Cancer du sein

Dernière révision médicale : 12.10.2026
Auteurs : Xavier Gruffat, pharmacien – Seheno Harinjato, journaliste


Aperçu

cancer du sein résuméLe cancer du sein est une tumeur qui se forme lorsque les cellules mammaires1 commencent à se diviser et à se multiplier de manière incontrôlée, donnant naissance à une néoplasie. Le cancer du sein peut survenir chez l’homme comme chez la femme, bien qu’il soit beaucoup plus fréquent chez cette dernière.

Il existe différentes formes de cancer du sein :

– Le carcinome canalaire : il se forme lorsque sont impliquées les cellules des canaux lactifères (ou « canaux galactophores »). Ensuite il se répand vers d’autres cellules ou tissus. Il est dit « in situ » (carcinome canalaire in situ ou en anglais invasive ductal carcinoma) lorsqu’il reste cantonné aux premières couches de cellules ou « invasif » lorsqu’il se propage aux tissus adjacents.
Le carcinome canalaire in situ représente 70% à 80% de tous les cas de cancer du sein2.

– Le carcinome lobulaire (en anglais : invasive lobular carcinoma) ou cancer du sein lobulaire : dans ce cas les cellules cancéreuses se situent dans les lobules mammaires qui produisent le lait. Les tumeurs de ce type peuvent être in situ ou invasives et s’étendent normalement aux deux seins. Chaque sein contient environ 15 à 20 lobes de tissu glandulaire3. 

– Le carcinome inflammatoire (en anglais : inflammatory breast cancer) : un type de cancer rare qui, en raison de son caractère extrêmement invasif, affecte la totalité du sein qui présente alors un aspect chaud, enflammé et rouge, évoquant une inflammation. Ce type de cancer touche notamment aux Etats-Unis surtout les femmes noires et les femmes souffrant d’obésité.

– Le sarcome mammaire : ce type de tumeurs se développe à partir du tissu conjonctif (muscle ou graisse) du sein. Il peut revêtir la forme d’un histiocytofibrome malin (ou histiocytosarcome), d’un fibrosarcome ou d’un léiomyosarcome.

– Parmi les tumeurs mammaires rares figurent la maladie de Paget qui prend naissance dans le mamelon, les lymphomes qui touchent le système lymphatique de la glande mammaire, le carcinome mucineux, le carcinome médullaire, le carcinome tubuleux, le carcinome papillaire, les tumeurs phyllodes malignes.

Au-delà de son aspect au microscope, le cancer du sein est également classé selon certaines caractéristiques biologiques des cellules tumorales4. L’analyse de la présence de récepteurs aux hormones (œstrogènes et progestérone) et de la protéine HER2 permet notamment de distinguer plusieurs sous-types, qui influencent le choix du traitement.

Les cancers du sein à récepteurs hormonaux positifs peuvent être sensibles aux hormones et bénéficier d’une hormonothérapie. Les tumeurs HER2 positives peuvent, quant à elles, être traitées par des médicaments ciblant la protéine HER2. Le cancer du sein triple négatif ne présente ni récepteurs aux œstrogènes ou à la progestérone, ni surexpression de HER2. Certaines de ces tumeurs peuvent bénéficier d’une chimiothérapie et, dans des situations précises, d’une immunothérapie ou d’autres traitements adaptés.

La détermination du sous-type tumoral complète l’évaluation du stade et aide l’équipe médicale à choisir une stratégie thérapeutique personnalisée.

Dépistage précoce 
Il est important de ne jamais oublier que le cancer du sein est curable et que les chances de guérison sont d’autant plus grandes que la maladie est détectée à un stade précoce, d’où l’importance d’un dépistage régulier et précoce. Il faut savoir qu’environ 85% des femmes diagnostiquées par le cancer du sein n’ont pas de membres de la famille proche avec la maladie. Autrement dit, ce cancer peut toucher de nombreuses femmes même sans historique de cas dans la famille. L’influence purement génétique est donc relativement faible.
cancer du sein mammographieSi le diagnostic confirme l’existence d’un cancer du sein, discutez avec votre médecin pour savoir comment combattre la maladie. Recherchez de l’aide auprès de votre entourage et dans les techniques alternatives de relaxation.

