Coronavirus (Covid-19)





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Dossier évoluant en fonction de l’actualité – dernière mise à jour : 3 juin 2020 à 18h27 GMT – Découvrez ici des milliers d’études en preprint sur le Covid-19

Consultez aussi les questions fréquentes de l’OMS sur le Covid-19

Définition

Coronavirus en général 
Les coronavirus sont des virus pouvant causer des infections respiratoires chez les êtres humains et les animaux.
Certains coronavirus mènent à des infections des voies respiratoires légères avec des symptômes comme un rhume (refroidissement) mais d’autres coronavirus peuvent provoquer des symptômes respiratoires graves avec un risque de mort.
Les chercheurs connaissent actuellement dans le monde environ 3200 coronavirus différents, 95% ont été identifiés sur des chauves-souris1
Nouvelle maladie au coronavirus Covid-19
La nouvelle maladie au coronavirus Covid-19 (anciennement appelé 2019-nCoV) a été renommée le 11 février 2020 par l’OMS en Covid-19 ou covid-19. Le terme Covid-19 provient de “co” pour corona, “vi” pour virus, “d” pour disease (maladie en anglais) et 19 pour 2019, date de l’apparition du virus (lire également ci-dessous). Covid-19 caractérise ainsi la maladie, le nom du virus est SARS-CoV-2. 

Pandémie 
Depuis le 11 mars 2020, la maladie Covid-19 a été considérée par l’OMS comme une pandémie et plus une épidémie. 
Le terme pandémie est composé des mots grecs anciens “pan” pour “tout” et “demos” pour “peuple”. Contrairement à une épidémie, une pandémie ne se limite donc pas à un endroit précis, mais se propage à travers les pays et les continents. L’OMS définit une pandémie comme une situation dans laquelle l’ensemble de la population mondiale est potentiellement exposée à un agent pathogène et “une partie de celle-ci tombe potentiellement malade”, comme l’explique le directeur des urgences de l’OMS, Michael Ryan. Cependant, le terme de pandémie ne nous dit pas à quel point la maladie est contagieuse ou mortelle.

Coronavirus Covid-19 – Origine
– La pandémie actuelle du nouveau coronavirus Covid-19 aurait commencé en décembre 2019 (certaines sources parlent même de novembre 2019) dans la ville chinoise de Wuhan, au marché de poissons et fruits de mer de la ville, selon un article du New York Times publié en janvier 2020. Wuhan est une ville chinoise de 11 millions d’habitants, située à quelques centaines de kilomètres à l’ouest de Shanghai. On pense que la source était un animal sauvage sur le marché, a déclaré Gao Fu, directeur du Centre chinois de contrôle des maladies, comme le relève l’agence de presse ATS-Keystone le 22 janvier 2020. A l’origine, une chauve souris aurait pu transmettre le virus à un animal sauvage (ex. pangolin) qui l’aurait ensuite transmis à l’homme. 
– La transmission du Covid-19 s’effectue de personnes à personnes, selon le New York Times. Le coronavirus à Wuhan mène à une affection qualifiée de syndrome respiratoire, comme le SRAS (lire ci-dessous). 
– Ce virus appartient au même type de virus que le SRAS, mais il s’agit d’une variante différente.

Taux de mortalité (Covid-19)
Le taux de mortalité du coronavirus Covid-19 dans le monde serait d’environ 3,4%, selon l’OMS2. Le taux de mortalité varie toutefois fortement d’un pays à l’autre, plus bas en Corée du Sud à environ 0,7% et plus haut en Italie à 6%3. Par comparaison, le taux de mortalité de la grippe est d’environ 0,1% ces dernières années comme en France4.
Taux de mortalité en fonction des âges
Jusqu’à l’âge de 39 ans, le taux de mortalité du Covid-19 reste très bas, à 0,2%, puis s’élève progressivement avec l’âge, à 0,4% de 40 à 49 ans, à 1,3% de 50 à 59 ans, de 3,6% de 60 à 69 ans, de 8% de 70 à 79 ans et surtout à 14,8% chez les plus de 80 ans, selon une étude de l’OMS publiée mi-février 2020. 
Nouvelle étude (fin mars 2020)
Le lundi 30 mars 2020, une étude du journal scientifique de référence The Lancet Infectious Diseases (DOI : 10.1016/S1473-3099(20)30243-7) estimait que le taux de mortalité du Covid-19 était de 0,66%5. Autrement dit, 0,66% des personnes infectées par le virus en meurent. C’est moins que d’autres rapports ou études publiées en 2020, car l’étude du Lancet se base sur tous les cas de personnes infectées, y compris ceux sans symptôme (asymptomatique) qui sont une majorité. On sait que dans de nombreux pays comme l’Italie les cas confirmés de Covid-19 se basent surtout sur des cas graves, des personnes hospitalisées surtout.

Epidémie de SRAS 2002
Entre 2002 et 2003 une épidémie globale de SRAS (syndrome respiratoire aigu, en français) ou en anglais SARS, infection causée par un coronavirus (Sars-CoV), avait provoqué la mort d’au moins 800 personnes  – certaines sources comme The Economist parlent de 774 morts (voir infographie ci-dessous) – dans 12 pays différents et plus de 8’000 personnes avaient été infectées. Cela correspond à un taux de mortalité d’environ 10%. 

Comparaison entre les 3 coronavirus mortels pour l’homme (état du 14 mai 2020) – SARS-COV – MERS – SARS-COV2

Épidémiologie

Nombre de cas et de morts dans le monde (2019-2020)
Le Covid-19 a tué au moins 382’093 personnes dans le monde le 3 juin 2020 depuis le début de la pandémie/épidémie officiellement en décembre 2019, selon l’université américaine Johns Hopkins qui se base sur des données de l’OMS et d’autres sources et fait office de référence. Le nombre de personnes infectées ou qui ont été infectées dans le monde – il s’agit seulement des cas confirmés par des tests – par ce coronavirus appelé SARS-CoV-2 s’élève désormais à au moins 6’435’453 personnes le 3 juin 2020 en début de soirée (heure GMT). Les Etats-Unis est le pays qui compte de loin le plus de cas confirmés (plus d’1,8 million), devant le Brésil et la Russie. On a notamment compté des dizaines de milliers de morts aux Etats-Unis (106’553 morts le 3 juin 2020), au Royaume-Uni (39’811 morts le 3 juin 2020), en Italie (33’601 morts le 3 juin 2020 au matin), au Brésil (31’199 morts le 3 juin 2020), en France (28’943 morts le 3 juin 2020), en Espagne (27’128 morts le 3 juin 2020), en Belgique (9522 morts le 3 juin 2020, le nombre élevé des décès en Belgique par rapport au nombre d’habitants proviendrait d’un comptage différent, tout mort suspect étant inclus dans ce total), en Allemagne (8600 morts le 3 juin 2020), au Canada (7478 morts le 3 juin 2020), en Chine (4638 morts le 3 juin 2020, plus de nouveaux morts depuis plus de 7 jours) et en Suisse (1921 morts le 3 juin 2020). Les décès mentionnés dans la phrase précédente proviennent de données de l’université américaine Johns Hopkins. Découvrez ici une carte plus ou moins en temps réel du nombre de cas et de décès provoqués par le Covid-19, carte réalisée par l’université américaine de référence Johns Hopkins.

