Fibrome utérin

Définition

AbsintheLe fibrome utérin est une tumeur ou croissance non cancéreuse bénigne qui se développe au niveau de l’utérus. En français, le fibrome utérin porte aussi le nom de myome utérin, fibromyome utérin ou léiomyome utérin. Le fibrome utérin apparaît souvent pendant les années de procréation.
Le fibrome est une tumeur du tissu conjonctif fibreux,  mais comme le fibrome utérin se développe et touche les cellules musculaires lisses, le terme myome utérin est plus judicieux.

Le fibrome utérin est la principale tumeur pelvienne chez la femme.

Evolution
Dans la plupart des cas le fibrome utérin ne mène pas à des symptômes. Il faut savoir qu’un fibrome ne se transforme que très rarement en cancer, comme le mentionne la renommée clinique américaine Mayo Clinic.

Taille des fibromes
Un fibrome a souvent une taille microscopique mais il peut aussi être grand avec la taille d’une pêche ou même d’un ballon de plage. Lors d’un grand fibrome, le volume de l’utérus peut augmenter. Un fibrome peut croître rapidement, lentement ou rester de la même taille. Certains fibromes peuvent même diminuer de volume naturellement.

Localisation des fibromes
La localisation des fibromes est importante et a une influence sur un éventuel traitement. Un fibrome localisé dans la cavité utérine mène en général à plus de symptômes comme des forts saignements (lire sous Symptômes ci-dessous) que s’il est situé hors de la cavité utérine. Lire aussi sous Symptômes

Epidémiologie

Les femmes âgées de 40 à 50 ans sont le groupe d’âge le plus touché.

La Mayo Clinic estime que 3 femmes sur 4 souffrent de fibrome utérin à un moment de sa vie. Le magazine américain Prevention estimait en 2018 que jusqu’à 80% des femmes en âge de procréer pouvaient avoir un fibrome utérin. Beaucoup de femmes ne sont pas conscientes qu’elles souffrent de fibrome utérin.

Causes

Les médecins ne connaissent pas la cause des fibromes utérins, comme le relève la Mayo Clinic, mais la recherche et l’expérience clinique mettent en évidence ces facteurs :

– Les variations ou changements génétiques. De nombreux fibromes contiennent des modifications génétiques qui diffèrent de celles des cellules musculaires utérines normales.

– Les hormones. L’œstrogène et la progestérone, deux hormones qui stimulent le développement de la paroi utérine pendant chaque cycle menstruel en préparation à la grossesse, semblent favoriser la croissance des fibromes.
Les fibromes contiennent plus de récepteurs d’œstrogène et de progestérone que les cellules musculaires utérines normales. Les fibromes ont tendance à rétrécir après la ménopause en raison d’une diminution de la production d’hormones.

– Autres facteurs de croissance. Les substances qui aident l’organisme à maintenir les tissus, comme le facteur de croissance analogue à l’insuline, peuvent affecter la croissance des fibromes.

– Matrice extracellulaire (MEC). La MEC est le matériau qui fait que les cellules se collent les unes aux autres, comme du mortier entre des briques. La MCE est augmentée en fibres et les rend fibreuses. La MCE stocke également des facteurs de croissance et provoque des changements biologiques dans les cellules elles-mêmes.

Les médecins pensent que les fibromes utérins se développent à partir d’une cellule souche dans le tissu musculaire lisse de l’utérus (myomètre). Une seule cellule se divise à plusieurs reprises, créant finalement une masse ferme et caoutchouteuse distincte des tissus voisins.

Symptômes

De nombreuses femmes qui ont des fibromes ne présentent aucun symptôme. Chez celles qui en ont, les symptômes peuvent être influencés par l’emplacement, la taille et le nombre des fibromes, comme le résumait la Mayo Clinic en 2020.

