Troubles affectifs saisonniers

Introduction sur les troubles affectifs saisonniers (dépression saisonnière)

Troubles affectifs saisonniers définitionLorsque les jours diminuent, vous vous sentez fatigué, sans ressort et énergie? Vous dormez bien plus, mais sans pouvoir vous régénérer? Tout vous agace ou presque? Novembre vous semble être le plus triste mois de l’année, mais en réalité, votre humeur semble affectée depuis la fin septembre déjà et ne va pas en s’améliorant jusqu’aux premiers rayons de soleil du printemps ?

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Avez-vous déjà songé au blues hivernal ? Le blues hivernal est la forme légère de dépression hivernale. Lorsque la dépression est plus prononcée, elle est appelée Troubles Affectifs Saisonniers (TAS) ou encore Seasonal Affectiv Disorder (SAD) en anglais.

N’ayant rien à voir avec une paresse durant tout l’hiver, le TAS touche plus de personnes que l’on croit. Les symptômes sont non spécifiques au TAS, car ils font penser à d’autres troubles comme la dépression, l’anxiété ou encore les troubles du sommeil.

Plusieurs pistes sont étudiées pour expliquer le phénomène de Troubles Affectifs Saisonniers, comme la génétique, le temps d’ensoleillement, les neurotransmetteurs.

Les traitements proposés aux personnes souffrant de TAS sont la luminothérapie, les médicaments ainsi qu’un suivi thérapeutique.

Les lampes de luminothérapie doivent être conseillées par un spécialiste qui vous expliquera les différentes sortes d’intensité des lampes et l’utilisation correcte afin d’éviter les effets secondaires.

Certaines mesures hygiéno-diététiques peuvent également aider à prévenir et aider lors de TAS avéré.

Définition

définition troubles affectifs saisonniers On appelle Troubles Affectifs Saisonniers (TAS), la dépression hivernale ou la dépression saisonnière. Pour être considérée comme atteinte de TAS, une personne doit présenter les symptômes durant 2 années de suite au moins, à la même période de l’année, à savoir d’octobre à mars. Les acronymes pour TAS en anglais sont SAD, pour Seasonal Affectiv Disorder.
Le blues hivernal est la forme modérée, légère de dépression hivernale. En cas de dépression plus prononcée, durant la période hivernale, on parlera de TAS.

Il semblerait que les troubles affectifs saisonniers apparaissent durant l’automne et l’hiver, saisons où l’intensité lumineuse naturelle diminue. En effet, le TAS est plus fréquent dans les pays nordiques, éloignés de l’équateur. De plus, les personnes souffrant de TAS semblent moins souffrir de leur dépression hivernale, lorsqu’elles font des séjours dans des pays ensoleillés. Malheureusement, les symptômes réaparaissent assez rapidement, une fois de retour dans leur pays.

Il faut en effet savoir que la luminosité naturelle est en moyenne de 100’000 lux (unité de mesure de l’intensité lumineuse. 1 lux correspondant à la l’intensité lumineuse d’une bougie placée à 1 m de distance). Or, durant l’hiver, l’intensité lumineuse naturelle peut descendre à 2000 lux à peine. De plus, le froid n’encourage pas les sorties, les marches à l’extérieur, confinant les personnes dans leur domicile où la lumière artificielle dépasse rarement les 300 lux.

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Causes

 Causes des troubles affectifs saisonniersLes causes des Troubles Affectifs Saisonniers (TAS) ne sont pas clairement définies. Les scientifiques commencent à s’intéresser à ce mal que l’on estimait peu autrefois. Plusieurs pistes sont étudiées, à savoir la génétique, le manque de luminosité naturelle.

La génétique

Il semblerait que les personnes dont un proche (parents, personnes de la famille) souffre d’un TAS serait plus enclin à développer un TAS également.

Le manque de luminosité naturelle

En automne et en hiver, l’intensité lumineuse est nettement moins forte que durant l’été. Le moral des personnes se trouve affecté à différents niveaux allant de la grande fatigue, une grosse envie de manger du sucré ou des féculents (faisant penser à l’hibernation naturelle de certaines espèces animales) à une forte déprime. En effet, c’est comme si le corps faisait ses réserves et s’apprêtait à partir en repos hivernal. Autrefois, cela ne dérangeait pas, car l’être humain calcait son rythme de vie suivant la nature. Désormais, qu’il fasse beau ou mauvais, que ce soit l’été ou l’hiver, on devra tout de même se réveiller tôt le matin, même si le soleil n’est pas encore levé. Au lieu d’avoir les rayons du soleil comme réveil matin, il faut désormais suivre les dictats des horaires, les sonneries artificielles du réveil-matin.