Octobre rose
Remarque intéressante: dans de nombreux pays, le mois d’octobre est considéré comme le mois du cancer du sein, certains lieux publics sont alors colorés en rose. Relevons qu’il s’agit de l’une des rares (peut-être la seule) maladies « célébrées » sur un mois entier, en général l’OMS ou d’autres organisations de santé parlent plutôt de jour ou de journée (ex. le 1er décembre pour informer sur le SIDA).

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Épidémiologie (et chiffres clés)

Fréquence cancer du sein femme et homme
– Le cancer du sein peut survenir chez l’homme comme chez la femme, étant toutefois bien plus répandu chez la femme (aux Etats-Unis, avec un facteur mille, mille fois plus de femmes que d’hommes).
– Dans les pays occidentaux, ce type de cancer représente l’une des principales causes de mortalité féminine.

Cancer du sein par rapport aux autres types de cancer

– Selon les estimations mondiales du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC/IARC), publiées en juillet 2026 et portant sur l’année 2024, le cancer du poumon était le cancer le plus fréquemment diagnostiqué dans le monde, avec environ 2,6 millions de nouveaux cas, soit 12,8 % de l’ensemble des nouveaux cas de cancer. Toutefois, le cancer du sein reste le cancer le plus fréquemment diagnostiqué chez les femmes à l’échelle mondiale en 2024. Il a été à l’origine d’environ 694 000 décès dans le monde5.

Causes

cancer du sein causeLe cancer du sein n’est pas dû à une cause unique. Divers facteurs, tant génétiques qu’environnementaux, peuvent influer sur son apparition et son développement.
Les scientifiques estiment que 5 à 10 % des cas de cancer du sein sont liés à des mutations génétiques héréditaires, transmises à travers les générations d’une même famille, en particulier aux gènes BRCA1 et BRCA2 ; ces gènes sont également susceptibles d’augmenter les risques de cancer de l’ovaire.

Cela signifie que plus de 80% des cancers du sein sont sporadiques, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas dus à des modifications génétiques héréditaires. Les causes peuvent être liées au mode de vie, à l’environnement et à d’autres facteurs tels que les hormones. 

Lors de cancer du sein, les cellules cancéreuses forment une masse et peuvent se propager à un ganglion lymphatique ou à d’autres parties du corps6.

L’âge constitue un autre facteur de risque de développement de la maladie, étant donné l’augmentation rapide de l’incidence du cancer du sein observée parallèlement à l’avancée en âge (principalement au-delà de 50 ans).

Selon les chercheurs, les autres facteurs de risque liés au cancer du sein sont :

– L’appartenance au sexe féminin

– L’exposition aux rayonnements ionisants avant l’âge de 35 ans

– L’obésité

– Une menstruation précoce (âge lors de la première menstruation avant l’âge de 12 ans)

– Une ménopause tardive (âge lors de la dernière menstruation)

– La survenue d’une première grossesse après 30 ans7

– La nulliparité (absence de grossesse, le fait de ne pas avoir eu d’enfants)

– Un traitement hormonal de substitution mis en place après la ménopause

– La consommation régulière d’alcool, même en quantité modérée

– La survenue d’un premier cancer du sein, celle-ci étant l’un des principaux facteurs de risque de développement d’un nouveau cancer

– Le travail de nuit chez la femme (lire ci-dessous sous Personnes à risque) et le manque de sommeil chez la femme. Néanmoins, une étude publiée en octobre 2016 a remis en question l’impact du travail de nuit sur l’apparition du cancer du sein.

– La prise de la pilule. modérément plus élevé. Lors d’une prise à long terme de pilule contraceptive (éthinylestradiol et un progestatif) le risque de souffrir de cancer du sein est modérément plus élevé8.

– Avoir eu des traitements par radiothérapie de la poitrine.

Microbiote et cancer du sein
Une étude a montré que les femmes souffrant de cancer du sein avaient dans leur tissu mammaire une concentration plus faible de la bactérie Methylbacterium que les femmes sans cancer. Le rôle ou l’effet joué par les bactéries situées dans le tissu mammaire, on parle aussi de microbiote mammaire, et le cancer du sein n’est pas encore connu. Cette étude réalisée notamment par la renommée institution américaine Cleveland Clinic a été publiée online le 5 octobre 2017 dans le journal scientifique Oncotarget (DOI : 10.18632/oncotarget.21490).

