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La malbouffe, peut-être pas si mauvaise qu’on le croit

malbouffe actualitéNEW YORKUne grande étude réalisée au Royaume-Uni affirme que la consommation de graisses saturées, souvent associées à la malbouffe (junk-food en anglais), n’aurait que peu d’impact sur le système cardiovasculaire et notamment l’apparition de graves maladies cardiaques. Autrement dit, manger un cheeseburger ou une tranche de pizza avec passablement de fromage ne serait pas autant mauvais pour la santé qu’on le croit.
Les chercheurs de l’Université de Cambridge au Royaume-Uni ont repris les données de 72 études antérieures portant sur 600 000 personnes dans le monde. Selon ces scientifiques, la consommation de graisse saturée n’a que peu d’impact sur l’apparition de maladies cardiovasculaires. De plus les chercheurs ont montré que les oméga-3 et oméga-6 n’auraient pas autant d’effets bénéfiques sur la santé qu’espéré.

On trouve un niveau important de graisses saturées dans la viande, le beurre ou le fromage. Les produits grillés contiennent aussi beaucoup de graisses saturées. Il est recommandé de consommer maximum 16 gr par jour de graisses saturées pour une personne consommation 2 000 kcal par jour.

On parle aussi d’acides gras pour qualifier les graisses, ils appartiennent aux lipides. Au niveau chimique les acides gras saturés ne contiennent aucune double liaison, c’est pourquoi on dit qu’ils sont saturés. Il faut savoir que toutes les graisses provenant des aliments sont une combinaison d’acides gras.
Dans les acides gras (graisses), on distingue 3 types : les acides gras saturés, mono-insaturés et polyinsaturés. Dans les acides gras mono-insaturés on compte par ex. l’huile d’olive et dans les acides gras polyinsaturés  les oméga-3 et oméga-6. Les acides gras insaturés ont toujours eu une meilleure réputation pour un effet bénéfique sur la santé.

symptôme malbouffeBeaucoup de scientifiques, comme par ex. l’American Heart Association (Association Américaine du Coeur), estiment que les acides gras saturés consommés en excès augmentent le taux de cholestérol, ce qui peut provoquer de graves maladies cardiovasculaires comme l’infarctus ou l’AVC. Le lien entre un haut taux de cholestérol et les maladies cardiovasculaires est toutefois remis en cause par certains scientifiques. Cette étude anglaise pourrait donc aussi contribuer à questionner certains concepts de la médecine cardiovasculaire moderne.

Les maladies cardiaques sont dans de nombreux pays la première cause de décès. Les enjeux sociaux, humains et financiers sont souvent gigantesques dans nos sociétés.

Le Dr. Rajiv Chowdhury, qui a participé à cette étude, relève qu’il pourrait être intéressant de mettre à jour certaines recommandations nutritionnelles en fonction de ces nouvelles informations, mais que la tâche sera difficile.

Cette étude a été publiée le 18 mars 2014 dans les Annals of Internal Medicine.

Des spécialistes américains n’ayant pas participé à ce travail de recherche reconnaissent la validité de cette étude mais estiment qu’il ne faudrait pas se mettre à changer ses habitudes en consommant davantage de produits trop gras, car ces graisses saturées pourraient avoir d’autres effets nocifs pour la santé non pris en compte par cette étude.

Le génie de la science

La science amène souvent quelques désillusions, la vérité d’un moment n’est plus la même après quelques années. C’est notamment le cas avec la malbouffe, longtemps responsable de tous les maux pour les médecins et scientifiques, une alimentation trop grasse pourrait ne pas avoir autant d’impact sur la santé cardiovasculaire qu’on imaginait. On peut voir que le génie de la science est justement de sans cesse questionner des théories ou hypothèses, il n’y a donc rien d’illogique avec ce travail de recherche. Il semble qu’il ne remette pas en cause toutes les connaissances acquises en nutrition ces dernières décennies mais vient un peu pondérer certaines idées reçues.

Relevons finalement que la malbouffe est souvent plus calorique et contient moins de nutriments riches en vitamines, minéraux, fibres, etc. Creapharma vous conseille de manger sainement (fruits, légumes, céréales, fibres, etc.) le plus souvent possible et de continuer à privilégier les acides gras insaturés comme l’huile d’olive, mais si de temps en temps vous craquez pour un repas de restauration rapide, cette étude nous montre que ce n’est peut-être pas si grave !

À retenir de cet article: les acides gras saturés ne sont probablement pas autant néfastes qu’on le pensait pour le système cardiovasculaire, au contraire les acides gras insaturés comme les oméga-3 et 6 n’ont pas autant d’effets bénéfiques qu’imaginés dans la prévention de maladies cardiovasculaires.

Le 19 mars 2014, par Xavier Gruffat, Pharmacien diplômé de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich, Suisse (ETH)  – Photos: © Fotolia.com

Nom original de l’étude (en général en anglais) Date de publication Média Principales institution, université
Association of Dietary, Circulating, and Supplement Fatty Acids With Coronary Risk 18 mars 2014 Annals of Internal Medicine University of Cambridge and Medical Research Council, Cambridge, Royaume Uni
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Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 17.09.2017