La lumière, selon les études du Dr Norman E. Rosenthal (National Institute of Mental Health), a un impact sur le corps humain, sur l’horloge biologique. L’exposition à la lumière influence la libération de la sérotonine (hormone du bonheur) qui impacte la libération de la mélatonine. La mélatonine, hormone du sommeil n’est normalement pas libérée lorsqu’il fait jour. C’est ce que l’on appelle cycle veille-sommeil ou cycle circadien. Si la mélatonine continue à être excrétée, même durant la journée, cela provoque fatigue et somnolence. Ces dérèglements hormonaux peuvent donc être suffisamment importants pour être incapacitant.

Cependant, ce manque de luminosité naturelle ne touche pas toutes les personnes de la même manière. Il faut donc penser que d’autres facteurs entrent en jeu, comme la génétique.

Personnes à risque

Les personnes risquant de souffrir de blues hivernal ou d’une déprime plus prononcée (de troubles affectifs saisonniers) sont les personnes suivantes:

– les personnes ayant un parent/proche souffrant ou ayant souffert de TAS

– les personnes habitant dans l’hémisphère nord, dans des pays éloignés de la ligne de l’équateur. Plus on s’éloigne de l’équateur, plus le taux d’ensoleillement diminue et plus le risque de blues hivernal ou plus gravement le TAS augmente

– les femmes sont plus touchées que les hommes

– les personnes adultes. Les enfants et les adolescents sont plus rarement affectés par le TAS

– les personnes vivant recluses chez elles, ne sortant pas ou peu

Il semblerait que 2 à 3 % des personnes vivant dans l’hémisphère nord (loin de la ligne de l’équateur) souffriraient de TAS. Pour exemple, on citera le Canada où le taux de personnes souffrant de blues hivernal égale les 18%, tandis que le taux des personnes souffrant bel et bien de TAS avoisine les 10%. C’est d’ailleurs le cas de beaucoup de pays se situant au nord, comme pour l’Alaska. Le soleil ne s’y lève pas durant plus d’un mois en hiver. Le taux de TAS est de 9% pour cet état américain.

Symptômes

dépression saisonnièreEn cas de Troubles Affectifs Saisonniers, on peut ressentir des symptômes qui malheureusement sont très peu caractéristiques, pouvant faire penser à d’autres maladies, comme la dépression «classique», par exemple. Les symptômes sont ressentis durant la période automnale et hivernale, avec un pic en novembre, décembre et janvier.

Les symptômes cités sont très souvent:

– une grande fatigue, un manque d’énergie, voir de la somnolence diurne (durant le jour) ou encore un besoin de sommeil plus grand

– une envie de manger des aliments sucrés ou des féculents

– un moral, une humeur en baisse

– de la tristesse, du désespoir

– de l’anxiété

– une difficulté à effectuer ses tâches quotidiennes, voire une incapacité à les faire

– une plus grande sensibilité, irritabilité

– du stress augmenté

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– une concentration affaiblie

– une libido diminuée

– des maux de tête

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Il est d’ailleurs intéressant de noter que les deux premiers symptômes cités (fatigue, envie d’aliments sucrés ou de féculents), font penser à ces animaux, qui, avant d’hiverner, font des réserves alimentaires. Puis leur organisme ralentit pour justement entrer en hibernation.

Les symptômes seront plus ou moins prononcés, selon les personnes, allant du blues hivernal à la véritable dépression saisonnière, que l’on appellera Troubles Affectifs Saisonniers (TAS).

Une caractéristique importante des symptômes de TAS, est leur prépondérance durant les mois où le taux d’ensoleillement est faible. Ainsi, au printemps et en été, les symptômes disparaissent. De même, lors d’un séjour dans un pays ensoleillé, les symptômes disparaissent également. Il est cependant malheureux de constater que les symptômes réapparaissent quelques temps après le retour à la maison, dans la grisaille.

Bien que le TAS soit plutôt rare chez les enfants et les adolescents, lorsque ces derniers souffrent de TAS, ils pourront être plus irritables, être très fatigués et également manquer de concentration.

