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Ibuprofène

L’ibuprofène est une molécule avec des propriétés anti-inflammatoire, analgésique et fébrifuge. Ce médicament est utilisé surtout en cas de douleur et d’inflammation.
L’ibuprofène appartient à la classe des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et a une efficacité qui ressemble à d’autres AINS comme le diclofénac ou le naproxène. L’ibuprofène est très utilisé dans le monde, il s’agit d’un médicament (molécule) de référence. L’ibuprofène a été autorisé aux Etats-Unis par l’agence américaine des médicaments (FDA) en 1967.

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Noms de la molécule
Ibuprofène (Ibuprofenum PhEur)
L’ibuprofène est aussi vendu sous forme de sels : ibuprofène arginine, ibuprofène lysine, ibuprofène sodium (natrium)

Remarque : l’ibuprofène n’a pas de métabolite actif.

Formule chimique

Molécule de l’ibuprofène présentée ci-dessus, ici avec les 2 énantiomères de l’ibuprofène (crédit photo : Wikipedia.org).

Formule de la molécule d’ibuprofène : 
C13H18O2

Temps de demi-vie : 
2 à 3 h.

Dosage :
Pour adulte, les dosages disponibles en vente libre, c’est-à-dire sans ordonnance (OTC), sont en général au dosage de 200 mg. Sur ordonnance, en tout cas en Suisse, il existe des dosages de 600 mg voire de 800 mg (forme retard notamment).

Posologie :
Chez l’adulte, on recommande une prise orale de 200 à 400 mg d’ibuprofène chaque 6 à 8h en cas de fièvre ou douleur. En cas d’arthrose ou de polyarthrite rhumatoïde ainsi que d’autres maladies rhumatismales on recommande une prise orale de 400 à 600 mg d’ibuprofène chaque 8h.
Chez les personnes âgées, la quantité d’ibuprofène doit en général être réduite.

Effets :
– Anti-inflammatoire, analgésique (contre la douleur) et fébrifuge (contre la fièvre) grâce à un blocage réversible des COX (cyclooxygénases). L’ibuprofène agit sur les COX1 et COX2. C’est surtout le blocage de la COX2 qui semble être responsable des effets sur l’inflammation et la douleur. Il s’en suit une inhibition de la synthèse des prostaglandines.
L’ibuprofène a un temps de demi-vie compris entre 2 et 3 h (certaines sources comme Pharmawiki.ch parlent de 1 à 3 h). L’ibuprofène ne contient pas de métabolite actif. La concentration maximale dans le plasma survient après 1 à 2 heures.

Indications :
Dermatite atopique stressUsage interne (ex. comprimé, gélule…) :
– Douleurs et inflammations : mal de dos et lombalgie, arthrose, grippe, refroidissement, dysménorrhée, otite, mal de dent, arthrose, polyarthrite rhumatoïde, douleurs musculaires, spondylarthrite ankylosante, goutte (crise de goutte), douleurs post-traumatiques, douleurs post-opératoires (ex. après une intervention chirurgicale ambulatoire mineure chez les enfants, lire davantage ci-dessous sous Remarques), bursite, mal de tête, migraine.
Fièvre

Usage externe (ex. gel, crème…)
– Douleurs rhumatismales (ex. arthrite, arthrose, coups). Hématomes.
Remarque : seulement 1 personne sur 3 à 4 profitent des effets bénéfiques anti-douleur et anti-inflammatoire de l’ibuprofène en usage externe (en anglais : “Number Needed to Treat”=3-4)1.

Effets secondaires
– Troubles digestifs comme les brûlures d’estomac mais aussi la diarrhée, les vomissements ou la constipation. On estime que les troubles digestifs apparaissent chez environ 5 à 10% (plutôt proche de 10% que de 5%) des personnes consommant de l’ibuprofène. Des saignements de la muqueuse gastro-intestinale peuvent aussi apparaître.
Troubles cardiovasculaires comme l’infarctus du myocarde surtout en cas de prise de l’ibuprofène sur une longue période. Selon l’agence du médicament américain (FDA) qui a publié un communiqué en juillet 2015, les AINS peuvent augmenter le risque d’infarctus du myocarde (et d’AVC). La FDA a passé en revue plusieurs études scientifiques pour arriver à ces conclusions. La nouveauté de ce travail de recherche américain est que chaque individu prenant des AINS, sans être forcément à risque cardiovasculaire, présente un risque accru de souffrir d’infarctus ou d’AVC.
– Capacité de réaction limitée, maux de tête, étourdissements, fatigue.
– Éruptions cutanées.
En plus des effets secondaires mentionnés ci-dessus, des effets secondaires plus rares (général avec les AINS) peuvent survenir comme : hépatite (toxicité hépatique), réactions cutanées potentiellement mortelles, réaction allergique généralisée, hypertension artérielle, dysfonctionnement rénal jusqu’à l’insuffisance rénale, perforation, saignements, maux de tête, vertiges, troubles de l’audition, troubles de la vue, pancréatite, complications hématologiques, méningite, Pseudotumor cerebri (hypertension intra-crânienne idiopathique), complications infectieuses pulmonaires sévères (pleurésies purulentes).
Pour plus d’informations et la liste complète des effets secondaires, veuillez lire la notice d’emballage du médicament et demandez conseil à votre médecin ou pharmacien.

