Médicaments GLP-1 : pas de preuve significative d’amélioration de la santé cardiorespiratoire à long terme (étude)

Les médicaments à base de GLP-1 comme Ozempic, Wegovy ou Mounjaro sont très populaires pour perdre poids. Ils apportent des bénéfices visibles à court terme, notamment pour les personnes souffrant d’obésité, de diabète de type 2 ou d’insuffisance cardiaque. Cependant, selon une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’Université de Virginie, publiée le 9 juin 2025 dans le Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism (DOI : 10.1210/clinem/dgaf335), ces médicaments n’apporteraient pas d’amélioration notable et à long terme sur la santé cardiorespiratoire, ce qui remet en question leur impact global sur la santé.

Perte de muscle préoccupante

Le Dr Zhenqi Liu, professeur de médecine à l’Université de Virginie, rapporte que certains patients sous GLP-1 disent avoir « l’impression que leurs muscles fondent ». Cela inquiète les médecins, car la masse musculaire est essentielle pour la posture, les capacités physiques, le métabolisme et la qualité de vie. Une perte importante de muscle pourrait augmenter les risques de maladies cardiovasculaires, de mortalité, toutes causes confondues, et d’altération de la qualité de vie.

En moyenne, 25 à 40 % du poids perdu avec ces traitements provient de la masse maigre, principalement musculaire, alors que la perte naturelle liée à l’âge est d’environ 8 % par décennie.

Médicaments GLP-1 : pas de preuve significative d’amélioration de la santé cardiorespiratoire à long terme (étude)

Effets sur la capacité cardiorespiratoire

La capacité cardiorespiratoire (CRF), mesurée par le VO2 Max, indique la capacité du corps à utiliser l’oxygène pendant un effort. Il s’agit pour les médecins d’un moyen pratique pour évaluer la bonne collaboration entre le cœur, les poumons, les muscles et les vaisseaux sanguins. Il est aussi utilisé pour prédire la mortalité, toutes causes confondues, et la mortalité cardiovasculaire (risque de décès). Les patients obèses présentent souvent un faible CRF. Dans certains cas, cela est dû à un manque de masse musculaire ; dans d’autres, une personne peut avoir suffisamment de muscles, mais leur qualité est altérée par la graisse qui les a pénétrés.

Les chercheurs ont pourtant constaté que les médicaments GLP-1 n’amélioraient pas significativement la CRF, malgré une perte de poids notable. D’après une vaste étude menée sur 400’000 personnes, il a été constaté que la CRF était un meilleur indicateur de survie que le poids corporel. En d’autres termes, perdre du poids sans amélioration de la forme cardiovasculaire ne réduit pas forcément le risque de décès.

Les chercheurs concluent ainsi que les médicaments à base de GLP-1 réduisent significativement le poids corporel et l’adiposité, ainsi qu’une perte substantielle de masse maigre, mais sans preuve claire d’amélioration de la CRF. Ils restent donc préoccupés par les conséquences possibles sur la santé métabolique, la durée de vie et la fragilité des patients ainsi que leur longévité globale. Ils préconisent des recherches supplémentaires afin de mieux comprendre les effets de ces médicaments et de garantir aux patients les meilleurs résultats possibles.

Perte de poids saine

Selon toujours les résultats de l’étude, il existe des signes prometteurs qui suggèrent qu’il serait possible de développer des médicaments pour aider, comme un anticorps monoclonal déjà en cours de développement. Ce dernier pourrait être en mesure de compenser la perte de masse musculaire maigre.

En attendant, les chercheurs préconisent l’importance pour les patients sous GLP-1 de discuter avec leur médecin des stratégies à adopter pour préserver leur masse musculaire. L’American Diabetes Association recommande de dépister la malnutrition ainsi qu’un risque de faible masse musculaire avant de commencer ces médicaments, et de promouvoir un apport protéique adéquat et une activité physique régulière tout au long du traitement. Concernant l’entraînement physique pendant la thérapie GLP-1, celui-ci reste à évaluer quant à sa capacité à préserver ou à améliorer le VO2 Max pendant la thérapie GLP-1.

Sources et références :
Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism (DOI : 10.1210/clinem/dgaf335), Communiqué de presse en anglais de l’étude (via EurekAlert.org)

Personnes responsables et impliquées dans l’écriture de ce dossier :
Seheno Harinjato (rédactrice chez Creapharma.ch, responsable des infographies).

Date de dernière mise à jour du dossier :
25.07.2025

Crédits photos :
Creapharma.ch, Adobe Stock, © 2025 Pixabay

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Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 25.07.2025
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