Causes & Transmission 

Coronavirus en général
Les coronavirus ou CoV (du latin, « virus à couronne ») sont des virus à ARN de la famille des coronaviridæ. En plus du Covid-19, ils peuvent aussi provoquer de simples refroidissements (cold en anglais). 

Coronavirus à Wuhan (Chine)SARS-CoV-2 (nom du virus)
Le nom de la maladie provoquée par le virus de la pandémie actuelle de coronavirus est Covid-19. Le nom du virus provoquant le Covid-19 (ou COVID-19) est SARS-CoV-2 (pour Severe Acute Respiratory Syndrome Coronavirus 2). Souvent les médias confondent le nom de la maladie avec le nom du virus. 
Le SRAS-CoV-2 appartient à la famille des coronavirus et au genre Betacoronavirus. Le SARS-CoV-2 est un virus d’origine animale et se transmet entre êtres humains6.
Le SRAS-CoV-2 mesure 125 nanomètres de diamètre, le virus est environ 100 fois plus petit qu’une cellule humaine7.
La maladie aurait été signalée pour la première fois en décembre 2019 dans la ville chinoise de Wuhan8.
Coronavirus
Comme les autres coronavirus, le SARS-CoV-2 se caractérise par son large génome. Dans cette famille de virus on compte aussi les MERS-Virus (Middle East Respiratory Syndrome). De plus, certains virus du rhume (refroidissement) sont également des coronavirus9.

Période d’incubation (temps d’incubation)
La période d’incubation ou temps d’incubation du virus SARS-CoV-2 est de 2 à 14 jours selon les informations disponibles, comme le relève le site Pharmawiki.ch le 24 janvier 2020. Cela signifie que les symptômes apparaissent relativement rapidement après l’infection. Selon les dernières informations relayées notamment par le site Le Figaro le 25 février 2020, la période d’incubation se situe autour de 5 ou 6 jours (plus rarement entre 1 et 14 jours).
La période d’incubation est le temps, en général exprimé en jours, entre le moment où une personne devient porteuse du virus et l’apparition des premiers symptômes (ex. fièvre, toux). 

Transmission
La transmission des coronavirus et notamment du Covid-19 s’effectue surtout par l’air (voies aériennes) mais aussi par le toucher ou avec des objets ayant été en contact avec la bouche, nez ou yeux d’une personne infectée. Les coronavirus sont le plus souvent transmis par les gouttelettes respiratoires lorsqu’une personne infectée tousse ou éternue. 

Entrée dans l’organisme
Les virus entrent dans l’organisme d’une personne la plupart du temps par le nez, soit par des gouttelettes remplies de virus rentrant directement dans le nez (voir infographie ci-dessus) ou en portant ses mains ou doigts infectés au niveau du nez. D’autres portes d’entrée du virus sont la bouche ou les yeux, par exemple en se touchant la bouche ou les yeux avec ses mains infectées. 

Taux de reproduction
Un malade peut infecter en moyenne 3,28 personnes sans mesure de confinement (ou quarantaine), ce qu’on qualifie de le taux de reproduction. Un taux qui au 25 février 2020 n’était pas définitif, comme le relève Le Figaro. Le taux de reproduction du Covid-19 est proche du SRAS et supérieur à celui de la grippe (de 1,2 à 1,4). Avec le confinement, le taux de reproduction a beaucoup baissé, souvent de moins de 1. 

Comment le virus entre-t-il dans les cellules humaines ?
L’affinité du SARS-CoV-2 (virus du Covid-19) pour les cellules humaines et en particulier pour le récepteur ECA-2 (l’enzyme de conversion de l’angiotensine), sa porte d’entrée dans la cellule, est grande. En effet, le virus SARS-CoV-2 se lie avec sa protéine de pointe (spike protein) au récepteur ECA-2 (en anglais ACE2 ou ACE-2) sur les cellules pulmonaires de l’organisme humain. Attention, selon la littérature scientifique les inhibiteurs de l’ECA courants, des médicaments en général indiqué contre l’hypertension artérielle, ne sont pas efficaces pour prévenir l’infection au SARS-CoV-210

Personnes à risque

Les personnes les plus fréquemment touchées par une évolution grave de la maladie sont principalement les personnes âgées de 50 ans ou plus.
Les personnes souffrant de maladies chroniques comme : 
Hypertension
– Maladies cardiaques
Diabète (notamment diabète de type 2)
Remarques : l’hypertension, les maladies cardiaques et le diabète sont de loin les trois principaux facteurs de risque, c’est-à-dire qu’ils augmentent le taux de mortalité du Covid-19. 
– Maladies respiratoires (asthme, mucoviscidose, BPCO). 
Remarque : l’asthme est un facteur de risque mais il semblerait assez peu significatif sur le taux de mortalité, si on se base notamment sur plus de 2000 morts provoqués par le Covid-19 au Brésil (en avril 2020, repris par la Folha de S.Paulo le 27.04.2020). 
– Maladies du foie 
Cancer
– En raison d’une maladie ou de médicaments immunosuppresseurs
– Fumeurs (certaines sources comme relayées en avril 2020 sur Le Figaro estiment que la fumée du tabac ou la nicotine pourraient au contraire avoir un effet protecteur en cas de Covid-19. Il va de soi que dans tous les cas il ne faut pas commencer de fumer pour espérer un effet protecteur contre le Covid-19)

Jeunes – enfants
Il faut noter que des personnes plus jeunes (moins de 40 ans), auparavant en bonne santé, ont aussi été touchées par le Covid-19 de forme grave11. Mais ces cas sont rares. Les décès d’enfants âgés entre 0 et 10 ans sont extrêmement rares, par exemple au Brésil un bébé de 7 mois est mort en avril 2020, il souffrait d’autres maladies (co-morbidité). 

