Polyarthrite rhumatoïde (PR)



Définition

Définition polyarthrite rhumatoïdeLa polyarthrite rhumatoïde (PR) est une maladie rhumatismale inflammatoire auto-immune (qui attaque ses propres articulations). On constate une atteinte de la synoviale, une membrane conjonctive qui tapisse la face interne des articulations.
En général, il s’agit des mains, des pieds et des poignets qui sont touchés par cette affection mais la maladie peut s’étendre à d’autres parties du corps et notamment aux tissus conjonctifs, c’est pourquoi on nomme la PR parfois aussi maladie du tissu conjonctif.
La maladie évolue sur de nombreuses années. Elle commence en général autour de 25 ans, mais c’est seulement des années plus tard que l’on ressent les premiers symptômes (40-60 ans). La PR touche en majorité les femmes (70%).


Epidémiologie

Selon des données de juillet 2016 provenant de la Mayo Clinic, plus 1,5 millions d’Américains souffrent de polyarthrite rhumatoïde.

Les femmes sont plus touchées que les hommes par cette affection.

Causes

Causes polyarthrite rhumatoïdeLes causes de la polyarthrite rhumatoïde (PR) sont peu connues, on estime toutefois qu’il pourrait s’agir d’une maladie auto-immune (attaque des articulations par ses propres cellules qui aboutit à une inflammation).
Comme dans certaines familles la PR est plus présente que dans d’autres, on estime que l’hérédité (les gènes) peut jouer un facteur important dans le développement de la PR. L’environnement joue également un rôle dans le développement de cette maladie, comme le tabagisme.

On sait aussi que certains facteurs comme la grippe ou le stress peuvent déclencher des poussées (voir sous symptômes pour la différence entre les phases de poussée et de rémission) chez un malade atteint de PR.

Une bactérie (Porphyromonas gingivalis) provoquant la parodontite, une maladie infectieuse touchant les tissus de soutien de la dent, pourrait favoriser l’apparition de la polyarthrite rhumatoïde (PR) et augmenter l’intensité des symptômes de cette maladie rhumatismale. On sait qu’une personne souffrant de parodontite a un risque deux fois plus haut d’avoir une PR.

En juillet 2016, des scientifiques de la Mayo Clinic (hôpital américain de référence) sous la direction du Dr. Taneja  ont publié une étude identifiant 2 bactéries intestinales du microbiome comme causes possibles de la PR. Les scientifiques ont remarqué que ces bactéries étaient présentes en plus grande quantité chez des personnes souffrant de PR que celles saines. L’équipe du Dr. Taneja a aussi découvert l’importance de la bactérie Prevotella histicola, cette dernière permettrait de favoriser une suppression de l’inflammation lors de PR. Cette étude a été publiée en 2016 dans la revue spécialisée Genome Medicine.
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Personnes à risque

news-sept-3s-petiteLes personnes à risque pour la polyarthrite rhumatoïde (PR) sont surtout des femmes, mais également des personnes qui ont eu des antécédents de PR dans leur famille (composante génétique).

Symptômes

Symptômes polyarthrite rhumatoïdeLa polyarthrite rhumatoïde commence souvent très jeune, comme par exemple dès l’âge de 25 ans. Toutefois, un délai important réside entre le développement de la maladie et la manifestation des premiers symptômes (douleurs, déformation). C’est pourquoi les premiers symptômes de la polyarthrite rhumatoïde apparaissent généralement entre 40 et 60 ans.

Ces symptômes peuvent être:

– Des douleurs et inflammations articulaires qui touchent principalement les (petites) articulations des mains, du poignet et du pied (avant-pied)

– Les articulations sont caractérisées par les signes classiques de l’inflammation: rougeur, douleur, chaleur et tuméfaction (oedème)

– Les articulation sont raides et ankylosées

Symptômes polyarthrite rhumatoïde– Les articulations peuvent être déformées, par exemple au niveau des doigts ou des orteils, on parle d’articulation en “coup de vent” (symbole de la déformation)

– La maladie se caractérise par des atteintes symétriques (par ex. pied gauche et pied droite touchés ensemble)

– Les douleurs sont souvent nocturnes et augmentées avec la mise au repos (sans activité). Typiquement, les douleurs sont plus fortes le matin et s’estompent au cours de la journée (après avoir un peu marché et fait les activités de la journée)

– Pendant la phase d’inflammation ou poussées (voir ci-dessous) des symptômes tels que fièvre, perte de poids et d’appétit sont fréquents

Poussées vs. Rémission
Il faut savoir que la polyarthrite rhumatoïde est une maladie chronique qui évolue par phases. On parle de poussées lorsque la maladie évolue (les symptômes s’accentuent avec augmentation de l’inflammation) et celles-ci peuvent durer plusieurs semaines ou mois. Lorsque la maladie et ses symptômes ne se manifestent pas ou très peu on parle de phase de rémission.

Remarque sur les symptômes
Les symptômes de la PR peuvent fortement varier d’un patient à l’autre, comme l’a relevé l’Université d’Uppsala en Suède dans une publication sur la maladie.

Complications

Troubles du sommeil fatigueLa polyarthrite rhumatoïde peut aussi évoluer (après quelques années dans sa forme évolutive) vers des inflammations qui concernent d’autres parties du corps que les articulations. Ces atteintes peuvent concerner les tendons, la peau (avec l’apparition de nodules), le poumon, le péricarde, etc. D’où l’intérêt de bien soigner cette maladie pour éviter ces complications. Il s’agira de se tourner le plus vite possible vers un médecin spécialiste (de préférence un rhumatologue). On constate chez les patients atteints de PR souvent une anémie qui peut engendrer de la fatigue et un manque d’énergie.
De plus, la PR a tendance a disparaître pendant la grossesse, elle revient en général une fois celle-ci terminée.

