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Vaccination contre la Covid-19 (projets de vaccins)





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Etat de la vaccination
Fin juillet 2020, il n’existe aucun vaccin contre la Covid-19 disponible sur le marché. Mais plusieurs institutions et entreprises (industrie pharmaceutique) dans le monde travaillent d’arrache-pied pour en développer un, peut-être disponible déjà en 2020 ou en 2021 (plus probable). Il faut en effet plusieurs mois voire plusieurs années pour élaborer un vaccin. Selon l’OMS, début août 2020 il existait 164 projets de vaccin en phase de développement dans le monde, 25 étaient en phase clinique et 139 en phase pré-clinique.
Vision optimiste
Certains estiment qu’il n’y aura pas un seul vaccin disponible sur le marché, mais plusieurs, pour permettre notamment à des milliards d’êtres humains de se faire vacciner.
Vision pessimiste
Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, estimait début août 2020 qu’il est possible qu’aucun vaccin ne soit disponible, par manque d’efficacité ou qu’on dispose d’un vaccin ne protégeant que pendant quelques mois. Autrement dit, la vaccination devant être répétée de façon fréquente.

Espoirs d’une arrivée prochaine sur le marché :
– En août 2020, l’espoir pourrait être pour certains l’arrivée d’un vaccin à ARN (voir point 1 ci-dessous) à la fin de l’année 2020 ou au début 2021, produit à des centaines de millions de doses.
– L’Université d’Oxford (USA) avec son nom de code de vaccin ChAdOx1 nCoV-19, un vaccin avec un vecteur viral (lire ci-dessous), pourrait aussi être disponible à la fin 2020 ou début 2021, produit à des centaines de millions de doses. Des résultats publiés le 20 juillet 2020 se sont montrés très positifs (lire davantage ci-dessous).

Phases cliniques des principaux vaccins (état au 27 juillet 2020) :
Phase 3 (vaccin test sur des dizaines de milliers de personnes) :
– Sinopharm (vaccin avec le virus inactivé, voir point 3 ci-dessous)
– Sinovac (vaccin avec le virus inactivé, voir point 3 ci-dessous)
– Université d’Oxford/Astra-Zeneca (vaccin avec un vecteur viral, voir le point 5 ci-dessous)
– Moderna (vaccin à ARN, voir le point 1 ci-dessous)
Phase 2 :
– Biontech (vaccin à ARN, voir le point 1 ci-dessous)
– Cansino (vaccin avec un vecteur viral, voir le point 5 ci-dessous)

Principal défi : durée de l’immunisation
Le principal défi concernant la vaccination contre la Covid-19 est son efficacité dans le temps (mois ou surtout années après la vaccination). Autrement dit, chaque combien de mois ou années il faudra se faire de nouveau vacciner. Pour le directeur des National Institutes of Health (NIH) aux Etats-Unis Francis Collins, qui s’exprimait dans le Wall Street Journal du 26 juillet 2020, il est difficile de savoir si le vaccin contre la Covid-19 allait protéger pendant 1 année en le testant seulement quelques mois, par exemple de juillet à décembre 2020. Il manque un certain recul pour avoir des informations sur la durée de la vaccination. Le scientifique américain estime que le fait que des patients infectés par la Covid-19 n’aient pas été réinfectés une année après (ex. infectés en mars 2019 par la Covid-19 et pas réinfectés en mars 2020) pourrait être un signe montrant une efficacité possible de la vaccination dans le temps.

FDA
Selon la FDA, agence de régulation des médicaments, un vaccin devrait avoir une efficacité d’au moins 50% pour être approuvé. Cela signifie que 50% des personnes vaccinées ne devraient pas souffrir de Covid-19.

Projets de vaccins (état à la fin juillet 2020)
Il existe plusieurs types de candidats vaccin contre la Covid-19 : 
1. Vaccin à ARN (résultats positifs)
2. Vaccin à ADN
3. Vaccin avec le virus inactivé
4. Vaccin avec le virus affaibli
5. Vaccin avec un vecteur viral
6. Vaccin de protéines
7. Vaccin avec des virus-like particules (VLP)

