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Saule

Résumé

Plante médicinale indiquée en cas de refroidissement (rhume) ou lors de douleurs rhumatismales comme les douleurs articulaires ou certaines maux de dos à cause de son effet antidouleur et anti-inflammatoire. L’écorce de saule, la partie utilisée en phytothérapie, se présente souvent sous forme de comprimé ou de gélule (capsule).

Saule - Plante médicinale

Noms

Noms français : saule, saule blanc, “aspirine naturelle”, saule commun, obier, osier blanc, saule argenté
Nom scientifique : Salix alba L. (parfois aussi nommé Salix alba var. alba, pour montrer qu’il s’agit d’une variété)
Remarque : Salix viminalis est une autre espèce, qui a contribué également de façon indirecte au développer de l’aspirine (lire aussi en bas de page)
Nom anglais : Willow (Willow Bark ; écorce de saule), White Willow
Nom allemand : Salweide, Silberweide (Silber-Weide)
Nom italien : salice bianco
Nom portugais : salgueiro-branco

Famille

Salicaceae (Salicacées)

Constituants

– Glucosides phénoliques (salicine : l’organisme transforme cette molécule en acide salicylique, lire aussi ci-dessous sous Remarques)
– Tanins
– Flavonoïdes

Parties utilisées

– Ecorce (écorce de saule), parfois les chatons (fleurs) et les feuilles

ecorce-saule

Effets

Usage interne :
– Anti-inflammatoire, anti-douleur, fébrifuge (fait baisser la fièvre), antioxydant

Usage externe :
– Astringent, hémostatique

Indications

En usage interne :
Refroidissement, fièvre, douleur, rhumatisme (arthrose, arthrite), mal de dos aigu (mal de dos qui ne dure pas trop longtemps, ex. sciatique) ou lombalgie, poux (en shampoing), goutte (le saule blanc était surtout utilisé à l’époque pour lutter contre la goutte, notamment les douleurs de la crise de goutte), maux de dent.

En usage externe :
– Plaies (grâce à son effet hémostatique)

Effets secondaires

Risque d’allergie en cas d’hypersensibilité aux salicylés (molécule de l’aspirine, lire sous Remarques ci-dessous).

Contre-indication

Allergie à l’aspirine (certaines sources déconseillent aussi l’utilisation de préparations à base de saule lors d’asthme, d’ulcères ou de certaines affections cardiovasculaires).

Interactions

Risque possible d’interaction avec d’autres médicaments, veuillez demander conseil à votre pharmacien.

Risque d’allergie (rhinite allergique)

Pendant les mois de mars et d’avril, les pollens de cette plante peuvent provoquer des allergies, en particulier le rhume des foins.

Préparations – Sous quelle forme ? (formes galéniques)

– Comprimé, gélule ou capsule à base de saule (contenant notamment 120 mg ou 240 mg d’écorce de saule, lire sous Remarques une étude de la Cochrane)

– Tisane ou infusion de saule

– Décoction de saule

– Shampoing (contre les poux)

– Poudre (ingérer 10 g de poudre d’écorce séchée par jour, en suspension dans un liquide, contre différentes douleurs ou inflammation, selon le spécialiste suisse des plantes médicinales Claude Roggen – voir Références de son livre en bas de page)

Saule - Salix alba

Où pousse le saule ?

Le saule blanc serait originaire d’Europe, d’Asie et d’Amérique du nord.
Le saule pousse actuellement dans de nombreuses régions du monde : Europe, Amérique du Nord, Afrique du Nord, Asie, etc.
Il peut vivre plus de 100 ans et atteindre une hauteur de 25 m, certaines sources parlent même de 30 m.
Le saule blanc pousse volontiers proche d’un cours d’eau comme une rivière, notamment en bordure de forêt. Le terme Salix (du nom binomial Salix alba) provient de la langue celte sal lis, signifiant “près de l’eau”. La floraison, sous forme de petits chatons jaunes, a lieu en Europe en avril et mai. Les fleurs apparaissent en même temps que les feuilles, de couleur argentée.

Quand récolter les écorces de saule ?