Personnes à risque

Le cancer du sein peut survenir chez l’homme comme chez la femme. Toutefois, comme on l’a déjà vu, ce type de cancer est beaucoup plus répandu chez les femmes, en particulier chez celles âgées de plus de 60 ans qui constituent le principal groupe à risque.

Les patientes comptant dans leur famille des cas de cancer du sein touchant la mère, une sœur ou une fille constituent également un groupe à risque. De même, les patientes réglées très jeunes ou ménopausées très tardivement, les patientes sous traitement hormonal de substitution ou ayant été exposées à de fortes doses d’hormones féminines et les patientes ayant connu une première grossesse à un âge avancé sont autant de groupes à risque de développement du cancer du sein.

En résumé, les principaux facteurs de risque de cancer du sein sont:

– L’appartenance au sexe féminin

– L’avancée en âge

– Des antécédents familiaux de cancer du sein

– L’hérédité génétique, en particulier les gènes BRCA1 et BRCA2

– L’exposition de la région thoracique à des rayonnements ionisants dans l’enfance et l’adolescence

– L’obésité, étant donné que le tissu adipeux produit des œstrogènes qui «nourrissent» la tumeur

Il convient de souligner que le cancer du sein est une maladie qui dépend de multiples facteurs, tant génétiques qu’environnementaux. Si vous appartenez à l’un de ces groupes à risque, consultez régulièrement votre médecin et faites des examens périodiques.

Les facteurs de risque du cancer du sein
Une étude récente a évalué les facteurs de risque de développement du cancer du sein. Selon cette étude, les facteurs de risque les plus importants sont l’exposition aux rayonnements ionisants à l’occasion d’examens médicaux, les traitements hormonaux de substitution, le surpoids, le tabagisme passif et la consommation d’alcool. La réduction de l’exposition à ces facteurs entraîne une diminution du risque de développer la maladie. En outre, l’étude met en évidence la pénurie d’informations sur le risque associé aux produits chimiques, lesquels entrent en grand nombre dans la composition des matières plastiques ou sont employés comme colorants, ce qui rend leur utilisation préoccupante.

Travail de nuit chez la femme

Le travail de nuit, lorsqu’il perturbe le rythme biologique naturel (rythme circadien), est classé comme probablement cancérogène pour l’être humain (groupe 2A) par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC/IARC)9. Cette classification repose notamment sur des données concernant le cancer du sein, mais aussi sur des études expérimentales.

Les études épidémiologiques menées chez les femmes ayant travaillé de nuit donnent toutefois des résultats contradictoires. Certaines suggèrent une augmentation du risque de cancer du sein, notamment en cas de travail de nuit fréquent ou prolongé sur plusieurs années, tandis que d’autres n’observent pas d’association significative. Le lien entre travail de nuit et cancer du sein n’est donc pas définitivement établi.

Les perturbations du rythme circadien pourraient notamment intervenir dans les mécanismes biologiques liés au sommeil et à la régulation hormonale, mais les mécanismes précis et l’importance de cet éventuel risque chez l’être humain restent à clarifier.

Symptômes

Dans la plupart du temps et en général au début, le cancer du sein est asymptomatique (sans symptôme), c’est pourquoi un dépistage systématique et fréquent est essentiel. On observe les symptômes visibles et douloureux souvent une fois déjà un stade plus avancé.

Le cancer du sein est caractérisé par des signes et symptômes dont la détection précoce augmente les chances de guérison. Les symptômes les plus fréquents sont les suivants :

– présence d’un nodule mammaire ou d’un épaississement d’une partie du sein qui lui confère un aspect différent de celui du tissu avoisinant.

– écoulement spontané de sang ou de tout autre liquide provenant du mamelon. Le mamelon pouvant être rougeâtre mais aussi avec de la flaccidité (en anglais flakiness).

– changement de la forme, de l’apparence ou de la taille du sein10.

– modification de la peau du sein : apparition de rides, de crevasses ou de fossettes.

– rétraction du mamelon, celui-ci se retournant vers l’intérieur du sein.

– desquamation de la peau des mamelons.

– nouveau mamelon inversé

– rougeur ou détérioration de la peau du sein évoquant un aspect « peau d’orange ».

– modification de la couleur, présence d’ulcérations ou de plis dans une zone délimitée du sein.

– présence d’un ou de plusieurs nodules au niveau des aisselles.

– sensation de chaleur, rougeur ou gonflement du sein.

– douleur dans le sein.

