Toux
Dernière mise à jour le : 02.02.2026
Auteurs : Xavier Gruffat, pharmacien – Seheno Harinjato, journaliste
Aperçu
La toux est un mécanisme de défense pulmonaire fondamental qui permet l’expulsion de substances indésirables et irritantes. La toux n’est pas, au sens strict, une maladie mais un symptôme. La toux est presque toujours un processus pathologique. Elle est l’un des motifs les plus fréquents de consultation médicale. La toux peut avoir une durée naturelle, sans la nécessité de prendre des traitements, de deux à trois semaines1.
La toux est la plupart du temps un réflexe, comme la respiration2, qui survient suite à une stimulation des voies respiratoires (la trachée ou les bronches). Ces dernières envoient un message au cerveau, dans le centre de la toux, qui va ensuite déclencher une contraction musculaire (au niveau du diaphragme en particulier). Lorsque le mucus ou un autre agent irritant bloque les voies respiratoires, le mécanisme de la toux se déclenche pour libérer le passage de l’air et faciliter la respiration. Il se présente comme une expiration brusque et bruyante, réflexe ou volontaire, assurant l’expulsion de l’air contenu dans les poumons (la vitesse d’expulsion peut atteindre les 900 km/h).
Une toux continue peut devenir irritante pour l’organisme et doit être bien soignée. Une personne qui tousse à répétition peut voir le diamètre de ses bronches se réduire.
Types de toux
On peut classer la toux en 4 types différents: la toux sèche, la toux grasse, la toux chronique (qui dure 8 semaines ou plus) et la toux médicamenteuse.
La toux sèche est souvent l’un des premiers signes du refroidissement (ou rhume), elle se transforme souvent après quelques jours en une toux grasse ou productive.

Mécanisme de la toux
En cas d’attaque extérieure (microbes comme virus ou bactéries) ou intérieure (aliments, mucus, gazes) les voies respiratoires supérieures comme la gorge ou la trachée qui sont munies de récepteurs sont stimulées et vont envoyer un message au cerveau (au niveau du centre de la toux). Ensuite, le cerveau réagit tout de suite en provoquant une fermeture de la glotte et une contraction musculaire, en particulier au niveau du diaphragme, c’est la toux.

Pourquoi la toux est-elle parfois accompagnée de catarrhe (mucus) et dans certains cas non ?
– Lorsqu’il y a une production de catarrhe ou de mucus, par exemple suite à une infection, la réaction normale de l’organisme est la toux afin justement d’éliminer ce catarrhe. On parle de toux grasse ou de toux productive.
– Par contre, lorsqu’il n’y a pas de production de catarrhe, c’est la toux sèche. L’origine de cette toux repose sur une irritation des terminaisons nerveuses des voies aériennes ou des alvéoles (dans le poumon).
Mucus, de quoi s’agit-il ?
Le mucus est principalement composé de glycoprotéines d’eau et de mucine qui sont de très longs brins de protéines enrobés de glycanes – un type de molécule de sucre3. La viscosité du mucus est déterminée par des protéines appelées “facteurs trèfles” (en anglais trefoil factors) qui se lient aux glycoprotéines de la mucine qui sont de très longs brins de protéines enrobés de molécules de sucre uniques. Il faut savoir qu’une quantité saine de mucus est très importante pour capturer et éliminer les menaces potentielles pour les poumons, telles que les particules de poussière, les cellules mortes et les bactéries.
Résumé sous forme d’infographie
Lire aussi un article sur la toux présenté sous forme de questions fréquentes (FAQs)
Causes
La toux peut avoir de très nombreuses causes. En automne et en hiver, l’une des causes les plus fréquentes de la toux sèche et grasse est une maladie infectieuse affectant les voies respiratoires supérieures souvent d’origine virale (parfois bactérienne).
Une toux doit toujours être prise très au sérieux dans la recherche de la cause. En effet, dans certains cas elle peut être le signe de troubles des cordes vocales, d’une maladie plus grave comme l’asthme ou un cancer (du poumon , du larynx, etc.) ou encore de maladies cardiaques.
