L’argile contre les plaies : cette ancienne pratique peut être une nouvelle solution

ROCHESTER (Minn.)L’utilisation d’argile notamment comme cataplasme appliqué directement sur la peau est une pratique courante dans certaines cultures. L’application de cataplasme d’argile comme traitement thérapeutique remonte aux temps les plus anciens. Dans une nouvelle étude publiée en août 2018, des chercheurs de la prestigieuse institution médicale Mayo Clinic avec des collègues de l’Arizona State University aux Etats-Unis ont constaté qu’au moins un type d’argile peut aider à lutter contre les bactéries pathogènes se trouvant dans les plaies, y compris certaines bactéries résistantes aux traitements classiques. 


Basse teneur en fer

« Nous avons montré que cette argile à teneur réduite en fer peut tuer certaines souches de bactéries dans les conditions de laboratoire utilisées, y compris les bactéries cultivées sous forme de biofilms, qui peuvent être particulièrement difficiles à traiter », a déclaré le Dr Robin Patel, microbiologiste et spécialiste des maladies infectieuses à la Mayo Clinic et auteur principal de l’étude. Les biofilms se produisent lorsque les bactéries s’accrochent aux surfaces et développent un film ou un revêtement protecteur, ce qui les rend relativement résistantes aux antibiotiques. Ces biofilms apparaissent dans les deux tiers des infections constatées par les médecins.

« Cette étude constitue un progrès important dans la compréhension de la façon dont les argiles, en particulier l’argile bleue de l’Oregon, ont montré des propriétés médicinales en se fixant sur des bactéries pathogènes. », a déclaré Enriqueta Barrera, directrice de la fondation (National Science Foundation’s Division of Earth Sciences) qui a financé ce travail de recherche.

Dans les tests de laboratoire, les chercheurs ont constaté que l’argile a un effet antibactérien notamment contre Escherichia coli et Staphylococcus aureus,  y compris des souches résistantes comme le SARM et la CRE. La suspension d’argile était efficace contre plusieurs bactéries, tant un état dit planctonique que sous forme de biofilm.

Pas tous les types d’argile 

Ce travail de recherche est préliminaire et les auteurs avertissent que pour le moment seule une concentration de suspension d’argile a été testée. Les tests de laboratoire sont la première étape pour simuler l’environnement complexe trouvé dans une plaie réellement infectée. Ils mettent également en garde que tous les types d’argile ne sont pas bénéfiques pour la santé. Certaines argiles peuvent au contraire favoriser le développement de bactéries. D’autres recherches sont nécessaires pour identifier et reproduire les propriétés des argiles qui sont antibactériennes.

Les résultats de cette étude ont été publiés le 1er août 2018 dans le journal scientifique International Journal of Antimicrobial Agents (DOI : 10.1016/j.ijantimicag.2018.07.018).

Le 28 août 2018. Par Xavier Gruffat. Source principale : Communiqué de presse de l’étude en anglais et portugais. Référence étude : International Journal of Antimicrobial Agents (DOI : 10.1016/j.ijantimicag.2018.07.018).
Crédit photo : Arizona State University, Creapharma.ch (Pharmanetis Sàrl).

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Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 01.09.2018