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On connaît mieux la substance à la base de l’effet somnifère d’une célèbre plante ayurvédique

Ashwagandha - Plante médicinaleTSUKABA – L’ashwagandha (Withania somnifera), une plante importante de la médecine traditionnelle indienne Ayurveda, est connue pour ses propriétés somnifères et calmantes mais jusqu’à présent la communauté scientifique ignorait les principes actifs responsables de ces effets. Désormais, des chercheurs japonais ont réussi à identifier une substance provenant des feuilles à l’origine des effets sur le sommeil. Les scientifiques estiment que l’ashwagandha pourrait être utilisé avec succès lors d’insomnie, notamment si de futures études montrent une absence de toxicité de cette plante sur l’être humain.

Plante adaptogène

L’effet somnifère de l’ashwagandha qui porte aussi parfois le nom de ginseng indien est connu depuis plus de 4’000 ans dans la médecine ayurvédique, comme l’indique aussi son nom d’espèce (somnifera). Des études scientifiques sérieuses publiées par le passé ont confirmé son effet somnifère. L’ashwagandha, comme le ginseng (Panax ginseng), présente également un effet adaptogène. Cela signifie que la plante peut « s’adapter » à différentes situations stressantes.

Pour chercher à comprendre les principes actifs impliqués dans le mécanisme du sommeil, une équipe de scientifiques japonais sous la direction de Makesh K. Kaushik et Yoshihiro Urade de l’Université de Tsukaba ont réalisé une expérience sur des souris en enregistrant des donnés provenant d’examens à base d’électroencéphalogrammes et d’électromyographies.

Résultats

Un extrait aqueux des feuilles d’ashwagandha contenant une substance appelée triéthylène glycol (TEG) a eu impact sur le cerveau des souris en augment le sommeil non REM et en changeant légèrement le sommeil REM (sommeil paradoxal). Un extrait alcoolique d’ashwagandha contenant des molécules appelées withanolides n’a par contre pas montré d’effets sur le sommeil. La qualité du sommeil provoquée par l’extrait d’ashwagandha était identique à un sommeil normal. De plus, des médicaments commercialisés à base de TEG augmentent aussi le sommeil non REM. Par conséquence, les scientifiques japonais ont conclu que le TEG était responsable de l’effet somnifère.

cycle du sommeil infographie

Insomnie et ses risques

Les troubles du sommeil ainsi que d’autres maladies comme le syndrome des jambes sans repos sont des affections fréquentes. Dans la population générale, on estime qu’entre 10 et 15% des personnes souffrent d’insomnie et entre 30 et 60% chez les personnes âgées. Les troubles du sommeil sont associés à des maladies comme l’obésité, les maladies cardiovasculaires, la dépression ou encore l’anxiété.

L’avantage des traitements naturels

Les somnifères chimiques actuellement sur le marché ont souvent des effets secondaires parfois graves et ne mènent pas à un sommeil réparateur. L’ashwagandha, avec une concentration suffisante de TEG, mène à moins d’effets secondaires que les somnifères d’origine chimique. Il est conseillé de consommer l’ashwagandha en poudre, par exemple en gélule (capsule). Les résultats de cette étude pourraient révolutionner les thérapies à base de plantes contre l’insomnie et les autres troubles du sommeil.

Néanmoins, les chercheurs japonais relèvent que l’application clinique pour traiter l’insomnie avec le TEG reste encore à un stade peu avancé. Un problème est l’éventuelle toxicité du TEG chez l’être humain. C’est pourquoi d’autres études seront nécessaires pour confirmer, ou infirmer, la sécurité du TEG. Les scientifiques japonais travaillent actuellement sur l’évaluation du TEG en cas de stress, une autre indication de cette plante de la médecine Ayurveda.

Cette étude a été publiée dans la revue spécialisée PLoS One le 16 février 2017.

Le 30 mars 2017. Par Xavier Gruffat (Pharmacien Dipl. EPF Zurich). Source : communiqué de presse de l’étude. Etude (Triethylene glycol, an active component of Ashwagandha (Whithania somnifera) leaves, is responsible for sleep induction). Crédits photos : Fotolia.com, Wikipedia.org

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Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 31.03.2017