Cancer du col de l’utérus
Dernière révision : 09.01.2026
Auteurs : Xavier Gruffat, pharmacien – Seheno Harinjato, journaliste
Aperçu
Le col de l’utérus, appelé également cervix, est la partie basse de l’utérus, menant vers le vagin. Le cancer du col de l’utérus est un cancer qui survient lorsque les cellules du col de l’utérus se transforment en cellules précancereuses. Ce cancer est le deuxième cancer plus courant chez la femme, après le cancer du sein.
La maladie se développe en plusieurs phases et peut être détectée chez le gynécologue par des tests cytologiques (cellules) réguliers et l’examen de Papanicolau. Le développement du cancer du col de l’utérus est très lié aux infections provoquées par les virus papilloma virus humain (HPV), qui provoquent notamment les verrues génitales. Lire ci-dessous sous Diagnostic
Le gynécologue effectue un test de dépistage à chaque contrôle. Il est recommandé de faire un contrôle gynécologique tous les 2 ans, voire tous les ans, chez les femmes plus âgées. Ce test est très recommandé, car il est le seul moyen de détecter un cancer du col de l’utérus qui est toujours asymptomatique dans les débuts de la maladie.
On distingue les différentes phases du cancer du col de l’utérus, selon la dissémination du cancer.
Précancer : les cellules sont déjà anormales, mais ne sont pas encore cancéreuses. Dans cette première phase, il y a 3 étapes : la dysplasie légère, modérée, grave.
Ensuite, apparaît la phase cancéreuse. Au stade 1, le cancer reste limité au col. Au stade 2, le cancer commence son invasion dans les tissus environnants, à savoir la partie supérieure du vagin. Au stade 3, la partie inférieure du vagin est également touchée. Au stade 4, le cancer touchera également le rectum ou la vessie.
Il existe deux formes principales de cancer du col de l’utérus : les carcinomes épidermoïdes et les adénocarcinomes. Les carcinomes épidermoïdes représentent environ 80 à 90 % des cas, tandis que les adénocarcinomes constituent 10 à 20 %. Dans certains cas, il peut également s’agir d’une combinaison des deux types1.
Le cancer du col de l’utérus apparaît de plus en plus tôt chez les jeunes femmes, vraisemblablement dû à un changement des habitudes sexuelles. La sexualité est en effet un facteur de risque dans l’apparition du cancer du col de l’utérus. Un utérus jeune serait plus sensible au développement de ce cancer. C’est également le cas des personnes ayant eu de nombreux partenaires sexuels.
Comme tout cancer, il est essentiel de le dépister tôt, afin de le traiter rapidement et d’enrayer sa dissémination. L’efficacité d’un traitement anti-cancéreux étant en général toujours meilleure, quand la maladie ne s’est pas trop développée, fonction du stade d’évolution du cancer.
Causes
Le cancer du col de l’utérus n’a pas de cause bien définie. On parlera de présence de facteurs de risque. Dans le 95% des cas de cancer du col de l’utérus, il y a eu une première infection au papillomavirus humain (HPV). Ces virus existent en plusieurs sous-types avec relativement une forte tendance au développement d’un cancer chez le sujet atteint. Cela dépendra du sous-type.
Le HPV est notamment responsable des verrues génitales, d’où l’existence d’un lien chez les personnes atteintes de verrues génitales et l’apparition d’un cancer du col de l’utérus. Un sujet souffrant de verrues génitales ne développera pas forcément un cancer du col de l’utérus, mais c’est une éventualité à ne pas négliger.
Les facteurs de risque pour le développement d’un cancer sont les suivants :
– Vie sexuelle active
– Vie sexuelle «précoce»
– Nombreux partenaires sexuels
– Tabagisme
– Grossesse précoce
– Grossesses multiples
– Une prévention négligée : dépistage chez le gynécologue non effectué régulièrement
– Infection par le VIH : les personnes atteintes du VIH présentent un risque supérieur à la moyenne de développer un cancer du col de l’utérus. En effet, le cancer du col de l’utérus passe par plusieurs phases qui sont au début asymptomatiques. En effectuant des frottis réguliers, le gynécologue pourra déceler les cellules anormales et les enlever avant que ces dernières ne se transforment en cellules cancéreuses.
Personnes à risque
Les personnes chez qui le cancer du col de l’utérus risque de se développer sont les suivantes :
– Personnes ayant eu de nombreux partenaires sexuels.
