Coronavirus (Covid-19)





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Dossier évoluant en fonction de l’actualité – dernière mise à jour : 11 août 2020 à 19h08 GMT 

Définition

Coronavirus en général  
Les coronavirus sont des virus pouvant causer des infections respiratoires chez les êtres humains et les animaux.  
Certains coronavirus mènent à des infections des voies respiratoires légères avec des symptômes comme un rhume (refroidissement) mais d’autres coronavirus peuvent provoquer des symptômes respiratoires graves avec un risque de mort.
Les chercheurs connaissent actuellement dans le monde environ 3200 coronavirus différents, 95% ont été identifiés sur des chauves-souris1. Les chauves-souris peuvent porter dans leur organisme de très nombreux virus, avec une importante diversité, sans tomber malade. 
Nouvelle maladie au coronavirus Covid-19
La nouvelle maladie au coronavirus Covid-19 (anciennement appelé 2019-nCoV) a été renommée le 11 février 2020 par l’OMS en Covid-19 ou covid-19. Le terme Covid-19 provient de “co” pour corona, “vi” pour virus, “d” pour disease (maladie en anglais) et 19 pour 2019, date de l’apparition du virus (lire également ci-dessous). Covid-19 caractérise ainsi la maladie, le nom du virus est SARS-CoV-2. En français, Covid-19 est au féminin (la Covid-19). 

Pandémie 
Depuis le 11 mars 2020, la maladie Covid-19 a été considérée par l’OMS comme une pandémie et plus une épidémie. 
Le terme pandémie est composé des mots grecs anciens “pan” pour “tout” et “demos” pour “peuple”. Contrairement à une épidémie, une pandémie ne se limite donc pas à un endroit précis, mais se propage à travers les pays et les continents. L’OMS définit une pandémie comme une situation dans laquelle l’ensemble de la population mondiale est potentiellement exposée à un agent pathogène et “une partie de celle-ci tombe potentiellement malade”, comme l’explique le directeur des urgences de l’OMS, Michael Ryan. Cependant, le terme de pandémie ne nous dit pas à quel point la maladie est contagieuse ou mortelle.

Coronavirus Covid-19 – Origine
définition rage– La pandémie actuelle du nouveau coronavirus Covid-19 aurait commencé en décembre 2019 (certaines sources parlent même de novembre 2019) dans la ville chinoise de Wuhan, au marché de poissons et fruits de mer de la ville, selon un article du New York Times publié en janvier 2020. Wuhan est une ville chinoise de 11 millions d’habitants, située à quelques centaines de kilomètres à l’ouest de Shanghai. On pense que la source était un animal sauvage sur le marché, a déclaré Gao Fu, directeur du Centre chinois de contrôle des maladies, comme le relève l’agence de presse ATS-Keystone le 22 janvier 2020. A l’origine, une chauve souris aurait pu transmettre le virus à un animal sauvage (ex. pangolin) qui l’aurait ensuite transmis à l’homme. Comme on l’a vu plus haut, les chauves-souris peuvent porter de très nombreux virus dans leur organisme sans tomber malade. Dans un article publié fin juillet 2020 dans The Economist, les chauves-souris à l’origine sur SARS-CoV-2 pourraient provenir à l’origine de Chine mais aussi de pays voisins comme le Vietnam, le Laos ou le Myanmar (ex-Birmanie). Le virus SARS-CoV-2 ou un virus proche auraient pu circuler chez les humains déjà des années avant décembre 2019 en Chine du sud et dans le sud-est asiatique, toujours selon The Economist
– La transmission de la Covid-19 s’effectue de personnes à personnes, selon le New York Times. Le coronavirus à Wuhan mène à une affection qualifiée de syndrome respiratoire, comme le SRAS (lire ci-dessous). 
– Ce virus appartient au même type de virus que le SRAS, mais il s’agit d’une variante différente.

Taux de mortalité de la Covid-19
En juin 2020, le taux de mortalité de la Covid-19 était estimé entre 0,5% et 1%2. En juillet 2020, un article du Wall Street Journal estimait le taux de mortalité de la Covid-19 compris entre 0,3% et 1,5% selon les études publiées à ce sujet. Cela dit, la plupart des études mentionnent un taux de mortalité compris entre 0,5% et 1%. Le 3 août 2020, une étude de l’OMS estimait le taux de mortalité moyen de la Covid-19 dans le monde à 0,6%3
Taux de mortalité en fonction des âges
Jusqu’à l’âge de 39 ans, le taux de mortalité de la Covid-19 reste très bas, à 0,2%, puis s’élève progressivement avec l’âge, à 0,4% de 40 à 49 ans, à 1,3% de 50 à 59 ans, de 3,6% de 60 à 69 ans, de 8% de 70 à 79 ans et surtout à 14,8% chez les plus de 80 ans, selon une étude de l’OMS publiée mi-février 2020. 
Etude fin mars 2020
Le lundi 30 mars 2020, une étude du journal scientifique de référence The Lancet Infectious Diseases (DOI : 10.1016/S1473-3099(20)30243-7) estimait que le taux de mortalité de la Covid-19 était de 0,66%4. Autrement dit, 0,66% des personnes infectées par le virus en meurent. C’est moins que d’autres rapports ou études publiées en 2020, car l’étude du Lancet se base sur tous les cas de personnes infectées, y compris ceux sans symptôme (asymptomatique) qui sont une majorité. On sait que dans de nombreux pays comme l’Italie les cas confirmés de la Covid-19 se basent surtout sur des cas graves, des personnes hospitalisées surtout.

Epidémie de SRAS 2002
Entre 2002 et 2003 une épidémie globale de SRAS (syndrome respiratoire aigu, en français) ou en anglais SARS, infection causée par un coronavirus (Sars-CoV), avait provoqué la mort d’au moins 800 personnes  – certaines sources comme The Economist parlent de 774 morts (voir infographie ci-dessous) – dans 12 pays différents et plus de 8’000 personnes avaient été infectées. Cela correspond à un taux de mortalité d’environ 10%. 

Comparaison entre les 3 coronavirus mortels pour l’homme (état au 8 juillet 2020) – SARS-COV – MERS – SARS-COV2

Épidémiologie

Nombre de cas et de morts dans le monde (2019-2020)
La Covid-19 a tué au moins 737’986 personnes dans le monde le 11 août 2020, depuis le début officiel de la pandémie/épidémie en décembre 2019, selon l’université américaine Johns Hopkins qui fait office de référence en se basant sur des données de l’OMS et d’autres sources. Le nombre de personnes infectées ou qui ont été infectées dans le monde – il s’agit des cas confirmés en laboratoire (par test PCR) – par ce coronavirus appelé SARS-CoV-2 s’élève désormais à au moins 20’152’405 personnes le 11 août 2020 en soirée (heure GMT). Les Etats-Unis est le pays qui compte le plus de cas confirmés (plus de 5,1 millions), devant le Brésil (plus de 3 millions) et l’Inde (plus de 2,2 millions). On a notamment compté des milliers de morts aux Etats-Unis (164’101 morts le 11 août 2020), au Brésil (101’752 morts le 11 août 2020), au Mexique (53’003 morts le 11 août 2020), au Royaume-Uni (46’611 morts le 11 août 2020), en Italie (35’215 morts le 11 août 2020), en France (30’327 morts le 11 août 2020, en France l’actualisation des décès n’est pas quotidienne, en tout cas le week-end), en Espagne (28’581 morts le 11 août 2020), en Belgique (9879 morts le 11 août 2020, le nombre élevé des décès en Belgique par rapport au nombre d’habitants proviendrait d’un comptage différent, tout mort suspect étant inclus dans ce total. En Belgique, à la fin juin 2020 plus de 60% du total des décès auraient été enregistrés en maison de retraite, selon The Economist), en Allemagne (9208 morts le 11 août 2020), au Canada (9035 morts le 11 août 2020. Au Canada, à la fin juin 2020 plus de 80% du total des décès auraient été enregistrés en maison de retraite, selon The Economist), en Chine continentale (4693 morts le 11 août 2020) ou en Suisse (1990 morts le 11 août 2020). Les décès mentionnés dans la phrase précédente proviennent de données de l’université américaine Johns Hopkins. Découvrez ici une carte plus ou moins en temps réel du nombre de cas et de décès provoqués par la Covid-19, carte réalisée par l’université américaine de référence Johns Hopkins. 

Causes & Transmission 

Coronavirus en général
Les coronavirus ou CoV (du latin, « virus à couronne ») sont des virus à ARN de la famille des coronaviridæ. En plus de la Covid-19, ils peuvent aussi provoquer de simples refroidissements (cold en anglais). 

Coronavirus à Wuhan (Chine)SARS-CoV-2 (nom du virus)
Le nom de la maladie provoquée par le virus de la pandémie actuelle de coronavirus est Covid-19. Le nom du virus provoquant la Covid-19 (ou COVID-19) est SARS-CoV-2 (pour Severe Acute Respiratory Syndrome Coronavirus 2). Souvent les médias confondent le nom de la maladie avec le nom du virus. 
Le SRAS-CoV-2 appartient à la famille des coronavirus et au genre Betacoronavirus. Le SARS-CoV-2 est un virus d’origine animale et se transmet entre êtres humains5.
Le SRAS-CoV-2 mesure 125 nanomètres de diamètre, le virus est environ 100 fois plus petit qu’une cellule humaine6.
La maladie aurait été signalée pour la première fois en décembre 2019 dans la ville chinoise de Wuhan7.
Coronavirus
Comme les autres coronavirus, le SARS-CoV-2 se caractérise par son large génome. Dans cette famille de virus on compte aussi les MERS-Virus (Middle East Respiratory Syndrome). De plus, certains virus du rhume (refroidissement) sont également des coronavirus8.