Co-morbidité 
Selon un communiqué des autorités suisses datant du 4 avril 2020, 97% des décès en Suisse (environ 500 décès début avril 2020) souffraient d’au moins une autre maladie que le Covid-19. Les trois maladies les plus fréquentes étaient l’hypertension (69% des patients), des maladies cardio-vasculaires (55%) et le diabète (29%)12

Pollution : 
La pollution comme observé dans certaines villes du nord de l’Italie pourrait augmenter le taux de mortalité du Covid-1913

Symptômes

Premiers symptômes du coronavirus Covid-19 (si les symptômes sont présents)
Au début, c’est-à-dire après la période d’incubation, les symptômes ressemblent souvent à la grippe  ou à un syndrome grippal (refroidissement) : fièvre (souvent élevée à plus de 38°C) ou  sensation de fièvre comme des frissons, malaise ou fatigue. Ces premiers symptômes sont généralement suivis de symptômes respiratoires, typiquement une toux sèche (souvent irritante) et dans les cas plus graves un souffle court ou des difficultés respiratoires(essoufflement, dyspnée)14. Des maux de gorge et des douleurs musculaires diffuses sont aussi de symptômes fréquents lors de Covid-1915
Dans le détail, les premiers symptômes les plus fréquents sont la fièvre dans 98% des cas, la toux dans 76% et des douleurs ou fatigue dans 44% des cas16. Une toux grasse, notamment avec des crachats, est aussi possible en cas de Covid-19. 

Des symptômes moins fréquents peuvent apparaître : maux de tête, rarement des douleurs musculaires, un écoulement nasal, un manque d’appétit, des nausées, des diarrhées, perte de l’odorat et du goût (lire ci-dessous) ou une conjonctivite. Parfois aussi des vertiges peuvent se manifester tout comme des symptômes dermatologiques (lire ci-dessous). 
Symptômes digestifs (ex. diarrhées)
En Allemagne le directeur de l’Institut de virologie de Bonn (Allemagne) estimait que des diarrhées étaient observées dans 30% des cas de Covid-1917
De plus, selon un article de CNN.com publié le 18 mars 2020 se basant sur une petite étude prenant en compte 200 personnes atteintes du Covid-19, les symptômes digestifs pourraient être plus fréquents qu’on ne l’a pensé jusqu’à présent, ces symptômes pourraient être présents dans presque 50% des cas de Covid-19 (ex. diarrhée, nausées, vomissements, perte d’appétit).
Chez les enfants, la première manifestation du Covid-19 pourrait être des symptômes gastro-intestinaux (lire article complète à ce sujet). 
Perte de l’odorat (anosmie) et du goût
Il a été observé notamment en France et en Allemagne une perte de l’odorat (anosmie) et du goût chez des personnes atteintes du Covid-1918. La perte d’odorat (anosmie), sans rhinite, est très typique du Covid-19, selon plusieurs études. Cela dit l’anosmie apparaît fréquemment après une infection des voies respiratoires supérieures et pas seulement le Covid-1919. L’odorat et le goût reviennent dans la grande majorité des cas quelques jours après la perte. 
Symptômes dermatologiques
Des signes ou symptômes dermatologiques sont possibles en cas de Covid-19, en France quelques cas d’érythème du visage ont été détectés en lien avec le Covid-19. Au niveau des pieds et de mains des lésions d’urticaires, des rougeurs et des gonflements plus ou moins douloureux ont aussi été observés, attention à ne pas confondre avec des « fausses engelures » qui peuvent être dues à un lavage excessif des mains. Il a aussi été rapporté des des éruptions cutanées et des lésions d’urticaire passagères, comme le relève le site suisse de référence Pharmavista.net le 17 avril 2020. Avant de conclure à une possible association avec le Covid-19, la Société française de dermatologie (SFD) appelle à la prudence et a lancé un appel à cas, afin de tenir un registre des lésions cutanées associées à l’infection Covid-19.
Perte de mémoire/confusion
Une confusion importante et une perte de repères sont des symptômes possibles du Covid-19 notamment des patients hospitalisés, comme le relève Le Figaro le 18 avril 2020. Cette perte de repères est parfois liée au manque d’oxygène dans le sang, mais chez certains malades le niveau de confusion semble être hors de proportion par rapport au niveau d’affection de leurs poumons, toujours selon Le Figaro. Les scientifiques ignorent pour le moment si ces troubles neurologiques sont durables.
Autre symptôme
Une inflammation des testicules est un autre symptôme du Covid-19, comme le relevait la Mayo Clinic sur son site Internet à la fin avril 2020

Durée des symptômes du Covid-19
Dans la plupart des cas bénins, les symptômes légers comme la fièvre ou la toux persistent pendant quelques jours avant le rétablissement20. Le patient se rétablit en général, en l’absence de complications, environ 1 semaine (parfois moins) après le début des symptômes. Mais de plus en plus de personnes atteintes du Covid-19, non hospitalisées, estiment que la fièvre et la toux notamment peuvent durer des semaines, ex. jusqu’à 6 semaines21.

Complications – Evolution grave
En cas d’évolution grave de la maladie, une difficulté à respirer peut survenir au bout d’une semaine environ, et dans le pire des cas, une pneumonie avec un syndrome de détresse respiratoire aiguë (lire paragraphe ci-dessous) et affectation d’autres organes et systèmes peut se manifester22. Une pneumonie grave est toujours accompagnée de fièvre (plus de 38°C). Le sepsis est autre une complication possible grave du Covid-19. Des cas de troubles cardiaques (ex. infarctus) et AVC ont aussi été signalés avec des décès. 

Syndrome de détresse respiratoire aiguë et tempête de cytokines 
Le syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA ou en anglais : Acute Respiratory Distress Syndrome) est une cause majeure de décès chez les patients atteints du Covid-1923. Le SDRA touche entre 3 et 17% de tous les patients atteints de Covid-19. Sur la base des informations disponibles, les CDC américaines estiment que 20 à 42% des patients hospitalisés pour le Covid-19 développeront un SDRA. Pour les patients admis en soins intensifs, la fourchette est estimée entre 67% et 85%. Les recherches menées avant la pandémie ont suggéré qu’environ 45 % des patients qui développent un SDRA grave mourront24.
Cytokine storm
On estime que lors de SDRA et chez d’autres patients gravement touchés par le Covid-19, celles-ci sont victimes d’une hyperactivité du système immunitaire appelée tempête de cytokine (cytokine storm en anglais). Les cytokines sont un groupe de molécules de signalisation du système immunitaire. Certaines cytokines ont pour but de recruter des globules blancs jusqu’au site de l’infection, comme ici du virus. Si trop de globules blancs arrivent en même temps, elles peuvent attaquer les propres cellules de l’organisme25.

