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La majorité des traitements contre l’incontinence sont peu efficaces

AbsintheGÖTEBORGA part la chirurgie, la plupart des traitements contre l’incontinence urinaire ou fécale comme les médicaments sont peu efficaces ou agissent sur un nombre trop faible de patients, selon une étude suédoise réalisée notamment par la Sahlgrenska Academy. Pour arriver à ces conclusions, le Prof. Ian Milsom et son équipe ont étudié des milliers d’articles et documents sur l’incontinence urinaire et fécale publiés entre 2005 et 2015.

Qu’est-ce un succès ?

La portée de ce travail rend cette étude unique. En effet, les chercheurs ont pris en compte un nombre très important de données pour arriver à quantifier grâce à des pourcentages l’efficacité de plusieurs thérapies différentes. Pour qu’une méthode thérapeutique comme la chirurgie ou la prise de médicaments soit qualifiée de succès, le patient doit être guéri de l’incontinence 3 mois après le début du traitement.

La chirurgie, de loin en tête

Dans le traitement de l’insuffisance urinaire et fécale, la chirurgie s’est avérée de loin la meilleure méthode avec un taux de succès de 82%, suivi par des exercices au niveau des muscles du plancher pelvien avec 52% et les médicaments avec 49% de succès. Certaines méthodes comme des injections au niveau des tissus endommagés de substances gonflantes (en anglais : bulking agents) présentaient un taux de succès de seulement 37%.

Critique des médicaments

Le Prof. Milsom, qui s’exprimait dans un communiqué de l’étude, critique notamment l’efficacité insuffisante des médicaments antimuscariniques indiqués lors d’insuffisance urinaire. Il explique : « Ces résultats ne sont pas brillants si on considère les coûts en milliards de dollars de ces médicaments pour les systèmes de santé. Au contraire, la chirurgie est devenue plus simple, plus efficace et mène à des résultats solides même sur le long terme. »
Dans la pratique, comme l’indique la Mayo Clinic qui n’a pas participé à cette étude, la chirurgie reste une méthode utilisée par les médecins souvent en dernière attention en cas d’insuffisance urinaire. Autrement dit, la majorité des médecins malgré une efficacité plus faible privilégie les traitements médicamenteux ou de rééducation des muscles du plancher pelvien. Cette étude pourrait changer la situation et augmenter le nombre de chirurgies effectuées lors d’incontinence urinaire ou fécale.

Manque d’études

Relativement peu d’études pendant ces 10 années (2005 à 2015) ont porté sur les personnes âgées, malgré qu’elles soient des personnes à risque. Les scientifiques ont aussi découvert qu’il y avait un manque d’études publiées sur les effets de la modification du style de vie, de l’utilisation de cathéters et de protections contre l’incontinence.

Sérieux problème dans le monde

L’incontinence urinaire et fécal ont un impact sur le bien-être, la qualité de vie et mène parfois à une isolation autant dans la vie professionnelle que sociale. L’incontinence peut aussi influencer de façon négative la vie sexuelle et chez les personnes âgées augmenter l’entrée en institution (ex. maison de retraite).

« L’incontinence est un grand problème pour l’être humain, nous devons disposer de davantage de ressources, pas seulement en Suède mais dans le monde entier. Environ 500 millions de personnes sur cette planète souffrent de cette affection, nous devons améliorer les méthodes de traitement, en particulier chez les personnes âgées et celles qui souffrent de maladies neurologiques, » conclut le Prof. Ian Milsom dans le communiqué de presse.

Cette étude a été publiée online le 24 mars 2017 dans la revue spécialisée BMC Medicine.

Le 5 avril 2017. Par Xavier Gruffat (Pharmacien). Sources : communiqué de presse de l’étude en anglais, étude : http://bmcmedicine.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12916-017-0828-2
Crédits photos : Fotolia.com

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Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 05.04.2017