Parmi les causes les plus fréquentes de la toux figurent :
– Le reflux acide, également appelé RGO (reflux gastro-oesophagien) ou des brûlures d’estomac
– Les allergènes tels que le pollen, les squames animales et les moisissures
– L’asthme
– La sinusite
– Certains traitements médicamenteux, notamment les inhibiteurs de l’ECA comme l’énalapril ou le lisonopril, indiqués par exemple pour soigner l’hypertension, qui peuvent mener à une toux sèche, et les sprays nasaux
– La BPCO ainsi que d’autres maladies pulmonaires chroniques
– Un refroidissement (appelé aussi rhume ou syndrome gripppal en France) ou des infections respiratoires comme le rhume, la grippe, le Covid-19, la coqueluche (avec une toux quinteuse), la bronchite, la tuberculose ou la pneumonie
– Les maladies infectieuses d’origines bactériennes ou virales : diphtérie, croup (“faux croup“), légionellose
– Les substances irritantes, par exemple la fumée, la poussière et les odeurs fortes
– L’emphysème pulmonaire, un stade avancé de la bronchite chronique
– Une embolie pulmonaire
– La nervosité, le stress ou la timidité excessive
– Une insuffisance cardiaque gauche
– L’écoulement post-nasal (en anglais postnasal drainage)
– Le virus Ebola (la toux peut être très intense)
– La peste (en particulier la peste pneumonique qui peut s’avérer mortelle sans traitement antibiotique)
– Syndrome de toux d’origine des voies aériennes supérieures (en anglais : Upper Airway Cough Syndrome)
– Syndrome d’hypersensibilité à la toux (en anglais : Cough Hypersensitivity Syndrome), notamment pour la toux chronique durant plus de 6 mois.
Symptômes (signes)
On distingue principalement 4 sortes de toux, les symptômes ainsi que la durée et les causes sont souvent différents pour chaque forme de toux. Relevons qu’une légère toux est normale et parfois même saine pour nettoyer les voies respiratoires. Par contre, une toux persistante et notamment qui irrite doit être traitée.
1. Toux sèche (aussi appelé toux irritative ou encore toux non productive), une toux aiguë en général :
Durée :
La plupart du temps il s’agit d’une toux aiguë (sur une courte durée). La toux aiguë a une durée de moins de 3 semaines. De 3 à 8 semaines, on parle de toux subaiguë (plus de 8 semaines, de toux chronique, lire ci-dessous).
Remarque : une toux aiguë chez un enfant provoqué par un refroidissement (rhume) peut facilement durer de 2 à 3 semaines.
Symptômes :
Il s’agit d’une toux comme son nom l’indique sèche qui ne produit et n’évacue pas de mucus, inutile, épuisante et qui peut parfois aggraver des lésions existantes.
La toux sèche peut mener à de la fatigue et à des troubles du sommeil.
Causes principales :
Les origines d’une toux sèche sont souvent virales et peuvent être accompagnées par un rhume, une otite, un refroidissement (c’est en général le symptôme du début du refroidissement) ou une laryngite (avec enrouement).
Comme on le voit sur l’infographie ci-dessous en cas d’infection virale (ex. refroidissement ou rhume), la toux sèche apparaît après plusieurs jours mais précède en général la toux grasse.
La toux sèche peut également être l’effet secondaire d’un médicament (voir point no 4. ci-dessous).
2. Toux grasse (ou toux productive) :
Durée :
Il peut s’agir d’une toux aiguë ou chronique, autrement dit la durée varie (voir points 1. et 3.), de moins de 3 semaines (toux aiguë), de 3 à 8 semaines (toux subaiguë) ou de plus de 8 semaines (toux chronique).
Symptômes :
Cette toux ramène une expectoration, utile pour dégager les voies respiratoires. On sent bien que la toux est grasse et productive.
Principales causes :
Les origines d’une toux grasse peuvent être : la bronchite, la bronchite chronique (comme la BPCO), l’emphysème, la phase avancée d’un refroidissement, un rhume, etc.
3. Toux chronique :
Durée :
Comme son nom l’indique, cette toux est chronique, c’est-à-dire qu’elle persiste pendant plus de 2 mois (8 semaines4) et est toujours le symptôme d’une maladie sous-jacente. Chez l’enfant de moins de 14 ans, la toux est considérée comme chronique à partir d’une durée de 4 semaines, comme le relève le journal de l’Université de Bâle i.m@il Offizin en avril 2019.
