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Variole du singe (monkeypox)

Définition

La variole du singe est une maladie due à un virus. L’agent pathogène a été détecté pour la première fois en 1958 dans un laboratoire danois chez des singes, d’où le nom de variole du singe. Cependant, les spécialistes pensent que l’agent pathogène circule en fait chez les écureuils et surtout les rongeurs, les singes étant considérés comme de soi-disant mauvais hôtes. Le virus de la variole du singe, monkeypox en anglais, est également transmissible entre êtres humains mais la principale source de transmission pour l’être humain est de l’animal à l’être humain. Le virus de la variole du singe a un réservoir animal, et pas seulement humain, à la différence de la variole (classique).
La plupart des cas recensés actuellement (voir aussi sous Epidémiologie ci-dessous) où la maladie est inhabituelle concernent des jeunes hommes qui ont eu des relations sexuelles avec d’autres hommes, selon les principales agences de presse (ex. AFP). L’orthopoxvirose simienne est un autre nom de la variole du singe.

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Lien avec la variole :
La variole a longtemps été l’une des maladies les plus dangereuses pour l’homme. Une grande partie des personnes touchées par la variole mourait de l’infection.
La maladie de la variole est considérée comme éradiquée depuis 1980, suite à des campagnes de vaccination. Mais un agent pathogène apparenté à la variole, mais plus inoffensif, provoque aujourd’hui une recrudescence inhabituelle de l’infection, c’est la variole du singe. Comme on ne vaccine plus contre la variole aujourd’hui, on estime que le risque de contagion de la variole du singe est plus élevé.

Analyse de l’OMS :
L’OMS affirmait début juin 2022 ne pas redouter de pandémie1. En juin 2022, l’OMS juge “possible d’arrêter cette épidémie avant qu’elle ne s’étende”.

Nom anglais :
Monkeypox, MPX

Epidémiologie

Situation 1er juillet 2022
Selon des données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Europe comptait plus de 4500 cas confirmés en laboratoire de variole du singe au 1er juillet 2022, soit trois fois plus que mi-juin 2022. 
Année 2022
Il semblerait que l’agent pathogène de la variole du singe se soit déjà propagé dans plusieurs pays occidentaux sans que l’on s’en aperçoive. La plupart des cas sont des jeunes hommes, s’identifiant eux-mêmes comme des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, selon l’ECDC. Il n’y a eu aucun décès dans les pays occidentaux de la maladie en 2022 (selon les informations de Creapharma.ch, au 1er juillet 2022).

Situation en Afrique, endémie (1970 et après)
– Jusqu’à présent, les infections par la variole du singe chez l’homme étaient surtout connues dans les régions d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale. Le premier cas d’infection par la variole du singe chez l’homme a été enregistré en 1970 en République démocratique du Congo, écrit une équipe internationale de chercheurs dans la revue spécialisée Plos Neglected Tropical Diseases. Le virus s’est ensuite propagé dans d’autres pays d’Afrique, et en 2003, il a été détecté pour la première fois en dehors du continent.
– Au Nigeria, en Afrique de l’Ouest, 15 cas de variole du singe ont été recensés en 2022 entre janvier et fin avril, selon les autorités sanitaires locales. Selon l’OMS, le Nigeria, le Cameroun et la République démocratique du Congo ont connu des flambées récurrentes au cours des cinq dernières années.

Etats-Unis
Au printemps 2003, des cas de variole du singe ont aussi été confirmés aux États-Unis, marquant ainsi la première apparition de cette maladie en dehors du continent africain.

Causes, transmission et contagiosité

Origine virale
La variole du singe est provoquée par un virus. L’agent causal de la variole du singe est le virus de la variole du singe, souvent appelé monkeypox (son nom anglais). Il s’agit d’un virus à ADN de la famille des poxviridae, sous famille des chordopoxvirinae. Le monkeypox appartient au genre des Orthopoxvirus2. Il faut savoir que les virus à ADN sont moins susceptibles de muter que des virus à ARN comme le SARS-CoV-2 (à l’origine de la Covid-19).