Personnes sans symptômes (asymptomatiques) 
De 25 à 50% des personnes testées positives au Covid-19, c’est-à-dire infectées par le virus, ne présentent aucun symptôme. On parle de cas asymptomatiques, comme le relève CNN le 1er avril 2020.
Selon l’OMS, 80% des patients souffrent d’une forme bénigne de la maladie, c’est-à-dire sans évolution grave. Les personnes dans ce cas sont donc soit sans symptômes ou avec des symptômes légers ou modérés26

Diagnostic

Le diagnostic est établi sur la base des antécédents du patient, des symptômes cliniques et surtout par des méthodes de laboratoire avec un test de biologie moléculaire basée sur la PCR (reverse transcriptase polymerase chain reaction) mais aussi sur une détection d’anticorps (prise de sang). Les deux méthodes suivantes permettent de savoir si la personne a été infectée par le virus du Covid-19. 
1. La méthode par PCR (frottis)
Tout d’abord, un médecin prélève un échantillon des voies respiratoires d’un patient – en général par un frottis au niveau du nez. Notez que l’examen est un peu douloureux. Cet échantillon est préparé puis envoyé en laboratoire où des spécialistes recherchent le matériel génétique du virus à l’aide d’un test appelé PCR (ou RT-PCR). Pour simplifier, une section spécifique du génome du virus est copiée des millions de fois grâce à la PCR. Les copies sont marquées en couleur avec une sonde. Ce marquage en couleur peut ensuite être rendu visible avec des équipements complexes. Si des signaux de couleur correspondants sont présents, l’échantillon est un “échantillon positif”. Dans des conditions idéales, un tel test dure de 3 à 5 heures dans un laboratoire spécialisé. Notez qu’il s’agit bien du matériel génétique du virus qui est recherché et pas les anticorps. La méthode par PCR permet de diagnostiquer les patients actuellement porteurs du virus, et pas ceux l’ayant eu des jours ou semaines avant.

2. La méthode par détection d’anticorps (prise de sang) – test sérologique  
Cette méthode détecte par une prise de sang des anticorps endogènes (du propre corps) contre le SRAS-CoV-2, par exemple par la détection d’IgG ou d’IgM dans le sang (sérodiagnostic). On parle aussi de test sérologique. Il existe des tests rapides, qui peuvent être effectués en 15 minutes environ en laboratoire. Lorsque le corps se bat contre un agent pathogène (ex. virus), le système immunitaire produit des anticorps qui sont des protéines qui se lient spécifiquement aux antigènes à la surface des agents pathogènes (ex. virus). Si on utilise une métaphore, l’anticorps est comme une clé qui se fixe à la serrure qu’est l’antigène. Il faut savoir que les anticorps circulent pendant des semaines ou mois dans le corps après l’infection27. Ces tests de détection d’anticorps sont particulièrement utiles pour les personnes qui pensent avoir été infectées mais pour différentes raisons n’ont pas pu effectuer le test par PCR mais aussi pour la population générale, car on sait que jusqu’à 50% des personnes infectées ne présentent pas de symptômes (on parle de cas dits asymptomatiques). Idéalement, l’entier de la population devrait être testée. Des pays comme l’Allemagne, le Royaume-Uni ou la Hollande préparent des tests à grande échelle par détection d’anticorps dans le sang. Il est toutefois important que ces tests soient fiables et ne présentent pas de faux négatifs et surtout de faux positifs (ex. le test indique que la personne a été infectée mais en fait elle ne l’a pas été, le risque est que la personne s’infecte par la suite).
Il faut savoir que le corps commence à produire des anticorps neutralisant du virus comme les IgG ou IgM environ 10 à 15 jours après l’apparition des premiers symptômes de la maladie, comme le relève l’édition du 2 mai 2020 de The Economist, citant une étude chinoise de Shangai. Mais certaines personnes infectées par le Covid-19 ne produisent pas d’anticorps, ou en tout cas n’arrivent pas à être détectés dans le sang. Les lymphocytes T, en plus des anticorps, contribuent aussi à la défense immunitaire contre le Covid-19.
Grand risque d’imprécision :
Beaucoup de tests sérologiques, basés sur une recherche d’anti-corps, peuvent s’avérer imprécis. Par exemple ils pourraient détecter des anti-corps provenant de coronavirus à l’origine du refroidissement (rhume) et pas le SRAS-CoV-2 à l’origine du Covid-19, dans ce cas on parle de faux-positif. C’est pourquoi la FDA, l’agence américaine d’enregistrement des médicaments, met en garde contre certains tests sérologiques, comme l’a informé CNN le 15 avril 2020.

Diagnostic de la pneumonie
Le diagnostic d’une pneumonie provoquée par le Covid-19 s’effectue notamment par un CT-scan, une radiographie spécifique par scanner des poumons. Le médecin peut aussi mesurer la quantité d’oxygène dans le sang (oxymétrie – lire ci-dessous ou gazométrie) et faire une prise de sang. La fièvre devrait aussi être mesurée. 

