Arthrose : une perte de poids seulement par la pratique d’exercice ne protège par les genoux

CHICAGO Les personnes obèses qui perdent beaucoup de poids peuvent de façon significative ralentir la dégénération du cartilage du genou, mais seulement si elles perdent du poids à travers l’alimentation (régime) et l’exercice physique ou l’alimentation seulement. Autrement dit, si elles perdent du poids seulement en pratiquant de l’exercice physique l’impact est insignifiant sur l’arthrose du genou. Ces résultats proviennent d’une étude présentée le 28 novembre 2017 à Chicago au congrès annuel de la Société de Radiologie Nord-Américaine (en anglais Radiological Society of North America ou RSNA).


Obésité et arthrose

L’obésité est un facteur de risque important pour l’arthrose, une maladie dégénérative de l’articulation qui touche plus d’un tiers des adultes âgés de plus de 60 ans, selon les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) américains. L’articulation du genou est souvent touchée par l’arthrose et chez beaucoup de personnes la maladie progresse jusqu’à ce qu’un remplacement total du genou devienne nécessaire.

« Une fois que le cartilage est perdu lors d’arthrose, la maladie ne peut pas être inversée, » affirme l’auteur principal de cette étude, Dr Alexandra Gersing (en anglais titre de M.D.) du Département de Radiologie et Imagerie Biomédicale à l’Université de Californie à San Francisco (UCSF).
Arthrose infographie

Comme la perte de cartilage ne peut pas être inversée, il est important pour les personnes à risque d’arthrose ou avec des signes précoces de la maladie de ralentir la dégénération du cartilage. Il a été démontré que la perte de poids ralentissait la dégénérescence du cartilage chez les personnes obèses ou en surpoids, mais il n’était pas clair si la méthode utilisée pour perdre du poids faisait la différence.

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Etude en détail

Mme la Dr Gersing et ses collègues ont étudié la dégénérescence du cartilage et les anomalies articulaires sur une période de 96 mois chez des personnes en surpoids et obèses qui ont maintenu un poids stable ou qui ont perdu du poids par différents régimes.

Les chercheurs ont étudié 760 hommes et femmes avec un indice de masse corporelle supérieur (IMC) à 25, c’est-à-dire en surpoids ou obèses, provenant de l’Osteoarthritis Initiative, une étude de recherche américaine axée sur la prévention et le traitement de l’arthrose du genou. Les patients souffraient soit d’une arthrose légère à modérée, soit présentaient des facteurs de risque de la maladie. Les patients ont été divisés en un groupe de 380 patients qui ont perdu du poids, et un groupe témoin de 380 patients qui n’ont pas perdu de poids. Le groupe qui a perdu du poids a encore été partagé par la méthode de perte de poids : régime et exercice, régime seul et exercice seul. Les chercheurs ont utilisé l’IRM pour quantifier l’arthrose du genou au début de l’étude, à 48 mois et à 96 mois (voir photo ci-dessous).


Crédit photo : Radiological Society of North America

Résultats

La dégénérescence du cartilage était significativement plus faible dans le groupe de perte de poids, par rapport au groupe témoin sur les 96 mois. Cependant, cette découverte était seulement présente parmi les patients qui ont perdu du poids par le régime et l’exercice ou le régime seul. Même chez les participants qui ont perdu autant de poids par l’exercice seul que les patients qui ont suivi un régime seul ou suivi un régime et fait de l’exercice, la perte de poids (par l’exercice seul) n’a pas montré de différence significative dans la dégénérescence du cartilage comparé au groupe qui n’a pas perdu de poids.

Autrement dit, tout indique que pour avoir un impact significatif sur l’arthrose une personne en surpoids ou obèse devrait surtout changer son alimentation et suivre un régime.

Une étude présentée lors d’un congrès médical, dans ce cas le congrès annuel (2017) de la Société de Radiologie Nord-Américaine, est généralement considérée comme préliminaire jusqu’à ce qu’elle soit publiée dans une revue médicale évaluée par des pairs. La publication dans une revue scientifique peut prendre des mois voire des années.

Le 29 novembre 2017. Par Xavier Gruffat (Pharmacien). Source : communiqué de presse de l’étude.
Crédits photos : Radiological Society of North America, Fotolia.com

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Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 29.11.2017

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