1. Vaccin à ARN
Un vaccin à ARN ou à ARN messager (mRNA en anglais) consiste à injecter des nanoparticules de graisses. contenus à l’intérieur de l’ARN messager. Ces nanoparticules pénètrent ensuite les cellules humaines, qui vont commencer à fabriquer des protéines du SARS-CoV-2 (comme les Spikes proteins). Cela mène le système immunitaire à produire des anticorps dirigés contre le SARS-CoV-2, le virus à l’origine de la Covid-19. 
L’avantage des vaccins à ARN (mRNA) est qu’ils sont considérés comme plutôt sûrs, c’est-à-dire avec peu d’effets secondaires, car ils ne contiennent pas de virus. Les vaccins à ARN sont aussi plus rapides à développer qu’un vaccin à base de virus (lire ci-dessous). Les désavantages sont une réponse immunologique plus faible et temporaire, ce qui demande deux ou plus de doses, qu’avec d’autres types de vaccins (ex. virus inactivé).
De plus, aucun vaccin à base d’ARN n’est disponible sur le marché en juillet 2020. Jusqu’à présent (juillet 2020), aucun vaccin à base d’ARN n’a été approuvé pour l’humain par les autorités de santé à travers le monde (ex. la FDA américaine). Une raison est que ces vaccins ne présentent pas une réponse immunitaire suffisante.
En juillet 2020 plusieurs laboratoires à travers le monde travaillaient sur un projet de vaccin à ARN, comme Moderna Therapeutics (USA, lire aussi ci-dessous), Pfizer (USA) et BioNTech (Allemagne) ou GSK (Royaume-Uni) et CureVac (Allemagne). 
Covid-19 : espoir d’un vaccin à ARN efficace (étude, juillet 2020)
La société américaine de biotechnologie Moderna Therapeutics a communiqué les premiers résultats positifs de son vaccin contre la Covid-19 en phase clinique 1. Selon l’étude, parmi les 45 participants qui ont reçu ce vaccin contre la Covid-19 appelé mRNA-1273 (un vaccin à ARN messager) tous ont manifesté une réponse immunitaire au SARS-CoV-2, le virus à l’origine de la Covid-19. Cela signifie notamment que des anticorps ont été détectés chez chacun des 45 participants. Le niveau d’anticorps était plus ou moins le même qu’observé chez des personnes ayant été infectées naturellement par la Covid-19. Une activité positive des cellules T ou lymphocytes T, en plus de la production d’anticorps, a aussi été démontrée dans cette étude. Les participants étaient âgés de 18 à 55 ans, ils ont reçu deux doses de vaccin pris à 28 jours d’intervalle. Aucun n’a présenté d’effets secondaires graves mais plus de la moitié des participants a ressenti des effets secondaires légers ou modérés comme des maux de tête ou de la fatigue. Le gouvernement américain, à travers son institution NIH, a participé à ce travail de recherche. Le laboratoire Moderna estime que ces résultats permettent le lancement d’ici fin juillet 2020 de la phase clinique 3 avec cette fois environ 30’000 participants. La phase 3 n’est pas une étape facile, avec souvent des vaccins qui échouent à ce moment.
Moderna se prépare à la fin des essais cliniques, s’ils sont positifs et s’il reçoit une autorisation des autorités de santé comme la FDA, à produire 500 millions de doses de vaccin par année. Les résultats ont été publiés le 14 juillet 2020 dans la revue scientifique The New England Journal of Medicine. À la mi-juillet 2020, plus de 160 projets de vaccin à travers le monde sont en phase de développement, selon l’OMS. [Sources : Handelsblatt, The Wall Street Journal, Folha de S.Paulo]

2. Vaccin à ADN
Le vaccin à ADN (DNA en anglais) contient des plasmides, molécule de l’ADN de bactérie, modifiés en laboratoire. Dans la même logique que le vaccin à ARN, ces plasmides pénètrent ensuite les cellules humaines, qui vont commencer à fabriquer des protéines du SARS-CoV-2 (comme les Spikes proteins). Cela mène le système immunitaire à produire des anticorps dirigés contre le SARS-CoV-2, le virus à l’origine de la Covid-19. 
L’avantage des vaccins à ADN est qu’ils sont considérés comme plutôt sûrs, c’est-à-dire avec peu d’effets secondaires, car ils ne contiennent pas de virus. La réaction immunologique du vaccin à ADN est plus forte que celle du vaccin à ARN. Le désavantage des vaccins à ADN est sa difficulté à les fabriquer.
En juillet 2020 le laboratoire Inovio Pharma (USA) travaillait sur un projet de vaccin à ADN.

3. Vaccin avec le virus inactivé (ou mort)
Dans un vaccin dit à virus inactivé, le virus est tué par exposition à la chaleur ou au formol. Le matériel génétique du virus est détruit. Les vaccins contre la polio, la grippe, l’hépatite A ou la rage sont à base de virus inactivé. Un vaccin par virus inactivé présente peu d’effets secondaires, car il n’y a pas de réplication virale. Le désavantage toutefois est une réponse immunologique plus faible que le virus affaibli, ce qui peut nécessiter un rappel. 
En juillet 2020 la société Sinovac Biotech (son vaccin contre la Covid-19 s’appelle Coronavac), Sinopharm, l’Université d’Osaka (Japon) et le gouvernement chinois travaillaient sur un projet de vaccin à virus inactivé. 

4. Vaccin avec le virus affaibli
Le virus est affaibli en étant obligé d’infecter de nombreuses fois des cellules animales (ex. oeufs) en laboratoire jusqu’à ce que le virus ait acquis des mutations menant à une absence de dangerosité chez l’humain. Il existe sur le marché des vaccins à virus affaibli utilisés contre la rougeole, la rubéole ou la fièvre jaune. Un vaccin développé contre la polio reposait aussi sur un virus affaibli. Ce type de vaccin produit une réponse immunitaire très bonne. Mais comme le virus contient des extraits vivants, les effets secondaires peuvent être plus graves avec un risque possible, même limité, d’infections par la maladie. Ce risque est plus élevé chez les personnes immunodéprimées. Le célèbre scientifique français Louis Pasteur a découvert cette méthode de virus affaibli dans ses recherches sur des animaux infectés par le choléra aviaire.  
En juillet 2020 la société Codagenix (USA) et le gouvernement indien travaillaient sur un projet de vaccin à virus affaibli. 