Photo ci-dessous : tomographie thoracique montrant les changements pulmonaires observés chez les patients atteints de Covid-19 (crédit photo : Elnara Negri, Sao Paulo, Brésil, mai 2020) 

Oxymètre de pouls
– Aux Etats-Unis, une personne diagnostiquée au Covid-19 devrait avoir chez lui un oxymètre de pouls (à placer sur le doigts comme une petite pince) notamment pendant les deux premières semaines de la maladie, c’est-à-dire depuis l’apparition des premiers symptômes, c’est en tout cas l’avis d’un médecin américain. En cas de valeurs basses du taux d’oxygène consultez un médecin ou rendez-vous aux urgences (ou téléphonez aux urgences). Ces recommandations proviennent d’un médecin urgentiste américain, Dr Richard Levitan, qui a écrit un article pour le New York Times en avril 2020. Un oxymètre mesure la saturation « pulsée » en oxygène ou SpO2, c’est une estimation de la quantité d’oxygène dans le sang. Les valeurs normales de SpO2 sont situées entre 90 et 100%28, mais une valeur inférieure à 95% peut indiquer un problème d’oxygénation. En particulier, une concentration de 92% ou moins indique la possibilité d’un certain changement dans le transport de l’oxygène par le corps. Si la mesure indique un pourcentage égal ou inférieur à 89%, le manque d’oxygénation est considéré comme grave29.
Le journaliste star de CNN, Andrew Cuomo (frère du gouverneur de New York du même nom de famille), qui a souffert de Covid-19 fin mars et début avril 2020 expliquait dans des émissions en direct sur CNN qu’il consultait régulièrement (plusieurs fois par jour) les valeurs de SpO2 sur son oxymètre de pouls. 
Attention, les oxymètres de pouls vendus notamment en pharmacie peuvent avoir une marge d’erreur de +/- 2%30. Il faut aussi noter qu’une personne peut être à risque en ayant une difficulté à respirer et être à risque de Covid-19 et nécessite une hospitalisation avec une SpO2 supérieure à 95%. C’est pourquoi ces appareils doivent être utilisés avec une certaine reserve. 
– En France, en tout cas en mars 2020, les autorités de santé ne conseillaient pas d’utiliser un oxymètre de pouls chez soi pour la population générale, car les données sont parfois difficiles à interpréter (un travail reservé  professionnels de la santé ou des soins). 

Traitements (médicaments)

Coronavirus à Wuhan (Chine)Il n’existe actuellement aucun vaccin pour prévenir l’apparition du Covid-19. Pour le moment et dans la pratique, le patient est mis en quarantaine et les mesures mises en place visent surtout à soulager les symptômes en attendant que la maladie se résorbe d’elle-même. Le traitement symptomatique, qui soigne les symptômes, est conditionné par l’état clinique du patient.
Il faut cependant signaler qu’une prise en charge rapide des cas graves offre une meilleure chance de rétablissement. 

Fièvre
symptôme hépatite APour abaisser la fièvre, le traitement recommandé est le paracétamol
Il faut savoir que les anti-inflammatoires comme l’ibuprofène ne sont en général pas recommandés contre l’infection au nouveau coronavirus Covid-19, car ils pourraient être un facteur d’aggravation de l’infection Covid-19, comme l’a relevé le Ministre de la Santé français Olivier Véran sur son compte Twitter le 14 mars 2020. Le Ministre relève qu’en cas de fièvre, il faut prendre du paracétamol. Si une personne est déjà sous anti-inflammatoires ou en cas de doute, il faut demander conseil à son médecin.  

Toux
Contre la toux grasse, l’acétylcystéine (dosage 600 mg par jour pour un adulte) peut aider à fluidifier les sécrétions, notamment avec des glaires. Après plusieurs semaines de Covid-19, le médecin peut dans certains cas prescrire d’autres médicaments pour lutter contre la toux comme de la cortisone en prise interne. 

Traitements possibles – Médicaments contre le Covid-19
Remdesivir (résumé de l’effet : efficace dans certains cas notamment pour réduire la durée d’hospitalisation, d’autres études nécessaires – mis à jour le 14.05.2020)
La molécule remdesivir, un médicament antiviral, est utilisé actuellement en Chine et dans d’autres pays dans des essais cliniques contre le Covid-19. Ce médicament possède un large spectre d’activité et est efficace contre divers coronavirus et les virus Ebola, entre autres. Le remdesivir est un promédicament d’un principe actif qui est métabolisé dans l’organisme en triphosphate et qui inhibe la synthèse de l’ARN viral en bloquant l’ARN polymérase dépendante à l’ARN et par conséquent la réplication virale31. Le médicament est administré sous forme de perfusion intraveineuse. Il est commercialisé par le laboratoire pharmaceutique américain Gilead Sciences qui a développé la molécule pour l’épidémie d’Ebola survenue en Afrique de l’ouest en 2014.  La Food and Drug Administration (FDA) américaine a délivré le vendredi 1er mai 2020 une autorisation d’urgence (en anglais emergency approval) pour le médicament antiviral remdesivir en tant que traitement pour les patients atteints de Covid-19, comme le relevait notamment le New York Times le 1er mai 2020. Le remdesivir est disponible dans les hôpitaux américains pour les cas sévères de la maladie. Selon le Wall Street Journal du 2 mai 2020, 1,5 millions de doses ont été données gratuitement par Gilead (le fabriquant) aux hôpitaux américains. 
Etude publiée en partie le 29 avril 2020
Le 29 avril 2020, Trump et son équipe de conseillers scientifiques ont mentionné une étude sérieuse (double-aveugle, etc) concernant le remdesivir diminuant la durée des symptômes graves chez des personnes hospitalisées de 15 jours à 11 jours, il y aurait aussi une diminution de la mortalité (mais l’étude n’a pas été construite pour cela), comme l’a informé CNN le 29 avril 2020. Autrement dit, le temps de récupération diminue de 4 jours. Pour être précis c’est le Dr Anthony Fauci, médecin immunologiste de référence mondiale et conseiller de Trump, qui a annoncé cette nouvelle positive. Il compare même le remdesivir à l’arrivée de l’AZT contre le VIH il y a 34 ans. Selon le Dr Fauci c’est la preuve qu’un médicament peut contenir ou agir sur le virus. Le 29 avril 2020, l’étude n’avait toutefois pas encore été publiée dans une revue scientifique de référence. Au total 1063 patients ont participé à cette étude et plusieurs équipes de chercheurs à travers le monde (Etats-Unis, Europe et Asie). L’essai a duré du 21 février au 19 avril 2020. Un autre résultat intéressant en plus de diminuer le temps de récupération à l’hôpital de 15 jours à 11 jours est la diminution du taux de mortalité, 8% des patients qui ont pris le médicament sont morts contre 11,6% qui ont pris un placebo. 