Diagnostic

Le diagnostic des Troubles Affectifs Saisonniers (TAS) est posé en faisant une anamnèse de la personne malade. Le docteur posera des questions essentielles, comme:

– la périodicité des symptômes

– le ressenti du malade (anxiété, irritabilité, fatigue, ….)

– des analyses médicales

La périodicité des symptômes

Bien que les symptômes du TAS ressemblent fortement aux symptômes d’une dépression non saisonnière, le TAS est caractéristique du fait qu’il apparaît dès que la luminosité naturelle est moindre, à savoir en automne et ce jusqu’au printemps. Au printemps, les malades sont comme guéris. On peut aussi noter que ces malades sont en rémission s’ils vont dans des pays chauds, lorsque l’hiver arrive. Cependant, la rémission n’est que provisoire, car lorsqu’ils reviennent dans leur pays, les symptômes de TAS reviennent également.

Il faut de plus que les symptômes réaparaissent durant la saison froide (du mois d’octobre au mois de mars) depuis 2 ans au moins.

Analyses médicales

Les analyses médicales sont importantes pour exclure d’autres maladies et pouvoir poser le diagnostic de TAS. Le médecin pourra par exemple, demander une analyse sanguine et exclure une hypothyroïdie. En effet, les patients souffrant d’hypothyroïdie peuvent présenter des symptômes très proches de personnes souffrant de TAS.

Complications

Les troubles affectifs saisonniers (TAS) étant une dépression en tant que tel, les complications sont les mêmes que pour une dépression «classique»:

– des idées suicidaires

– un retrait social

– une prise de poids (envie d’aliments sucrés et de féculents)

– une incapacité à effectuer ses activités quotidiennes

Les idées suicidaires

Troubles affectifs saisonniers complications

Le TAS est bel et bien une dépression. Lorsque la dépression est très forte, l’anxiété peut être telle que l’on n’a plus envie de rien, qu’on ne trouve plus de sens à sa vie et que les idées suicidaires peuvent survenir. L’anxiété peut être tellement forte, que l’on peut être tenté par l’alcool comme un leurre pour se croire plus fort ou pour simplement oublier. Ce comportement est dangereux.

Le retrait social

Le retrait social peut s’expliquer par la grande fatigue que ressentent les malades. De plus, elles sont plus irritables, plus anxieuses et parfois même ressentent un désintérêt total vis à vis de leur environnement, de leur entourage. Le TAS n’étant pas encore bien connu et compris, l’entourage peut ne pas comprendre les malades et n’arrive pas à les soutenir de manière correcte. Ce point est essentiel aussi bien pour les personnes souffrant de TAS que pour les personnes souffrant de dépression non saisonnière. L’entourage est un point clé pour éviter les complications des dépressions.

La prise de poids

En ce qui concerne la prise de poids, elle est expliquée par le fait que les personnes souffrant de TAS ont une tendance à consommer davantage d’aliments sucrés et de féculents. Il est intéressant de faire un parallèle entre l’envie de ce genre d’aliments avec l’hibernation. En effet, ce sont des aliments qui permettent de faire des réserves, or c’est ce que font les animaux qui hibernent.

Incapacité à effectuer ses activités quotidiennes

Cette complication est due au fait que les personnes touchées par le TAS sont très fatiguées et parfois même somnolentes. Elles auront donc de la peine à se concentrer au travail comme à l’école, lorsque le TAS touche les enfants et les adolescents, par exemple.

Traitements troubles affectifs saisonniers

Les traitements contre le TAS sont les suivants:

– psychothérapie

– médicaments

– exposition à la lumière / luminothérapie

Psychothérapie troubles affectifs saisonniers

Une personne souffrant de TAS peut être accompagnée par un psychothérapeute pour mieux comprendre son mal et pouvoir s’épancher, se libérer. Le psychothérapeute est habilité à prescrire des médicaments ainsi que la luminothérapie si cela s’avère nécessaire.

Médicaments troubles affectifs saisonniers

Le TAS étant une dépression, on peut la traiter à l’aide des médicaments usuels de la dépression. Le médecin peut alors prescrire des anti-dépresseurs. Ces médicaments seront utilisés lorsque les symptômes de dépression sont forts.

Bien qu’efficaces, il peut être intéressant d’utiliser des méthodes moins chimiques et ayant prouvé leur efficacité, comme la luminothérapie, par exemple.