5. Vaccin avec un vecteur viral (adenovirus modifié)
Dans ce type de vaccin, un virus inoffensif (ex. adénovirus, à l’origine du rhume) est modifié en laboratoire au niveau d’un ou plusieurs gènes pour produire les protéines (ex. spike proteins) du SARS-CoV-2. Par exemple, si un adénovirus est utilisé il est affaibli pour ne pas provoquer de symptômes comme le rhume. Cette méthode existe depuis les années 1980.
Le vaccin à vecteur viral est considéré comme un vaccin sûr, sans risque d’effets secondaires graves. Le vaccin Ervebo contre Ebola (approuvé en 2019 par la FDA) du laboratoire Merck utilise cette technique de vecteur viral.
En juillet 2020 l’Université d’Oxford (USA) avec son nom de code de vaccin ChAdOx1 nCoV-19 en partenariat avec le laboratoire pharmaceutique AstraZeneca, tout comme Johnson & Johnson (Royaume-Uni) et CanSino Biologics (Chine) travaillaient sur un projet de vaccin à vecteur viral.

Etude (20 juillet 2020)
Le vaccin avec le nom de code ChAdOx1 nCoV-19 développé par l’Université d’Oxford au Royaume-Uni s’avère sûr et capable de développer des anticorps. Ces résultats intermédiaires positifs proviennent d’une étude publiée le 20 juillet 2020 dans le journal scientifique The Lancet (DOI : 10.1016/S0140-6736(20)31611-1). Selon cette étude, les plus de 1000 personnes qui ont reçu la vaccination – entre le 23 avril et le 21 mai 2020 au Royaume-Uni – ont produit des anticorps et des globules blancs pour combattre le virus. Aucun effet secondaire grave n’a été constaté parmi les participants. Une étude dite de phase 3 (avant la commercialisation) portant sur environ 50’000 personnes pour tester ce vaccin était en cours le 20 juillet 2020 dans trois pays : Royaume-Uni, Brésil et Afrique du Sud.

6. Vaccin de protéines
Ce vaccin est créé à base des protéines de pointes (Spike proteins) du SARS-CoV-2. On estime que ce vaccin pourrait être plus efficace que les vaccins à base d’ARN et d’ADN (lire ci-dessus), comme cela évite la réponse immunologique de création des protéines de pointes. L’immunité pourrait toutefois être de courte durée nécessitant ainsi plusieurs vaccinations.
En juillet 2020 GSK (Royaume-Uni), Sanofi, l’Université de Pittsburgh (qui a joué un rôle clé dans le développement d’un vaccin contre la polio) et le gouvernement américain travaillaient sur un projet de vaccin de protéines.

7. Vaccin avec des virus-like particules (VLP)
Dans un vaccin avec des virus-like particules (VLP), le virus n’a plus de matériel génétique, dans le cas du SARS-CoV-2 il n’y a plus d’ARN. Ce type de vaccin n’a pas la capacité d’infecter une personne, comme il n’y a pas de matériel génétique. Ces virus sont créés en laboratoire et la réplication a lieu dans des cellules animales ou végétales (ex. dans des plants de tabac). Des vaccins contre l’hépatite B, la malaria (paludisme) et le HPV sont à base de cette technique. Ce type de vaccin serait plus efficace que le vaccin à ARN (voir point 1. ci-dessus). Un aspect négatif est que ce vaccin doit toujours être refroidi (chaîne du froid).
En juillet 2020 Osivax (France), l’Universtié de Bristol (Royaume-Uni), Medicago (Canada) ou InCor (Brésil) travaillaient sur un projet de virus-like particules.

News :
Le vaccin contre la tuberculose renforce le système immunitaire

Lire aussi : dossier complet contre la Covid-19

Sources & Références :
Sources :
Handelsblatt (plusieurs éditions), magazine Superinteressante (juillet 2020), Folha de S.Paulo, UOL.com.br (citant Reuters notamment), The Wall Street Journal.
Références :
The Lancet (DOI : 10.1016/S0140-6736(20)31611-1)

Personnes responsables et impliquées dans l’écriture de ce dossier :
Xavier Gruffat (Pharmacien et Rédacteur en chef de Creapharma), Seheno Harinjato (Rédactrice chez Creapharma.ch, responsable des infographies)

Crédits photos :
Adobe Stock, © 2020 Pixabay, Creapharma.ch

Infographies : 
Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch), Pharmapro Sàrl.

Date de dernière mise à jour : 
05.08.2020 (par XG)

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Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 05.08.2020