Hydroxychloroquine (résumé de l’effet : inexistant, voire même dangereux, selon les dernières études – mis à jour le 23.05.2020)
Pour certains l’hydroxychloroquine (un dérivé de la chloroquine, utilisé contre le paludisme) pourrait avoir un effet positif chez des patients atteints de Covid-19, cette molécule abaisse la charge virale32. Des études cliniques sont en cours, notamment la grande étude Disovery. Des études cliniques sont toujours en cours, notamment la grande étude Disovery. Le 31 mars 2020 au soir, sur France Info, le médecin et ancien ministre de la santé français Philippe Douste-Blazy a expliqué qu’une étude publiée en Chine le 31 mars 2020 avait montré l’efficacité de l’hydroxychloroquine chez des patients graves atteints du Covid-19, la prise doit toutefois être effectuée le plus tôt possible après l’apparition des premiers symptômes, attention à ne jamais prendre ce médicament potentiellement dangereux pour le coeur en automédication. Seulement un médecin peut prescrire l’hydroxychloroquine. 
Cela dit, une étude publiée au Brésil le 7 avril 2020 utilisant l’hydroxychloroquine et portant sur 80 patients n’a pas montré un effet statistiquement positif de l’hydroxychloroquine, comme le relève le principal d’information du Brésil Uol.com.br (rattaché à la Folha de S. Paulo). 
Selon le Dr Derek Lowe, une référence scientifique aux Etats-Unis, trois études publiées à la mi-avril 2020 soit deux en Chine et une en France n’ont pas montré une efficacité ou bénéfice de l’hydroxychloroquine33.
L’hydroxychloroquine en association avec l’azithromycine, un antibiotique, pourrait s’avérer encore plus efficace qu’en prise seule, mais dans ce cas aussi des études cliniques sont en cours.
Etude publiée dans The Lancet le 22 mai 2020
L’hydroxychloroquine (ou la chloroquine) a été jugée inefficace pour traiter des patients hospitalités du Covid-19. Ces deux molécules augmentent même le risque de décès et d’arythmie cardiaque. Cette vaste étude portant sur environ 15’000 malades du Covid-19 a été publiée le 22 mai 2020 dans la  prestigieuse revue scientifique The Lancet (DOI : 10.1016/S0140-6736(20)31180-6). Les chercheurs estiment qu’ils n’ont pas été en mesure de confirmer un bénéfice de l’hydroxychloroquine ou de la chloroquine, lorsqu’elles sont utilisées seules ou avec un antibiotique de la famille des macrolides comme l’azithromycine, sur des patients hospitalités du Covid-19. Chacun des schémas thérapeutiques, par exemple hydroxychloroquine seule, chloroquine seule ou en association avec un antibiotique, a été associé à une diminution de la survie à l’hôpital et à une augmentation de la fréquence des arythmies ventriculaires quand utilisés contre le Covid-19. Les résultats de cette étude mènent logiquement à déconseiller l’utilisation de l’hydroxychloroquine ou la chloroquine en thérapie, c’est-à-dire lorsque les patients présentent des symptômes du Covid-19. 
Ivermectine (résumé de l’effet : trop peu d’études pour y voir clair – mis à jour le 30.04.2020)
L’ivermectine en usage interne (ex. comprimé), un médicament indiqué en France notamment contre la gale, pourrait être efficace lors de Covid-19. In vitro l’ivermectine abaisse de façon très significative la quantité de virus. Des études sont en court pour évaluer l’intérêt d’utiliser de l’ivermectine chez des patients atteints de Covid-1934. En Suisse, il n’existait en avril 2020 aucune préparation sur le marché en usage interne (ex. comprimé) en vente à usage humain (non vétérinaire) à base d’ivermectine.
– Le lopinavir et le ritonavir, ces médicaments ont été utilisé pour l’infection par le Covid-19. Pour le moment (fin avril 2020), il n’est pas approuvé contre le Covid-19. 
– La méfloquine (Lariam®, médicaments génériques). Comme le relève le site suisse Pharmawiki.ch le 30 mars 2020, l’antipaludique méfloquine (Lariam®, médicaments génériques) est utilisé en Russie pour le traitement du Covid-19 comme le relève certains médias. La méfloquine n’est pas un médicament sans effets secondaires, en effet il a une longue demi-vie et peut provoquer des troubles centraux et psychiatriques.
– Dans un article du journal italien La Repubblica, publié le 28 mars 2020, la vitamine D pourrait jouer un rôle favorable en cas de Covid-19 notamment chez les patients à risque de complications. La vitamine D est considérée davantage comme une hormone qu’une vitamine par la communauté scientifique, il est encore trop tôt pour savoir si la vitamine D joue un rôle favorable ou non en cas de Covid-19, car aucune étude clinique n’a pour le moment été publiée.
Une autre étude publiée en mai 2020 (plus d’informations ici) montre un lien important, même si pas forcément causal, entre un taux moyen bas de vitamine D comme en Espagne ou Italie et un taux de mortalité élevé du Covid-19. 
– Le tabac avec la nicotine ou d’autres substances de la fumée de cigarette pourraient diminuer les cas graves de Covid-19. En effet, à Paris à l’hôpital Pitié-Salpêtrière entre le 28 février et le 9 avril 2020 seulement 5% des 482 patients hospitalisés pour Covid-19 étaient des fumeurs. On sait qu’environ 25% des Français fument. Des études sont donc en cours pour mieux connaître les éventuels effets protecteurs de la fumée de tabac ou de la nicotine. Ces effets protecteurs pourraient notamment agir sur la diminution de la tempête de cytokine (lire sous Symptômes ci-dessus) ou la nicotine pourrait se lier au récepteur ACE2 (voir infographie ci-dessus)35

Absence de vaccin
Il n’existe actuellement aucun vaccin contre le Covid-19. Mais plusieurs institutions et entreprises (industrie pharmaceutique) dans le monde travaillent d’arrache-pied pour en développer un, peut-être disponible déjà en 2020 ou ces prochaines années. Il faut en effet plusieurs mois voire plusieurs années pour élaborer un vaccin. A la fin mars 2020, il était difficile d’évaluer si un vaccin efficace et sûr sera disponible rapidement et en quantité suffisante et, le cas échéant, quand. Certains sources optimistes parlent d’un vaccin disponible déjà en octobre 2020 comme la TV CNN l’a affirmé en interrogeant un scientifique d’Oxford (Angleterre) et d’autres pensent seulement en 2024, car on sait que le vaccin contre Ebola a mis 5 ans pour être mis sur le marché, ce qui est un record (souvent un vaccin peut durer 10 ans). Beaucoup de scientifiques estiment crédible d’avoir un vaccin pendant l’année 2021. 
Essai sur un vaccin aux Etats-Unis (début le 16.03.2020)
Un nouvel essai de vaccin contre les coronavirus, notamment Covid-19, aux États-Unis a maintenant donné une dose à son premier participant, l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses, a annoncé lundi 16 mars 2020, selon CNN.com. L’étude vise à recruter un total de 45 adultes en bonne santé sur une période de six semaines. Chaque participant recevra deux injections à environ un mois d’intervalle, à des doses variables. L’étude, qui est un essai de phase I, vise à établir que le vaccin est sûr et induit une réponse souhaitée de la part du système immunitaire des participants. Pour prouver que le vaccin est efficace dans la prévention de l’infection par Covid-19, il faudra toutefois des études de suivi impliquant beaucoup plus de participants, ce qui prendra beaucoup plus de mois, selon les experts.