– Personnes ayant des rapports sexuels très tôt. Un utérus jeune au contact du sperme et donc possibilité de contact avec le HPV serait plus sensible au virus et ensuite au développement du cancer du col de l’utérus
– Fumeuses
– Femmes ayant eu des grossesses précoces
– Femmes ayant eu des grossesses multiples
– Femmes qui négligent la prévention, en évitant les contrôles de dépistage chez le gynécologue
– Personnes souffrant d’autres maladies sexuellement transmissibles (VIH/Sida, gonorrhée, syphilis)
– Femmes ayant eu des verrues génitales mal ou non traitées.
– DES (diéthylstilbestrol) : le DES est un médicament qui a été administré entre 1938 et 1971 pour prévenir les fausses couches . Si votre mère a pris du DES, vous pourriez présenter un risque accru de cancer du col de l’utérus.
– Antécédents familiaux : Le cancer du col de l’utérus peut avoir une composante génétique.
Symptômes
Le cancer du col de l’utérus se développe en 2 phases et plusieurs sous-stades.
La première phase, appelée également phase précancéreuse est asymptomatique. En effet, les cellules du col de l’utérus sont anormales, on appelle cela la dysplasie, mais elles ne sont pas encore cancéreuses.
Dans le stade 1, la dysplasie est légère. Les cellules sont plus déformées lors du stade 2, appelée dysplasie modérée. Dans le stade 3, on rentre déjà dans la dysplasie grave.
La deuxième phase de développement du cancer du col de l’utérus est appelée la phase cancéreuse. Les cellules dysplasiques (déformées) commencent à envahir les tissus aux alentours. Cette invasion entraine des douleurs, car les cellules malades écrasent les organes du bassin et empêchent également leurs bons fonctionnements.
Lors du premier stade de la phase cancéreuse, le cancer reste limité au col.
Dans le deuxième stade de la phase cancéreuse, le cancer a franchi le col de l’utérus pour venir s’établir également au niveau supérieur du vagin.
Dans le troisième stade de la phase cancéreuse, le cancer du col de l’utérus a également atteint le niveau inférieur du vagin.
Au stade 4, le cancer du col de l’utérus touche la vessie ou le rectum.
Les premiers symptômes de la maladie sont :
– Saignements en dehors des périodes de règles
– Saignements suite aux rapports sexuels
– Pertes vaginales avec forte odeur.
Lors de ces différents symptômes, il est essentiel de demander une consultation médicale, afin d’exclure un cancer du col de l’utérus.
En cas de propagation dans les tissus ou organes voisins, les symptômes peuvent inclure :
– Difficultés ou douleurs lors de la miction, présence possible de sang dans les urines
– Diarrhée, douleurs ou saignements rectaux lors de la défécation
– Fatigue, perte de poids et diminution de l’appétit
– Sensation générale de malaise
– Douleurs sourdes au niveau du dos ou gonflement des jambes
– Douleurs pelviennes ou abdominales.
En cas de saignements inhabituels, des pertes vaginales anormales ou tout autre symptôme inexpliqué, il est recommandé de consulter un professionnel de santé.
Diagnostic et dépistage du cancer du col de l’utérus
Tout d’abord relevons que le dépistage et le
diagnostic du cancer du col de l’utérus sont le travail du médecin et seulement lui décidera de la meilleure méthode. De plus on sait que la médecine peut évoluer rapidement et les informations peuvent donc changer. Nous avons toutefois essayé de résumer ci-dessous les méthodes de diagnostic en général utilisées en médecine.
Un dépistage régulier du cancer du col de l’utérus par frottis cervico-utérin (test Pap) permet de détecter la plupart des cas. Si les examens de dépistage révèlent des anomalies, des tests complémentaires seront effectués pour confirmer le diagnostic du cancer du col de l’utérus dont la cytologie, la colposcopie, la biopsie du col de l’utérus, le curetage endocervical ou encore la procédure d’excision électrochirurgicale à l’anse (LEEP).
Symptômes
Le cancer du col de l’utérus est asymptomatique durant les deux premiers stades de la maladie, lorsque les cellules ne sont pas encore cancéreuses, on parle alors de dysplasie légère à modérée. Lorsque les symptômes surviennent, la maladie est déjà à un stade avancé: on est déjà au stade de dysplasie sévère. Le stade suivant la dysplasie sévère est le premier stade cancéreux – les cellules cancéreuses ont commencé à envahir la partie supérieure du vagin.
Ainsi, il est beaucoup plus efficace de recourir à des tests de laboratoire, des analyses, pour prévenir, détecter et traiter le cancer du col de l’utérus.
Cytologie (frottis)
Remarquons tout d’abord qu’il s’agit au sens strict d’un examen de dépistage et pas d’un diagnostic (un vrai diagnostic repose sur une biopsie).