Période d’incubation (temps d’incubation)
La période d’incubation ou temps d’incubation du virus SARS-CoV-2 est de 2 à 14 jours selon les informations disponibles, comme le relève le site Pharmawiki.ch le 24 janvier 2020. Cela signifie que les symptômes apparaissent relativement rapidement après l’infection. Selon les dernières informations relayées notamment par le site Le Figaro le 25 février 2020, la période d’incubation se situe autour de 5 ou 6 jours (plus rarement entre 1 et 14 jours).
Toutefois, une étude chinoise publiée en août 2020 estime la période d’incubation comme étant en moyenne de 7,76 jours, et non pas de 4 à 6 jours comme souvent avancé par les médias. Pour arriver à ces résultats, Jing Qin et ses collègues ont développé une approche peu coûteuse pour estimer les périodes d’incubation et l’ont appliquée à 1’084 cas confirmés de la Covid-19 qui avaient des antécédents de voyage ou de résidence à Wuhan, en Chine. De plus, les scientifiques ont remarqué que 10% des patients présentaient une période d’incubation de 14,28 jours. L’étude a été publiée dans le journal scientifique Science Advances (DOI : 10.1126/sciadv.abc1202). 
La période d’incubation est le temps, en général exprimé en jours, entre le moment où une personne devient porteuse du virus et l’apparition des premiers symptômes (ex. fièvre, toux). 

Transmission
La transmission des coronavirus et notamment de la Covid-19 s’effectue surtout par l’air (voies aériennes) mais aussi par le toucher ou avec des objets ayant été en contact avec la bouche, nez ou yeux d’une personne infectée. Les coronavirus sont le plus souvent transmis par les gouttelettes respiratoires lorsqu’une personne infectée tousse ou éternue. 

Taux de reproduction
Un malade pouvait au début de la pandémie infecter en moyenne 3,28 personnes sans mesure de confinement (ou quarantaine), ce qu’on qualifie du taux de reproduction ou R. Un taux qui au 25 février 2020 n’était pas définitif, comme le relevait Le Figaro. Le taux de reproduction de la Covid-19 est proche du SRAS et supérieur à celui de la grippe (de 1,2 à 1,4). Avec le confinement, le taux de reproduction a beaucoup baissé, souvent de moins de 1. Lire aussi :  La France a gagné la bataille du taux de reproduction (R), mais la guerre contre la Covid-19 continue

Comment le virus entre-t-il dans les cellules humaines ?
Les virus SARS-CoV-2 (virus à l’origine de la Covid-19) commencent par se répandre dans le tractus respiratoire supérieur dans les muqueuses au niveau du nez et de la gorge. Les virus entrent dans l’organisme d’une personne la plupart du temps par le nez, soit par des gouttelettes remplies de virus qui entrent directement dans le nez (voir infographie ci-dessus) ou en portant ses mains ou doigts infectés au niveau du nez. D’autres portes d’entrée du virus sont la bouche ou les yeux, par exemple en se touchant la bouche ou les yeux avec ses mains infectées. 
L’affinité du SARS-CoV-2 pour les cellules humaines et en particulier pour le récepteur ECA-2 (l’enzyme de conversion de l’angiotensine ou en anglais angiotensin-converting enzyme 2), sa porte d’entrée dans la cellule, est grande. En effet, le virus SARS-CoV-2 se lie par sa protéine de pointe (spike protein) au récepteur ECA-2 (en anglais ACE2 ou ACE-2) sur les cellules pulmonaires de l’organisme humain. En plus des poumons, le SARS-CoV-2 se lie à des ECA-2 présents dans de nombreuses cellules du système respiratoire supérieur, des parois des vaisseaux sanguins, du cœur, des reins et des intestins9. Certains scientifiques estiment que le virus touche aussi le système nerveux, la perte d’odorat qui est un symptôme typique de la Covid-19 semble confirmer cette hypothèse. 

Attention, selon la littérature scientifique les inhibiteurs de l’ECA courants, des médicaments en général indiqué contre l’hypertension artérielle, ne sont pas efficaces pour prévenir l’infection au SARS-CoV-210

Immunité innée vs. adaptative
– L’immunologie est un domaine complexe. Pour simplifier on distingue deux formes d’immunité chez l’être humain, l’immunité innée et l’immunité adaptative. On parle aussi de réponse immunitaire innée et de réponse immunitaire adaptative.
1. Immunité innée. Quand un agent infectieux entre dans l’organisme humain, c’est tout d’abord l’immunité innée qui se déclenche en quelques minutes ou heures. L’immunité innée est une ligne de défense précoce assurée par des cellules et molécules présentes en permanence et prêtes à éliminer les microbes infectieux comme les virus11. Les mécanismes de l’immunité innée sont variés avec plusieurs cellules et molécules impliquées : phagocytose, dégranulation, interférons, peptides antimicrobiens, etc. Il est intéressant de noter que l’organisme est capable de reconnaître les agents infectieux par des récepteurs (de patern) indiquant sa toxicité pour l’organisme comme par exemple un lipopolysaccharide d’une bactérie puis de déclencher la réponse immunitaire innée notamment par une inflammation. La réponse immunitaire innée n’est pas spécifique comme l’est l’immunité adaptative. 
La réponse immunitaire innée joue aussi un rôle clé dans l’apparition de la réponse immunitaire adaptative.
2. Immunité adaptative. La réponse immunitaire adaptative met plusieurs jours, par exemple 7 jours, avant de se mettre en place. La réponse immunitaire adaptative mobilise des défenses adaptées spécifiquement à chaque agent pathogène comme ici au virus à l’origine de la Covid-19. Ce système est aussi capable de garder une “mémoire” des rencontres précédentes, c’est à la base de la vaccination. Le système immunitaire adaptatif est constitué principalement de deux types de cellules, les lymphocytes B et les lymphocytes T. Les anticorps (antibodies en anglais, parfois aussi qualifiés d’immunoglobulines) sont produits grâce aux lymphocytes B. Les anticorps sont produits dans les lymphocytes B puis exposés sur les cellules, ensuite pour simplifier quand un agent infectieux spécifique se fixe sur l’anticorps, les lymphocytes B vont commencer à se diviser (expansion clonale) puis vont se différencier en plasmocytes, des cellules qui vont produire des anticorps. Ce sont donc les plasmocytes qui produisent en nombre très important les anticorps. Les anticorps ont plusieurs fonctions, ils peuvent se fixer au virus, puis ce complexe est phagocyté et donc détruit. Les anticorps peuvent aussi simplement neutraliser les agents infectieux (ex. virus). Il faut toutefois noter que les lymphocytes B, pour commencer la production d’anticorps, doivent être activés par les lymphocytes T grâce aux cellules dendritiques, qui sont eux capables de reconnaître un danger. Le danger (le “non soi”) est une condition nécessaire pour activer la réponse immunitaire adaptative à travers les lymphocytes T puis les lymphocytes B. 
Il existe dans l’organisme des millions de lymphocytes T dits naïfs (naive en anglais) qui circulent prêts à rencontrer l’agent infectieux comme un virus et se dédier par la suite à lutter contre lui. Ensuite, lorsque ces lymphocytes rencontrent une nouvelle fois l’agent infectieux, ils sont prêts à le détruire. Les lymphocytes T utilisent en fait les cellules tueuses T CD4 et T CD8 pour détruire les cellules infectées par un agent infectieux (ex. virus).  
– La défense par les anticorps est qualifiée de défense humorale (car pouvant attaquer des microbes comme des virus dans le sang) et la défense par les lymphocytes T est qualifiée de défense cellulaire (pouvant attaquer des microbes dans les cellules).

Personnes à risque – Groupes à risque (et facteurs de risque)