Au moins 2 souches du virus, létalité différente :
– On connaît à l’heure actuelle deux souches de virus monkeypox, comme le résumait bien le média Theconversation.com en mai 2022. La souche dite d’ « Afrique de l’ouest », dont la létalité se situe aux alentours de 1%, sévit au Nigéria, au Libéria, en Sierra Leone, en Côte d’Ivoire. C’est cette souche qu’on retrouve actuellement en Europe et dans les Amériques.
– La deuxième souche, dite « du bassin du Congo », circule dans plusieurs pays d’Afrique comme en République démocratique du Congo (RDC), en République du Congo, en République centrafricaine (RCA), au Gabon et également au Cameroun. Cette seconde souche est associée à des formes cliniques plus sévères, la souche « bassin du Congo » a une létalité de 10%.

Transmission :
La principale source de transmissions à l’être humain est de l’animal à l’être humain. Mais une transmission interhumaine est aussi possible, bien que plus rare.
Contacts sexuels (chez l’homme) :
La plupart des cas recensés actuellement concernent des hommes qui ont eu des relations sexuelles avec d’autres hommes. Le virus semble actuellement se propager principalement entre les hommes homo ou bisexuels. Mais le contact intime ou sexuel n’est qu’une possibilité de transmission – il est possible que ce soit une coïncidence que le virus ait d’abord été transmis à ce groupe de personnes et qu’il ait ensuite continué à circuler. Le risque de contagion de la variole du singe est “très faible” dans la population en général mais “élevé” chez les personnes ayant plusieurs partenaires sexuels, a estimé le 22 mai 2022 l’agence de l’Union européenne chargée des maladies3.
Autres moyens de transmission :
Outre les relations sexuelles, des contacts de muqueuses ou de plaies infectées, ou encore de grosses gouttelettes transmises lors d’un face-à-face prolongé sont considérés comme des vecteurs possibles, selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) basé en Suède.

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Contagiosité :
Le virus de la variole du singe est considéré comme peu contagieux. Dans le cas de l’accumulation actuelle d’infections, les chaînes d’infection détaillées ne sont pas encore très claires. Pour le premier cas connu en Grande-Bretagne, l’autorité sanitaire UKHSA suppose qu’il est dû à une contamination au Nigeria. La question de savoir s’il y a eu d’autres entrées dans les pays occidentaux depuis les régions africaines reste ouverte. Mais il semble clair que l’agent pathogène a ensuite été transmis à d’autres personnes de manière inhabituelle.

Symptômes

Les principaux symptômes de la variole du singe sont : une fièvre soudaine, de forts maux de tête, des maux de dos, des maux de gorge, de la toux et souvent un gonflement des ganglions lymphatiques. Une éruption cutanée typique de la variole, qui s’étend du visage au corps, est également fréquente. La cécité et les cicatrices défigurantes sont rares et permanentes. L’éruption peut ressembler à la varicelle ou à la syphilis à certains stades de la maladie.



Informations sur les lésions (éruption cutanée) :
Les premières lésions apparaissent dans un premier temps dans la bouche et notamment sur le visage. Puis en l’espace d’une journée, tout le corps est touché, y compris la muqueuse buccale, les organes génitaux ainsi que la paume des mains et la plante des pieds. Des centaines voire des milliers de lésions apparaissent, d’un diamètre de 0,5 à 1 cm4.

Durée des symptômes :
Les symptômes durent souvent de 2 à 4 semaines. La maladie se résout spontanément dans la majorité des cas5.

Temps d’incubation :
Le temps d’incubation est en général de 6 à 13 jours, parfois de 5 à 21 jours. Il s’agit d’un temps d’incubation relativement long. Rappelons que le temps d’incubation est la durée entre l’infection et l’apparition des premiers symptômes.

