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Une étude révèle une réponse antivirale robuste au SARS-CoV-2 chez l’homme, une bonne nouvelle pour le développement de vaccins

SAN DIEGO – Une étude sur la réponse immunitaire au SARS-CoV-2 (virus à l’origine du nouveau coronavirus) serait de bon augure pour le développement d’un vaccin contre le Covid-19. Les résultats de cette recherche, publiés le 14 mai 2020 dans le journal Cell (DOI : 10.1016/j.cell.2020.05.015), ont en effet montré une réponse antivirale robuste des cellules T chez l’homme infecté par la Covid-19 et ont détecté une réactivité croisée importante chez les personnes non exposées.

Bonnes nouvelles pour les développeurs de vaccins

Une étude révèle une réponse antivirale robuste au SARS-CoV-2 chez l'homme, une bonne nouvelle pour le développement de vaccinsLes scientifiques du monde entier rivalisent de génie pour mettre au point un vaccin contre l’infection par la Covid-19, et les épidémiologistes essaient de prédire comment la pandémie de coronavirus se développera jusqu’à ce qu’un vaccin soit disponible. Cependant, ces deux efforts sont entourés d’une incertitude non résolue quant à savoir si le système immunitaire peut apporter une réponse substantielle et durable au SARS-CoV-2 et si l’exposition aux coronavirus offre une quelconque immunité protectrice.
Une collaboration entre les laboratoires d’Alessandro Sette, le Dr Biol. Sci. et Shane Crotty, Ph.D., à l’Institut d’immunologie de La Jolla, pourrait commencer à combler l’énorme manque de connaissances par de bonnes nouvelles pour les développeurs de vaccins. Cette recherche fournit les premières données d’immunologie cellulaire pour aider à orienter les recommandations de distanciation sociale.

Réponse immunitaire antivirale robuste contre le SRAS-CoV-2

Publiée dans l’édition en ligne de Cell, l’étude documente une réponse immunitaire antivirale robuste contre le SARS-CoV-2 dans un groupe de 20 adultes qui s’étaient remis du Covid-19. Les résultats montrent que le système immunitaire de l’organisme est capable de reconnaître le CoV-2 du SARS de nombreuses façons, dissipant les craintes que le virus puisse échapper aux efforts en cours en vue de créer un vaccin efficace.

« Si nous n’avions observé que des réponses immunitaires marginales, nous aurions été inquiets. Mais ce que nous observons, c’est une réponse très robuste des lymphocytes T contre la protéine de pointe, qui est la cible de la plupart des efforts actuels contre la Covid.19, ainsi que d’autres protéines virales. Ces résultats sont une très bonne nouvelle pour le développement de vaccins », déclare le prof. Sette du Centre de recherche sur les maladies infectieuses et les vaccins.

Étude sur des personnes avec une évolution normale de la maladie

Une étude révèle une réponse antivirale robuste au SARS-CoV-2 chez l'homme, une bonne nouvelle pour le développement de vaccins« Tous les efforts visant à prédire les meilleurs candidats aux vaccins et à affiner les mesures de contrôle de la pandémie dépendent de la compréhension de la réponse immunitaire au virus », explique le prof. Crotty. Il ajoute que les gens étaient vraiment inquiets que la Covid-19 n’induise pas d’immunité, d’autant plus que les rapports sur les personnes réinfectées ont renforcé ces inquiétudes. Cependant, le fait de savoir maintenant que la personne moyenne a une réponse immunitaire solide devrait largement dissiper ces inquiétudes.
Dans une étude précédente, l’équipe avait utilisé des outils bioinformatiques pour prédire quels fragments du COV-2 du SRAS sont capables d’activer les cellules T humaines. Les scientifiques ont ensuite, dans cette toute nouvelle recherche, testé si les cellules T isolées des adultes qui s’étaient remis de la maladie sans problème majeur, reconnaissaient les fragments de protéines prédites, ou ce qu’on appelle des peptides, du virus lui-même. Les scientifiques ont regroupé les peptides en deux grands groupes : le premier, appelé “méga-bloc”, comprenait les peptides couvrant toutes les protéines du génome viral, à l’exception de la protéine “spike” du SARS-CoV-2. Le second groupe était spécifiquement axé sur la protéine de pointe qui marque la surface du virus, puisque presque tous les vaccins en cours de développement ciblent cette protéine de pointe du coronavirus.
Selon les auteurs, l’étude a spécifiquement ciblé les personnes dont l’évolution de la maladie était normale et qui n’avaient pas besoin d’être hospitalisées, afin de fournir un point de repère solide pour déterminer à quoi ressemble une réponse immunitaire normale, puisque le virus peut faire des choses très inhabituelles chez certaines personnes. Les chercheurs ont ainsi découvert que tous les patients atteints de la Covid-19 avaient une réponse solide des lymphocytes T CD4, ou “auxiliaire”, qui aide à la production d’anticorps. Presque tous les patients avaient produit des cellules T CD8, ou cellules T “tueuses”, spécifiques au virus, qui éliminent les cellules infectées par le virus. « Nos données montrent que le virus induit ce que l’on attendrait d’une réponse antivirale typique et réussie », d’après le prof. Crotty. Il ajoute que même si ces résultats n’excluent pas que la réponse immunitaire au SARS-CoV-2 puisse être préjudiciable, ils fournissent une base de référence importante à laquelle les réponses immunitaires des individus peuvent être comparées.

Une base de départ solide

Le prof. Sette ajoute que « Nous disposons d’une base de départ solide pour nous demander s’il existe une différence dans le type de réponse immunitaire entre les personnes dont l’état est grave et qui doivent être hospitalisées et celles qui peuvent se rétablir à domicile ou qui sont même asymptomatiques. Mais pas seulement puisque nous disposons maintenant d’un outil important pour déterminer si la réponse immunitaire chez les personnes qui ont reçu un vaccin expérimental ressemble à ce que l’on s’attendrait à voir dans une réponse immunitaire protectrice à la Covid-19, par opposition à une réponse insuffisante ou préjudiciable ».

Les équipes ont également examiné la réponse des lymphocytes T dans des échantillons de sang prélevés entre 2015 et 2018, avant que le SARS-CoV-2 ne commence à circuler. Beaucoup de ces personnes présentaient une réactivité significative des cellules T contre le virus, bien qu’elles n’y aient jamais été exposées. Mais tout le monde a presque certainement été en contact avec au moins trois des quatre coronavirus communs du rhume (refroidissement), ce qui pourrait expliquer la réactivité croisée observée.

Il n’est pas encore clair, cependant, si la réactivité croisée observée procure au moins un certain niveau d’immunité préexistante au SARS-CoV-2 et pourrait donc expliquer pourquoi certaines personnes ou certains lieux géographiques sont plus touchés par le Covid-19.

Références & Sources :
Journal Cell

Personnes responsables et impliquées dans l’écriture de ce dossier :
Seheno Harinjato (Rédactrice chez Creapharma.ch, responsable des infographies), relecture par Xavier Gruffat (pharmacien)

Date de dernière mise à jour du dossier :
18.05.2020

Crédits photos :
Creapharma.ch, Adobe Stock, © 2020 Pixabay

Crédit infographie : 
Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch)

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Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 18.05.2020