Les personnes les plus fréquemment touchées par une évolution grave de la maladie sont principalement les personnes âgées de 50 ans ou plus.
Les personnes souffrant de maladies chroniques comme : 
Hypertension
– Maladie cardiaque chronique
Selon une étude réalisée au Royaume-Uni entre février et mai 2020 le risque de décès en cas d’infection Covid-19 chez des personnes souffrant de maladie cardiaque chronique augmente de 1,17 fois, en comparaison au reste de la population12
Diabète (notamment diabète de type 2)
Selon une étude réalisée au Royaume-Uni entre février et mai 2020 le risque de décès en cas d’infection Covid-19 chez des personnes souffrant de diabète non contrôlé augmente de 1,95 fois, en comparaison au reste de la population13
Remarques : l’hypertension, les maladies cardiaques et le diabète sont de loin les trois principaux facteurs de risque, c’est-à-dire qu’ils augmentent le taux de mortalité de la Covid-19. Les personnes souffrant de diabète, d’hypertension ou de maladies cardiaques ont davantage d’ECA-2 sur leurs cellules, comme réponse à un plus haut niveau d’inflammation associé à ces maladies. Les récepteurs ou protéines ECA-2 ont une fonction anti-inflammatoire. S’ils sont occupés par les virus, l’inflammation augmente14.
– Maladies respiratoires (asthme, mucoviscidose, BPCO). 
Selon une étude réalisée au Royaume-Uni entre février et mai 2020 le risque de décès en cas d’infection Covid-19 chez des personnes souffrant de maladies respiratoires (mais n’incluant pas l’asthme) augmente de 1,95 fois, en comparaison au reste de la population15
Remarque : l’asthme est un facteur de risque mais il semblerait assez peu significatif sur le taux de mortalité, si on se base notamment sur plus de 2000 morts provoqués par la Covid-19 au Brésil (en avril 2020, repris par la Folha de S.Paulo le 27.04.2020).
De plus, une étude a montré que les personnes asthmatiques ne semblent pas courir un risque plus élevé de présenter une forme grave ou de mourir à cause de la Covid-19 selon les chercheurs de Rutgers dans un article publié dans le Journal of Allergy & Clinical Immunology (DOI : 10.1016/j.jaip.2020.06.008) le 6 juillet 2020. Les auteurs évoquent cependant la nécessité d’études plus approfondies sur la question. Bien qu’il n’existe pas assez de données pour expliquer cette situation, il est possible que la vigilance en matière d’hygiène personnelle et de distanciation sociale y joue un rôle. Les corticostéroïdes inhalés pourraient également réduire la capacité du virus à établir une infection, mais des études ont montré que les stéroïdes peuvent aussi diminuer la réponse immunitaire et aggraver la réponse inflammatoire. D’autres facteurs comme l’influence de l’âge, la présence d’un taux anormalement élevé d’un type de globules blancs qui aident l’organisme à combattre l’infection ou la présence d’un enzyme bénéfique pour éliminer les virus respiratoires sont mentionnées dans cette étude.
– Maladies du foie (maladies hépatiques). Selon une étude réalisée au Royaume-Uni entre février et mai 2020 le risque de décès en cas d’infection Covid-19 chez des personnes souffrant de maladie hépatique augmente de 1,75 fois, en comparaison au reste de la population16
Cancer (notamment les cancers sanguins comme la leucémie ou lymphome). 
– En raison d’une maladie ou de médicaments immunosuppresseurs
– Fumeurs (certaines sources comme relayées en avril 2020 sur Le Figaro estiment que la fumée du tabac ou la nicotine pourraient au contraire avoir un effet protecteur en cas de la Covid-19. Il va de soi que dans tous les cas il ne faut pas commencer de fumer pour espérer un effet protecteur contre la Covid-19)
– Personnes obèses, en particulier les personnes souffrant d’obésité morbide (IMC supérieur à 40). Selon une étude réalisée au Royaume-Uni entre février et mai 2020 le risque de décès en cas d’infection Covid-19 chez des personnes souffrant d’obésité morbide augmente de 1,92 fois, en comparaison au reste de la population17. L’obésité modérée augmente le risque de décès de 1,4 fois et l’obésité légère (proche du surpoids) augmente le risque de seulement 1,05 fois. 
Aux États-Unis et au Brésil il a été constaté par le personnel médical que l’obésité (IMC supérieur à 30) était un facteur de risque, notamment chez les moins de 60 ans, menant à plus de décès que des personnes ne souffrant pas d’obésité, comme l’a informé la radio brésilienne CBN (groupe Globo) le 6 juin 2020. Au début de la pandémie notamment en Chine, l’obésité à la différence par exemple de l’hypertension ou du diabète n’était pas un facteur de risque pris en compte par les autorités sanitaires.

Femme enceintes (grossesse)
Les femmes enceintes sont un groupe à risque de la Covid-19. Depuis le 5 août 2020 en Suisse, les femmes enceintes comptent officiellement parmi les groupes à risque18.

Jeunes – enfants
Il faut noter que des personnes plus jeunes (moins de 40 ans), auparavant en bonne santé, ont aussi été touchées par la Covid-19 de forme grave19. Mais ces cas sont rares. Les décès d’enfants âgés entre 0 et 10 ans sont extrêmement rares, par exemple au Brésil un bébé de 7 mois est mort en avril 2020, il souffrait d’autres maladies (co-morbidité). 

Co-morbidité 
Selon un communiqué des autorités suisses datant du 4 avril 2020, 97% des décès en Suisse (environ 500 décès début avril 2020) souffraient d’au moins une autre maladie que la Covid-19. Les trois maladies les plus fréquentes étaient l’hypertension (69% des patients), des maladies cardiovasculaires (55%) et le diabète (29%)20
Aux Etats-Unis, un rapport des CDC américains publié au début de l’été 2020 a montré que 76,4% des personnes mortes par la Covid-19 souffrait d’au moins une maladie préexistante21.

Pollution 
La pollution comme observé dans certaines villes du nord de l’Italie pourrait augmenter le taux de mortalité de la Covid-1922

Symptômes

Premiers symptômes de la Covid-19 (si les symptômes sont présents)
Au début, c’est-à-dire après la période d’incubation, les symptômes ressemblent souvent à la grippe  ou à un syndrome grippal (refroidissement) : fièvre (souvent élevée à plus de 38°C) ou  sensation de fièvre comme des frissons, malaise ou fatigue. Ces premiers symptômes sont généralement suivis de symptômes respiratoires, typiquement une toux sèche (souvent irritante) et dans les cas plus graves un souffle court ou des difficultés respiratoires(essoufflement, dyspnée)23. Des maux de gorge et des douleurs musculaires diffuses sont aussi de symptômes fréquents lors de la Covid-1924
Dans le détail, les premiers symptômes les plus fréquents sont la fièvre dans 98% des cas, la toux dans 76% et des douleurs ou fatigue dans 44% des cas25. Une toux grasse, notamment avec des crachats, est aussi possible en cas de Covid-19. 

Des symptômes moins fréquents peuvent apparaître : maux de tête, des douleurs musculaires, un écoulement nasal, un manque d’appétit, des nausées, des diarrhées, perte de l’odorat et du goût (lire ci-dessous) ou une conjonctivite. Parfois aussi des vertiges peuvent se manifester tout comme des symptômes dermatologiques (lire ci-dessous). 
Symptômes digestifs (ex. diarrhée)
En Allemagne le directeur de l’Institut de virologie de Bonn (Allemagne) estimait que des diarrhées étaient observées dans 30% des cas de la Covid-1926
De plus, selon un article de CNN.com publié le 18 mars 2020 se basant sur une petite étude prenant en compte 200 personnes atteintes de la Covid-19, les symptômes digestifs (ex. diarrhée, nausées, vomissements, perte d’appétit) pourraient être plus fréquents qu’on ne l’a pensé jusqu’à présent, ces symptômes pourraient être présents dans presque 50% des cas de Covid-19. Ces symptômes peuvent ne durer qu’une journée27.
Chez les enfants, la première manifestation de la Covid-19 pourrait être des symptômes gastro-intestinaux (lire article complète à ce sujet). 
Perte de l’odorat (anosmie) et du goût (dans une étude il s’agit du premier symptôme) 
Il a été observé chez des patients une perte de l’odorat (anosmie) et du goût chez des personnes atteintes de Covid-1928. La perte d’odorat (anosmie), sans rhinite, est très typique de la Covid-19, selon plusieurs études. Cela dit l’anosmie apparaît fréquemment après une infection des voies respiratoires supérieures et pas seulement la Covid-1929. L’odorat et le goût reviennent dans la majorité des cas quelques jours après la perte originale. La perte de l’odorat (anosmie) et du goût dure généralement de neuf à quatorze jours30
Une étude du Ministère de la Santé et de l’Université Fédérale de Pelotas (sud du pays) réalisée sur 2000 personnes positives à ce virus  divulguée le 3 juillet 2020 a montré que le principal symptôme de la Covid-19 était la perte du goût ou de l’odorat, présent chez environ 63% des personnes infectées, plus que le mal de tête (62%), la fièvre (56%), la toux (53%) ou les douleurs dans le corps (52%). 
Symptômes dermatologiques
Des signes ou symptômes dermatologiques sont possibles en cas de Covid-19, en France quelques cas d’érythème du visage ont été détectés en lien avec la Covid-19. Au niveau des pieds et de mains des lésions d’urticaires, des rougeurs et des gonflements plus ou moins douloureux ont aussi été observés, attention à ne pas confondre avec des « fausses engelures » qui peuvent être dues à un lavage excessif des mains. Parfois les orteils ou doigts se noircissent comme s’ils avaient été écrasés31
Il a aussi été rapporté des des éruptions cutanées et des lésions d’urticaire passagères, comme le relève le site suisse de référence Pharmavista.net le 17 avril 2020. Avant de conclure à une possible association avec le Covid-19, la Société française de dermatologie (SFD) appelle à la prudence et a lancé un appel à cas, afin de tenir un registre des lésions cutanées associées à l’infection Covid-19.
Ces modifications cutanées peuvent durer une semaine, apparaissent en même temps que d’autres symptômes de la Covid-1932.
Perte de mémoire/confusion
Une confusion importante et une perte de repères sont des symptômes possibles de la Covid-19 notamment des patients hospitalisés, comme le relève Le Figaro le 18 avril 2020. Cette perte de repères est parfois liée au manque d’oxygène dans le sang, mais chez certains malades le niveau de confusion semble être hors de proportion par rapport au niveau d’affection de leurs poumons, toujours selon Le Figaro. Les scientifiques ignorent pour le moment si ces troubles neurologiques sont durables.
Autres symptômes
– Une inflammation des testicules est un autre symptôme possible de la Covid-19, comme le relevait la Mayo Clinic sur son site Internet à la fin avril 2020
– Problèmes de vue. La Covid-19 peut causer des problèmes oculaires tels qu’une hypertrophie des vaisseaux sanguins, des paupières gonflées, un larmoiement excessif et un écoulement accru. L’infection peut également provoquer une sensibilité à la lumière et une irritation. Ces symptômes sont plus fréquents chez les personnes souffrant de symptômes graves de la maladie33.