– écoulement d’un mamelon, en particulier chez les hommes.

Nodules mammaires
Il est important de souligner que tous les nodules mammaires ne sont pas cancéreux. Dans environ 4 cas sur 5, les nodules mammaires détectés sont diagnostiqués comme étant bénins. Cependant, un diagnostic précis doit être systématiquement effectué par un médecin. 

Symptômes chez l’homme
Les symptômes du cancer du sein masculin sont très semblables à ceux de la forme féminine et, en cas de suspicion, un médecin doit impérativement être consulté.

Quand consulter en cas de changement au niveau du sein ?

Toute modification nouvelle et inhabituelle du sein ou du mamelon mérite une évaluation médicale, notamment une grosseur persistante, une modification de la forme du sein, une rétraction récente du mamelon, une altération de la peau ou un écoulement spontané du mamelon, particulièrement s’il est sanglant.

Ces signes ne signifient pas nécessairement qu’il s’agit d’un cancer : de nombreuses anomalies mammaires sont bénignes. Toutefois, il ne faut pas attendre l’apparition d’une douleur, car un cancer du sein peut être indolore. Si un changement inhabituel apparaît, il est préférable de consulter sans attendre le prochain dépistage prévu.

Diagnostic

Le diagnostic du cancer du sein, lorsqu’il est établi à un stade précoce, augmente les chances de guérison. Il importe que la patiente procède une fois par mois à un auto-examen à domicile qui consiste, positionné devant un miroir, à rechercher toute altération des seins, comme l’apparition de nodules (auto-palpation), la desquamation de la peau du mamelon, un écoulement provenant du mamelon, etc. En cas de découverte de la moindre anomalie du tissu mammaire, il convient de consulter un médecin qui pourra effectuer des examens permettant d’orienter le diagnostic.

– La mammographie : la mammographie est une radiographie des seins par rayons X qui permet la détection précoce du cancer, cet examen étant en mesure de détecter des lésions de très petite taille dans leur phase initiale. L’examen est réalisé à l’aide d’un mammographe, un appareil qui comprime le sein afin de fournir des clichés radiologiques de meilleure qualité.

– L’échographie mammaire (en anglais : breast ultrasound) : lors de cet examen, des ondes sonores sont utilisées pour produire des images de l’intérieur de la glande mammaire. Lors d’une grosseur ou masse au sein, passer une échographie permet de voir si la masse est solide ou s’il s’agit d’un kyste rempli de liquide.

– La résonance magnétique (IRM, en anglais : breast magnetic resonance imaging) : la résonance magnétique a pour fonction de visualiser l’intérieur de la glande mammaire. Avant cet examen, un colorant est injecté à la patiente. Ce test n’implique pas l’utilisation de radiations. 

– La biopsie : une biopsie consiste à prélever une partie des cellules suspectes afin de déterminer si celles-ci sont réellement malignes ou non. L’analyse du prélèvement, appelé spécimen de biopsie, permet de déterminer le type de cellule impliqué dans le cancer du sein, son stade d’évolution, son degré d’agressivité et la présence ou l’absence de récepteurs hormonaux dans les cellules suspectes. Une biopsie est le seul moyen sûr de diagnostiquer un cancer du sein11. 

Ces résultats sont essentiels pour orienter le traitement. Une mammographie ou une échographie peut faire suspecter un cancer, mais c’est généralement l’analyse du tissu prélevé qui permet de confirmer le diagnostic. La biopsie est un examen indispensable et ne provoque pas la propagation du cancer12.

– L’imagerie moléculaire du sein (en anglais : molecular breast imaging – MBI). Ce test utilise un traceur radioactif et une caméra spéciale pour détecter le cancer du sein. Sur les images, les tissus qui contiennent des cellules à croissance et à division rapides, comme les cellules cancéreuses, apparaissent plus brillants que les tissus moins actifs. 

– L’auto-examen : l’auto-examen des seins est effectué par la patiente (ou plus rarement patient), mais il ne doit pas être considéré comme constituant à lui seul une stratégie de détection précoce du cancer du sein. La recommandation précise que l’examen des seins pratiqué par la femme s’inscrit dans le programme d’éducation à la santé visant à approfondir la connaissance de son propre corps. L’auto-examen ne doit pas se substituer aux tests classiques de dépistage du cancer du sein.