Risque d’intubation (réduction du risque)
Aux urgences et notamment soins intensifs positionner le patient sur le côté ou sur le ventre (la masse pulmonaire est principalement dans le dos et pas la poitrine) peut diminuer le risque pour un patient Covid-19 d’être intubé, comme l’expliquait le médecin urgentiste américain Dr Richard Levitan dans un article écrit dans le New York Times en avril 2020.

Temps de récupération :
Il faut parfois plusieurs semaines pour se remettre complètement de la maladie causée par le nouveau coronavirus (Covid-19), a déclaré le Dr Mike Ryan, directeur exécutif du Programme d’urgence sanitaire de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), lors d’une réunion d’information le lundi 9 mars 202036. La fatigue semble un symptôme fréquent qui perdure chez des personnes ayant souffert du Covid-19. La toux peut aussi se manifester dans certains cas jusqu’à au moins 21 jours après le début des premiers symptômes.  
Lire aussi : Interview exclusive de Creapharma.ch avec le spécialiste en gériatrie Dr Christophe Graf qui fait face au Covid-19 (07.05.2020)

Prévention

7 règles d’hygiène et de conduite à suivre : 
– Se laver soigneusement les mains notamment avec du savon (le savon tue les virus du Covid-19 en 20 secondes, car les virus ont une enveloppe lipidique qui est rapidement détruite par les molécules du savon)
– Tousser et éternuer dans un mouchoir ou dans le creux du coude
– En cas de fièvre et de toux, rester à la maison
– Jeter les mouchoirs usagés dans une poubelle fermée
– Éviter les poignées de mains
– Toujours téléphoner avant d’aller chez le médecin ou aux urgences
– Portez un masque dans l’espace publique, en l’absence de masque couvrez votre visage avec un tissu (ex. foulard, écharpe) 

Masques de protection respiratoire (masques chirurgicaux) 
Le port de masque chirurgical (masques de protection respiratoire) est recommandé pour les personnes infectées et pour le personnel soignant afin de limiter la propagation du virus notamment lors de toux ou d’éternuement. Mais pour les personnes qui ne sont pas encore malades – c’est-à-dire l’immense majorité, le port d’un masque ne constitue pour le moment pas une recommandation des autorités sanitaires, comme le relèvent de nombreux médias à travers le monde. Cela dit, les autorités américaines recommandent depuis le 3 avril 2020 le port du masque chirurgical ou une protection par un habit (ex. écharpe) pour l’ensemble de la population, la raison est que beaucoup de personnes sont porteuses du virus mais ne présentent aucun symptôme. Par cette mesure de port du masque généralisé, les spécialistes espèrent une diminution des contaminations. 
Les masques de protection respiratoire offrent une protection supérieure aux masques d’hygiène comme ceux en papier (en anglais paper masks). Les masques de protection respiratoire correspondent à la norme européenne EN 149. Ils sont répartis en trois classes de protection (FFP1, FFP2, FFP3). Ces masques sont humides après environ 8 heures et doivent alors être changés37. Les masques FFP2 (ou FFP3) avec un très haut niveau de filtration sont les plus efficaces contre le coronavirus Covid-1938
Aux Etats-Unis, les masques FFP2 ou FFP3 sont appelés N95 (davantage d’informations ci-dessous). FFP signifie “filtering face piece”, il s’agit d’un standard de l’Union Européenne (EN standard 149:2001). Pour être précis, un masque N95 signifie qu’il est capable d’enlever 95% de toutes les particules qui ont un diamètre de 0,3 microns ou plus. Un masque FFP1 enlève 80% des particules qui ont un diamètre de 0,3 microns ou plus, un FFP2 enlève 94%, un FFP3 enlève 99% et un N100 99.97%39

où courir– Pratiquez régulièrement de l’exercice physique.
En effet, l’exercice régulier peut réduire le risque de syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA ou en anglais : acute respiratory distress syndrome), une cause majeure de décès chez les patients atteints du Covid-19 (lire davantage ci-dessous sous Symptômes), selon une étude publiée le 15 avril 2020 dans le journal scientifique Redox Biology (DOI : 10.1016/j.redox.2020.101508). Le Dr Zhen Yan qui a dirigé cette étude invite les gens à faire de l’exercice sur la base de ses conclusions, qui suggèrent également une approche thérapeutique potentielle. Son étude a montré a montré que les résultats de la recherche médicale “soutiennent fortement” la possibilité que l’exercice puisse prévenir ou au moins réduire la gravité du SDRA. Les découvertes sur une enzyme antioxydante endogène fournissent des indices importants et ont interrogé les chercheurs pour développer une nouvelle thérapie pour le SDRA causé par Covid-19. Un antioxydant connu sous le nom de “superoxyde dismutase extracellulaire” (EcSOD) ou en anglais “extracellular superoxide dismutase” serait à l’origine de cet effet protecteur. Ce puissant antioxydant chasse les radicaux libres nocifs, protégeant ainsi nos tissus et aidant à prévenir les maladies. Nos muscles fabriquent naturellement l’EcSOD, la sécrétant dans la circulation pour permettre sa liaison à d’autres organes vitaux, mais sa production est renforcée par l’exercice cardiovasculaire. Les recherches suggèrent que même une seule séance d’exercice augmente la production de l’antioxydant.
Cela pourrait expliquer pourquoi environ 80% des patients atteints de Covid-19 ont des symptômes modérés sans avoir besoin d’aide respiratoire. Des médicaments ou traitements pourraient aussi un jour être développés, comme une thérapie génique, par exemple, pourrait un jour être utilisée pour augmenter la production de cet antioxydant afin que sa présence protectrice dans les poumons soit renforcée chez les patients luttant contre le Covid-19. 

Bons conseils (lors de maladie)

Respiration : 
– Si possible, avec les conseils de votre médecin, effectuez des exercices de respiration. 