Durée des symptômes de la Covid-19
Dans la plupart des cas bénins, les symptômes légers comme la fièvre ou la toux persistent pendant quelques jours avant le rétablissement34. Le patient se rétablit en général, en l’absence de complications, environ 1 semaine (parfois moins) après le début des symptômes. Mais de plus en plus de personnes atteintes de la Covid-19, non hospitalisées, estiment que la fièvre et la toux notamment peuvent durer des semaines, ex. jusqu’à 6 semaines35

Complications – Evolution grave
En cas d’évolution grave de la maladie, une difficulté à respirer peut survenir au bout d’une semaine environ, et dans le pire des cas, une pneumonie (voir aussi infographie ci-dessous) avec un syndrome de détresse respiratoire aiguë (lire paragraphe ci-dessous) et affectation d’autres organes et systèmes peut se manifester36. Une pneumonie grave est toujours accompagnée de fièvre (plus de 38°C). Le sepsis est autre une complication possible grave de la Covid-19. Des cas de troubles cardiaques (ex. infarctus) et AVC ont aussi été signalés avec des décès. 
Le manque d’air provient d’une diminution du poumon à oxygéner correctement le sang, c’est un signe typique de pneumonie (voir infographie ci-dessous). Presque toutes les personnes hospitalisées ont des symptômes de pneumonie37
Dans un article du magazine de référence The Economist datant du 6 juin 2020 le nombre de personnes diagnostiquées par la Covid-19 et qui ont besoin d’être hospitalisées était évalué de 10 à 15%, ce qui représenterait moins de 5% de toutes les personnes infectées (car certaines personnes infectées ne sont pas diagnostiquées).

Syndrome de détresse respiratoire aiguë et tempête de cytokines 
Le syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA ou en anglais : Acute Respiratory Distress Syndrome) est une cause majeure de décès chez les patients atteints de la Covid-1938. Le SDRA touche entre 3 et 17% de tous les patients atteints de la Covid-19. Sur la base des informations disponibles, les CDC américaines estiment que 20 à 42% des patients hospitalisés pour la Covid-19 développeront un SDRA. Pour les patients admis en soins intensifs, la fourchette est estimée entre 67% et 85%. Les recherches menées avant la pandémie ont suggéré qu’environ 45 % des patients qui développent un SDRA grave mourront39.
Cytokine storm
On estime que lors de SDRA et chez d’autres patients gravement touchés par la Covid-19, celles-ci sont victimes d’une hyperactivité du système immunitaire appelée tempête de cytokine (cytokine storm en anglais). Les cytokines sont un groupe de molécules de signalisation du système immunitaire. Certaines cytokines ont pour but de recruter des globules blancs jusqu’au site de l’infection, comme ici du virus. Si trop de globules blancs arrivent en même temps, elles peuvent attaquer les propres cellules de l’organisme40. Le tocilizumab, un anticorps monoclonal, pourrait diminuer cette tempête ou attaque de cytokine (lire aussi ci-dessous sous Traitements). 

Personnes sans symptômes (asymptomatiques) 
De 6% à 41% des personnes testées positives à la Covid-19, c’est-à-dire infectées par le virus, ne présentent aucun symptôme, selon un article du Wall Street Journal datant du 10 juin 2020 citant des données de l’OMS. Comme on peut le voir, la fourchette allant de 6% à 41% est large, la valeur d’environ 25% de personnes asymptomatique est parfois avancée par certains médias comme une approximation.   
En juillet 2020, une étude brésilienne a montré que 91% des personnes infectées par la Covid-19 présentaient des symptômes. Cette étude du Ministère de la Santé et de l’Université Fédérale de Pelotas (sud du pays) réalisée sur 2000 personnes positives à ce virus a été divulguée le 3 juillet 2020.

Début juin 2020 il n’était pas encore clair, toujours selon l’article du WSJ du 10 juin 2020, si les personnes asymptomatiques peuvent transmettre le virus de façon significative ou rarement. Autrement dit, si ces personnes peuvent agir comme diffuseurs silencieux (silent spreaders en anglais) ou non. 
La réalisation d’un test sérologique chez des personnes qui ont eu la Covid-19 (confirmation par test PCR) mais qui n’ont pas présenté de symptômes (asymptomatiques) n’est pas vraiment conseillée, car le taux positif aux anticorps IgG est selon des études inférieur à 10%.

Diagnostic & Réponse immunitaire 

Le diagnostic est établi sur la base des antécédents du patient, des symptômes cliniques et surtout par des méthodes de laboratoire avec un test de biologie moléculaire basée sur la PCR (reverse transcriptase polymerase chain reaction) mais aussi sur une détection d’anticorps (prise de sang). Les deux méthodes suivantes permettent de savoir si la personne a été infectée par le virus de la Covid-19. Une 3ème méthode, par détection de production de lymphocytes T, sera peut-être un jour possible, avec mise à disposition pour le grand public. 
1. La méthode par PCR (frottis)
Tout d’abord, un médecin prélève un échantillon des voies respiratoires d’un patient – en général par un frottis au niveau du nez. Notez que l’examen est un peu douloureux. Cet échantillon est préparé puis envoyé en laboratoire où des spécialistes recherchent le matériel génétique du virus à l’aide d’un test appelé PCR (ou RT-PCR). Pour simplifier, une section spécifique du génome du virus est copiée des millions de fois grâce à la PCR. Les copies sont marquées en couleur avec une sonde. Ce marquage en couleur peut ensuite être rendu visible avec des équipements complexes. Si des signaux de couleur correspondants sont présents, l’échantillon est un “échantillon positif”. Dans des conditions idéales, un tel test dure de 3 à 5 heures dans un laboratoire spécialisé. Notez qu’il s’agit bien du matériel génétique du virus qui est recherché et pas les anticorps. La méthode par PCR permet de diagnostiquer les patients actuellement porteurs du virus, et pas ceux l’ayant eu des jours ou semaines avant.

2. La méthode par détection d’anticorps (prise de sang) – test sérologique  
De quoi parle-t-on ?
La méthode sérologique détecte par une simple prise de sang des anticorps endogènes (du propre corps) contre le SRAS-CoV-2, par exemple par la détection d’IgG anti-SARS-CoV-2 ou d’IgM anti-SARS-CoV-2 dans le sang (sérodiagnostic). On parle aussi de test sérologique. Il existe des tests rapides, qui peuvent être effectués en 15 minutes environ en laboratoire.

Comment fonctionne ce test ? 
Lorsque le corps se bat contre un agent pathogène (ex. virus), le système immunitaire produit des anticorps qui sont des protéines qui se lient spécifiquement aux antigènes à la surface des agents pathogènes (ex. virus). Si on utilise une métaphore, l’anticorps est comme une clé qui se fixe à la serrure qu’est l’antigène. Il faut savoir que les anticorps circulent pendant des semaines ou mois dans le corps après l’infection41.
La concentration en IgM anti-SARS-CoV-2et en IgG anti-SARS-CoV-2 dans le sérum est en général estimée en UA/ml. Si la concentration de ces IgM et IgG est supérieure à 1,1 UA/ml, le résultat est positif (réaction positive). Entre 0,9 et 1,0 UA/ml le résultat est indéterminé. En dessous de 0,9 UA/ml le résultat est négatif.  

Qui devrait effectuer ce test ?
Ce test de détection d’anticorps est particulièrement utile pour les personnes qui pensent avoir été infectées mais pour différentes raisons n’ont pas pu effectuer le test par PCR ainsi que pour les personnes qui ont été diagnostiquées positives au test PCR et aimeraient une 2ème confirmation. Dans ce dernier cas, c’est aussi utile pour connaître sa propre réaction immunologique au virus. 
Le test sérologique n’est pas conseillé chez des personnes sans symptôme (lire paragraphe ci-dessous), à cause d’une faible efficacité. 

Quand effectuer ce test ?
Il est conseillé d’effectuer un test sérologique à partir du 10ème jour après les premiers symptômes de la Covid-19, car la sensibilité à la détection d’anticorps est plus grande. La production d’anticorps après avoir attrapé la Covid-19 semble ne pas durer beaucoup de temps, souvent seulement quelques mois, comme l’a relevé une émission de la radio américaine NPR en juillet 2020. La production des anticorps a lieu 1 à 3 semaines après l’infection, selon les Centers for Disease Control and Prevention américains42
Il faut savoir que le corps commence à produire des anticorps neutralisant du virus comme les Iga ou IgM environ 10 à 15 jours après l’apparition des premiers symptômes de la maladie, comme le relève l’édition du 2 mai 2020 de The Economist, citant une étude chinoise de Shanghai. Mais certaines personnes infectées par la Covid-19 ne produisent pas d’anticorps, ou en tout cas n’arrivent pas à être détectés dans le sang. Les lymphocytes T qu’on qualifie en français d’immunologie cellulaire, en plus des anticorps produits par les lymphocytes B, contribuent aussi à la défense immunitaire contre la Covid-19.

