Fièvre jaune



Résumé sur la fièvre jaune

fièvre jaune résuméLa fièvre jaune est une maladie causée par un virus transmis lors de piqûre de moustique, il s’agit d’une maladie grave. La fièvre jaune est endémique surtout dans les régions tropicales, on observe la fièvre jaune principalement en Amérique du Sud et en Afrique. Dans un pays comme le Brésil, les cas enregistrés de fièvre jaune se situent principalement en dehors des régions urbaines, en particulier dans la campagne ou dans les zones sauvages.


Les premiers symptômes de la maladie sont : fièvre (importante et soudaine), maux de tête, frissons, nausées, douleurs dans le corps, vomissements, ictères, diarrhée et hémorragies. Certains individus sont asymptomatiques (ne présentent aucun symptôme).

La vaccination contre la fièvre jaune est fortement recommandée pour les voyageurs qui se rendent dans les pays endémiques ainsi que pour les habitants de ces pays. La durée de la vaccination est de 10 ans.

Il faut savoir qu’il n’existe pas de traitement spécifique contre la fièvre jaune.

Définition

La fièvre jaune est une maladie infectieuse transmise par un virus de la famille des flavivirus, avec un génome à ARN. La transmission du virus s’effectue par une piqûre de moustique.

Régions où la fièvre jaune est présente

fièvre jaune définitionLa fièvre jaune sévit surtout en Amérique Centrale, en Amérique du sud (principalement en Amazonie), en Asie Tropicale et en Afrique (zone tropicale ou subtropicale).
Au Brésil, les cas enregistrés de fièvre jaune se situent principalement en dehors des régions urbaines, en particulier dans la campagne ou dans les zones sauvages.

Epidémiologie

Monde
Dans le monde, l’OMS estime qu’il y a chaque année jusqu’à 200’000 cas de fièvre jaune et 60’000 morts, la plupart en Afrique.

Brésil
Selon des informations du Ministère de la Santé brésilien, le Brésil a compté depuis le début de l’année 2017 et jusqu’à fin mars 2017 574 cas confirmés de fièvre jaune, avec 187 morts.

Selon un communiqué de presse datant de juin 2017 de l’Université Princeton (Princeton University) aux Etats-Unis, le taux de mortalité du virus de la fièvre jaune peut atteindre 50%.

Causes

Cause virale
La fièvre jaune est causée par un virus de la famille des flavivirus, virus avec un génome à ARN simple, le virus de la fièvre jaune. On nomme parfois ce virus le virus amaril (amarela signifiant jaune en portugais, voir aussi notre dossier complet en portugais du Brésil: febre amarela). En anglais, ce virus porte le nom de Yellow Fever Virus (YFV).

Transmission fièvre jaune (moustiques)
La transmission du virus de la fièvre jaune peut apparaître dans des zones urbaines, sauvages ou rurales, même si dans un pays comme le Brésil, le dernier cas de transmission en milieu urbain a été enregistré en 1942, dans l’état de l’Acre (petit état brésilien proche de la frontière péruvienne), selon le Ministère de la Santé brésilienne. Toujours au Brésil on note que dans les zones sauvages ou rurales, le virus est transmis par la piqûre d’un moustique, principalement du genre Haemagogus ainsi que du genre Sabethes (dans de moindres mesures). Dans ces zones, les moustiques acquièrent le virus en piquant un singe infecté (principal hôte du virus de la fièvre jaune) et le transmettent par les œufs à leur descendance. Une personne non immunisée, qui éventuellement se rend dans une zone endémique de la fièvre jaune et est piquée par un moustique contaminé par le virus, peut se déplacer dans une zone urbaine et cette personne peut devenir la source de contamination du virus pour des moustiques de type Aedes aegypti (celui qui véhicule également la dengue) et Aedes albopictus. Sur ce dernier moustique il réside toutefois un doute sur la capacité à véhiculer les virus de la fièvre jaune.

Moustiques
– Le moustique Aedes aegypti, après avoir piqué une personne contaminée par la fièvre jaune, peut transmettre le virus après 9 à 12 jours. Ce moustique (tout comme Aedes albopictus) a tendance à piquer de jour (diurne) et se reproduit dans de l’eau sale, qui s’accumule dans des pots, pneus, piscine non vidée, etc.
– Dans cette même famille de virus que celui de la fièvre jaune on compte d’autres virus comme ceux de la dengue, du Zika et du Nil occidental. Tous ces virus sont transmis à l’homme par des moustiques (ex. Aedes aegypti).

Personnes à risque

Les groupes à risque sont principalement les voyageurs et les personnes non vaccinées (pour rappel la vaccination immunise pendant 10 ans) se rendant dans les zones endémiques ou sévit la fièvre jaune.

Les personnes (natives) qui vivent dans ces zones endémiques et qui ne sont pas immunisées sont aussi des personnes à risque.