On parle d’une mesure de dépistage, car le frottis (cytologie) a une sensibilité d’environ 65%, cela signifie qu’on arrive à détecter un cancer du col de l’utérus chez 65% des femmes pour lesquelles le test est positif. Par exemple en France on estime qu’il y a chaque année environ 3’000 cas de ce type de cancer et environ 600 à 1000 ont été soumis à un frottis mais le frottis n’a pas réussi à identifier le cancer. C’est pourquoi le frottis est parfois critiqué comme un moyen de dépistage pas parfaitement efficace (avec 65% d’efficacité c’est le moins qu’on puisse dire). Certains médecins aimeraient de ce fait qu’on utilise davantage le test de dépistage du HPV (virus papillomavirus) à partir d’un prélèvement des cellules du col.
Comment fonctionne la cytologie?
Les cellules du col de l’utérus, lors de développement du cancer du col de l’utérus, revêtent une forme particulière, reconnaissable par le gynécologue. Déjà dans la phase initiale de la maladie, phase qui est en principe asymptomatique, le gynécologue pourra identifier des cellules anormales, dites dysplasiques. Il pourra directement les enlever, avant qu’elles ne se développent davantage.
Test de repérage du virus HPV
Ce test est parfois proposé par les médecins. Il consiste à dépister des virus HPV (les virus qui causent ce cancer) dans les cellules du col de l’utérus avec un prélèvement de cellules. Il ne peut pas être utilisé chez les femmes de moins de 30 ans (car avant cet âge on observe beaucoup d’infections au HPV mais sans conséquences graves). Ce test de repérage peut donc être parfois proposé par un médecin par exemple pour savoir s’il faut effectuer une colposcopie (voir ci-dessous) et certains médecins l’utilisent comme test de dépistage. De nouveaux tests de repérage du virus HPV semblent prometteurs.
Colposcopie
La colposcopie consiste en l’utilisation d’un microscope posé à l’entrée du vagin. Le médecin pourra plus facilement examiner le col de l’utérus et effectuer un prélèvement des cellules anormales s’il le faut. En effet, le grossissement est de 10 à 20 fois avec utilisation de lumière puissante, facilitant le travail du gynécologue.
Biopsie
Parfois, une biopsie sera nécessaire pour confirmer le diagnostic (au sens strict le dépistage) de cancer du col de l’utérus.
Complications
Que ce soit le cancer du col de l’utérus ou tout autre type de cancer, c’est la présence de cellules anormales se développant à grande vitesse avec envahissement des organes aux alentours qui pose un réel problème.
Ces cellules anormales, en grande quantité, écrasent les organes et empêchent leur bon fonctionnement. De plus, cela induit des douleurs.
Un cancer peut ensuite donner naissance à des métastases et provoquer un cancer généralisé.
Ainsi, lorsque le cancer n’est pas traité assez tôt ou est mal traité, il peut s’ensuivre la mort de la patiente. C’est donc la principale complication du cancer en général, avec au préalable, une diminution de la qualité de vie de la patiente.
Mais le cancer du col de l’utérus peut être prévenu et traité à temps, si l’on n’a pas négligé le contrôle gynécologique où le médecin fait toujours un test de dépistage par frottis, afin d’y déceler la présence ou non de cellules à l’aspect anormal (les cellules dysplasiques).
Il ne faut surtout pas compter sur d’éventuels symptômes pour ensuite se précipiter chez son gynécologue afin d’y effectuer des tests. En effet, les premiers stades de la maladie sont asymptomatiques. Par contre, un cancer découvert assez tôt pourra être traité plus aisément et entrainer moins de complications notamment au niveau des effets secondaires des médicaments anti-cancéreux. Lorsque le gynécologue découvre des cellules dysplasiques (anormales), mais non cancéreuses encore, il pourra les enlever tout de suite, lors de l’examen et empêcher ainsi le développement de la maladie.
De plus, le cancer du cancer du col de l’utérus peut mener à une éventuelle ablation de l’utérus, rendant de ce fait la femme stérile. L’insuffisance rénale et le risque de formation de caillots sanguins constituent aussi des complications du cancer du col de l’utérus à un stade avancé.
Traitements
Le choix du traitement du cancer du col de l’utérus dépendra du stade de la maladie, ainsi que de l’âge et des conditions de la patiente. Une femme jeune et désireuse de maternité, ne pourra pas subir d’hystérectomie totale, par exemple.
Lorsque le cancer est au stade I de la phase précancéreuse, il suffira d’enlever les cellules anormales.
Les différents traitements du cancer du col de l’utérus sont: la chimiothérapie, la radiothérapie, la colposcopie et la chirurgie.