Le test est-il efficace 3 mois ou plus après les premiers symptômes ?
Selon une étude chinoise publiée dans la revue Nature Medicine (DOI : 10.1038/s41591-020-0965-6) le 18 juin 2020, le niveau d’anticorps trouvé chez des patients chinois atteints par le virus de la Covid-19 a diminué rapidement 2 à 3 mois après l’infection autant chez des patients symptomatiques que sans symptômes (asymptomatiques). Cela signifie que chez des personnes atteintes due la Covid-19 qui ont effectué le test par exemple 3 mois après la première infection, il est possible qu’aucun anticorps ne soit détecté ou de façon non réactive. L’étude a été réalisée en Chine sur 37 personnes sans symptômes et 37 personnes avec des symptômes modérés à la Covid-19, tous les participants ont été testés positifs à la Covid-19 par un test PCR. Les anticorps IgG (produits dans la phase tardive) ont notamment été mesurés dans ce travail de recherche. Cette étude remet en doute la possibilité d’une immunité contre la Covid-19, notamment le développement d’un éventuel vaccin véritablement efficace. Cela montre aussi que les personnes qui ont souffert par le passé de la Covid-19 ne sont pas forcément immunisées contre une nouvelle infection.

Risque d’imprécision (faux positif et faux négatif)
Beaucoup de tests sérologiques, basés sur une recherche d’anticorps, peuvent s’avérer imprécis.
Par exemple ils pourraient détecter des anticorps comme les IgG, IgA et IgM provenant de coronavirus à l’origine du refroidissement ou rhume (ex. coronavirus HKU1, NL63, OC43 ou 229E), d’autres maladies infectieuses ou d’un vaccin et pas du SRAS-CoV-2. Dans ce cas on parle de faux-positif. Cette situation n’est toutefois pas très fréquente. Mais c’est pourquoi aussi la FDA, l’agence américaine d’enregistrement des médicaments, mettait en garde contre certains tests sérologiques, comme l’a informé CNN le 15 avril 2020.
Des faux négatifs sont aussi possibles. Cela signifie qu’un résultat négatif du test sérologique ne peut pas exclure la maladie ou une exposition par le passé au virus.

Personnes sans symptômes
La réalisation d’un test sérologique chez des personnes qui ont eu la Covid-19 (confirmation par test PCR) mais qui n’ont pas présenté de symptômes (asymptomatiques) n’est pas vraiment conseillée, car le taux positif aux anticorps IgG est selon des études inférieur à 10%. Pour rappel, les anticorps IgG sont ceux pouvant garantir une éventuelle immunité à la Covid-19. À la différence des IgM et IgA qui apparaissent dans la phase aiguë et souvent en même temps les IgG sont produits après la phase aiguë, c’est-à-dire dans la phase tardive (souvent des semaines ou mois après les premiers symptômes). 

3.  Réponse immunitaire par les lymphocytes T (dans la réponse immunitaire adaptative)
En plus d’une réponse par production d’anticorps, l’organisme dispose aussi de lymphocytes T. Selon nos informations, en juillet 2020, il n’était pas possible en tout cas à grande échelle de mesurer ou d’évaluer ces lymphocytes T dans le sang. En effet, la réponse immunitaire par lymphocytes T repose sur le fait que lorsque le virus rentre dans l’organisme il est absorbé par certaines cellules et notamment les phagocytes. Un fragment du virus appelé antigène est présenté à la surface de la cellule. Cela attire ensuite les lymphocytes T qui viennent se fixer à la cellule présentant l’antigène. Les lymphocytes T déclenchent ensuite une inflammation avec production de cytokines et perforines indiquant que l’organisme doit lutter contre une attaque (ici virale). Les cytokines et perforines ont aussi comme objectif de tuer les cellules infectées par les virus. Il y a aussi une stimulation de lymphocytes B qui produisent des anticorps. Cela signifie que cette défense immunitaire par lymphocytes T peut aussi mener à la production d’anticorps, même si de façon plus indirecte.
Lymphocytes T mémoire
Il existe dans l’organisme des millions de lymphocytes T dits naïfs (naive en anglais) qui circulent prêts à rencontrer l’agent infectieux comme un virus et se dédier par la suite à lutter contre lui. Ensuite, lorsque ces lymphocytes rencontrent une nouvelle fois l’agent infectieux, ils sont prêts à le détruire. Cela signifie que les cellules mémoire sont capables de réagir plus rapidement en cas d’une deuxième exposition. Ces lymphocytes T portent le nom de lymphocytes T mémoire. Ils appartiennent à la réponse immunitaire adaptative (lire ci-dessus pour plus d’informations à ce sujet). 

Covid-19 : les lymphocytes T pourraient amplifier l’immunité, en plus des anticorps (étude)

Diagnostic de la pneumonie
Le diagnostic d’une pneumonie provoquée par la Covid-19 s’effectue notamment par un CT-scan, une radiographie spécifique par scanner des poumons. Le médecin peut aussi mesurer la quantité d’oxygène dans le sang (oxymétrie – lire ci-dessous ou gazométrie) et faire une prise de sang. La fièvre devrait aussi être mesurée. 

Photo ci-dessous : tomographie thoracique montrant les changements pulmonaires observés chez les patients atteints de la Covid-19 (crédit photo : Elnara Negri, Sao Paulo, Brésil, mai 2020) 

Oxymètre de pouls
– Aux Etats-Unis, une personne diagnostiquée à la Covid-19 devrait avoir chez lui un oxymètre de pouls (à placer sur le doigts comme une petite pince) notamment pendant les deux premières semaines de la maladie, c’est-à-dire depuis l’apparition des premiers symptômes, c’est en tout cas l’avis d’un médecin américain. En cas de valeurs basses du taux d’oxygène consultez un médecin ou rendez-vous aux urgences (ou téléphonez aux urgences). Ces recommandations proviennent d’un médecin urgentiste américain, Dr Richard Levitan, qui a écrit un article pour le New York Times en avril 2020. Un oxymètre mesure la saturation « pulsée » en oxygène ou SpO2, c’est une estimation de la quantité d’oxygène dans le sang. Les valeurs normales de SpO2 sont situées entre 90 et 100%43, mais une valeur inférieure à 95% peut indiquer un problème d’oxygénation. En particulier, une concentration de 92% ou moins indique la possibilité d’un certain changement dans le transport de l’oxygène par le corps. Si la mesure indique un pourcentage égal ou inférieur à 89%, le manque d’oxygénation est considéré comme grave44.
Le journaliste star de CNN, Andrew Cuomo (frère du gouverneur de New York du même nom de famille), qui a souffert de Covid-19 fin mars et début avril 2020 expliquait dans des émissions en direct sur CNN qu’il consultait régulièrement (plusieurs fois par jour) les valeurs de SpO2 sur son oxymètre de pouls. 
Attention, les oxymètres de pouls vendus notamment en pharmacie peuvent avoir une marge d’erreur de +/- 2%45. Il faut aussi noter qu’une personne peut être à risque en ayant une difficulté à respirer et être à risque de Covid-19 et nécessite une hospitalisation avec une SpO2 supérieure à 95%. C’est pourquoi ces appareils doivent être utilisés avec une certaine reserve. 
– En France, en tout cas en mars 2020, les autorités de santé ne conseillaient pas d’utiliser un oxymètre de pouls chez soi pour la population générale, car les données sont parfois difficiles à interpréter (un travail réservé  professionnels de la santé ou des soins). 

Complications à long terme

Les complications à long terme ne sont pas encore entièrement connues. Il semble qu’il existe des différences en fonction des symptômes (légers, modérés ou graves). 
Il s’agira notamment de contrôler les fonctions cardiaques (ex. ECG, y compris ECG à l’effort, mesure troponines) et rénales (différents tests). Des examens des poumons (scanner notamment) peuvent aussi s’avérer utiles, notamment lors de pneumonie.

Risques cardiaques chez les sportifs notamment
Un suivi plusieurs mois après les premiers symptômes, notamment jusqu’à 6 mois après les signes de la Covid-19 au niveau des fonctions cardiaques peut s’avérer nécessaire46. Car on sait que la Covid-19 peut mener à des maladies cardiaques, notamment chez les sportifs. La reprise du sport après la Covid-19 doit se faire en accord avec le médecin.  

Syndrome de fatigue chronique (SFC)
mal de tête fatigueDes patients ayant souffert de Covid-19 pourraient souffrir de syndrome de fatigue chronique (SFC) des mois après l’apparition des premiers symptômes du coronavirus, comme l’a relevé un article du Wall Street Journal datant du 1er juillet 2020. Le SFC est une maladie complexe pouvant être provoquée par des virus comme celui à l’origine de la mononucléose. Les femmes sont plus à risque de développer un SFC que les hommes. Le syndrome de fatigue chronique se caractérise notamment par une fatigue extrême, des maux de tête (d’un nouveau type, différent que d’habitude), des difficultés de concentration et des douleurs musculaires.

Traitements (médicaments)

Coronavirus à Wuhan (Chine)Il n’existe actuellement aucun vaccin pour prévenir l’apparition de la Covid-19. Pour le moment et dans la pratique, le patient est mis en quarantaine et les mesures mises en place visent surtout à soulager les symptômes en attendant que la maladie se résorbe d’elle-même. Le traitement symptomatique, qui soigne les symptômes, est conditionné par l’état clinique du patient.
Il faut cependant signaler qu’une prise en charge rapide des cas graves offre une meilleure chance de rétablissement. 