Temps d’incubation

La période d’incubation de la fièvre jaune est de 3 à 7 jours après la piqûre par un moustique infecté.

Symptômes

Le virus se propage par le sang et provoque les premiers symptômes de la maladie: fièvre (importante et soudaine), mal de tête, frissons, nausées, douleurs dans le corps, vomissements, ictères (peau, yeux et les muqueuses sont jaunes), diarrhée et hémorragies (gencive, nez, tractus urinaire, système gastro-intestinal).

Sans symptômes
Remarquons que certains individus sont asymptomatiques (ne présentent aucun symptôme), ces cas sont surtout observés dans des zones endémiques de la fièvre jaune comme au Brésil. Dans ce pays, les spécialistes de la maladie comme Isabella Ballalai (en octobre 2017 présidente de la Société Brésilienne d’Immunisation, Sociedade Brasileira de Imunizações) estiment que dans la majorité des cas la fièvre jaune, en particulier la fièvre jaune rurale (en portugais febre amerela silvestre), ne présente aucun symptôme.

Les symptômes qui demandent le plus d’attention de la part du personnel médical est la fièvre ainsi que les maux de dos.
Il faut savoir que 3 à 4 jours après les premiers symptômes de la fièvre jaune, chez la grande majorité des patients, les symptômes s’améliorent puis disparaissent.


“Phase toxique” de la fièvre jaune
– Dans environ 15% des cas, la maladie se détériore, on appelle cette évolution de la maladie la “phase toxique”. Dans cette phase la fièvre remonte, le patient présente des diarrhées, des douleurs abdominales, des hémorragies au niveau des gencives, de la peau, du nez, des hémorragies internes avec une coagulation vasculaire disséminée, causant un infarctus dans divers organes.
– Dans cette phase les fonctions rénales et hépatiques se trouvent sérieusement endommagées, ainsi que la fonction cardiaque. Il peut ainsi apparaître une hépatite fulminante suite à diverses hémorragies internes. Ces problèmes hépatiques aboutissent à une augmentation de la circulation de la bilirubine, qui donne une coloration jaune à la peau (d’où le nom fièvre jaune). Le taux de mortalité dans la “phase toxique” de la maladie est d’environ 50% et ces patients meurent au bout de 10 à 14 jours (source: OMS, janvier 2013).

Diagnostic

Le diagnostic de la fièvre jaune est principalement clinique, qui repose sur l’observation des symptômes et un historique clinique (anamnèse) du patient (voyages, état de la vaccination, symptômes, etc). De plus des examens virologiques sont possibles comme un PCF, MAC-ELISA ou l’isolement en culture.

Complications

Environ 15% des patients évoluent, dans les 24 heures après le début de la maladie (après le temps d’incubation), vers une phase très grave de la maladie, connue comme la “phase toxique” de la fièvre jaune (lire aussi ci-dessus).

Dans cette phase une série d’événements comme des hémorragies internes et une coagulation disséminée, provoquent la détérioration de nombreux organes, principalement le rein (le patient présente un déficit dans la production d’urine, connue sous le terme médical anurie), le foie (hépatite fulminante et insuffisance hépatique) ainsi que le coeur. Ces problèmes d’organes peuvent entraîner un coma et la mort.

Dans cette phase le patient présente aussi des saignements dans les vomissements et les fèces. Le taux de mortalité est haut dans cette phase toxique, de l’ordre de 50%.

Notons que la fièvre jaune normale (sans phase toxique) a un taux de mortalité d’environ 5%.

Traitements

La fièvre jaune n’a pas de traitement spécifique, les médicaments utilisés cherchent à réduire les symptômes comme de la fièvre, des douleurs musculaires, maux de tête, diarrhée, etc.

En cas de fièvre jaune il est conseillé d’éviter la prise d’acide acétylsalicylique (Aspirine), car cela peut favoriser le risque d’hémorragies (déjà un symptôme de la fièvre jaune), privilégiez par exemple pour faire baisser la fièvre et contre les douleurs le paracétamol.

Dans les formes graves de la maladie (ex. phase toxique, voir sous complications) la fièvre jaune exige un traitement spécifique, qui peut inclure une transfusion plaquettaire et une dialyse.

Pendant la phase initiale de la maladie, il est important que le patient atteint de fièvre jaune soit protégé par une moustiquaire, pour éviter qu’il devienne une source d’infection pour le moustique Aedes aegypti (qui cause la fièvre jaune) et contamine d’autres personnes.

Il faut savoir qu’il existe un vaccin qui permet de prévenir efficacement la fièvre jaune, voir sous la rubrique prévention fièvre jaune (vaccination fièvre jaune).

Bons conseils

– Si vous suspectez de souffrir de fièvre jaune (symptômes spécifiques et voyages dans une zone à risque), consultez immédiatement un médecin.