Principaux symptômes :
Voici quelques symptômes typiques d’une forme de toux chronique (la toux du fumeur ou BPCO) :
– toux fréquente, même sans refroidissement
– toux matinale avec expectorations
– dyspnée à l’effort
– respiration sifflante
– fatigue et troubles du sommeil (conséquences d’une toux chronique qui fatigue)
Complications possibles d’une toux chronique :
Une toux chronique peut parfois mener à des évanouissements, des maux de tête, des fuites urinaires et des côtes cassées5.
Il est conseillé de consulter rapidement un médecin pour ce type de toux.
Les origines possibles d’une toux chronique peuvent être : la BPCO (toux du fumeur), problèmes ORL (oreilles, nez, larynx), asthme, bronchite chronique, tabac, cancer, reflux gastro-oesophagien, insuffisance cardiaque gauche, syndrome de toux d’origine des voies aériennes supérieures.
4. Toux comme effet indésirable d’un médicament :
Durée :
Cette toux dure le temps de la prise des médicaments
Principaux symptômes :
Toux sèche (plus d’informations ci-dessus)
Cause :
Provoqué la plupart du temps par les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (IECA) par exemple à base de captopril, énalapril, lisinopril ou ramipril, etc. Des médicaments utilisés notamment dans le traitement de l’hypertension et de l’insuffisance cardiaque.
Complications
La toux étant un symptôme d’une maladie (infectieuse, chronique,…), il se peut que cette maladie sous-jacente de la toux aboutisse à de sérieuses complications. C’est le cas par exemple avec la pneumonie, une maladie infectieuse à prendre très au sérieux, c’est pourquoi dès qu’une toux devient suspecte, il faut se rendre rapidement chez son médecin.
La toux peut aussi dans certains cas provoquer de la fatigue ou au contraire de l’agitation ainsi que de l’insomnie.
Parfois la toux peut mener à des douleurs dans la cage thoracique, en particulier suite à la contraction répétée du diaphragme (muscle actif dans le mécanisme de la toux).
Si la toux est violente (très forte et de façon répétée) on peut observer les complications suivantes: lésions au niveau des bronches ou des poumons, pneumothorax, certaines formes d’hémorragie, fracture de côtes (chez patients fragiles), etc.
Une personne qui tousse à répétition peut voir le diamètre de ses bronches se réduire.
Une toux intense ou prolongée peut ainsi provoquer :
– des crises d’asthme
– des difficultés à respirer
– une sensation d’étouffement
– des malaises ou des évanouissements
– des maux de tête
– des douleurs et des tensions musculaires
– des fractures des côtes
– des vomissements
Quand consulter son médecin ?
Nous vous conseillons de consulter un médecin (liste non exhaustive) :
– si la toux est accompagnée de gêne respiratoire (difficulté à respirer, douleur à la respiration), par exemple en cas de coqueluche (toux quinteuse), de Covid-19 ou d’asthme
– si la toux devient fréquente (jour et nuit) ou chronique (sur plusieurs mois)
– si la toux dure pendant au moins 10 jours sans aucune amélioration
– lors de perte de poids, notamment oedèmes périphériques avec prise de poids
– lors de maux de tête violents
– lors de fièvre élevée (supérieur à 38°C) qui dure pendant plus de 3 jours6
– si le mucus (ou crachat) présente une couleur inhabituelle (brun, rose,…) et surtout si vous constatez du sang dans ce mucus (hémoptysie)
– si l’état de la toux ne s’améliore pas après quelques jours d’automédication (sirop contre la toux, plantes médicinales, etc.)
– en cas de pneumonie à répétition
– en cas de vomissements
– lors de troubles de la déglutition en mangeant
– en cas de toux rauque, évoquant un aboiement ou un hululement
– si la respiration est sifflante à l’expiration
– en cas de fièvre persistante au-delà d’un à deux jours
– si fortes douleurs thoraciques
Traitements (antitussifs et expectorants/fluidifiants)
Selon le type de toux, des médicaments différents seront utilisés :
1. Contre la toux sèche (antitussifs)
Les principaux antitussifs (les noms de médicaments concernent la Suisse) sont :
– dextrométhorphane, en vente sous forme de comprimés, de gouttes ou de sirops. En France, depuis 2017 ce médicament est disponible seulement sur ordonnance. Le dextrométhorphane est également présent dans des médicaments composés.
– codéine, en vente sous forme de comprimés, de gouttes ou de sirops.