Diagnostic

polyarthrite rhumatoïde diagnosticPour diagnostiquer une polyarthrite rhumatoïde (PR) le médecin (de famille ou rhumatologue) pourra premièrement observer le patient et ses articulations (constater des déformations, des signes inflammatoires) puis éventuellement effectuer une analyse sanguine pour mesurer la gravité de la PR avec détection de l’anticorps nommé facteur rhumatoïde, d’autres anticorps spécifiques ou encore de la protéine C-réactive.
Le diagnostic peut aussi être confirmé et/ou révélé par des radiographies afin de constater les (éventuelles) lésions au niveau des articulations.
Dans le futur, une analyse de la flore intestinale ou microbiome pourrait être une nouvelle méthode de diagnostic. Comme mentionné sous Causes, la PR pourrait avoir une origine bactérienne, notamment au niveau du microbiome.


Lire aussi : Un nouvel outil pour mieux diagnostiquer et peut-être soigner la polyarthrite rhumatoïde (mars 2017)

Traitements (médicaments)

1. Traitements médicamenteux

– Les traitements de premier choix pour des symptômes légers de la PR sont des anti-inflammatoires notamment non stéroïdien ou AINS (diclofénac, ibuprofène, celecoxib) et du paracétamol (surtout pour soigner la douleur, car pas efficace contre l’inflammation). Il est intéressant de constater que la prise d’AINS est plus efficace le soir au coucher qu’à d’autres moments de la journée.

– Des corticoïdes (en prise orale ou injectable) lorsque les symptômes de la PR deviennent plus avancés.

– Médicament de la classe des inhibiteurs des janus kinase (JAK) 1 et 3 comme le tofacitinib (Xeljanz®, Pfizer). Ce médicament a été autorisé par la FDA en 2012 aux Etats-Unis en indication de la PR et par Swissmedic en Suisse en 2013. Médicament en vente sous forme de comprimé.

– Des immunomodulateurs comme le léflunomide.

– Traitements de fond de la polyarthrite rhumathoïde: antipaludéen (hydroxychloroquine, chloroquine), sels d’or, méthotrexate, salazopyrine.

2. Autres traitements

Il existe d’autres traitements que les médicaments comme :
– la kinésithérapie
– l’érgothérapie (pour limiter ou éviter les déformations)
– la chirurgie

Souvent les différents traitements sont combinés, parlez-en à votre médecin.

Traitement futur potentiel
Dans une étude publiée en 2016 dans la revue Arthritis and Rheumatology, l’équipe de la Dr. Taneja de la Mayo Clinic aux Etats-Unis a réalisé un travail sur des souris. Un groupe de souris susceptible de souffrir d’arthrite a été traité par injection de bactéries Prevotella histicola, puis comparé à un groupe de souris n’ayant pas reçu cette bactérie. Les scientifiques ont pu observer que les souris traitées avec la bactérie présentaient une diminution de la fréquence et de la gravité des symptômes, et moins de maladies inflammatoires associées à la polyarthrite rhumatoïde. Lire davantage

Phytothérapie

Les plantes médicinales suivantes ont su montrer une efficacité pour aider à soigner la polyarthrite rhumatoïde, les plantes (phytothérapie) sont plutôt à considérer comme des mesures complémentaires lors de PR et ne sont pas un traitement de premier choix:
harpagophytum Phytothérapie polyarthrite rhumatoïde– L’harpagophytum (griffe du diable), à prendre en général sous forme de comprimés.
– L’arnica, à prendre en général sous forme topique (gel, crème, pommade).
– Le saule, à prendre en général sous forme de comprimé, gélule, capsule,etc.
– Le poivre de Cayenne, à prendre en général sous forme de crème ou compresse.
– Le frêne, à prendre en général sous forme de capsule ou gélule.

Bons conseils & Prévention

Bons conseils polyarthrite rhumatoïde– Faites régulièrement de l’exercice (marche, sport) sans pour autant que cela ne soit trop contraignant (ne pas soulever des charges trop importantes) et évitez des sports mauvais pour les articulations comme le football ou le squash (surtout au niveau du genou).
Si vous avez encore l’énergie et que la douleur est supportable, l’exercice reste l’un des meilleurs “médicaments” pour soigner de nombreux maux rhumatismaux comme la polyarthrite rhumatoïde.

– Adoptez une alimentation riche en vitamines, minéraux, fruits, légumes, produits laitiers et poissons (particulièrement ceux qui contiennent des oméga-3). A l’inverse, diminuez votre consommation de viande.

– Contrôlez votre pression sanguine (hypertension) ainsi que votre taux de cholestérol. En effet, un risque accru de complications cardiovasculaires peut plus facilement apparaître chez les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde.

– Utilisez, avec le conseil de votre médecin, des médicaments à base de plantes (harpagophytum, arnica) pour compléter votre traitement de base.

– Prenez des bains chauds (sauf pour les personnes cardiaques) ou allez dans une cure thermale. A éviter toutefois lorsque vous vous trouvez en période évolutive de l’inflammation (poussée).

– Portez des souliers confortables et adaptés à votre pied.

– Il peut être utile de tremper les articulations touchées par la PR dans de l’eau chaude pendant 4 minutes puis pendant 1 minute dans de l’eau froide. Répétez ce cycle de 5 minutes pendant 30 minutes.

News (actualités)

Sources (références): Mayo ClinicUniversité d’Uppsala

Crédits photos : Fotolia.com

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Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 24.03.2017

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