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Rectocolite hémorragique (colite ulcéreuse)

Dernière mise à jour : 14.02.2024
Révision médicale : Xavier Gruffat, pharmacien

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Définition

Maladie de Crohn résuméLa rectocolite hémorragique, appelée aussi colite ulcéreuse, est une maladie inflammatoire du tube digestif. Il s’agit d’une maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI), en anglais Inflammatory Bowel Disease, qui se manifeste par une inflammation du côlon1. Il en existe deux, la maladie de Crohn et justement la rectocolite hémorragique (colite ulcéreuse, en anglais Ulcerative Colitis).
Ces deux maladies, très semblables au niveau des symptômes (diarrhées et crampes abdominales), se distinguent par leur localisation. En effet, la colite ulcéreuse se limite au recto-côlon, tandis que la maladie de Crohn peut toucher tout le tube digestif.

Coloscopie

Causes

Les causes de la rectocolite hémorragique restent mal connues. L’immunité pourrait jouer un rôle. En effet, le système immunitaire, attaquerait les intestins, suite à l’apparition d’un élément environnemental, alimentaire ou infectieux. Comme c’est le cas dans les allergies saisonnières, où le corps réagit très fortement au pollen et provoque les éternuements, l’écoulement nasal et les picotements des yeux. En conséquence d’une allergie, le système digestif semble aussi être touché.

La rectocolite hémorragique provoque une inflammation durable et des plaies (ulcères) dans la paroi interne du gros intestin (côlon) et du rectum2.

Symptômes

Les symptômes peuvent varier et aller de légers à graves.

La rectocolite hémorragique étant une maladie attaquant les intestins, ses répercussions toucheront la sphère digestive, avec comme symptômes :

Maladie de Crohn symptôme

– des diarrhées chroniques, parfois sanglantes ;

– des douleurs abdominales (maux de ventre) dues aux crampes intestinales ;

– de la fièvre (en général fièvre légère3) ;

– une diminution de l’appétit ;

– une perte de poids. Un patient peut perdre du poids et même souffrir de malnutrition parce qu’il ne peut pas digérer et absorber correctement les aliments ;

– de l’anémie ;

– de la fatigue ;

– du sang dans les selles.

La rectocolite hémorragique se caractérise par des ulcères au niveau du gros intestin (côlon).

Traitements

Dans le traitement de la rectocolite hémorragique, on cherche essentiellement à soulager les symptômes (diarrhée, crampes, douleurs abdominales) et diminuer l’inflammation. L’objectif du traitement est de réduire l’inflammation qui déclenche les symptômes4

Médicaments

Médicaments anti-inflammatoires
Corticostéroïdes
Des corticostéroïdes comme la prednisone et l’hydrocortisone. Les corticostéroïdes ayant des effets secondaires graves, les professionnels de santé ne les recommandent que pour une utilisation à court terme.
Aminosalicylates
Des aminosalicylates ou dérivés de la salazosulfapyridine comme la sulfasalazine (en Suisse dans Salazopyrin® et Salazopyrin® EN) ou la mésalamine ou mésalazine (en Suisse dans Pentasa®).
Remarque intéressante : 
Lors de douleur ou de fièvre, il faut éviter la prise d’AINS comme l’ibuprofène ou le naproxène, il est préférable d’utiliser du paracétamol. Les AINS peuvent aggraver les symptômes de la colite ulcéreuse5.

Immunosuppresseurs 
L’utilisation d’immunosuppresseurs (azathioprine, mercaptopurine, cyclosporine6) est justifiée lorsque les différents médicaments mentionnés ci-dessus n’ont pas d’effet sur la maladie. Ces derniers agissent sur le système immunitaire, en permettant de plus longues périodes de rémission, donc une amélioration de l’état général des patients. Cependant, leur efficacité est longue à s’établir. Il faut 2 à 4 mois avant de voir les premiers bienfaits des immunosuppresseurs. De plus, ils peuvent occasionner des effets secondaires graves, comme des allergies. Ainsi, il sera essentiel, sous traitement d’immunosuppresseurs, de contrôler notamment :
– le taux des enzymes pancréatiques
– le taux des globules blancs

Biologiques
Les biologiques sont des anticorps. On compte notamment les molécules suivantes : infliximab (Remicade®), adalimumab (Humira®), golimumab (Simponi®), certolizumab pegol (Cimzia®), vedolizumab (Entyvio®) et ustekinumab (Stelara®). Les médicaments biologiques traitent la rectocolite hémorragique modérée à sévère en calmant certaines parties de la réponse immunitaire.

Inhibiteurs de la janus kinase (JAK)
Les JAK contiennent les molécules suivantes : tofacitinib (Xeljanz®), l’upadacitinib (RinvoQ®) et l’ozanimod (Zeposia®)7. Ces médicaments empêchent l’une des enzymes du corps de déclencher une inflammation.

Autres médicaments
Parfois, afin d’éviter des complications, des antibiotiques sont également prescrits.