Toux grasse et glaires :
Citron Informations intéressantes– Pour limiter la formation de mucus gras ou épais avec notamment des glaires dans la phase de toux productive (grasse) du Covid-19, il est conseillé de limiter certains aliments comme les produits laitiers, les féculents et certains fruits comme les bananes qui augmentent l’épaisseur du mucus. La prise de piment, pas trop fort, ou de citron peut au contraire permettre de mieux fluidifier les glaires. Buvez par exemple régulièrement une tisane de thym (ou camomille) avec du miel et surtout du citron.  

News, FAQ & Ressources : 
News : 
Covid-19 chez les enfants : la première manifestation pourrait être des symptômes gastro-intestinaux
Covid-19 : la vitamine D serait liée à un faible taux de mortalité virale (étude)
Interview avec le spécialiste en gériatrie Dr Christophe Graf qui fait face au Covid-19
Comment gérer le stress dû à la pandémie ?
Le port de masques chirurgicaux en public pourrait contribuer à ralentir la progression de la pandémie de Covid-19

Questions fréquentes (FAQ) :
Découvrez les questions fréquentes de l’OMS sur le Covid-19
Découvrez aussi plus de 20 questions fréquentes sur le Covid-19
Participez à notre quiz pour tester vos connaissances sur la maladie

Etudes actuelles :
Découvrez sur le site de bioXriv des milliers d’études en preprint sur le Covid-19 (c’est-à-dire des études qui n’ont pas encore été publiées en peer-reviewed)

Sources  & Références :
Sources :
The New York Times (plusieurs éditions et articles), CBSNews, Pharmavista.net, Office Fédéral de la Santé Publique (OFSP), Keystone-ATS, OMS, Folha de S.Paulo, Pharmawiki.ch, Le Figaro, NZZ, CNN.com (nombreuses éditions, ex. ici, TV CNN), AFP, France 24, France 2 (Journal TV), France-Info, The Economist, Université Johns Hopkins.
Références scientifiques : 
Redox Biology (DOI : 10.1016/j.redox.2020.101508), Frontiers in Pediatrics (DOI : 10.3389/fped.2020.00258).

Personnes responsables et impliquées dans l’écriture de ce dossier :
Xavier Gruffat (Pharmacien et Rédacteur en chef de Creapharma), Seheno Harinjato (Rédactrice chez Creapharma.ch, responsable des infographies).

Crédits photos :
Adobe Stock, © 2020 Pixabay, Creapharma.ch. 

Infographies : 
Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch) 

Date de dernière mise à jour : 
03.06.2020 (par XG)

Comment traduit-on le Coronavirus (Covid-19) dans d’autres langues ?
  • Anglais : Coronavirus (COVID-19, Covid-19)
  • Allemand : Coronavirus (Covid-19)
  • Italien : coronavirus (Covid-19)

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Notes de bas de page et références :

  1. Magazine allemand FOCUS paru en février 2020, édition no 6/2020
  2. Folha de S.Paulo du 16 mars 2020, The Wall Street Journal
  3. Agence de presse Keystone-ATS, daté du 12 mars 2020, Folha de S.Paulo du 16 mars 2020
  4. Journal TV de France 2 du 27 janvier 2020
  5. CNN.com, le 30 mars 2020
  6. « China confirms people-to-people transmission of new coronavirus (state media) », sur France 24, 20 janvier 2020(consulté le 20 janvier 2020)-lien trouvé sur Wikipedia.org en français
  7. Le Figaro, édition online du 4 avril 2020
  8. Hui D.S. et al. The continuing 2019-nCoV epidemic threat of novel coronaviruses to global health – The latest 2019 novel coronavirus outbreak in Wuhan, China. Int J Infect Dis, 2020, 91, 264-266 Pubmed
  9. Pharmawiki.ch, consulté le 27 mars 2020
  10. Pharmawiki.ch, site en allemand consulté le 7 mars 2020
  11. Site Internet de l’Office Fédéral de la Santé (OFSP) suisse – le lien marchait le 30 janvier 2020, consulté le 30 janvier 2020
  12. Keystone-ATS, agence de presse suisse, 4 avril 2020
  13. Folha de S.Paulo, édition du 2 mai 2020, autres médias de références
  14. Site Internet de l’Office Fédéral de la Santé (OFSP) suisse – le lien marchait le 30 janvier 2020, consulté le 30 janvier 2020
  15. Pharmavista.net, article du 17.04.2020
  16. The Wall Street Journal, édition du 6 mars 2020
  17. Obs (France), 21 mars 2020
  18. Obs (France), 21 mars 2020
  19. Pharmavista.net, article du 17.04.2020
  20. Site Internet de l’Office Fédéral de la Santé (OFSP) suisse – le lien marchait le 30 janvier 2020, consulté le 30 janvier 2020
  21. TV CNN le 16 avril 2020, sources internes de Xavier Gruffat, rédacteurs en chef de Creapharma.ch
  22. Site Internet de l’Office Fédéral de la Santé (OFSP) suisse – le lien marchait le 30 janvier 2020, consulté le 30 janvier 2020
  23. Etude publiée le 16 avril 2020 dans le journal scientifique Redox Biology (DOI : 10.1016/j.redox.2020.101508)
  24. Etude publiée le 16 avril 2020 dans le journal scientifique Redox Biology (DOI : 10.1016/j.redox.2020.101508)
  25. The Economist, édition du 2 mai 2020
  26. ATS-Keystone – agence de presse suisse, en date du 19 février 2020
  27. The Wall Street Journal, édition du 2 avril 2020
  28. Site support de Withings Pulse, accédé le 23.04.2020
  29. Folha de S.Paulo, journal brésilien de référence, 24.04.2020
  30. Folha de S.Paulo, journal brésilien de référence, 24.04.2020
  31. Pharmawiki.ch, consulté le 8 février 2020, Folha de S.Paulo, édition d’avril 2020
  32. Journal allemand Handesblatt, interview avec le PDG de Bayer, journal papier du 2 avril 2020
  33. Folha de S.Paulo, journal imprimé du 20.04.2020
  34. Le Figaro, article paru le 27 avril 2020 – Dossier complet sur le Covid-19 du site Pharmawiki.ch
  35. The Economist, édition du 2 mai 2020
  36. CNN.com, site consulté le 9 mars 2020
  37. Pharmavista.net, site consulté le 28 janvier 2020
  38. Journal de France 2 du 25 février 2020
  39. Site internet Fast Life Hack, consulté le 28 février 2020

Lire aussi :


Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 03.06.2020