Gravité de la maladie (souche actuelle) :
Selon l’autorité britannique UKHSA, le variant en circulation du virus de la variole du singe (souche dite d’ « Afrique de l’ouest ») ne provoque généralement que des symptômes légers, mais peut aussi entraîner des évolutions graves. L’épidémiologiste Paul Hunter de l’université d’East Anglia au Royaume-Uni estime qu’il est très peu probable que la maladie soit mortelle dans les pays occidentaux. Mais ce n’est pas impossible, dit-il à la BBC. La souche d’ « Afrique de l’ouest » du virus, présente en Europe et aux Etats-Unis, entraîne la mort d’environ 1% des personnes atteintes en Afrique. Lire aussi ci-dessous sous Complications

Gravité autre variant :
Il existe également un variant d’Afrique centrale (souche dite « du bassin du Congo »), dont 10% des cas sont mortels sur le continent. Tous les groupes d’âge et les deux sexes sont également sensibles. Les enfants sont les plus touchés par les cas mortels en Afrique.

Complications

Les complications incluent l’encéphalite, la déshydratation (souvent la principale complication), les maladies oculaires, les surinfections bactériennes, la septicémie et l’anémie6.

Personnes à risque

Les personnes atteintes du VIH/SIDA sont plus à risque de souffrir de complications de la variole du singe7.

Diagnostic

Le diagnostic est établi sur la base de l’anamnèse (histoire du patient), des symptômes cliniques et méthodes de laboratoire.
Test PCR
Comme pour le coronavirus et d’autres agents pathogènes, la détection se fait souvent à l’aide d’un échantillon prélevé sur la personne concernée par un test appelé PCR. Si le virus de la variole du singe est présent, son patrimoine génétique est multiplié de manière ciblée dans un appareil spécial et peut ensuite être facilement détecté.

Traitements & Vaccin

Les symptômes et les éventuelles infections bactériennes secondaires sont traités, il n’existe pas de traitement spécifique contre la variole du singe. En règle générale, le traitement est d’abord symptomatique.
Mais des médicaments antiviraux suivants sont mentionnés dans la littérature pour traiter la variole du singe8 :
– Le tecovirimate (Tpoxx®, Tecovirimat SIGA). Ce médicament est autorisé aux États-Unis et dans l’UE pour le traitement des infections par le virus de la variole (variole du singe, de l’homme et de la vache), il n’est pas autorisé en Suisse (état en mai 2022). Un vaccin de 3e génération (vaccin vivant non réplicatif c’est-à-dire ne se répliquant pas dans l’organisme humain) est autorisé en Europe depuis juillet 2013 et indiqué contre la variole chez les adultes.
– Cidofovir et brincidofovir
– Anticorps (immunoglobulines)

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Vaccin contre la variole
Selon des données historiques, le vaccin contre la variole protège bien contre la variole du singe – et ce, probablement à vie selon certaines sources. Les vaccins contre la variole s’avèrent efficaces à 85% contre la variole du singe9. La plupart des moins de 45 ans n’ont pas été vaccinés contre la variole, et les stocks de vaccins sont aujourd’hui très réduits. Mais comme l’efficacité de la vaccination contre la variole dure environ 30 ans, les personnes vaccinées contre la variole avant la fin des années 1970 ne sont actuellement plus vraiment protégées contre la variole et la variole du singe, en tout cas selon l’avis de certains spécialistes en immunologie10.
La vaccination avec le vaccin de la variole est donc considérée comme une mesure possible pour protéger au moins les personnes en contact avec des personnes infectées par la variole du singe. Selon Paul Hunter de l’Université d’East Anglia, cela aide “assez efficacement”. Des réserves sont donc disponibles et peuvent être utilisées pour les personnes en contact.
Dans l’Union Européenne (UE), le nom de marque du vaccin contre la variole est Imvamune® ou Imvanex® (un vaccin atténué), et aux États-Unis il se nomme Jynneos®. En Suisse, il n’existe pas de vaccin disponible sur le marché (autorisé par Swissmedic). Au Brésil, à la fin mai 2022 il n’existait pas de vaccin contre la variole disponible dans le pays autant dans le secteur public, le SUS, que privé11.