La codéine est également présente dans des médicaments composés. En France, depuis 2017 ce médicament est disponible seulement sur ordonnance. La dihydrocodéine est un autre antitussif qui ressemble à la codéine. Les deux molécules sont transformées (métabolisées) en morphine.
– noscapine, en vente sous forme de gouttes, sirop, suppositoires, etc.
– (pholcodine, en sirop. Attention en France, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a suspendu depuis le 8 septembre 2022 toutes les autorisations de mise sur le marché (AMM) des sirops contre la toux à base de pholcodine, à cause de risque d’allergie grave aux curares en cas d’anesthésie7. Le 2 décembre 2022, l’Agence européenne des médicaments (EMA) a annoncé que les sirops pour la toux contenant de la pholcodine allaient être interdits dans l’Union européenne (UE), car ils peuvent provoquer une réaction allergique très dangereuse en cas d’anesthésie générale8. En Suisse le seul médicament disponible à base de pholcodine a été retiré du marché en octobre 2022, selon Swissmedic.
– butarimate, en vente sous forme de sirop (dans Demo Tussol®ou NeoCitran Antitussif), comprimé dépôt (dans NeoCitran Antitussif) ou gouttes pour la toux (dans Demo Tussol®ou NeoCitran Antitussif). Le butamirate est un sédatif de la toux qui exerce son effet sur les récepteurs centraux du tronc cérébral, il agit aussi comme bronchodilatateur.
– morclofone, en vente sous forme de sirop (Nitux®). Le morclofone n’appartient pas à la classe des antitussifs narcotiques apparentés à la morphine. En général, il ne cause pas de fatigue, n’inhibe pas la respiration et ne cause pas de constipation. La molécule agit aussi comme bronchodilatateur.
– des antihistaminiques H1 (antiallergiques) ceux de première génération, en vente sous forme de sirop contre la toux : notamment à base d’oxomémazine, de chlorphénamine (dans Solmucalm®, avec en plus l’acétylcystéine), de diphénhydramine (ex. dans Benylin® à la Codéine, comme son nom l’indique avec de la codéine et de la diphénhydramine, et plusieurs autres préparations) ou de doxylamine.
– des sympathomimétiques. Dans cette classe de médicaments avec un effet antitussifs possible on compte notamment : éphédrine (ex. dans Pectocalmine® N avec d’autres molécules), méthyléphédrine, pseudoéphédrine (dans plusieurs médicaments, y compris composés, voir la liste ici). La pseudoéphédrine est en fait une molécule avec un effet vasoconstricteur surtout utilisée comme décongestionnant, notamment contre le rhume, un effet bronchodilateur semble aussi possible.
Restriction de certains antitussifs en France
Il faut savoir qu’en France dès le 12 juillet 2017 tous les médicaments contenant de la codéine, du dextrométhorphane, de l’éthylmorphine ou de la noscapine sont soumis à prescription médicale obligatoire, quel que soit l’âge du patient et la dose délivrée.
Remarques sur les antitussifs :
– En général, les antitussifs se présentent sous forme de sirop et parfois de comprimés.
– Les antitussifs agissent sur le centre de la toux au niveau du cerveau, ils bloquent le réflexe de la toux. Par conséquent, en cas de toux grasse ou de toux productive les antitussifs sont contre-indiqués car ils empêchent l’évacuation du mucus et peuvent provoquer un encombrement bronchique.
– Une grande partie des antitussifs sont des opiacés (codéine, dextrométhorphane) ou des antihistaminiques. Il faut savoir que ces médicaments ont passablement d’effets secondaires comme des troubles digestifs ou de la somnolence (évitez de conduire un véhicule après la prise d’un antitussif). De plus, en cas de surdosage un arrêt respiratoire est possible.
– Lors de traitement à base d’antitussifs il faut absolument éviter de boire de l’alcool.
– Un traitement antitussif devrait avoir une durée de maximum 3 à 5 jours.
Pour plus d’informations demandez conseil à votre pharmacien ou médecin.
– En 2016, la revue Cochrane (DOI : 10.1002/14651858.CD011914.pub2) s’est explicitement exprimée contre l’utilisation de la codéine et de ses dérivés chez les enfants de moins de 12 ans. Selon les chercheurs, cette étude a mis en évidence l’absence d’essais comparatifs randomisés évaluant les médicaments à base de codéine dans le traitement de la toux chronique infantile.