La colposcopie
Lors de l’examen colposcopique, il est possible non seulement de délimiter les zones atteintes de la maladie et de les enlever en même temps. En effet, ce stade précancéreux peut durer plusieurs années, le gynécologue pourra donc les enlever avant qu’elles ne se transforment en cancer déclaré.
La chirurgie
La chirurgie consiste en l’enlèvement des organes atteints par la maladie. On parle alors d’hystérectomie. Lorsque le gynécologue effectue une hystérectomie totale, il enlèvera le col de l’utérus et l’utérus, empêchant ainsi à ces femmes toute future grossesse possible. Cette méthode est peu utilisée chez les femmes désireuses de tomber enceinte.
Lorsque le cancer est trop étendu (phase IV), il sera nécessaire d’enlever également tous les organes atteints, comme la vessie, par exemple.
En général, le cancer du col de l’utérus guérit s’il est bien traité et s’il est découvert à temps. Ainsi, dépendant du stade de développement de la maladie, le pronostic vital sera différent. Plus il est découvert et traité tôt, plus le pronostic vital sera favorable. Le 80% des malades guérissent lorsque la maladie est détectée dans les premières phases de la maladie, contre 7% au stade IV.
La radiothérapie
La radiothérapie sert à enlever, éliminer le foyer cancéreux. On utilisera préférentiellement la radiothérapie chez les patientes plus âgées.
La chimiothérapie
La chimiothérapie repose sur l’utilisation de médicaments administrés par voie intraveineuse ou par voie orale afin de détruire les cellules cancéreuses. Une fois dans l’organisme, ces traitements circulent dans le sang et agissent sur les cellules cancéreuses, quelle que soit leur localisation. Plusieurs médicaments peuvent être utilisés seuls ou en association. La chimiothérapie est généralement délivrée sous forme de cycles, dont la durée, le protocole et la fréquence des séances dépendent du type de médicament employé et de la localisation du cancer.
La thérapie ciblée
Les thérapies ciblées reposent sur des médicaments conçus pour agir spécifiquement sur les cellules cancéreuses, en épargnant autant que possible les cellules saines. Elles ciblent des protéines impliquées dans la croissance et la dissémination des cellules tumorales. Grâce aux avancées scientifiques et à une meilleure compréhension des mécanismes du cancer, ces traitements deviennent de plus en plus précis et efficaces.
L’immunothérapie
L’immunothérapie consiste à utiliser des médicaments capables de stimuler le système immunitaire afin qu’il identifie et élimine les cellules cancéreuses. Celles-ci parviennent souvent à échapper aux défenses naturelles de l’organisme en se faisant passer pour des cellules normales. L’immunothérapie agit en bloquant ces mécanismes de camouflage, permettant ainsi au système immunitaire de reconnaître et de détruire les cellules cancéreuses.
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Bons conseils
– Lorsque le cancer du col de l’utérus est véritablement déclaré, il est nécessaire de suivre méticuleusement les recommandations du médecin traitant. Le cancer peut être bien traité et guérit si la thérapie est ou a été effectuée correctement.
– Comme pour toute forme de cancer, il n’existe pas de remède naturel contre le cancer du col de l’utérus. Cependant, la patiente pourra avoir recours à des traitements alternatifs (ex. phytothérapie) pour mieux supporter le traitement anti-cancéreux.
Prévention (y compris vaccination)
– Pour prévenir le cancer du col de l’utérus, il est important d’effectuer régulièrement des contrôles de dépistage chez le gynécologue. Un contrôle annuel est suffisant, certains experts notamment suisses recommandent un dépistage chaque 3 ans2.
– Un comportement à risque est également à éviter :
> Nombreux partenaires sexuels
> Verrues génitales non traitées
– L’utilisation du préservatif permet dans une certaine mesure, de prévenir la dissémination du HPV et donc la survenue de verrues génitales et/ou l’apparition du cancer du col de l’utérus.
Vaccination prévention du cancer du col de l’utérus
Nom en anglais de la maladie :
Cervical Cancer (Cervix)
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– Cancer du col : une étude rassure sur les risques des vaccins
Crédits photos :
Adobe Stock, Pharmanetis Sàrl
Historique de la révision médicale du dossier, auteurs et correcteurs :
– 09.01.2026 ( par Xavier Gruffat, pharmacien – Seheno Harinjato Razanamanga, journaliste)
– 29.08.2023 (par Xavier Gruffat, pharmacien)
Références scientifiques et bibliographie :
- Article de la Cleveland Clinic : Cervical Cancer, consulté par Creapharma en janvier 2026 et le lien marchait à cette date
- Keystone-ATS, agence de presse suisse, le 11 août 2021