– Ne laissez jamais de l’eau s’accumuler (dans les zones endémiques), ex. proche de votre maison (de vacances) car cela peut attirer les moustiques.

– Avant de voyager dans une zone à risque, pensez à vous faire vacciner (plus d’informations sous prévention).


Prévention (vaccination)

La prévention de la fièvre jaune repose principalement sur la vaccination, elle est considérée par l’OMS comme le principal et le plus efficace moyen de lutter contre la fièvre jaune :

Vaccination contre la fièvre jaune
Le vaccin contre la fièvre jaune (vaccin anti-amarile) est obtenu grâce à un virus atténué. L’OMS affirme que l’immunité apparaît dans les 30 jours chez 99% des personnes vaccinées. Le sérieux journal brésilien Folha de S.Paulo (dans un article du 13 janvier 2017) estime que l’efficacité du vaccin contre la fièvre jaune est d’environ 90%.

Le vaccin de la fièvre jaune est indiqué pour les personnes prévoyant de se rendre dans des zones à risque (Afrique, Amérique latine et en particulier l’Amazonie).

La durée de l’immunisation contre la fièvre jaune est à vie (selon les dernières études de l’OMS parues en 2013), avant mai 2013 on estimait que la vaccination devait être répétée 10 ans après la première injection.

Désormais une seule vaccination contre la fièvre jaune suffit.

La vaccination contre la fièvre jaune devra être effectuée au moins 10 jours avant le départ (pour garantir son efficacité une fois arrivé sur la zone à risque).

Effets secondaires du vaccin contre la fièvre jaune : on peut dans certains cas observer une légère douleur musculaire au niveau de la zone d’injection ou une fièvre dans les 48 heures après la vaccination. Il est aussi possible de souffrir de douleurs dans le corps et de maux de tête. Ces effets secondaires plutôt légers concerneraient entre 2 et 5% des personnes vaccinées.
Un effet secondaire du vaccin très grave mais très rare (environ 1 personne pour 400’000 personnes vaccinées) est le développement d’une maladie souvent mortelle appelée maladie viscérotrope. Cette affection peut mener à un choc et à une défaillance de plusieurs organes. Selon le Ministère de la Santé brésilien, cité dans un article de la Folha de S.Paulo le 13 janvier 2017, entre 1999 et 2007 les autorités ont compté 8 cas de cette maladie avec 7 morts.
Les encéphalites sont d’autres effets secondaires très graves du vaccin mais aussi très rare.
Pour la liste des effets secondaires complets, demandez conseil à votre médecin ou pharmacien, lisez la notice d’emballage.

Contre-indicationdu vaccin contre la fièvre jaune  (sauf avis médical contraire) : le vaccin est contre-indiqué chez les femmes enceintes, les personnes allergiques aux oeufs (si le vaccin est à base d’oeufs ou de dérivés), les personnes grippées ou souffrant de fièvre les enfants de moins de 6 ans, les personnes immunodéprimées (souffrant de maladies comme le sida ou le cancer), les personnes prenant des médicaments immunosuppresseurs, les personnes effectuant des radiothérapies. Les personnes souffrant de maladies auto-immunes comme le lupus ou la polyarthrite rhumatoïde devront demander conseil à leur médecin pour savoir si une vaccination est appropriée.

Dans certains pays on estime que la vaccination contre la fièvre jaune est considérée comme sûre chez les personnes âgées de 9 mois à 60 ans. Chez les personnes de moins de 9 mois ou de plus de 60 ans, veuillez-vous faire conseiller par un médecin. Demandez conseil à votre médecin ou pharmacien pour davantage d’informations.

En Suisse, il faut effectuer le vaccin contre la fièvre jaune dans des centres spécialisés (ex. à Genève: Médecine Tropicale et des Voyages, aux HUG). Vous trouverez sur ce site le listing des lieus des centres spécialisés pour la vaccination de la fièvre jaune: Safetravel.ch

En Suisse, le vaccin contre la fièvre jaune se nomme Stamaril®.

Lutte contre les moustiques

Tout comme contre la dengue (fièvre dengue), la lutte contre les moustiques est fondamentale dans la prévention de la maladie. Voici quelques mesures efficaces:

– Utilisez des moustiquaires dans les maisons pour éviter l’entrée de moustiques.

– Evitez de laisser de l’eau stagnante (dans des vieux pneus,…).

– Arrosez les plantes avec de l’eau traitée avec du chlore.

Site intéressant sur la fièvre jaune et les maladies du voyageur (avec des cartes, actualisé) : Safetravel

Sources & Références :
Université Princeton (Princeton University), Folha de S.Paulo, R7.com

Crédits photos : Fotolia.com, Pharmanetis Sàrl (infographie sur la fièvre jaune au Brésil)

Comment traduit-on la fièvre jaune dans d’autres langues ?
  • Anglais : yellow fever
  • Allemand : Gelbfieber
  • Italien : febbre gialla
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Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 15.11.2017

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