Lorsqu’il a détecté un cancer du sein, le médecin peut demander des examens complémentaires afin de connaître le stade d’évolution de la tumeur. Ces examens comprennent :
– des analyses de sang
– une mammographie de l’autre sein
– une radiographie du thorax
– une scintigraphie osseuse
– une tomodensitométrie (scanner)
– une tomographie par émission de positons (TEP).

Ces examens permettent de déterminer le niveau d’évolution de la tumeur et le degré d’atteinte des tissus et organes avoisinants.

Stades du cancer du sein :
Il existe cinq stades de cancer du sein, classés de 0 à 4 (donc 0, 1, 2, 3 et 4), en fonction de la gravité et du degré d’invasion. Si une personne est au stade 0 de la maladie, celle-ci n’est pas invasive ou ne s’est pas propagée en dehors des canaux lactifères ou des lobules où elle a débuté. A l’opposé, le stade 4 est métastatique, cela signifie que le cancer s’est propagé à d’autres parties du corps.

Complications

Le diagnostic précoce du cancer du sein augmente les chances de guérison et évite la propagation du cancer aux autres tissus et organes.

La capacité qu’a le cancer du sein d’envahir d’autres organes est à l’origine de l’une de ses plus graves complications, entraînant une croissance tumorale dans diverses régions de l’organisme (métastase) comme les poumons, les reins, le foie, le cerveau et les os.

L’hypercalcémie est une complication métabolique majeure du cancer du sein, normalement liée à la présence de métastases osseuses (les métastases osseuses accompagnent l’évolution du cancer du sein dans 80 % des cas environ).

Dans le cadre de l’hypercalcémie, le patient / la patiente présente fatigue, nausées, vomissements, constipation, céphalées, pollakiurie (nécessité d’uriner très fréquemment au cours de la journée) et déshydratation. Non traité(e), le patient / la patiente peut en outre présenter une confusion mentale, une somnolence, voire un coma.

Une métastase cérébrale constitue également l’une des complications du cancer du sein, qui survient dans 5,9 à 39 % des cas. On peut alors observer une élévation de la pression intracrânienne et des céphalées. Une compression médullaire peut également être secondaire à une métastase cérébrale du cancer du sein. Les principaux symptômes en sont la douleur, la faiblesse, la dysfonction autonome et la diminution de la sensibilité.

La métastase leptoméningée (qui atteint les méninges) est plus fréquemment associée au carcinome lobulaire et les patients peuvent se plaindre de céphalées, de diplopie (vision double), de déficience auditive, de faiblesse des extrémités, etc.

Les autres complications des métastases du cancer du sein comprennent l’épanchement pleural néoplasique, la lymphangite carcinomateuse (en cas de métastatisation thoracique) et le lymphœdème (obstruction de la circulation lymphatique entraînant la tuméfaction d’un organe) du membre supérieur.

Traitements

Les traitements du cancer du sein sont déterminés en fonction de différents facteurs : le type et le degré d’évolution de la tumeur, l’existence ou non d’une hormonosensibilité tumorale (sensibilité de la tumeur aux hormones), ainsi que d’autres aspects susceptibles de permettre l’amélioration de l’état de la patiente ou du patient. 

Chirurgie

La plupart des personnes atteintes d’un cancer du sein subissent une intervention chirurgicale13. La chirurgie du cancer du sein comprend les interventions suivantes :

– La tumorectomie (en anglais : lumpectomy) : cette intervention consiste à pratiquer le retrait de la tumeur et d’une partie des tissus environnants de la masse tumorale. La tumorectomie est réservée aux tumeurs de petite dimension et facilement séparables du reste des tissus.

– La mastectomie partielle et la quadrantectomie : par rapport à la tumorectomie, cette intervention enlève un plus grand volume de tissu autour de la tumeur. Dans une quadrantectomie, le chirurgien retire le quart (ou « quadrant ») du volume du sein.

– La mastectomie totale ou simple : cette intervention consiste à retirer l’intégralité du sein cancéreux. La mastectomie totale peut impliquer le retrait de la totalité du tissu mammaire (tissu adipeux ou graisse, canaux, peau, aréole et mamelon) et peut dans certains cas être complétée par le retrait du tissu musculaire sous-jacent, c’est-à-dire les muscles situés sous le sein, et des ganglions lymphatiques axillaires, c’est-à-dire des ganglions situés dans l’aisselle.

