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Augmentation alarmante du nombre de MST en Suisse, attention au risque de résistance aux antibiotiques

MSTBERNE – Avec déjà 5’572 cas de chlamydiose depuis le début de l’année en Suisse contre 4’909 en 2015 à la même période et 4’820 en 2014, le nombre de cas de cette MST est en forte augmentation en Suisse, selon des données de l’Office Fédéral de la Santé Publique (OFSP) à Berne. Les cas de gonorrhée, s’élevant à 1’267 depuis le début 2016 contre 913 à la même période en 2015 et 808 en 2014 montrent une autre augmentation très inquiétante. Les cas de syphilis ont aussi augmenté de façon significative entre 2015 et 2016, passant de 540 à 711 toujours en comparant le début de l’année 2016 à la même période en 2015. Bref, les principales MST sont en forte augmentation en Suisse, la bonne nouvelle néanmoins concerne le nombre de cas de personnes infectées par le VIH qui se stabilise ces 3 dernières années (2014, 2015 et 2016) entre 280 et 290 cas depuis le début de l’année.

Gonorrhée, graves risques de résistances aux antibiotiques

Ces dernières années la communauté médicale a observé toujours plus de cas de résistances graves aux antibiotiques de la bactérie provoquant la gonorrhée, Nesseria gonorrheae ou gonocoque.
Aux Etats-Unis, selon une étude menée en 2009, 25% des gonocoques sont ultra-résistants à la pénicilline, tétracycline et aux fluoroquinolones ainsi qu’aux combinaisons de ces molécules.

Un rapport de 2013 relevé par le magazine britannique de référence The Economist dans une de ses éditions de mai 2016 affirmait que le gonocoque appartient aux 3 maladies infectieuses menant à un risque urgent et élevé de résistance aux antibiotiques. Une augmentation des cas de gonorrhée peut s’avérer très grave, surtout si les antibiotiques actuels deviennent toujours plus souvent inefficaces.

« Sites ou applications de drague » en cause ?

Selon plusieurs études réalisées dans le monde, des « sites ou applications de drague » comme Tinder augmentent le nombre de partenaires sexuels dans la société en rendant la drague (trop) facile, ce qui favorise la transmission des MST. Une étude de 2012 a montré que Grindr – une application de drague pour homosexuels (gay) – était associée à plus de la moitié des cas de syphilis en Nouvelle Zélande, selon le Christchurch Sexual Health Clinic. Une autre étude publiée par le Rhode Island Departement of Health aux Etats-Unis affirme que le nombre de cas de MST dans cet état (Rhode Island) a augmenté entre 2013 et 2014. Selon cette institution, l’augmentation du nombre de cas proviendrait d’un comportement à haut risque pour arranger des rencontres sexuelles anonymes et sans engagement, le fait d’avoir des relations sexuelles sans préservatif, avoir de nombreux partenaires sexuels ou encore avoir des relations sous l’influence des drogues et de l’alcool. En décembre 2015 Creapharma.ch avait mentionné dans un article une campagne de publicité par affiches réalisée par une institution de lutte contre le sida dans les rues de Los Angeles (Californie) mettant en garde du risque de MST avec des « applications de drague » (lire davantage).

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Et en Suisse ?

Interrogé par Creapharma.ch, l’Office Fédéral de la Santé Publique (OFSP) à Berne ne dispose pour le moment pas d’analyses établissant un lien entre l’utilisation « d’applications de drague » et le nombre de cas déclarés en Suisse.

Concernant la résistance aux antibiotiques rencontrée dans des cas de gonorrhée, l’OFSP affirme dans un entretien accordé à Creapharma.ch qu’ils sont conscients de l’augmentation observée ces dernières années. Ils précisent qu’à l’heure actuelle, cette résistance n’est pas surveillée de manière systématique. L’OFSP affirme cependant suivre son évolution qui est prise en compte dans la mise en œuvre du domaine de médecine humaine de la Stratégie Antibiorésistance (StAR). En novembre 2015 le Conseil fédéral a adopté la Stratégie Antibiorésistance avec comme objectif de maintenir l’efficacité des antibiotiques utilisés pour les humains et les animaux de manière durable.

Le 11 juillet 2016. Par Xavier Gruffat (pharmacien dipl. EPFZ / dipl. MBA). Sources : Statistiques de l’Office Fédéral Suisse de la Santé publique (OFSP) – bulletin du 5 juillet 2016.

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Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 11.07.2016