Il faut couper des jeunes branches de moins de 7 cm de diamètre, retirer l’écorcer puis la découper en petits puis morceaux et faire sécher, selon le spécialiste suisse des plantes médicinales Claude Roggen (voir Références en bas de l’article). En Europe, les écorces sont en général récoltées en mars et les châtons en main.

Découvrez notre ebook : “30 arbres et arbustes avec des propriétés médicinales” – vous y trouverez le saule

Remarques

– Le saule est une plante efficace pour soigner plusieurs types de douleurs comme les rhumatismes, la fièvre ou encore les maux de dents. Un hors-série du magazine français Science & Vie sur les plantes médicinales paru en juillet 2020 estimait que l’effet de l’écorce de saule contre les douleurs articulaires et lombalgies était scientifiquement prouvé. Le magazine s’est basé sur plusieurs études publiées sur le saule, comme une de la Cochrane (une institution de référence connue pour son objectivité) publiée en 2014. Dans l’étude de la Cochrane, les patients (hors ceux prenant un placebo) consommaient de l’écorce de saule contenant 120 mg ou 240 mg de salicine.

A l’origine de l’aspirine
– La célèbre aspirine (acide acétylsalicylique), mise sur le marché pour la première fois en 1899 par la société pharmaceutique allemande Bayer, est un dérivé de l’acide salicylique. Cette molécule a été isolée de l’écorce de saule blanc mais aussi d’une autre plante, la reine-des-prés (Filipendula ulmaria) ou spirée (d’où le nom Aspirine, a signifiant sans ou sans spirée). Les scientifiques connaissaient les effets antidouleurs de la saule et de la reine-des-prés, plantes utilisées notamment en médecine populaire à cette époque. En 1828, le pharmacien français Pierre-Joseph Leroux avait réussi à extraire la salicine de l’écorce de saule. Dans le courant du 19ème siècle, l’acide salicylique a pu être identifié comme la substance la plus efficace provenant du saule (Salix alba et Salix viminalis).
En une étape chimique, appelée acétylation, on peut transformer l’acide salicylique en acide acétylsalicylique, portant le nom de marque aspirine. Le rajout par synthèse chimique de la molécule acétyle à l’acide salicylique a permis une amélioration de la tolérance en prise orale de l’acide acétylsalicylique1. De nos jours, l’acide salicylique (sans le rajout de l’acétyle) est surtout utilisé en usage externe pour son effet kératolytique par exemple lors de verrues mais peu en usage interne (ex. comprimé).
L’aspirine est désormais plus de 100 ans après l’un des médicaments les plus importants de la médecine moderne en cas de douleurs, y compris et surtout inflammatoires, ainsi que de fièvre. L’aspirine est également indiquée à faible dosage (ex. 100 mg) dans la prévention secondaire de certaines maladies cardiovasculaires comme l’infarctus du myocarde ou l’AVC pour fluidifier le sang.

Histoire du saule
– Le célèbre médecin grec Hippocrate, environ 4 siècles avant J.-C., avait déjà observé que l’utilisation d’écorce et de feuilles de saule permettait de soulager les douleurs lors maux de tête ou de fièvre. Il conseillait aux femmes de mâcher ses feuilles pour lutter contre les douleurs de l’accouchement. Les Indiens d’Amérique utilisaient aussi la saule dans leur pharmacie naturelle, comme le relève le spécialiste suisse des plantes médicinales Claude Roggen (voir sous Références ci-dessous).

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Références & Sources : 
“Les secrets du druide 2” de Claude Roggen, 2018, éditions bois carré, Science&Vie, Littérature sur les plantes médicinales (phytothérapie).

Rédaction de cette fiche : 
Xavier Gruffat (Pharmacien et Rédacteur en chef de Creapharma)

Dernière mise à jour de la fiche : 
08.09.2021

Crédits photos :
Fotolia.com, Creapharma.ch

Saule - Plante médicinale

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Notes de bas de page et références :

  1. Livre en allemand : Taschenatlas Pharmakologie (Atlas de poche de pharmacologie), Lutz Hein – Jens W. Fischer, 8ème édition (8. Auflage), Thieme, 2020 – Remarque : une édition de ce livre existe aussi en français mais souvent il y a un retard dans les différentes mises à jour (éditions).

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Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 08.09.2021
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