Fièvre
symptôme hépatite APour abaisser la fièvre, le traitement recommandé est le paracétamol
Il faut savoir que les anti-inflammatoires comme l’ibuprofène ne sont en général pas recommandés contre l’infection au nouveau coronavirus Covid-19, car ils pourraient être un facteur d’aggravation de l’infection Covid-19, comme l’a relevé le Ministre de la Santé français Olivier Véran sur son compte Twitter le 14 mars 2020. Le Ministre relève qu’en cas de fièvre, il faut prendre du paracétamol. Si une personne est déjà sous anti-inflammatoires ou en cas de doute, il faut demander conseil à son médecin.  

Toux
Contre la toux grasse, l’acétylcystéine (dosage 600 mg par jour pour un adulte) peut aider à fluidifier les sécrétions, notamment avec des glaires. Après plusieurs semaines de la Covid-19, le médecin peut dans certains cas prescrire d’autres médicaments pour lutter contre la toux comme de la cortisone en prise interne. 

Traitements possibles – Médicaments contre la Covid-19
Dexaméthasone (résumé de l’effet : efficace – mis à jour le 20.06.2020)
Le dexaméthasone, utilisé en off-label, réduirait la mortalité de 30% chez les malades les plus gravement atteints par la Covid-19, selon les premiers résultats d’une étude anglaise publiée le 16 juin 2020 et réalisée notamment par l’Université d’Oxford dans le cadre de l’étude RECOVERY (le lien fonctionnait le 16 juin 2020). Dans l’étude RECOVERY, les scientifiques étudient la pertinence de divers médicaments déjà approuvés comme remède contre la Covid-19. Plus de 11’500 patients de plus de 175 hôpitaux du Royaume-Uni auraient participé à l’étude. La partie de l’étude consacrée au dexaméthasone a inclus un total de 2104 patients qui ont reçu 6 mg de dexaméthasone une fois par jour pendant dix jours. 4321 patients ont servi de groupe témoin. La mortalité après 28 jours était la plus élevée parmi les patients sous respiration artificielle. Il était de 41% sans traitement à la dexaméthasone. Dans le groupe expérimental (avec dexaméthasone), il a diminué d’un tiers. Chez les patients qui ont reçu de l’oxygène mais qui n’ont pas été ventilés artificiellement, il a chuté d’un cinquième. Le traitement n’a eu aucun effet sur les patients qui n’avaient pas du tout besoin d’oxygène. 
Remdesivir (résumé de l’effet : efficace dans certains cas notamment pour réduire la durée d’hospitalisation et la mortalité, d’autres études nécessaires – mis à jour le 11.07.2020)
La molécule remdesivir, un médicament antiviral, est utilisé actuellement en Chine et dans d’autres pays dans des essais cliniques contre la Covid-19. Ce médicament possède un large spectre d’activité et est efficace contre divers coronavirus et les virus Ebola, entre autres. Le remdesivir est un promédicament d’un principe actif qui est métabolisé dans l’organisme en triphosphate et qui inhibe la synthèse de l’ARN viral en bloquant l’ARN polymérase dépendante à l’ARN et par conséquent la réplication virale47. Le médicament est administré sous forme de perfusion intraveineuse. Il est commercialisé par le laboratoire pharmaceutique américain Gilead Sciences qui a développé la molécule pour l’épidémie d’Ebola survenue en Afrique de l’ouest en 2014.  La Food and Drug Administration (FDA) américaine a délivré le vendredi 1er mai 2020 une autorisation d’urgence (en anglais emergency approval) pour le médicament antiviral remdesivir en tant que traitement pour les patients atteints de la Covid-19, comme le relevait notamment le New York Times le 1er mai 2020. Le remdesivir est disponible dans les hôpitaux américains pour les cas sévères de la maladie. Selon le Wall Street Journal du 2 mai 2020, 1,5 millions de doses ont été données gratuitement par Gilead (le fabriquant) aux hôpitaux américains. 
Selon la société pharmaceutique Gilead qui communiquait à ce sujet le vendredi 10 juillet 2020 lors d’un congrès online sur le Sida, le taux de mortalité des patients atteints de la forme grave de Covid-19 était de 12,5% au 14e jour après le traitement par le remdesivir. Si les patients étaient traités en plus avec le remdesivir, seulement 7,6% d’entre eux mourraient. En tenant compte de ces chiffres et d’autres facteurs liés aux patients, Gilead arrive alors à la réduction de 62% du risque de mortalité résultant du médicament.
Etude publiée en partie le 29 avril 2020
Le 29 avril 2020, Trump et son équipe de conseillers scientifiques ont mentionné une étude sérieuse (double-aveugle, etc) concernant le remdesivir diminuant la durée des symptômes graves chez des personnes hospitalisées de 15 jours à 11 jours, il y aurait aussi une diminution de la mortalité (mais l’étude n’a pas été construite pour cela), comme l’a informé CNN le 29 avril 2020. Autrement dit, le temps de récupération diminue de 4 jours. Pour être précis c’est le Dr Anthony Fauci, médecin immunologiste de référence mondiale et conseiller de Trump, qui a annoncé cette nouvelle positive. Il compare même le remdesivir à l’arrivée de l’AZT contre le VIH il y a 34 ans. Selon le Dr Fauci c’est la preuve qu’un médicament peut contenir ou agir sur le virus. Le 29 avril 2020, l’étude n’avait toutefois pas encore été publiée dans une revue scientifique de référence. Au total 1063 patients ont participé à cette étude et plusieurs équipes de chercheurs à travers le monde (Etats-Unis, Europe et Asie). L’essai a duré du 21 février au 19 avril 2020. Un autre résultat intéressant en plus de diminuer le temps de récupération à l’hôpital de 15 jours à 11 jours est la diminution du taux de mortalité, 8% des patients qui ont pris le médicament sont morts contre 11,6% qui ont pris un placebo. 