Prévention

– Éviter le contact avec les personnes malades et le matériel infectieux.
– Éviter le contact avec les animaux infectieux et leur viande. Si une transmission de l’humain à l’animal se produit, et que le virus se diffuse dans la population animale, il y a un risque que la maladie devienne endémique en Europe.
– Éviter les relations sexuelles avec une personne infectée. Plusieurs experts ont souligné que si ce virus pouvait être attrapé pendant une activité sexuelle, ce n’en est pas pour autant une maladie sexuellement transmissible. Cette transmission pourrait être due aux contacts intimes et rapprochés lors de rapports sexuels et non pas par le rapport sexuel en soi12.
– Isoler les personnes malades. L’ECDC recommande l’isolement de tous les cas jusqu’à ce que les lésions provoquées par la maladie “soient complètement guéries”.
– Désinfecter les mains et les surfaces.
– Utiliser des vêtements de protection, masques de protection, lunettes de protection, gants.
– Dans certains pays la vaccination contre la variole est disponible (lire paragraphe ci-dessus sous Traitements & Vaccination). Demandez conseil à votre médecin pour savoir si la vaccination contre la variole est recommandée ou non dans votre situation.

Rédaction :
Xavier Gruffat (pharmacien dipl. EPF Zurich, Suisse – dipl. MBA FIA/USP, Sao Paulo, Brésil)

Sources :
Keystone-ATS (avec news de l’OMS), CDC américaines, Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), Pharmawiki.ch. Folha de S.Paulo. Voir cette page en portugais du Brésil : Varíola dos macacos (monkeypox)

Crédits photos :
Adobe Stock

Date de mise à jour :
01.07.2022

Notes de bas de page et références :

  1. Agence de presse suisse Keystone-ATS, avec notre partenaire Pharmapro.ch qui est client de l’agence. Le 1er juin 2022
  2. Site en français Theconversation.com, article datant du 22 mai 2022, interview avec Camille Besombes, médecin infectiologue et doctorante dans l’unité d’Arnaud Fontanet, article accédé par Creapharma.ch le 28 mai 2022
  3. Agence de presse suisse Keystone-ATS, avec notre partenaire Pharmapro.ch qui est client de l’agence. Le 23 mai 2022
  4. Site en allemand Pharmawiki.ch, le 23 mai 2022, accédé par Creapharma.ch le 23 mai 2022
  5. Site en français Theconversation.com, article datant du 22 mai 2022, interview avec Camille Besombes, médecin infectiologue et doctorante dans l’unité d’Arnaud Fontanet, article accédé par Creapharma.ch le 28 mai 2022
  6. Site en allemand Pharmawiki.ch, le 23 mai 2022, accédé par Creapharma.ch le 23 mai 2022
  7. Site en français Theconversation.com, article datant du 22 mai 2022, interview avec Camille Besombes, médecin infectiologue et doctorante dans l’unité d’Arnaud Fontanet, article accédé par Creapharma.ch le 28 mai 2022
  8. Site en allemand Pharmawiki.ch, le 23 mai 2022, accédé par Creapharma.ch le 23 mai 2022
  9. Agence de presse suisse Keystone-ATS, avec notre partenaire Pharmapro.ch qui est client de l’agence. Le 28 mai 2022
  10. Folha de S.Paulo, journal quotidien brésilien grand public de référence, édition du 28 mai 2022
  11. Folha de S.Paulo, journal quotidien brésilien grand public de référence, édition du 28 mai 2022
  12. Agence de presse suisse Keystone-ATS, avec notre partenaire Pharmapro.ch qui est client de l’agence. Le 1er juin 2022

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Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 01.07.2022
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