Contre-indications
Troubles rénaux, allergie à un autre AINS comme l’aspirine, ulcère peptique actif.
Pour plus d’informations et la liste complète des contre-indications, veuillez lire la notice d’emballage du médicament.

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Interactions
Les interactions sont peu nombreuses, on peut notamment mentionner que l’ibuprofène augmente l’efficacité du méthotrexate, un médicament potentiellement toxique (à haute dose). Risque d’interaction possible avec certains fluidifiants sanguins. Si vous prenez de l’acide acétylsalicylique (aspirine) faiblement dosée pour fluidifier le sang, il faudrait prendre ce médicament de préférence 2 heures avant l’ibuprofène. Autres risques d’interaction de l’ibuprofène : lithium, certains anti-hypertenseurs.
Il faut savoir que l’ibuprofène est un substrat du CYP2C9 et du UGT2B7.
Pour plus d’informations veuillez lire la notice d’emballage du médicament.

Grossesse :
L’ibuprofène peut être utilisé pendant les 2 premiers trimestres de la grossesse, mais à éviter pendant le dernier trimestre (ainsi que les autres AINS).
Demandez conseil à votre pharmacien ou médecin pour plus d’informations.

Allaitement :
En petite quantité, il est possible d’utiliser de l’ibuprofène pendant l’allaitement. Demandez conseil à votre pharmacien ou médecin pour plus d’informations.

Noms de marque originale et génériques
En Suisse :
En préparation simple
Médicament original de l’ibuprofène :
Brufen®, vendu notamment en comprimé et autres formes galéniques.
Quelques médicaments génériques de l’ibuprofène :
Irfen®
Algifor®
Dismenol®
Dolocyl®

Sous quelle forme (formes galéniques) ?
En vente en pharmacie (OTC) ou sur prescription médical (Rx) notamment sous forme de comprimé (notamment comprimés pelliculés), gélule (aussi gélule mole), sachet à diluer dans l’eau (ex. granulés), sirop, suspension orale, gel, pommade ou crème.

Remarques
– L’ibuprofène a été développé par une équipe de chercheurs anglais travaillant pour le laboratoire britannique Boots (Boots Pure Drug Company) dans les années 1960. Le premier médicament commercialisé à base d’ibuprofène se nommait Brufen® en 1969 au Royaume-Uni, il continue d’être vendu dans certains pays comme en Suisse.
– De nos jours, l’ibuprofène est l’un des analgésiques (AINS) les plus couramment consommés dans le monde. En Allemagne, il existait en 2019 (selon la Gelbe Liste) plus de 240 préparations (médicaments) différentes à base d’ibuprofène, commercialisées par plus de 30 entreprises2. En Allemagne, le Brufen® était aussi le premier médicament à base d’ibuprofène commercialisé mais en 2019 il n’était plus disponible sur le marché allemand.
– Le dexibuprofène est parfois utilisé à la place de l’ibuprofène, à des dosages inférieurs. Le dexibuprofène est l’énantiomère dextrogyre actif de l’ibuprofène. Il faut savoir que la plupart des formulations d’ibuprofène contiennent un mélange racémique des deux isomères. Le dexibuprofène est moins documenté que l’ibuprofène, autrement dit il y a moins d’études disponibles.
– Chez des personnes âgées souffrant notamment de troubles rénaux ou des problèmes au niveau de l’estomac, il faut être prudent avec l’utilisation d’ibuprofène.
– En cas de douleur sans inflammation, le paracétamol peut être une bonne alternative, car il n’engendre pas d’effets secondaires de type gastro-intestinal (ex. brûlures d’estomac).
– La prise d’alcool et de corticoïdes (ex. cortisone) augmente le risque d’effets secondaires gastro-intestinaux.

Sinusite chez les enfants
Selon une étude française réalisée en 2013 par l’hôpital de la Timone à Marseille, il faudrait absolument éviter l’ibuprofène en cas de sinusite chez l’enfant. Les chercheurs ont observé un risque accru de complications intracrâniennes sérieuses en cas de prise d’ibuprofène. Il faut privilégier le paracétamol en cas de mal de tête et/ou fièvre.