Hydroxychloroquine (résumé de l’effet : inexistant autant en prévention qu’en traitement, selon les dernières études publiées – fin juillet 2020 une vaste étude brésilienne a montré la non efficacité de l’hydroxychloroquine autant en prévention qu’en traitement – le puissant journal conservateur The Wall Street Journal, plutôt proche de Donald Trump, estimait dans un article publié le 1er août 2020 que l’hydroxychloroquine n’avait aucun effet contre la Covid-19  – mis à jour le 01.08.2020)
Pour certains scientifiques et même politiciens l’hydroxychloroquine (un dérivé de la chloroquine, utilisé contre le paludisme) pourrait avoir un effet positif chez des patients atteints de la Covid-19, cette molécule semble abaisser la charge virale48. Plusieurs études cliniques sont toujours en cours en juin 2020.
Le 31 mars 2020 au soir, sur France Info, le médecin et ancien ministre de la santé français Philippe Douste-Blazy avait expliqué qu’une étude publiée en Chine le 31 mars 2020 avait montré l’efficacité de l’hydroxychloroquine chez des patients graves atteints de la Covid-19, la prise doit toutefois être effectuée le plus tôt possible après l’apparition des premiers symptômes, attention à ne jamais prendre ce médicament potentiellement dangereux pour le coeur à cause d’éventuels risques d’arythmies en automédication. Seulement un médecin peut prescrire l’hydroxychloroquine. 
Mais plusieurs études sont aussi critiques contre cette molécule, par exemple une étude publiée au Brésil le 7 avril 2020 utilisant l’hydroxychloroquine et portant sur 80 patients n’avait pas montré un effet statistiquement positif de l’hydroxychloroquine, comme le relève le principal d’information du Brésil Uol.com.br (rattaché à la Folha de S. Paulo). 
Selon le Dr Derek Lowe, une référence scientifique aux Etats-Unis, trois études publiées à la mi-avril 2020 soit deux en Chine et une en France n’ont pas montré une efficacité ou bénéfice de l’hydroxychloroquine49.
Etude publiée dans The Lancet le 22 mai 2020 (attention, étude remise en cause début juin 2020 par The Lancet, fait plutôt rare)
L’hydroxychloroquine (ou la chloroquine) a été jugée inefficace pour traiter des patients hospitalisés de la Covid-19. Ces deux molécules augmentent même le risque de décès et d’arythmie cardiaque. Cette vaste étude portant sur environ 15’000 malades de la Covid-19 a été publiée le 22 mai 2020 dans la  prestigieuse revue scientifique The Lancet (DOI : 10.1016/S0140-6736(20)31180-6). Les chercheurs estiment qu’ils n’ont pas été en mesure de confirmer un bénéfice de l’hydroxychloroquine ou de la chloroquine, lorsqu’elles sont utilisées seules ou avec un antibiotique de la famille des macrolides comme l’azithromycine, sur des patients hospitalités de la Covid-19. Chacun des schémas thérapeutiques, par exemple hydroxychloroquine seule, chloroquine seule ou en association avec un antibiotique, a été associé à une diminution de la survie à l’hôpital et à une augmentation de la fréquence des arythmies ventriculaires quand utilisés contre la Covid-19. Les résultats de cette étude mènent logiquement à déconseiller l’utilisation de l’hydroxychloroquine ou la chloroquine en thérapie, c’est-à-dire lorsque les patients présentent des symptômes de la Covid-19. 
Etude pour une prise en prévention (prophylaxie) 
Une étude américaine publiée le 3 juin 2020 est arrivée à la conclusion que l’hydroxychloroquine – un médicament développé à l’origine contre la malaria – ne protège pas les personnes en contact avec celles infectées par le SARS-CoV-2 (le virus à l’origine de la Covid-19). Autrement dit, ce médicament ne semble pas avoir d’effet préventif en tout cas chez des personnes jeunes et en bonne santé. Les scientifiques ont publié leur étude le 3 juin 2020 dans le journal The New England Journal of Medicine (DOI : 10.1056/NEJMoa2016638). 
Ivermectine (résumé de l’effet : trop peu d’études pour y voir clair effet plutôt défavorable – mis à jour le 01.08.2020)
L’ivermectine en usage interne (ex. comprimé), un médicament indiqué en France notamment contre la gale, pourrait être efficace lors de Covid-19. In vitro l’ivermectine abaisse de façon très significative la quantité de virus. Des études sont en court pour évaluer l’intérêt d’utiliser de l’ivermectine chez des patients atteints de Covid-1950. En Suisse, il n’existait en avril 2020 aucune préparation sur le marché en usage interne (ex. comprimé) en vente à usage humain (non vétérinaire) à base d’ivermectine.
– Le lopinavir et le ritonavir, ces médicaments à l’origine indiqués pour traiter le VIH/Sida ont été utilisés pour l’infection par la Covid-19. Le 1er août 2020, un article du Wall Street Journal estimait que ces deux médicaments n’avaient pas montré de l’efficacité contre la Covid-19. 
– La méfloquine (Lariam®, médicaments génériques). Comme le relève le site suisse Pharmawiki.ch le 30 mars 2020, l’antipaludique méfloquine (Lariam®, médicaments génériques) est utilisé en Russie pour le traitement de la Covid-19 comme le relève certains médias. La méfloquine n’est pas un médicament sans effets secondaires, en effet il a une longue demi-vie et peut provoquer des troubles centraux et psychiatriques.
– Dans un article du journal italien La Repubblica, publié le 28 mars 2020, la vitamine D pourrait jouer un rôle favorable en cas de Covid-19 notamment chez les patients à risque de complications. La vitamine D est considérée davantage comme une hormone qu’une vitamine par la communauté scientifique, il est encore trop tôt pour savoir si la vitamine D joue un rôle favorable ou non en cas de Covid-19, car aucune étude clinique n’a pour le moment été publiée.
Une autre étude publiée en mai 2020 (plus d’informations ici) montre un lien important, même si pas forcément causal, entre un taux moyen bas de vitamine D comme en Espagne ou Italie et un taux de mortalité élevé de la Covid-19. 
– Le tabac avec la nicotine ou d’autres substances de la fumée de cigarette pourraient diminuer les cas graves de la Covid-19. En effet, à Paris à l’hôpital Pitié-Salpêtrière entre le 28 février et le 9 avril 2020 seulement 5% des 482 patients hospitalisés pour Covid-19 étaient des fumeurs. On sait qu’environ 25% des Français fument. Des études sont donc en cours pour mieux connaître les éventuels effets protecteurs de la fumée de tabac ou de la nicotine. Ces effets protecteurs pourraient notamment agir sur la diminution de la tempête de cytokine (lire sous Symptômes ci-dessus) ou la nicotine pourrait se lier au récepteur ACE2 (voir infographie ci-dessus)51
– Le tocilizumab, un anticorps monoclonal, pourrait diminuer la quantité de cytokines lors d’une réaction inflammatoire excessive, indiqué lors de tempête de cytokines (cytokine storm). Une étude publiée dans le European Journal of Internal Medicine publiée en mai 2020, comme le relève le Wall Street Journal le 7 juin 2020, a découvert que 2 patients sur 62 recevant du tocilizumab sont morts contre 11 sur 23 morts dans un groupe ne recevant pas ce médicament mais avec des caractéristiques similaires. D’autres études sont encore nécessaire pour confirmer ou infirmer ces résultats, toujours selon le WSJ du 7 juin 2020. Le 1er août 2020, le WSJ toujours, mentionnait que le tocilizumab était utilisé en Italie chez des patients en état grave pour prévenir l’utilisation de respiration mécanique. Début août 2020, il n’existait pas de preuve de l’efficacité scientifique du tocilizumab contre la Covid-19. 

Vaccin Covid-19
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Risque d’intubation (réduction du risque)
Aux urgences et notamment soins intensifs positionner le patient sur le côté ou sur le ventre (la masse pulmonaire est principalement dans le dos et pas la poitrine) peut diminuer le risque pour un patient Covid-19 d’être intubé, comme l’expliquait le médecin urgentiste américain Dr Richard Levitan dans un article écrit dans le New York Times en avril 2020.

Temps de récupération :
Il faut parfois plusieurs semaines pour se remettre complètement de la maladie causée par le nouveau coronavirus (Covid-19), a déclaré le Dr Mike Ryan, directeur exécutif du Programme d’urgence sanitaire de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), lors d’une réunion d’information le lundi 9 mars 202052. La fatigue semble un symptôme fréquent qui perdure chez des personnes ayant souffert de la Covid-19. La toux peut aussi se manifester dans certains cas jusqu’à au moins 21 jours après le début des premiers symptômes.  
Lire aussi : Interview exclusive de Creapharma.ch avec le spécialiste en gériatrie Dr Christophe Graf qui fait face à la Covid-19 (07.05.2020)

Prévention

7 règles d’hygiène et de conduite à suivre : 
– Se laver soigneusement les mains notamment avec du savon (le savon tue les virus de la Covid-19 en 20 secondes, car les virus ont une enveloppe lipidique qui est rapidement détruite par les molécules du savon). Lire aussi : 6 infos essentielles à savoir sur le lavage des mains
– Tousser et éternuer dans un mouchoir ou dans le creux du coude
– En cas de fièvre et de toux, rester à la maison
– Jeter les mouchoirs usagés dans une poubelle fermée
– Éviter les poignées de mains
– Toujours téléphoner avant d’aller chez le médecin ou aux urgences
– Portez un masque dans l’espace publique, en l’absence de masque couvrez votre visage avec un tissu (ex. foulard, écharpe) 

Masques de protection respiratoire (masques chirurgicaux) 
Le port de masque chirurgical (masques de protection respiratoire) est recommandé pour les personnes infectées et pour le personnel soignant afin de limiter la propagation du virus notamment lors de toux ou d’éternuement. Mais pour les personnes qui ne sont pas encore malades – c’est-à-dire l’immense majorité, le port d’un masque ne constitue pour le moment pas une recommandation des autorités sanitaires, comme le relèvent de nombreux médias à travers le monde. Cela dit, les autorités américaines recommandent depuis le 3 avril 2020 le port du masque chirurgical ou une protection par un habit (ex. écharpe) pour l’ensemble de la population, la raison est que beaucoup de personnes sont porteuses du virus mais ne présentent aucun symptôme. Par cette mesure de port du masque généralisé, les spécialistes espèrent une diminution des contaminations. 
Les masques de protection respiratoire offrent une protection supérieure aux masques d’hygiène comme ceux en papier (en anglais paper masks). Les masques de protection respiratoire correspondent à la norme européenne EN 149. Ils sont répartis en trois classes de protection (FFP1, FFP2, FFP3). Ces masques sont humides après environ 8 heures et doivent alors être changés53. Les masques FFP2 (ou FFP3) avec un très haut niveau de filtration sont les plus efficaces contre le coronavirus Covid-1954
Aux Etats-Unis, les masques FFP2 ou FFP3 sont appelés N95 (davantage d’informations ci-dessous). FFP signifie “filtering face piece”, il s’agit d’un standard de l’Union Européenne (EN standard 149:2001). Pour être précis, un masque N95 signifie qu’il est capable d’enlever 95% de toutes les particules qui ont un diamètre de 0,3 microns ou plus. Un masque FFP1 enlève 80% des particules qui ont un diamètre de 0,3 microns ou plus, un FFP2 enlève 94%, un FFP3 enlève 99% et un N100 99.97%55

où courir– Pratiquez régulièrement de l’exercice physique.
En effet, l’exercice régulier peut réduire le risque de syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA ou en anglais : acute respiratory distress syndrome), une cause majeure de décès chez les patients atteints de la Covid-19 (lire davantage ci-dessous sous Symptômes), selon une étude publiée le 15 avril 2020 dans le journal scientifique Redox Biology (DOI : 10.1016/j.redox.2020.101508). Le Dr Zhen Yan qui a dirigé cette étude invite les gens à faire de l’exercice sur la base de ses conclusions, qui suggèrent également une approche thérapeutique potentielle. Son étude a montré a montré que les résultats de la recherche médicale “soutiennent fortement” la possibilité que l’exercice puisse prévenir ou au moins réduire la gravité du SDRA. Les découvertes sur une enzyme antioxydante endogène fournissent des indices importants et ont interrogé les chercheurs pour développer une nouvelle thérapie pour le SDRA causé par Covid-19. Un antioxydant connu sous le nom de “superoxyde dismutase extracellulaire” (EcSOD) ou en anglais “extracellular superoxide dismutase” serait à l’origine de cet effet protecteur. Ce puissant antioxydant chasse les radicaux libres nocifs, protégeant ainsi nos tissus et aidant à prévenir les maladies. Nos muscles fabriquent naturellement l’EcSOD, la sécrétant dans la circulation pour permettre sa liaison à d’autres organes vitaux, mais sa production est renforcée par l’exercice cardiovasculaire. Les recherches suggèrent que même une seule séance d’exercice augmente la production de l’antioxydant.
Cela pourrait expliquer pourquoi environ 80% des patients atteints de Covid-19 ont des symptômes modérés sans avoir besoin d’aide respiratoire. Des médicaments ou traitements pourraient aussi un jour être développés, comme une thérapie génique, par exemple, pourrait un jour être utilisée pour augmenter la production de cet antioxydant afin que sa présence protectrice dans les poumons soit renforcée chez les patients luttant contre la Covid-19. 