– La lymphadénectomie : le cancer du sein peut parfois s’étendre aux ganglions lymphatiques. Le chirurgien déterminera s’il convient de retirer un seul (lymphadénectomie sélective sentinelle) ou plusieurs ganglions lymphatiques axillaires (curage ganglionnaire) pour éviter la propagation du cancer à d’autres organes.

Toute intervention chirurgicale peut entraîner des complications inhérentes à la technique, telles que des hémorragies et des infections.

En cas de l’ablation de la totalité du sein, les patientes peuvent opter pour une chirurgie de reconstruction après l’intervention. Les options comprennent la reconstruction par prothèse interne (implants mammaires synthétiques) ou par lambeau (utilisation de tissus provenant d’autres parties du corps de la patiente).

Radiothérapie

La radiothérapie fait appel à des rayonnements (également appelés « rayons », en anglais : radiation therapy) de haute énergie comme les rayons X ou les protons pour détruire les cellules cancéreuses. Ces rayonnements sont normalement émis par d’imposants appareils qui ciblent la région atteinte (radiothérapie externe) ; toutefois un rayonnement de faible énergie peut également être émis par une substance radioactive (ou « radioisotope ») insérée dans la région du sein où se trouvait la tumeur (curiethérapie, également appelée « brachythérapie »).

La radiothérapie externe est généralement utilisée après tumorectomie pour des cancers au stade initial. Les médecins peuvent également recommander une radiothérapie après mastectomie totale pour des cancers à un stade avancé.
Femmes seniors (étude)
Cela dit, pour les femmes âgées de plus de 65 ans, une radiothérapie après une tumorectomie (chirurgie) n’est pas toujours recommandée, comme l’a montré une étude publiée en février 2023 dans le journal scientifique de référence The New England Journal of Medicine (DOI : 10.1056/NEJMoa2207586). En effet, l’omission de la radiothérapie a été associée à une augmentation de l’incidence de la récidive locale mais n’a pas eu d’effet néfaste sur la récidive à distance comme premier événement ou sur la survie globale chez les femmes de 65 ans ou plus atteintes d’un cancer du sein précoce à faible risque et à récepteurs hormonaux positifs.

Chimiothérapie, hormonothérapie et immunothérapie

cancer du sein medicament– La chimiothérapie : elle fait appel à des médicaments pour détruire les cellules tumorales. En cas de risque de récidive ou d’extension du cancer à d’autres parties du corps, le médecin peut prescrire une chimiothérapie après ablation chirurgicale de la tumeur afin de réduire les risques de complication.
Les médecins utilisent toujours plus des tests génétiques pour identifier le degré d’agressivité de la tumeur, certains tests pouvant identifier jusqu’à 70 gènes, afin de choisir le traitement approprié en cas de cancer du sein.
Par exemple après une chirurgie le médecin peut effectuer un test génétique pour savoir s’il doit faire une chimiothérapie ou non.
Il peut arriver que l’on administre des médicaments avant d’opérer des tumeurs de grande dimension ; on parle alors de chimiothérapie néoadjuvante. Ce type de traitement a pour objectif de réduire le volume de la tumeur, afin d’en faciliter le retrait.
La chimiothérapie est également indiquée en présence de métastases.
La chimiothérapie peut s’accompagner de nombreux effets secondaires, tels que par exemple la chute des cheveux, une perte de poids, la diminution de l’immunité, des modifications des cellules sanguines, une fatigue, des problèmes digestifs.

– L’hormonothérapie : ce type de traitement est indiqué pour des tumeurs hormonosensibles, c’est-à-dire sensibles à l’action des hormones féminines : oestrogène et progestérone. Les médicaments de cette classe sont des agents qui empêchent la fixation des hormones sur les cellules tumorales, des médicaments qui interrompent la production d’estrogènes après la ménopause (inhibiteurs de l’aromatase tels que l’anastrozole, le létrozole et l’exémestane), une chirurgie ou des médicaments qui interrompent la production d’hormones par les ovaires.

– Les thérapies ciblées (en anglais : targeted therapy drugs) : les médicaments utilisés dans le cadre des thérapies ciblées sont spécifiques des anomalies que peuvent présenter les cellules tumorales, par exemple la surexpression de récepteurs cellulaires ou de protéines. Parmi ceux-ci figurent le trastuzumab, le bévacizumab et le lapatinib. Certains médicaments ciblent notamment la protéine HER2 dans les tumeurs HER2 positives. D’autres traitements ciblés peuvent être proposés selon les anomalies moléculaires identifiées et la situation clinique.

