Vaccin anti-HPV



Le vaccin contre les infections à papillomavirus humains (de l’anglais human papillomavirus, HPV), souvent appelé simplement vaccin anti-HPV, permet de prévenir un nombre très significatif du nombre de cas de cancer du col de l’utérus ainsi que d’autres formes de cancer moins fréquentes comme le cancer de l’anus, de la vulve, du vagin ou de la gorge. La vaccination permet, en plus de la prévention du cancer, de prévenir les verrues génitales provoquées par les HPV.


– La vaccination est recommandée chez des jeunes adolescents (aux Etats-Unis entre 11 et 12 ans et en France entre 11 et 14 ans, lire ci-dessous), car une vaccination à cet âge permet au corps de produire un nombre important d’anticorps dirigés contre les virus HPV.

cancer du col de l'utérus introduction

Efficacité du vaccin
On estime que le vaccin anti-HPV a une efficacité d’environ 90% pour prévenir les cancers provoqués par les HPV.
Aux Etats-Unis, des statistiques citées par le Wall Street Journal du 12 septembre 2017 estiment à 30’000 le nombre de cas de cancer provoqués par les HPV (lire ci-dessous pour mieux comprendre ces virus) chaque année.

Situation vaccinale en France et recommandations
– En France, le vaccin anti-HPV a été autorisé en 2007 (2006 aux Etats-Unis) et indiqué à cette époque seulement pour les filles et jeunes adolescentes. Selon un article du Figaro du 26 juin 2017 (version online), moins de 2 jeunes filles sur 10 sont vaccinées. Le Figaro précise qu’en 2015 seulement 14 % des jeunes filles françaises de 15 ans ont reçu un schéma vaccinal complet (anti-HPV). C’est moins que dans de nombreux pays industrialisés comme l’Espagne et également moins que les Etats-Unis (43% en 2016, selon une étude de 2017, lire ci-dessous). Les vaccins disponibles en France sont notamment le Gardasil® et le Cervarix®. En France, la vaccination est recommandée par le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) chez les jeunes filles entre 11 et 14 ans, avec un rattrapage possible jusqu’à 19 ans.
Lire aussi : Cancer du col : une étude rassure sur les risques des vaccins

Situation vaccinale en Suisse et recommandations
– En Suisse, depuis 2015 le vaccin est recommandé autant chez les filles que chez les garçons. Le vaccin est administré en général avant le début de l’activité sexuelle, souvent entre 11 et 14 ans. La vaccination est gratuite chez les filles et garçons (âgés de 11 à 26 ans).
– Selon un article de la RTS de février 2017, le taux de vaccination anti-HPV est supérieur en Suisse romande qu’en Suisse allemande. En effet, la culture latine (romande) est plus favorable à la vaccination que la culture germanique qui valorise davantage les traitements naturels. Toujours selon la RTS, la couverture vaccinale contre le papillomavirus humain (HPV) pour les adolescentes de 16 ans varie entre 27% et 78% selon des chiffres récoltés début 2017.
– En septembre 2017, 2 vaccins étaient commercialisés en Suisse, selon nos informations. Il s’agit du Gardasil® et Cervarix®. Pour le Gardasil®, le schéma de vaccination chez les enfants et jeunes adolescents de 9 à 14 ans est de 2 doses à 0 et 6 mois (2ème dose après 6 mois). Pour le Cervarix®, selon des informations du site suisse Compendium.ch (consulté le 12 septembre 2017), la posologie conseillée est de 3 doses chez les enfants et adolescents âgés entre 10 et 15 ans (notamment aux mois 0, 1 et 6). Lisez la notice d’emballage ou demandez conseil à votre médecin ou pharmacien pour plus d’informations sur ces vaccins.

Situation vaccinale en Suisse et recommandations
– Aux Etats-Unis, le vaccin anti-HPV est recommandé chez les garçons et filles âgés entre 11 et 12 ans comme le relève un article du Wall Street Journal le 12 septembre 2017.  Les enfants et adolescents avant l’âge de 15 ans devraient recevoir 2 doses du vaccin à au moins 6 mois d’intervalle, selon les Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Idéalement une fille ou un garçon devrait se faire vacciner la première fois à 11 ans et 6 mois après recevoir la 2ème dose du vaccin. Les CDC recommandaient par le passé 3 doses pour les moins de 15 ans et ont changé leur directive en 2016 (en passant à seulement 2 doses).
– Par contre, les CDC relèvent que les personnes se faisant vacciner pour la première fois à 15 ans ou plus devraient recevoir non pas 2 doses mais 3 doses du vaccin avec une administration de ces 3 doses aussi à au moins 6 mois d’intervalle.
– Toujours selon l’article du Wall Street Journal de septembre 2017, le vaccin anti-HPV peut être administré chez des enfants âgés de 9 ans, également en 2 doses administrées à au moins 6 mois d’intervalle.

Une minorité d’adolescents se fait vacciner (Etats-Unis)
– Aux Etats-Unis, un rapport officiel publié en août 2017 avec une participation des CDC a montré que seulement 43% des adolescents recevaient la série entière de vaccin anti-HPV, c’est-à-dire avant 15 ans 2 vaccins. Les régions plus conservatrices (qui votent en général pour les Républicains comme le Texas) des Etats-Unis, mais aussi les régions rurales sont en général moins favorables à la vaccination anti-HPV. Pour les milieux conservateurs, cette vaccination associée à une MST chez de jeunes adolescents pourrait les inciter à avoir plus de relations sexuelles, favorisant la promiscuité. Pour les milieux libéraux et plus progressistes, il s’agirait d’un mythe et le vaccin anti-HPV, qui s’avère véritablement efficace pour prévenir différentes formes de cancer, n’augmente pas l’activité sexuelle des adolescents. Un sentiment anti-vaccin répandu ces dernières années en Occident expliquerait aussi pourquoi une minorité d’adolescents aux Etats-Unis reçoit un schéma complet de vaccination.
– Par comparaison, selon ce même rapport ou sondage d’août 2017, 88% des adolescents ont reçu le vaccin Tdap (qui protège contre le tétanos, la diphtérie et le pertussis ou coqueluche) en 2016. Normalement le médecin devrait administrer le vaccin Tdap et anti-HPV en même temps (c’est-à-dire entre entre 11 et 12 ans).
– Ce rapport a aussi montré que moins de garçons se font vacciner que de filles, malgré le fait qu’aux Etats-Unis la vaccination est recommandée autant chez les garçons que filles. Mais il est vrai qu’à l’origine (en 2006 aux Etats-Unis, en 2007 en France) le vaccin anti-HPV était indiqué seulement chez les filles. L’indication pour les garçons date de 2011 (aux Etats-Unis).


Sources & Références :
The Wall Street Journal (édition du 12 septembre 2017), ATS (principale agence de presse suisse), Le Figaro, RTS (Radio Télévision Suisse), Compendium.ch

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Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 12.09.2017

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