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Le virus Zika qui secoue le Brésil enfin pris au sérieux par l’OMS

chikungunya causeGENEVE – SAO PAULO – L’ennemi public no 1 au Brésil n’est probablement pas un être humain mais un simple moustique, Aedes aegypti (photo à gauche). Cette espèce de moustique a déjà fait et continue de poser de grands problèmes au Brésil en étant le vecteur du virus de la dengue, une maladie qui engendre des centaines de morts dans le pays chaque année. L’Aedes aegypti peut transmettre également le virus Zika. Selon les autorités brésiliennes, ce virus serait responsable de l’augmentation dramatique du nombre de cas de microcéphalie foetale d’origine infectieuse dans le plus grand pays d’Amérique latine. Le vendredi 15 janvier 2016, les autorités américaines du U.S. Centers for Disease Control and Prevention ont émis une note qui déconseille aux femmes enceintes de voyager dans les pays où le virus Zika est présent, dont la Guyane française. Le 28 janvier 2016 l’OMS a estimé que le virus Zika pourrait mener à 3 à 4 millions de cas sur le continent américain pendant cette année 2016.

Lire aussi : Zika, tout ce qu’il faut savoir et notamment sur la microcéphalie

En novembre 2015 le virus a atteint le Mexique et en décembre 2015 Puerto Rico. Un cas a également été identifié au Texas chez un voyageur revenant d’Amérique latine début janvier 2016.  L’angoisse est palpable aux Etats-Unis et dans d’autres pays situés dans les zones tropicales ou subtropicales.

Microcéphalie

La microcéphalie foetale d’origine infectieuses peut mener à des retards mentaux et parfois à la mort du foetus ou du nouveau-né, selon les autorités brésiliennes. Un nouveau-né qui naît avec cette maladie présente une circonférence du crâne inférieure à 32 cm.
De plus en plus de femmes ont peur de tomber enceinte à cause de cette redoutable menace.

Photo ci-dessous d’une mère avec ses 2 filles souffrant de microcéphalie, photo appartenant à notre site partenaire R7.com au Brésil (crédit photo R7 et ayant droit)

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Explosion du nombre de cas de microcéphalie au Brésil

bresil-amoureuxPlus de 3’400 bébés au Brésil sont nés en 2015 et jusqu’à janvier 2016 avec une microcéphalie contre moins de 150 en 2014. C’est un chiffre élevé, à mettre en relation avec 200’000 à 300’000 naissances qui ont lieu chaque année dans ce pays, le 5ème plus peuplé au monde, soit environ 1% de toutes les naissances. Les autorités et certains spécialistes ont désormais peurs que le phénomène s’amplifie davantage, comme une véritable épidémie. Les cas les plus graves ont surtout été enregistrés dans le nord-est (Nordeste en portugais) du Brésil, une région plus pauvre que le sud et sud-est, comme le montre la carte ci-dessous. Toutefois, il semble que le virus se répande rapidement dans tout le pays.

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Le Zika ou fièvre Zika mène à des symptômes dans seulement environ 20% des cas, autrement dit l’infection passe souvent de façon inaperçue.
D’autres causes de la microcéphalie sont notamment une consommation d’alcool pendant la grossesse.

Comment ce virus mène-t-il à la microcéphalie ?

Même si cela reste pour le moment une hypothèse, les scientifiques brésiliens pensent qu’après que la femme enceinte se soit fait piquée par un moustique porteur du virus Zika, ce dernier passe dans la circulation sanguine de la mère, traverse le placenta puis atteint le cerveau du foetus provoquant l’infection. Le risque de microcéphalie serait particulièrement élevé pendant les 12 premières semaines de la grossesse, période fondamentale pour le développement du cerveau du foetus.

Lien entre Zika et la microcéphalie 

ministerio-da-saude-bresilSelon les autorités brésiliennes, le lien entre le virus Zika et l’augmentation massive du nombre de cas de microcéphalies est avéré. Des chercheurs brésiliens ont retrouvé des traces génétiques du virus Zika dans le liquide amniotique de 2 femmes porteuses chacune d’un foetus diagnostiqué par ultrason de microcéphalie. Toutefois, l’OMS n’est pas encore absolument certain du lien de cause à effet entre le virus Zika et la microcéphalie comme le relève une dépêche de Associated Press (AP) publiée le 26 décembre 2015. D’autres investigations vont être réalisées par l’OMS pour confirmer ou non les travaux menés par les Brésiliens.

Quelle méthode de prévention ?

Pour le moment, il n’existe aucun vaccin pour lutter contre le virus Zika. Un moyen efficace de se protéger du moustique porteur de ce virus est d’utiliser des répulsifs d’origine chimique comme le DEET.

L’origine du virus

Le virus Zika a été détecté pour la première fois chez l’être humain il y a environ 40 ans en Ouganda. Sur le continent américain le virus a été observé pour la première fois il y a moins de 2 ans, il s’est donc rapidement propagé principalement dans les régions tropicales, c’est-à-dire l’Amérique centrale et une partie de l’Amérique du sud.

Cas en Polynésie française et en Guyane

En Polynésie française, 17 cas de malformations au niveau du système nerveux central parmi des foetus et des nouveaux-nés ont été enregistrés en 2014 par les autorités suite à une épidémie de Zika. En Guyane française, 11 personnes ont été contaminées par le virus Zika selon des données du 23 décembre 2015.

Pays déconseillés par les autorités américaines de santé

Les pays notamment déconseillés par les autorités américaines de santé du U.S. Centers for Disease Control and Prevention pour les femmes enceintes sont le Brésil, la Colombie, El Salvador, la Guinée française, le Guatemala, Haïti, le Honduras, la Martinique, le Mexique, Panama, le Paraguay, le Suriname, le Venezuela et Puerto Rico. Attention, cette liste évolue rapidement.

Pour aller plus loin : Tout savoir sur Aedes aegypti – Dossier complet sur la dengue

Article mis à jour le 28 janvier 2016. Par Xavier Gruffat (pharmacien). Sources : Veja (magazine brésilien de référence), Associated Press, Criasaude.com.br (version brésilienne de Creapharma.ch, découvrez notre page en portugais sur Aedes aegypti, références bibliographiques en bas de l’article), France TV, Wikipedia.org, CBSnews, OMS

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Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 17.09.2017

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