La luminothérapie contre les troubles affectifs saisonniers

 luminothérapie contre les troubles affectifs saisonniersLorsque l’on souffre de TAS, une aide précieuse est l’exposition à la lumière d’une intensité de 10’000 lux au moins. On peut par exemple aller chercher le soleil en effectuant des voyages dans les pays où il fait beau et chaud. Cependant, cette solution présente deux inconvénients majeurs: son coût relativement élevé et le retour des symptômes quand on revient au pays. En effet, il faudrait pouvoir partir durant tous les mois où la grisaille prédomine et ce, toutes les années, mais à part être retraité et/ou très riche, personne ne peut se le permettre.

Il existe une alternative à cela: la luminothérapie. Cette dernière est une solution prometteuse, mais il ne faut surtout pas se jeter sur la première lampe du commerce. Des critères sont importants.

– Il faut en premier lieu que la lampe produise une lumière blanche avec tout le spectre lumineux.

– L’intensité de la lampe doit être de 2000 lux au moins pour être efficace. En général, on préconise une intensité de 10’000 lux, afin de réduire le temps d’exposition. A 10’000 lux, une exposition de 30 minutes suffit. Tandis qu’à 2’000 lux, il faudrait rester près de la lampe (50 cm) pendant plusieurs heures!

– Ensuite, la lampe doit protéger l’utilisateur des rayons UV par la présence d’un filtre. En effet, les rayons UV n’apportent rien à la thérapie et de plus, sont nuisibles pour la peau et les yeux de l’utilisateur.

Bons conseils

L’utilisation de lampe pour la luminothérapie n’est pas sans effets secondaires. Les principaux effets secondaires de la luminothérapie sont:

– une atteinte des yeux, avec douleurs oculaires, il faut donc éviter une exposition trop proche (au moins 40-60 cm de distance), ainsi que respecter les contre-indications à l’utilisation de la luminothérapie.

– perturbation du sommeil: pour ce faire, il faut préférer une exposition matinale et éviter les expositions trop tardives.

– les enfants peuvent être traités par luminothérapie, mais l’exposition doit être moindre: 15 minutes-20 minutes au lieu de 30 minutes pour les adultes.

Les contre-indications pour l’utilisation de la luminothérapie sont les suivantes:

– la lampe peut être nocive et contre-indiquée chez les personnes ayant déjà des problèmes aux yeux, comme les personnes souffrant de glaucome

– les personnes prenant du lithium ne doivent pas utiliser les lampes de luminothérapie

Notons qu’il est possible tout de même de regarder la lampe, mais cela n’est pas nécessaire. Il suffit par exemple de lire près de cette lampe ou d’effectuer ses tâches quotidiennes près de cette source de lumière bienfaisante.

La luminothérapie est efficace et ses bienfaits se font en général ressentir au bout de quelques jours déjà. Cependant, afin de noter une nette amélioration de son état général (humeur, fatigue, etc.), il est important de se traiter par luminothérapie durant 1 mois au moins.

Prévention

– Afin de prévenir les Troubles Affectifs Saisonniers (TAS), on peut par exemple aller «chercher» les rayons lumineux en faisant des activités à l’extérieur, comme se balader, s’entraîner à l’extérieur. L’idéal serait d’exercer ces activités durant au moins 1 heure de manière quotidienne. Il est aussi recommandé d’aménager son lieu d’habitation, afin d’y faire pénétrer la lumière au maximum.

– Remarquons cependant que ces conseils aident plutôt pour réduire les effets du manque de luminosité sans pour autant guérir la personne malade, car la luminosité naturelle est faible en automne et en hiver.

– On ne peut pas vraiment prévenir le TAS, puisque l’on n’a aucune influence sur l’intensité lumineuse naturelle, par contre, il peut être intéressant d’utiliser la luminothérapie dès que l’intensité lumineuse naturelle diminue, en automne et en hiver. Ainsi, on peut utiliser la luminothérapie en prévention et en traitement du TAS.

– Dans le cadre de la luminothérapie, on peut aussi penser à l’utilisation des lampes de simulation d’aube. Ces lampes permettent de simuler un lever de soleil. On n’a alors plus l’impression de se lever de manière brusque avec un réveil qui sonne à tue-tête. On se réveille alors de manière douce et «naturelle», comme par un beau matin de printemps ou d’été. L’humeur est ainsi meilleure dès le lever.

Dossier écrit par Van Nguyen (Pharmacienne)

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Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 15.12.2017