Bons conseils (lors de maladie)

Respiration : 
– Si possible, avec les conseils de votre médecin, effectuez des exercices de respiration.  

Eviter le sport :
– Pendant la phase symptomatique de la Covid-19, il faut éviter de faire des exercices trop intenses ou du sport56. Un exercice intense peut augmenter la réplication virale avec un risque plus élevé d’inflammation et de nécrose cellulaire. Comme on l’a vu dans la rubrique Complications ci-dessus, il existe aussi un risque de développer des maladies cardiaques (ex. arythmie cardiaque) après avoir souffert de Covid-19. La reprise du sport ou d’exercice intense doit donc être effectuée progressivement et en accord avec le médecin.  

Toux grasse et glaires :
Citron Informations intéressantes– Pour limiter la formation de mucus gras ou épais avec notamment des glaires dans la phase de toux productive (grasse) de la Covid-19, il est conseillé de limiter certains aliments comme les produits laitiers, les féculents et certains fruits comme les bananes qui augmentent l’épaisseur du mucus. La prise de piment, pas trop fort, ou de citron peut au contraire permettre de mieux fluidifier les glaires. Buvez par exemple régulièrement une tisane de thym (ou camomille) avec du miel et surtout du citron.  

News, FAQ & Ressources : 
News : 
Covid-19 : les lymphocytes T pourraient amplifier l’immunité, en plus des anticorps (étude)
6 infos essentielles à savoir sur le lavage des mains
Covid-19 chez les enfants : la première manifestation pourrait être des symptômes gastro-intestinaux
Covid-19 : la vitamine D serait liée à un faible taux de mortalité virale (étude)
Interview avec le spécialiste en gériatrie Dr Christophe Graf qui fait face à la Covid-19
Comment gérer le stress dû à la pandémie ?
Le port de masques chirurgicaux en public pourrait contribuer à ralentir la progression de la pandémie de Covid-19

Questions fréquentes (FAQ) : 
Découvrez les questions fréquentes de l’OMS sur la Covid-19
Découvrez aussi plus de 20 questions fréquentes sur la Covid-19
Participez à notre quiz pour tester vos connaissances sur la maladie

Ressources :
Vaccination contre la Covid-19

Etudes actuelles :
Découvrez sur le site de bioXriv des milliers d’études en preprint sur la Covid-19 (c’est-à-dire des études qui n’ont pas encore été publiées en peer-reviewed)

Sources & Références :
Sources :
The New York Times (plusieurs éditions et articles), CBSNews, Pharmavista.net, Office Fédéral de la Santé Publique (OFSP), Keystone-ATS, OMS, Folha de S.Paulo, Pharmawiki.ch, Le Figaro, NZZ (online), CNN.com (nombreuses éditions, ex. ici, TV CNN), AFP, France 24, France 2 (Journal TV), France-Info, The Economist, Université Johns Hopkins, Delboni Auriemo (laboratoire d’analyse), Emission “C dans l’air” de France 5 du 30 juin 2020, magazine Superinteressante (juillet 2020), EPFL (cours sur l’immunologie via la plateforme Edx.org). 
Références scientifiques : 
Redox Biology (DOI : 10.1016/j.redox.2020.101508), Frontiers in Pediatrics (DOI : 10.3389/fped.2020.00258), The New England Journal of Medicine (DOI : 10.1056/NEJMoa2016638)

Personnes responsables et impliquées dans l’écriture de ce dossier :
Xavier Gruffat (Pharmacien et Rédacteur en chef de Creapharma), Seheno Harinjato (Rédactrice chez Creapharma.ch, responsable des infographies)

Crédits photos :
Adobe Stock, © 2020 Pixabay, Creapharma.ch

Infographies : 
Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch)

Date de dernière mise à jour : 
11.08.2020 (par XG)

Comment traduit-on le Coronavirus (Covid-19) dans d’autres langues ?
  • Anglais : Coronavirus (COVID-19, Covid-19, covid-19)
  • Allemand : Coronavirus (Covid-19)
  • Italien : coronavirus (Covid-19)

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Notes de bas de page et références :

  1. Magazine allemand FOCUS paru en février 2020, édition no 6/2020
  2. Folha de S.Paulo du 7 juin 2020
  3. Estadão du 4 juillet 2020
  4. CNN.com, le 30 mars 2020
  5. « China confirms people-to-people transmission of new coronavirus (state media) », sur France 24, 20 janvier 2020(consulté le 20 janvier 2020)-lien trouvé sur Wikipedia.org en français
  6. Le Figaro, édition online du 4 avril 2020
  7. Hui D.S. et al. The continuing 2019-nCoV epidemic threat of novel coronaviruses to global health – The latest 2019 novel coronavirus outbreak in Wuhan, China. Int J Infect Dis, 2020, 91, 264-266 Pubmed
  8. Pharmawiki.ch, consulté le 27 mars 2020
  9. The Economist du 6 juin 2020
  10. Pharmawiki.ch, site en allemand consulté le 7 mars 2020
  11. Cours de l’EPFL, Suisse : Introduction à l’immunologie: aspects fondamentaux, cours online accédé le 8 août 2020
  12. Folha de S.Paulo du 1er août 2020, se basant sur un article du Wall Street Journal
  13. Folha de S.Paulo du 1er août 2020, se basant sur un article du Wall Street Journal
  14. The Economist du 6 juin 2020
  15. Folha de S.Paulo du 1er août 2020, se basant sur un article du Wall Street Journal
  16. Folha de S.Paulo du 1er août 2020, se basant sur un article du Wall Street Journal
  17. Folha de S.Paulo du 1er août 2020, se basant sur un article du Wall Street Journal
  18. NZZ, 5 août 2020
  19. Site Internet de l’Office Fédéral de la Santé (OFSP) suisse – le lien marchait le 30 janvier 2020, consulté le 30 janvier 2020
  20. Keystone-ATS, agence de presse suisse, 4 avril 2020
  21. Folha de S.Paulo, 1er août 2020, reprise d’une news sur Wall Street Journal
  22. Folha de S.Paulo, édition du 2 mai 2020, autres médias de références
  23. Site Internet de l’Office Fédéral de la Santé (OFSP) suisse – le lien marchait le 30 janvier 2020, consulté le 30 janvier 2020
  24. Pharmavista.net, article du 17.04.2020
  25. The Wall Street Journal, édition du 6 mars 2020
  26. Obs (France), 21 mars 2020
  27. Mayo Clinic, article du 29 juin 2020
  28. Obs (France), 21 mars 2020
  29. Pharmavista.net, article du 17.04.2020
  30. Mayo Clinic, article du 29 juin 2020
  31. The Economist du 6 juin 2020
  32. Mayo Clinic, article du 29 juin 2020
  33. Mayo Clinic, article du 29 juin 2020
  34. Site Internet de l’Office Fédéral de la Santé (OFSP) suisse – le lien marchait le 30 janvier 2020, consulté le 30 janvier 2020
  35. TV CNN le 16 avril 2020, sources internes de Xavier Gruffat, rédacteurs en chef de Creapharma.ch
  36. Site Internet de l’Office Fédéral de la Santé (OFSP) suisse – le lien marchait le 30 janvier 2020, consulté le 30 janvier 2020
  37. The Economist du 6 juin 2020
  38. Etude publiée le 16 avril 2020 dans le journal scientifique Redox Biology (DOI : 10.1016/j.redox.2020.101508)
  39. Etude publiée le 16 avril 2020 dans le journal scientifique Redox Biology (DOI : 10.1016/j.redox.2020.101508)
  40. The Economist, édition du 2 mai 2020
  41. The Wall Street Journal, édition du 2 avr il 2020
  42. The Wall Street Journal, 09.07.2020
  43. Site support de Withings Pulse, accédé le 23.04.2020
  44. Folha de S.Paulo, journal brésilien de référence, 24.04.2020
  45. Folha de S.Paulo, journal brésilien de référence, 24.04.2020
  46. Medical Tribune, Suisse, 15.06.2020
  47. Pharmawiki.ch, consulté le 8 février 2020, Folha de S.Paulo, édition d’avril 2020
  48. Journal allemand Handesblatt, interview avec le PDG de Bayer, journal papier du 2 avril 2020
  49. Folha de S.Paulo, journal imprimé du 20.04.2020
  50. Le Figaro, article paru le 27 avril 2020 – Dossier complet sur la Covid-19 du site Pharmawiki.ch
  51. The Economist, édition du 2 mai 2020
  52. CNN.com, site consulté le 9 mars 2020
  53. Pharmavista.net, site consulté le 28 janvier 2020
  54. Journal de France 2 du 25 février 2020
  55. Site internet Fast Life Hack, consulté le 28 février 2020
  56. Medical Tribune, Suisse, 15.06.2020

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Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 11.08.2020