– L’immunothérapie (en anglais : immunotherapy) : ce type de thérapie mobilise le propre système immunitaire pour combattre la maladie. L’immunothérapie peut être une option en cas de cancer du sein triple négatif. Cela signifie que les cellules cancéreuses ne possèdent pas de récepteurs pour les œstrogènes, la progestérone ou HER214. 

Autres stratégies : 
De nouveaux médicaments susceptibles d’agir sur le cancer du sein tout en entraînant moins d’effets secondaires sont en cours d’essais cliniques. En outre, un médicament, appelé acide zolédronique, a fait l’objet d’études dans la prévention de la récidive du cancer du sein. Une autre stratégie consiste à associer des médicaments déjà existants afin de contourner les problèmes de résistance posés par les cellules tumorales. Enfin, les chercheurs ont évalué l’efficacité de la radiothérapie à haute dose et de courte durée sur de petites portions de la glande mammaire chez des femmes subissant une tumorectomie.

Remèdes naturels (mesure complémentaire, prévention seulement)

– Le soja permet de prévenir le cancer du sein chez des femmes n’ayant jamais souffert de cette maladie et contribue aussi à diminuer le risque de récidive chez des femmes déjà touchées par ce cancer.
Le soja, riche en isoflavones, doit idéalement être consommé sous forme d’aliments comme le tofu bio ou le tempeh, évitez des gélules ou autres compléments alimentaires qui n’ont pas le même effet.
Une étude chinoise a montré que les femmes ayant déjà souffert d’un cancer du sein consommant 11 gr de protéines de soja par jour pouvaient réduire le risque de mortalité et de récidive d’environ 30%.

– Une étude publiée en novembre 2016 dans la revue spécialisée JAMA Oncology a montré que les femmes avec le plus haut taux de vitamine D avaient un taux de survie du cancer du sein environ 30% supérieur par rapport aux femmes avec le plus bas taux de vitamine D.  Plus de 1600 personnes ont été prises en compte dans cette étude entre 2006 et 2013. Cette étude a été réalisée par le Kaiser Permanente à Oakland en Californie et le Roswell Park Cancer Institute dans l’état de New York.

Bons conseils

– Le cancer du sein est souvent curable. Détecté précocement, ses chances de guérison sont élevées. Il est important que la femme effectue systématiquement un auto-examen de ses seins et consulte régulièrement un médecin qui pourra procéder à une mammographie. S’il existe déjà dans votre famille des cas de cancer du sein, vous devez consulter régulièrement un médecin afin que soient pratiqués les examens et tests nécessaires.

– Il convient de souligner ou de rappeler que l’auto-examen ne remplace pas les examens cliniques classiques. Même si l’auto-examen et l’autopalpation des seins ne révèlent aucune anomalie, il est indispensable de consulter un service spécialisé pour qu’un médecin fasse un diagnostic fiable.

– Le cancer du sein n’est pas une maladie exclusivement féminine. Bien que très rare chez l’homme avant l’âge de 35 ans, il peut toucher les individus de sexe masculin et son incidence augmente avec l’âge. Le principal symptôme est l’apparition d’un nodule indolore dans la zone de l’aréole. D’autres symptômes peuvent lui être associés, comme une desquamation et une rétraction du mamelon. Ainsi, si vous êtes un homme, soyez vigilant afin de préserver votre santé.

– Si on vous a diagnostiqué un cancer du sein, recherchez un centre d’aide aux patients afin d’en apprendre davantage sur cette maladie. Discutez avec d’autres patients qui ont survécu à cette maladie. Restez en contact étroit avec votre entourage, amis et famille.

Généralement, le traitement du cancer du sein entraîne de nombreux effets secondaires. Discutez de ces effets avec votre médecin et demandez-lui conseil sur les moyens de lutter contre ces effets indésirables. Certaines thérapies alternatives s’avèrent bénéfiques pour aider le patient à surmonter son anxiété et sa nervosité, notamment :

– Une activité physique modérée, comme la marche, la natation et le yoga.

– Les techniques de relaxation.

– Les techniques de réduction du stress, comme la relaxation musculaire, l’écriture, la poésie, le théâtre, la musique et les groupes d’entraide.