Si les symptômes se manifestent, ils peuvent prendre la forme suivante :
– Forts saignements menstruels, c’est-à-dire des règles très abondantes (on parle aussi de ménorragies)
– Saignements entre les règles (métrorragies)
– Périodes menstruelles qui durent plus longtemps que la normale
– Douleur ou pression au niveau pelvien. La douleur est toutefois rarement très intense.
– Miction fréquente
– Difficulté à vider la vessie et troubles lors de la miction (ex. douleurs)
Constipation
– Douleurs dans le dos ou douleurs dans les jambes
– Augmentation de volume au niveau abdominal

Classification selon l’emplacement
Les fibromes utérins sont généralement classés en fonction de leur emplacement. Les fibromes intramuraux (en anglais : Intramural fibroids) se développent à l’intérieur de la paroi musculaire de l’utérus. Les fibromes sous-muqueux (en anglais : Submucosal fibroids) se gonflent dans la cavité utérine. Les fibromes sous-séreux (en anglais : Subserosal fibroids) se projettent vers l’extérieur de l’utérus.

Diagnostic

Un examen gynécologique permet d’identifier un ou des fibromes grâce à notamment à une hystérographie ou une échographie.

Complications

Grossesse
Chez une femme enceinte, un fibrome utérin surtout de grande taille peut augmenter le risque de fausse couche mais aussi d’accouchement prématuré, de séparation placentaire anormale et d’hémorragie post-partum.

Stérilité
Un fibrome utérin peut mener dans certains cas à une stérilité en bloquant notamment les trompes de Fallope.

Prise de poids
Dans les cas extrêmes, de multiples fibromes peuvent dilater l’utérus au point qu’il atteigne la cage thoracique et faire prendre du poids à la femme atteinte.

Traitements

Si un fibrome ne provoque aucun symptôme, il n’est pas conseillé de commencer un traitement. Faites toutefois contrôler régulièrement les fibromes (ex. chaque année lors du contrôle gynécologique).

En cas de symptômes, il existe plusieurs traitements possibles :

Médicaments
Les médicaments permettent souvent de diminuer la taille des fibromes. Les médicaments suivant sont utilisés :
– Les agonistes de libération des gonadotrophines hypophysaires (en anglais Gonadotropin-releasing hormone agonists). Ils bloquent notamment la production d’eostrogène et de progésterone. Ces médicaments bloquent l’apparition des règles et favorisent une diminution des fibromes. 
– Un dispositif intra-utérin libérant des progestatifs (en anglais progestin-releasing intrauterine device). Ce dispositif peut notamment soulager lors de règles abondantes provoqués par un fibrome. Selon la Mayo Clinic, ce dispositif ne diminue par la taille des fibromes et ne les fait pas disparaître.
– Autre médicaments.
La pilule contraceptive peut notamment aider à contrôler le saignement menstruel. Les AINS comme l’ibuprofène peuvent réduire la douleur.

Procédures peu invasives (en anglais minimally invasive procedures)
Certaines méthodes peuvent aider à retirer un fibrome utérin comme une chirurgie ciblée par ultrason (en anglais focused ultrasound surgery ou FUS), une embolisation de l’artère utérine (uterine artery embolization), une myolyse (myolysis) ou une ablation de l’endomètre et résection (endometrial ablation and resection).

Chirurgie
Une chirurgie classique ou par laparoscopie (voie abdominale) peut être réalisée par le médecin pour retirer un ou plusieurs fibromes.
Dans certains cas, notamment à l’approche de la ménopause ou si la femme ne désire plus d’enfant, une hystéroctomie totale (ablation de l’utérus, des trompes et ovaires) peut être réalisée. L’hystéroctomie est la seule solution permanente pour traiter le fibrome utérin. Après une hystéroctomie une femme ne peut plus avoir d’enfants.

Bons conseils & Prévention

– La prise de vitamines et de fer sont conseillés surtout lors de règles très abondantes pouvant notamment mener à de l’anémie.

Sources : 
Mayo Clinic, Prevention

Article écrit par : 
Xavier Gruffat (pharmacien)

Date de la dernière mise à jour : 
19.10.2020

Crédits photos : 
Fotolia.com

Terme en anglais : 
Uterine Fibroids (leiomyomas – myomas)

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Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 20.10.2020