Lire aussi : Rien ne vaut le miel pour soigner la toux infantile
2. Contre la toux grasse (expectorants et fluidifiants, y compris plantes médicinales)
Pour rappel (sauf avis médical contraire) : ne pas utilisez des antitussifs comme la codéine ou le dextrométorphane en cas de toux grasse ou productive. Dans ce type de toux, il est important de faire sortir le mucus pour faire “mûrir” la toux. Les antitussifs ayant tendance à bloquer ce processus.
On utilise contre la toux grasse principalement des expectorants et/ou fluidifiants :
– Les expectorants sont soit salins (chlorure d’ammonium) ou à base d’extraits de plantes comme la guaïfénésine. Il faut savoir qu’en Suisse, il n’existe plus de médicament sur le marché à base de chlorure d’ammonium.
– L’ambroxol (ex. Bisolvon® Ambroxol gommes orales ou Mucosolvon® 75 mg retard) est un expectorant aussi utilisé lors de toux grasse ou productive.
– La bromhexine (ex. Bisolvon®), un principe actif synthétique similaire à celui d’une plante médicinale indienne appelée Adhatoda vasica. La bromhexine fluidifie les sécrétions bronchiques visqueuses et encombrantes, favorisant ainsi l’expectoration. Cela facilite la respiration et atténue la toux irritative. L’ambroxol et la bromhexine sont très proches en terme de leur molécule chimique9.
Remarque : de façon indirecte, les expectorants exercent une action antitussive (par diminution de l’irritation au niveau de bronches)10.
– Les fluidifiants (qui diminuent la viscosité du mucus) :
> à base de N-acétylcystéine (acétylcystéine), à consommer par exemple sous forme de comprimés, comprimé effervescent ou sachet.
> à base de carbocystéine, sous forme de sirop, gouttes ou spray.
Remarque importante, prescription chez les enfants
– La carbocystéine et la N-acéytlcystéine sont contre-indiquées en France chez les enfants de moins de 2 ans, car plusieurs cas de complications respiratoires sont apparus.
– En Suisse, le pharmacien ne devrait pas remettre la carbocystéine et la N-acéytlcystéine chez un enfant de moins de 2 ans. Toutefois, selon les cas un médecin peut prescrire la carbocystéine et la N-acéytlcystéine (acéytlcystéine) pour des enfants de 1 à 2 ans.
– Il conseillé de ne jamais donner de médicament antitussif à un enfant de moins de 2 ans sans avis médical et de privilégier les simples mesures d’hygiène : désobstruction nasale plusieurs fois par jour au sérum physiologique en cas d’encombrement nasal, éviction de l’exposition au tabac, hydratation régulière du nourrisson et limitation de la température à 19-20°C dans la chambre.
– Médicaments à base de plantes par exemple sous forme de bonbons ou de sirop : bourgeon de sapin, lierre, racine de guimauve (plus d’informations ci-dessous).
3. Contre la toux chronique
La thérapie consiste à calmer la toux selon qu’il s’agisse d’une toux sèche ou grasse : dans tous les cas prière de consulter un médecin car cette toux cache ou peut cacher en général une maladie sous-jacente (BPCO, cancer), il faudra donc plutôt soigner la cause de cette maladie.
Le gefapixant (Lyfnua®) est un antitussif du groupe des antagonistes des récepteurs P2X3 pour le traitement d’une toux chronique. Ce médicament pris en comprimés a été enregistré en Suisse et au Japon en 202211. En Suisse, le médicament Lyfnua® est indiqué chez les adultes présentant une toux chronique réfractaire ou une toux chronique inexpliquée.
D’autres médicaments ou molécules peuvent être utilisés lors de toux chronique, en particulier lors d’hypersensibilité à la toux (en anglais : cough hypersensitivity), notamment la gabapentine, l’amitriptyline ou la prégabaline. Ces molécules semblent pouvoir atténuer l’envie de tousser12.
4. Contre la toux médicamenteuse
Il s’agira en général de remplacer le médicament à l’origine de toux médicamenteuses (lire ci-dessus sous Causes).
Remarque générale :
Une étude publiée en avril 2024 dans la revue scientifique Journal of General Internal Medicine13 a montré que la toux des personnes traitées par antibiotiques durait aussi longtemps que celles qui ne l’avaient pas été. Parfois, lors d’infections bactériennes des antibiotiques sont utilisés, mais comme on peut le constater, ils n’ont pas d’effets sur la durée de la toux.