Il est impératif de ne jamais oublier qu’une personne touchée par la maladie en cours de traitement pour un type précis de cancer doit redoubler de vigilance en ce qui concerne sa santé, afin d’éviter de contracter une infection opportuniste. Veillez à toujours avoir une alimentation saine et à éviter toute forme d’excès.

Prévention

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News

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– On comprend mieux “le gène” (BRCA1) d’Angelina Jolie
– A partir de quel âge et à quelle fréquence faut-il effectuer une mammographie ?
– 12 aliments pour prévenir le cancer du sein 

Lire aussi : 
– Fibrose kystique du sein

Noms anglais de la maladie : 
Breast Cancer

Crédits photos & Infographies : 
Adobe Stock, Pharmanetis Sàrl

Historique de la mise à jour – Dossier revu médicalement :
– 12.10.2026 ( par Xavier Gruffat, pharmacien – Seheno Harinjato Razanamanga, journaliste)
– 26.04.2024 (par Xavier Gruffat, pharmacien)

Références scientifiques et bibliographie :

  1. SANJEEV NANDA (M.D.), Mayo Clinic a-z Health Guide, WHAT YOU NEED TO KNOW ABOUT SIGNS, SYMPTOMS, DIAGNOSIS & TREATMENT, 2nd edition, Rochester, Mayo Clinic Press, 2023.
  2. Magazine américain Prevention, édition d’octobre 2020
  3. SANJEEV NANDA (M.D.), Mayo Clinic a-z Health Guide, WHAT YOU NEED TO KNOW ABOUT SIGNS, SYMPTOMS, DIAGNOSIS & TREATMENT, 2nd edition, Rochester, Mayo Clinic Press, 2023.
  4. Article de la Cleveland Clinic (Health Library), Breast Cancer, mis à jour en 2026 , site accédé par Creapharma.ch en octobre 2026 et le lien marchait à cette date
  5. Organisation mondiale de la Santé (OMS). Cancer du sein. Mise à jour du 3 juillet 2026. Consulter la fiche de l’OMS en français
  6. SANJEEV NANDA (M.D.), Mayo Clinic a-z Health Guide, WHAT YOU NEED TO KNOW ABOUT SIGNS, SYMPTOMS, DIAGNOSIS & TREATMENT, 2nd edition, Rochester, Mayo Clinic Press, 2023.
  7. SANJEEV NANDA (M.D.), Mayo Clinic a-z Health Guide, WHAT YOU NEED TO KNOW ABOUT SIGNS, SYMPTOMS, DIAGNOSIS & TREATMENT, 2nd edition, Rochester, Mayo Clinic Press, 2023.
  8. “100 wichtige Medikamente” – Infomed (2020)
  9. CIRC/IARC, 2019-2020. Night Shift Work, IARC Monographs, Volume 124. Classification du travail de nuit comme probablement cancérogène pour l’être humain. Consulter la publication officielle)
  10. SANJEEV NANDA (M.D.), Mayo Clinic a-z Health Guide, WHAT YOU NEED TO KNOW ABOUT SIGNS, SYMPTOMS, DIAGNOSIS & TREATMENT, 2nd edition, Rochester, Mayo Clinic Press, 2023.
  11. SANJEEV NANDA (M.D.), Mayo Clinic a-z Health Guide, WHAT YOU NEED TO KNOW ABOUT SIGNS, SYMPTOMS, DIAGNOSIS & TREATMENT, 2nd edition, Rochester, Mayo Clinic Press, 2023.
  12. Article de la Cleveland Clinic (Health Library), Breast Cancer, mis à jour en 2026 , site accédé par Creapharma.ch en octobre 2026 et le lien marchait à cette date
  13. SANJEEV NANDA (M.D.), Mayo Clinic a-z Health Guide, WHAT YOU NEED TO KNOW ABOUT SIGNS, SYMPTOMS, DIAGNOSIS & TREATMENT, 2nd edition, Rochester, Mayo Clinic Press, 2023.
  14. SANJEEV NANDA (M.D.), Mayo Clinic a-z Health Guide, WHAT YOU NEED TO KNOW ABOUT SIGNS, SYMPTOMS, DIAGNOSIS & TREATMENT, 2nd edition, Rochester, Mayo Clinic Press, 2023.

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Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 12.10.2026
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