir avec le monde, et développer son potentiel dans des activités de la vie quotidienne. Étant donné que chaque cas est unique, chaque enfant a besoin de bénéficier d’une aide adaptée, qu’elle soit intensive ou simplement supervisée. La méthode dite Lovaas fait partie des thérapies qui visent à la structuration et au renforcement de nouveaux apprentissages, afin de limiter les comportements à risque, et permettre aux enfants autistes de devenir autonomes.

Nouveau médicament : 
Aux Etats-Unis, un nouveau médicament développé par le laboratoire suisse Roche a reçu en janvier 2018 le statut de Breakthrough Therapy Designation (BTD) de la part de la FDA pour lutter contre les troubles autistiques (autisme). Ce médicament ou molécule, balovaptan, a une structure chimique ressemblant aux benzodiazépines.  Début 2018, le balovaptan n’était pas encore disponible sur le marché américain ni mondial. Mais avec ce statut de BTD, considéré comme un médicament très innovant, le processus de mise sur le marché devrait être fortement accéléré. Il s’agit de l’un des premiers médicaments développés pour lutter contre l’autisme et ses troubles. Le mécanisme d’action repose sur une action antagoniste des récepteurs de la vasopressine-1A (en anglais : vasopressin (V1a) receptor antagonist).

Prévention

– La prise d’acide folique pendant la grossesse semble être un moyen de prévention efficace. En effet, selon une étude publiée en 2018, les femmes qui prennent des compléments alimentaires d’acide folique avant ou après une grossesse peuvent avoir un risque réduit d’avoir un enfant autiste, selon une vaste étude d’observation menée en Israël publiée en février 2018 dans le journal scientifique JAMA Psychiatry  (DOI : 10.1001/jamapsychiatry.2017.4050 ).

News (actualités)

Sources & Références :
Fox News, ATS (agence de presse suisse), CBSNews, JAMA Network Open (10.1001/jamanetworkopen.2018.0279), communiqué de presse de Roche, pharmawiki.ch, JAMA Psychiatry  (DOI : 10.1001/jamapsychiatry.2017.4050 ), Université McGill, Université de Genève, Nature Communications (DOI : 10.1038/s41467-018-05382-3).

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Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 09.08.2018