Intervention chirurgicale ambulatoire mineure chez les enfants
– L’ibuprofène est un meilleur choix que la morphine pour soulager la douleur chez les enfants qui ont subi une intervention chirurgicale ambulatoire mineure, car l’ibuprofène présente moins d’effets indésirables que la morphine prise par voie orale. Cette étude clinique a pris en compte 154 enfants âgés de 5 à 17 ans qui ont subi une chirurgie orthopédique mineure, comme une chirurgie au niveau des articulations, des ligaments ou des tendons au London Health Sciences Centre à London, en Ontario au Canada. Dans les 24 premières heures après l’opération, plus de 80% des participants ont eu besoin d’un médicament pour soulager la douleur lorsqu’ils sont rentrés chez eux. Les effets antidouleurs de l’ibuprofène et de la morphine en prise orale était similaires, mais les enfants qui ont reçu de la morphine ont signalé plus d’effets indésirables tels que nausées, vomissements, somnolence, vertiges et constipation qu’avec l’ibuprofène. Cette étude a été publiée le 10 octobre 2017 dans le journal scientifique Canadian Medical Association Journal ou CMAJ (DOI : 10.1503/cmaj.170017).

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Douleur postopératoire en ambulatoire
L’ibuprofène et les autres les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont supérieurs à la codéine pour gérer la douleur postopératoire en ambulatoire, selon une étude publiée en juin 2021 dans le CMAJ (DOI : 10.1503/cmaj.201915). Les AINS comme l’ibuprofène permettent de mieux contrôler la douleur et ont moins d’effets indésirables que la codéine. Pour arriver à ces résultats, des chercheurs provenant notamment de la McMaster University au Canada ont procédé à un examen systématique et à une méta-analyse de 40 essais contrôlés randomisés (ECR) de haute qualité portant sur plus de 5’100 adultes afin de comparer les niveaux de douleur et la sécurité des médicaments contenant de la codéine avec les AINS. Les auteurs ont constaté que les patients randomisés pour recevoir des AINS après une intervention chirurgicale ambulatoire ont rapporté de meilleurs scores de douleur, de meilleurs scores d’évaluation globale, moins d’effets indésirables et aucune différence dans les événements hémorragiques, par rapport à ceux recevant de la codéine.

Covid-19 et ibuprofène, pas de risque particulier 
L’utilisation d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme l’ibuprofène n’est pas associée à une augmentation de la mortalité ou de la gravité de la Covid-19, selon une étude publiée dans la revue médicale The Lancet Rheumatology (DOI : 10.1016/S2665-9913(21)00144-2) en mai 2021. Les auteurs de l’étude ont examiné les données de 72’000 malades du coronavirus admis dans 255 centres de soins d’Angleterre, d’Ecosse et du Pays de Galles entre janvier et août 2020. Parmi eux, 4211 avaient pris des AINS (essentiellement de l’ibuprofène) avant leur hospitalisation. Selon l’étude, la proportion de décès était similaire chez les patients qui avaient pris des AINS et ceux qui n’en avaient pas pris (30,4% et 31,3%). Des craintes avaient surgi au sujet des AINS au début de la pandémie en 2020, notamment en France.

News (actualités) :
La prise d’ibuprofène pourrait prévenir Alzheimer (étude)

Sources & Références :  
Sources : 
Wikipedia.org (en anglais), Pharmawiki.ch, FDA.
Références et littérature :
Current Medical Research and Opinion (DOI : 10.1185/03007990903116255, étude publiée en 2009), “100 wichtige Medikamente” – Infomed (2020), The Lancet Rheumatology (DOI : 10.1016/S2665-9913(21)00144-2), CMAJ (DOI : 10.1503/cmaj.170017), CMAJ (DOI : 10.1503/cmaj.201915).

Crédits photos/Adobe Stock :
Fotolia.com, Wikipedia.org (crédit photo de la molécule)

Rédaction : 
Xavier Gruffat (pharmacien)

Dernière mise à jour : 
07.07.2021

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Notes de bas de page et références :

  1. “100 wichtige Medikamente” – Infomed (2020)
  2. Livre en allemand : Taschenatlas Pharmakologie (Atlas de poche de pharmacologie), Lutz Hein – Jens W.Fischer, 8ème édition (8. Auflage), Thieme, 2020 – Remarque : une édition de ce livre existe aussi en français mais souvent il y a un retard dans les différentes mises à jour (éditions).

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Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 07.07.2021
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