Vaccin AstraZeneca/Oxford

Le vaccin développé par l’Université d’Oxford et le laboratoire pharmaceutique AstraZeneca est utilisé en prévention de la Covid-19, notamment dans la prévention de formes graves de la maladie. Le nom du vaccin est ChAdOx1-S. Il s’agit d’un vaccin à vecteur viral, c’est-à-dire qu’il prend comme support un autre virus (un adénovirus) qui a été transformé et adapté pour combattre la Covid-19.

News importantes :
21.01.2021 – Suite aux variants du virus SARS-CoV-2. Des scientifiques de l’université d’Oxford révisent le vaccin contre la Covid-19 qu’ils ont développé avec la société AstraZeneca. Cela devrait permettre de l’utiliser spécifiquement contre les nouvelles mutations très contagieuses du virus. Le journal britannique “Telegraph” l’a rapporté le 21 janvier 2021. Les scientifiques préparent une étude de faisabilité sur la reconception du vaccin contre le coronavirus, selon le journal.

Prise/Posologie :
Le vaccin AstraZeneca/Oxford est administré en deux doses en injection au niveau du bras, à 28 jours d’intervalle1. Cela dit, dans la pratique au Royaume-Uni, au lieu d’administrer les deux vaccins en un mois (28 jours) comme prévu initialement, les cliniciens britanniques attendront jusqu’à 12 semaines (3 mois) pour administrer une seconde dose aux personnes à vacciner, a déclaré le gouvernement britannique dans un communiqué à la fin 20202.

Dans quels pays le vaccin a-t-il été enregistré ?
Royaume-Uni : le 30 décembre 2020. Les premières injections du vaccin ont commencé le lundi 4 janvier 20213. Le 4 janvier 2021, quelque 520’000 doses de ce vaccin étaient prêtes à être distribuées, a indiqué le NHS britannique dans un communiqué.
– Argentine : le 30 décembre 2020
– Inde : le 3 janvier 2021
– Brésil : le 18 janvier 2021 (par Anvisa, l’autorité de contrôle des médicaments au Brésil)

Efficacité du vaccin :
Le vaccin a une efficacité de 70% à 90% pour prévenir la Covid-19, selon un communiqué de presse et une étude scientifique (publiée dans The Lancet). L’efficacité du vaccin AstraZeneca/Oxford est de 90 % pour les volontaires qui ont d’abord reçu une demi-dose, puis une dose complète un mois plus tard, mais de seulement 62 % pour un autre groupe qui a pourtant été davantage vacciné avec deux doses complètes à un mois d’écart. 
Dans un article révisé par des scientifiques indépendants sur l’essaie clinique de phase 3, l’efficacité trouvée était de 70% chez des adultes âgés de moins de 55 ans résidant de 3 pays : Brésil, Royaume-Uni et Afrique du Sud4.

Conservation du vaccin :
Le vaccin AstraZeneca/Oxford peut être conservé à la température d’un réfrigérateur, soit entre 2° et 8° C.

Prix :
Une dose coûte environ 2,5 euros, beaucoup moins que les vaccins à ARN (ex. de Pfizer/BioNTech ou de Moderna).

Effets secondaires :
Les effets secondaires du virus sont extrêmement rares à ce stade, selon les essais cliniques de phase 3. Sur les 23’754 volontaires qui ont participé à ces essais, seul un patient à qui ce vaccin a été administré a connu un “effet indésirable grave susceptible d’être lié” à cette injection, selon les données publiées dans The Lancet. Il s’agissait d’un cas de myélite transverse (une atteinte neurologique rare) qui avait motivé l’interruption temporaire de l’essai début septembre 2020.  

Comment fonctionne un vaccin à vecteur viral ?
Dans ce type de vaccin, un virus inoffensif comme dans le cas de ce vaccin un adénovirus est modifié en laboratoire au niveau d’un ou plusieurs gènes pour produire les protéines (ex. spike proteins) du SARS-CoV-2. L’adénovirus utilisé est affaibli pour ne pas provoquer de symptômes comme le rhume. Cette méthode existe depuis les années 1980. Le vaccin à vecteur viral est considéré comme un vaccin sûr, sans risque d’effets secondaires graves. Le vaccin Ervebo contre Ebola (approuvé en 2019 par la FDA) du laboratoire Merck utilise cette technique de vecteur viral.
L’avantage du vaccin à vecteur viral (par exemple à la différence du vaccin à virus atténué) est qu’en plus de favoriser une production d’anticorps, le vaccin active aussi une réponse cellulaire avec les lymphocytes.

Changement entre 2 vaccins ? :
Au Royaume-Uni, il y avait début janvier 2021 deux vaccins disponibles sur le marché (celui d’AstraZeneca/Oxford et celui à ARN de Pfizer/BioNTech). Mélanger ou alterner les deux vaccins chez une même personne n’est pas recommandé, comme l’expliquait début janvier 2021 la Dresse Mary Ramsay du Public Health England’s Head of Immunisations5. Cela signifie qu’il n’est pas recommandé de vacciner ou de recevoir par exemple la première dose du vaccin AstraZeneca/Oxford et la deuxième dose de Pfizer/BioNTech, ou l’inverse. Cela dit, s’il y a un doute du nom du vaccin de la première dose reçue ou un problème de disponibilité du vaccin de la 1ère dose, il est préférable de vacciner la 2ème dose (même si un autre vaccin) plutôt que de ne pas vacciner une seconde fois, toujours selon la Dresse Ramsay.

Sources :
AFP, Keystone-ATS, France 24, CNN.com, TV CNN, Le Figaro.

Références études :
N/A

Rédaction :
Xavier Gruffat (pharmacien)

Dernière mise à jour :
21.01.2021

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Notes de bas de page et références :

  1. CNN.com, le 2 janvier 2021
  2. The New York Times, le 30 décembre 2020
  3. Keystone-ATS, le 4 janvier 2021
  4. Folha de S.Paulo, édition papier du 31 décembre 2020
  5. CNN.com, le 2 janvier 2021
Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 21.01.2021