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Même dans les cas les plus graves, l’organisme lance des cellules immunitaires contre le Covid-19

LA JOLLAMême les patients les plus malades atteints de Covid-19 produisent des cellules T qui aident à combattre le virus. C’est ce que montre une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’Institut d’immunologie de La Jolla (LJI) et du Centre médical universitaire Erasmus (Erasmus MC), publiée le 26 juin 2020 dans le journal Science Immunology (DOI : 10.1126/sciimmunol.abd2071 ). Cette recherche apporte d’autres preuves de la nécessité d’un vaccin contre la Covid-19 incitant les cellules T à travailler aux côtés des anticorps.

Des réponses similaires au virus

Cette étude révèle également que les patients néerlandais et américains présentaient des réponses similaires au virus. Selon le professeur Alessandro Sette, du LJI, le Dr Biol. Sci. qui a codirigé l’étude avec le virologiste Erasmus MC Rory de Vries, docteur en médecine, il s’agit de la clé pour comprendre comment la réponse immunitaire combat le virus. Ainsi, il importe que les approches vaccinales soient fondées sur des observations provenant de milieux assez divers pour que les résultats soient généralement applicables.

Importance de l’activation des cellules T

Même dans les cas les plus graves, l'organisme lance des cellules immunitaires contre le Covid-19Pour cette étude, les chercheurs ont suivi dix patients du Covid-19 présentant les symptômes les plus graves de la maladie. Tous les dix ont été admis à l’unité de soins intensifs du centre médical universitaire Erasmus, aux Pays-Bas, et ont été équipés de respirateurs dans le cadre de leurs soins. Deux des patients sont finalement morts de la maladie. Un examen approfondi des réponses de leur système immunitaire a montré que les dix patients ont tous produit des cellules T qui ont ciblé le virus du SARS-CoV-2. Ces cellules T ont travaillé aux côtés d’anticorps pour tenter d’éliminer le virus et stopper l’infection.  L’activation de ces cellules semble être au moins aussi importante que la production d’anticorps d’après les explications du virologue Rory de Vries, Ph.D., qui a codirigé l’étude avec le prof. Sette.
Ces résultats sont en accord avec une étude récente sur les cellules, menée par le prof. Sette, le professeur Shane Crotty, Ph.D. et leurs collègues du LJI. Cette recherche a montré une réponse robuste des cellules T chez les individus présentant des cas modérés de Covid-19. Dans les deux études, les cellules T de ces patients ont ciblé de manière importante la protéine « spike » sur le SARS-CoV-2. Le virus utilise la protéine « spike » pour pénétrer dans les cellules hôtes, et de nombreux efforts de vaccination dans le monde visent à amener le système immunitaire à reconnaître et à attaquer cette protéine. La nouvelle étude apporte de nouvelles preuves que cette protéine est une cible prometteuse et confirme que le système immunitaire peut également réagir fortement à d’autres cibles du virus.

De nouvelles pistes pour augmenter potentiellement la puissance du vaccin

C’est une bonne nouvelle pour ceux qui fabriquent un vaccin contre le Covid-19, et elle suggère également de nouvelles pistes pour augmenter potentiellement la puissance du vaccin d’après Daniela Weiskopf, Ph.D., professeur assistant de recherche à LJI et auteure principale de la nouvelle étude.

L’étude est également essentielle, car elle illustre comment la science n’a pas de frontières. Le prof. Sette déclare ainsi que « Pour vraiment comprendre une pandémie mondiale, notre approche doit être globale, et nous devons étudier la réponse immunitaire efficace chez des personnes ayant des antécédents génétiques différents, vivant dans des environnements différents ».

Alors qu’un article sur les cellules a concerné les résidents de San Diego, ce nouvel article suit les patients néerlandais – et les réponses des cellules T ont été cohérentes dans les deux populations. « Cette étude est importante, car elle montre cette réponse immunitaire chez des patients situés à des milliers de kilomètres les uns des autres », explique le prof. Weiskopf. « La même observation a maintenant été fortement reproduite dans différents continents et différentes études », ajoute-t-elle.

Références & Sources :
Journal Science Immunology

Personnes responsables et impliquées dans l’écriture de ce dossier :
Seheno Harinjato (Rédactrice chez Creapharma.ch, responsable des infographies), relecture par Xavier Gruffat (pharmacien)

Date de dernière mise à jour du dossier :
01.07.2020

Crédits photos :
Creapharma.ch, Adobe Stock, © 2020 Pixabay

Crédit infographie : 
Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch)

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Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 19.07.2020