Pastilles et sprays pour la gorge
Ils peuvent aider à apaiser ou à engourdir la gorge, offrant ainsi un soulagement temporaire de l’irritation et des picotements causés par la toux.
Miel
Le miel est reconnu pour ses propriétés apaisantes. Une cuillère de miel avant de se coucher peut aider à calmer la gorge irritée et réduire les toux nocturnes. Vous pouvez aussi préparer un sirop de sauge et miel, une tisane de gingembre au miel et citron ou un remède au thym et au miel. Une méta-analyse (étude d’études) publiée en mars 2021 dans le journal scientifique BMJ Evidence-Based-Medicine (DOI : 10.1136/bmjebm-2020-111336) qui a pris en compte 14 études a montré que le miel était supérieur aux soins habituels (ex. dextrométorphane, sirops contre la toux) pour l’amélioration des symptômes des infections des voies respiratoires supérieures comme la toux. Cependant, il ne doit pas être administré aux enfants de moins d’un an.
Remèdes naturels
1. Plantes médicinales
Les plantes ci-dessous ont su montrer une efficacité contre la toux, la plupart exercent un effet expectorant ou un effet désinfectant (thym, plantain, pin).
Remarque : en cas de tisane avec une plante ci-dessous, n’hésitez pas à rajouter du miel. En effet selon une étude de 2008, des chercheurs américains ont prouvé que le miel pouvait être autant efficace que de nombreux antitussifs, tout en étant moins cher et avec un goût meilleur.
– Thym, une plante à forte action désinfectante, principalement en vente sous forme de tisane, sirop contre la toux ou en huile essentielle. Il s’agit de la plante la plus recommandée en cas de toux. Une étude publiée en 2018 dans Phytotherapy Research (DOI : 10.1002/ptr.6109) a montré une forte activité antivirale et antibactérienne du thym.
– Bouillon blanc, plante à action expectorante, principalement en vente sous forme de tisane.
– Bourgeons de sapin, une plante à action expectorante en vente sous forme de sirops ou de bonbons.
– Droséra, une plante antitussive principalement en vente sous forme de goutte, efficace lors de toux sèche ou irritative.
– Eucalyptus, une plante principalement en vente sous forme de tisane, goutte, sirop ou huile essentielle.
– Fenouil, une plante à action expectorante en vente en général sous forme de tisane.
– Guaco, une plante qui agit sur les bronches (originaire d’Amérique du Sud, peu connue en Europe et Amérique du Nord mais très efficace, surtout en cas de toux grasse et de bronchite), principalement en vente sous forme de tisane.
– Guimauve (racine de), une plante à action expectorante, principalement en vente sous forme de tisane.
– Lierre, une plante expectorante, en vente sous forme de médicament prêt à l’emploi (ne pas se faire soi-même un remède à base de cette plante !)
– Mauve, une plante médicinale utilisée lors de toux sèche ou en cas de maux de gorge. Se présente souvent sous forme de sirop, en bonbon ou en tisane.
– Mousse d’Islande, une plante contre la toux sèche et les maux de gorge, principalement en vente sous forme de tisane ou en bonbons.
– Plantain, une plante à action désinfectante et expectorante utile lors de toux et d’autres infections de la bouche et la gorge, principalement en vente sous forme de tisane ou en sirop contre la toux.
– Pulmonaire, une plante à action expectorante et émolliente utile lors de toux, principalement en vente sous forme de tisane.
– Réglisse, une plante à action expectorante, principalement en vente sous forme de tisane, bonbon ou en sirop.
– Sapin (bourgeons de), une plante à action expectorante, principalement en vente sous forme de tisane, bonbon ou en sirop.
Lire aussi : Rien ne vaut le miel pour soigner la toux infantile !
2. Remèdes naturels
Découvrez sur notre page spéciale tous les remèdes naturels pour soigner la toux (sirops, tisanes)
Bon conseils
– Il est très important de soigner une toux le plus rapidement possible afin d’éviter des complications.
– Vous pouvez faire des inhalations : notamment à base d’huiles essentielles comme le thym, l’eucalyptus, de romarin ou la camomille avec de l’eau très chaude à bouillante.