Méthodes chirurgicales

On aura recours à la chirurgie lors de rectocolite hémorragique dans les cas où des complications se présentent. Le problème est qu’il faudra souvent faire une ablation complète du côlon et rectum.
– Dans une forme de chirurgie, une poche est construite à partir de l’extrémité de l’intestin grêle et attachée directement à l’anus8. Cela permet d’expulser les déchets (selles) de manière relativement normale. Une fois guérie, cette partie de l’intestin grêle agit comme un nouveau rectum qui permet de faire ses besoins normalement. Cette chirurgie se nomme proctocolectomie et création d’une poche iléale. 
– Si une ponction n’est pas possible, une ouverture permanente est créée dans l’abdomen (conduit iléal) par laquelle les selles sont évacuées pour être recueillies dans un sac. L’anus est enlevé. Dans ce cas on parle de proctocolectomie et d’iléostomie.
Proportion de personnes ayant besoin de chirurgie : 
Environ 30% des personnes atteintes de rectocolite hémorragique devront subir une intervention chirurgicale à un moment ou à un autre. Environ 20% des enfants atteints de rectocolite hémorragique devront subir une intervention chirurgicale9.

Bons conseils & Prévention

– Limitez votre consommation en produits laitiers. Les produits laitiers peuvent notamment mener à des diarrhées et douleurs abdominales.

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– Il faudra faire attention à ne pas consommer trop de fibres alimentaires, dans certains cas cela peut aggraver les symptômes de la maladie. Demandez conseil à votre médecin ou nutritionniste.

– Essayez de consommer des aliments à faible teneur en matières grasses. Évitez le beurre, la margarine, les sauces à la crème et les aliments frits. 

– Evitez certains aliments riches en caféine et les mets épicés.

– Limitez ou évitez l’alcool.

– Buvez beaucoup d’eau si possible. 

– Mangez en petite portion, prenez par exemple 5 à 6 repas par jour au lieu de 2 ou 3.

– Gérer votre stress. Dormez au moins sept heures par nuit, faites de l’exercice régulièrement et trouvez des moyens sains d’évacuer le stress10.

Crédit photos et infographies : 
Adobe Stock, Creapharma.ch (Pharmanetis Sàrl)

Historique de la mise à jour – Dossier revu médicalement :
– 14.02.2024 (par Xavier Gruffat, pharmacien)
– 12.11.2020 (par Xavier Gruffat, pharmacien)

Références scientifiques et bibliographie :

  1. Article de la Cleveland Clinic (Health Library), Ulcerative Colitis, datant du 5 novembre 2023, site accédé par Creapharma.ch le 14 février 2024 et le lien marchait à cette date
  2. SANJEEV NANDA (M.D.), Mayo Clinic a-z Health Guide, WHAT YOU NEED TO KNOW ABOUT SIGNS, SYMPTOMS, DIAGNOSIS & TREATMENT, 2nd edition, Rochester, Mayo Clinic Press, 2023.
  3. SANJEEV NANDA (M.D.), Mayo Clinic a-z Health Guide, WHAT YOU NEED TO KNOW ABOUT SIGNS, SYMPTOMS, DIAGNOSIS & TREATMENT, 2nd edition, Rochester, Mayo Clinic Press, 2023.
  4. SANJEEV NANDA (M.D.), Mayo Clinic a-z Health Guide, WHAT YOU NEED TO KNOW ABOUT SIGNS, SYMPTOMS, DIAGNOSIS & TREATMENT, 2nd edition, Rochester, Mayo Clinic Press, 2023.
  5. Article de la Cleveland Clinic (Health Library), Ulcerative Colitis, datant du 5 novembre 2023, site accédé par Creapharma.ch le 14 février 2024 et le lien marchait à cette date
  6. SANJEEV NANDA (M.D.), Mayo Clinic a-z Health Guide, WHAT YOU NEED TO KNOW ABOUT SIGNS, SYMPTOMS, DIAGNOSIS & TREATMENT, 2nd edition, Rochester, Mayo Clinic Press, 2023.
  7. Article de la Cleveland Clinic (Health Library), Ulcerative Colitis, datant du 5 novembre 2023, site accédé par Creapharma.ch le 14 février 2024 et le lien marchait à cette date
  8. SANJEEV NANDA (M.D.), Mayo Clinic a-z Health Guide, WHAT YOU NEED TO KNOW ABOUT SIGNS, SYMPTOMS, DIAGNOSIS & TREATMENT, 2nd edition, Rochester, Mayo Clinic Press, 2023.
  9. Article de la Cleveland Clinic (Health Library), Ulcerative Colitis, datant du 5 novembre 2023, site accédé par Creapharma.ch le 14 février 2024 et le lien marchait à cette date
  10. Article de la Cleveland Clinic (Health Library), Ulcerative Colitis, datant du 5 novembre 2023, site accédé par Creapharma.ch le 14 février 2024 et le lien marchait à cette date

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Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 14.02.2024
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