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_Les préparations du pharmacien d’officine

lavande-une-2009Le métier de pharmacien est varié et passionnant. Lorsque l’on franchit le pas de la porte d’une pharmacie, on peut ressentir si le maître des lieux est plutôt orienté médecine traditionnelle ou médecine complémentaire : en regardant en premier lieu l’assortiment qu’il propose, mais également en sentant les effluves dégagées par les divers remèdes naturels comme les tisanes, l’aromathérapie, par exemple. En se baladant de rayons en rayons, on peut parfois découvrir des remèdes maisons, sous forme de pommades, de solutions à boire, à appliquer ou encore à diffuser.

Le pharmacien est avant tout le spécialiste du médicament. Durant ses études, il a appris à synthétiser des molécules chimiques, préparer des crèmes, badigeons, gélules et même des suppositoires. Un médicament est fait d’un principe actif et d’excipient(s). Ces derniers permettent une meilleure assimilation du principe actif en renforçant son effet, en assurant sa bonne distribution dans le corps ou tout simplement à améliorer son goût, qui parfois peut être très amer. Dans sa pratique officinale, si son laboratoire le permet, il peut également fabriquer des produits stériles comme des collyres ou des produits à injecter sous forme de seringues prêtes à l’emploi. Dans cet article, nous mettrons l’accent sur les préparations que le pharmacien peut faire en médecine complémentaire.

Médecines naturelles

En médecine alternative, le pharmacien peut être amené à travailler avec les huiles essentielles, les extraits de plantes standardisées (EPS), les oligo-éléments, les fleurs de Bach, la spagyrie et même l’homéopathie. Les formules peuvent être de sa propre composition ou prescrites par un médecin, voire un thérapeute.

Les huiles essentielles peuvent être utilisées par voie interne, externe ou en diffusion. Mêmes si certaines huiles essentielles peuvent être employées pures, il est souvent nécessaire de les diluer dans une huile végétale ou du disper. Mélanger ces différentes essences peut souvent favoriser une synergie (augmenter le pouvoir de chacune). Par voie externe, on peut appliquer les huiles essentielles sous forme de lotion, de crème et même de suppositoire. Pour la crème, votre pharmacien incorporera le mélange d’huiles essentielles dans du phytogel, un gel à base de plantes, qui permet une bonne absorption des huiles. Le phytogel pur est transparent, sa consistance ressemble à celle de certains gels pour les cheveux ! Le pharmacien incorpore ensuite, à l’aide d’un mortier et d’un pilon, les différentes huiles essentielles. Il s’assure de l’homogénéité du tout. Le mélange devenu tout blanc est mis soigneusement en tube, afin d’assurer une bonne conservation de la crème.

L’application des huiles essentielles par voie rectale se fait grâce à des suppositoires. Le pharmacien devra en premier lieu couler sa masse grasse (en général du witepsol). Cette masse spéciale fond à la température du corps, assurant une bonne pénétration du principe actif dans l’organisme. La masse grasse doit être fondue au bain-marie. On y incorpore ensuite le mélange d’huile essentielle. Une fois le tout bien homogénéisé, il s’agit de le couler dans des moules à suppositoires de 1 g (pour les enfants), de 2 g (pour les adultes) et de 3 g (pour la gynécologie ; cela correspond à des ovules). Une fois la masse refroidie et durcie, il faudra gratter l’excédent à l’aide d’une spatule. Ensuite, on recouvre les suppositoires d’un scotch spécial. Le tout est emballé dans un carton à suppositoire et conservé au frigo.

Les EPS sont des solutions de plantes fraîches, standardisées, conservées dans de la glycérine. La plupart du temps, on les retrouve en mélange pour différentes indications. Un mélange à parts égales d’échinacée et de cyprès sera souvent prescrit pour stimuler le système immunitaire en hiver. C’est de la phytothérapie pure. En général, on peut y retrouver 2, 3 voire 4 plantes, mélangées à part égales ou non, selon le désir du prescripteur. La préparation est conservée dans des flacons bruns opaques, permettant de filtrer la lumière du jour. Il ne faudra jamais garder un mélange d’EPS plus de 6 mois, gare aux bactéries !

La spagyrie est un mixte entre la phytothérapie et l’homéopathie. On y retrouve les plantes, mais une notion de dynamisation, d’énergie entre en jeu. On les retrouve essentiellement en solution à boire, ou en spray (à mettre dans la bouche), mais également en crème. Une préparation spagyrique peut parfois contenir une vingtaine de remèdes. Imaginez le pharmacien mesurer à l’aide d’un tout petit cylindre gradué ou d’une pipette graduée les 0,6 ml de chaque solution pour préparer le remède ! De plus, l’ordre des remèdes a une signification énergétique importante. Ainsi, si le même remède est prescrit au début de la formule et à la fin de la formule, il ne faudra pas juste multiplier par deux la quantité et l’ajouter en une fois ! Le remède est conservé dans un flacon pipette.

Avec les fleurs de Bach, on touche à une sphère plus émotionnelle. Dans un flacon pipette, il s’agit de mettre de l’eau de source et quelques gouttes de chaque fleur prescrite si le remède est destiné à un enfant ou à un animal. Il est alors important de garder la bouteille au frigo et de la consommer dans les 4 semaines. En revanche, chez les adultes, il est possible de rajouter un peu de brandy (ou éventuellement de l’alcool de récepture) dans l’eau de source. Cela permet de garder le remède 3 mois à température ambiante.

fotolia_663141-life-style-optComme pour les préparations allopathiques, le pharmacien est tenu, selon la loi d’indiquer sur l’emballage le numéro de préparation, la date d’expiration, le contenu, les informations utiles (s’il faut conserver au frigo, agiter avant l’emploi).
Ainsi, nous pouvons voir ici que le travail du pharmacien d’officine est vaste et surtout très intéressant !

Lire aussi : huiles essentielles, plantes médicinales

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Dossier écrit par: Van Nguyen (pharmacienne)

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Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 27.12.2017

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