– Buvez des boissons chaudes (évitez les boissons froides) comme des tisanes à base de plantes médicinales, par exemple une tisane de thym avec du sucre et surtout avec du miel, si possible aussi un peu de citron (pour diminuer la viscosité du mucus).
En cas de toux, il est important de beaucoup boire, vous pouvez aussi boire des jus de fruits, mais évitez l’alcool et des sodas comme le coca.
– Appliquez des pommades sur la peau en friction à base d’huiles essentielles à base de menthol ou de camphre.
Attention ne pas appliquer des pommades contenant du camphre ou du menthol chez les enfants de moins de 30 mois, utiliser dans ce cas des formules pour bébé.
– Prenez des bonbons contre la toux (à base de miel ou en mélange de plantes à base de bourgeons de sapin, mauve ou mousse d’Islande).
Remarque : Il semblerait que selon de récentes études, c’est plutôt l’effet du sucre dans le bonbon qui favorise la salivation et permet ainsi de mieux soigner la toux, davantage peut-être que les plantes elles-mêmes.
– Vous pouvez utiliser un humidificateur, afin d’hydrater les muqueuses et améliorer l’état d’une toux.
– Le cas échéant, surtout lors d’accès de toux nocturne, surélevez la tête du lit.
– Prenez une douche chaude peut fluidifier le mucus et maintenir les voies respiratoires humides.
– Évitez les irritants, notamment les parfums, la fumée et les allergènes.
Prévention
– Diminuez, voire arrêtez si possible votre consommation de tabac. Le tabac favorise la toux, en particulier la fameuse toux du fumeur (ou BPCO).
– La toux est souvent causée par des virus. Afin de limiter leur transmission, il est conseillé de bien se laver les mains.
– Buvez beaucoup, boire permet de diluer les virus et donc de limiter le risque d’avoir une toux. Une tisane (ex. de thym) avec du citron et du miel est recommandé.
Lire aussi :
– Questions fréquentes (FAQs) sur la toux
– Comment venir à bout d’une toux persistante ?
Nom anglais :
Cough
Crédits photos & Infographies :
Adobe Stock, Pharmanetis Sàrl
Historique de la mise à jour – Dossier revu médicalement :
– 02.02.2026 ( par Xavier Gruffat, pharmacien – Seheno Harinjato Razanamanga, journaliste)
– 06.05.2024 (par Xavier Gruffat, pharmacien)
Références scientifiques et bibliographie :
- Article du journal édité par l’Université de Bâle (Suisse), i.m@il.Offizin, édition no1 de décembre 2021
- Livre en anglais : Mayo Clinic – Book of Home Remedies – Second Edition, Cindy A. Kermott, Martha P. Millman, 2017, Mayo Clinic
- Mucus breakthrough could help patients breathe easy, accédé le 13 mai 2020, le lien fonctionnait le 13 mai 2020
- Newsletter de la Mayo Clinic, Mayo Clinic Health Letter, page 1, édition de février 2023 parlant de la toux chronique
- Newsletter de la Mayo Clinic, Mayo Clinic Health Letter, page 1, édition de février 2023 parlant de la toux chronique
- Livre en anglais : Mayo Clinic – Book of Home Remedies – Second Edition, Cindy A. Kermott, Martha P. Millman, 2017, Mayo Clinic
- Site de l’ANSM : Risque d’allergie grave aux curares en cas d’utilisation des sirops contre la toux contenant de la pholcodine : suspension des AMM et retrait des lots (article publié le 01/09/2022 et mis à jour le 09/09/2022), article accédé par Creapharma.ch le 9 septembre 2022
- Agence de presse suisse Keystone-ATS, avec notre partenaire Pharmapro.ch qui est client de l’agence. Le 2 décembre 2022
- Site en allemand Pharmawiki.ch
- Article du journal édité par l’Université de Bâle (Suisse), i.m@il.Offizin, édition no2 de novembre 2021
- Site en allemand Pharmawiki.ch
- Newsletter de la Mayo Clinic, Mayo Clinic Health Letter, page 3, édition de février 2023 parlant de la toux chronique
- Merenstein, D.J., et al. (2024) Antibiotics Not Associated with Shorter Duration or Reduced Severity of Acute Lower Respiratory Tract Infection. Journal of General Internal Medicine. doi.org/10.1007/s11606-024-08758-y.





