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Se brosser les dents pourrait retarder le développement de la maladie de l’Alzheimer

BERGEN Un lien entre l’hygiène bucco-dentaire et le développement de la maladie d’Alzheimer a été établi par des chercheurs norvégiens. Une étude réalisée par le Department of Clinical Science, de l’University of Bergen (UiB), en Norvège, publiée le 3 juin 2019 dans le journal Science Advances (DOI : 10.1126/sciadv.aau3333) révèle qu’une bonne hygiène bucco-dentaire pouvait ralentir le développement de la maladie d’Alzheimer.

Un lien décisif entre la gingivite et l’Alzheimer

Les maladies des gencives, notamment la gingivite, jouent un rôle décisif dans le développement de la maladie d’Alzheimer. Piotr Mydel, chercheur au Broegelmanns Research Laboratory, du département of Clinical Science, de l’University of Bergen (UiB), affirme avoir découvert des preuves basées sur une analyse d’ADN que les bactéries pathogènes responsables de la gingivite sont capables de se déplacer et d’atteindre le cerveau. Lors de leur propagation, les bactéries produisent des protéines toxiques qui s’attaquent aux cellules nerveuses du cerveau entraînant ainsi la perte de mémoire, à l’origine de l’Alzheimer.

Se brosser les dents pourrait retarder le développement de la maladie de l’AlzheimerSe brosser les dents pour préserver sa mémoire
Selon toujours Piotr Mydel, cette bactérie pathologique augmente considérablement le risque de développer l’Alzheimer, car elle est impliquée dans une progression rapide de la maladie. Malgré ce risque particulièrement élevé, cette étude montre que l’adoption de bonnes habitudes comme le brossage régulier des dents ou l’usage de fil dentaire pouvaient ralentir la progression de l’Alzheimer. Il souligne également que les personnes souffrant de gingivite et qui ont un membre de famille déjà atteint d’Alzheimer ont intérêt à avoir une bonne hygiène bucco-dentaire et à se rendre régulièrement chez le dentiste.
Un nouveau médicament en perspective
D’après cette recherche, les bactéries responsables de la gingivite peuvent toucher le cerveau et y libérer des enzymes nocives pouvant détruire les cellules nerveuses. Cette étude a permis de recueillir des preuves ADN de ce processus dans le cerveau humain. Pour obtenir ce résultat, Mydel et son équipe ont examiné 53 personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer et ont découvert la présence de cette enzyme nocive dans 96% de ces patients. Une telle découverte permet, selon le chercheur, de mettre en œuvre une nouvelle approche pour mieux s’attaquer à la maladie d’Alzheimer. Dans ce sens, Mydel et ses collaborateurs ont réussi à mettre au point un médicament capable de stopper les enzymes nocives de la bactérie, retardant ainsi le développement de la maladie d’Alzheimer. Piotr Mydel avance que ce médicament sera testé au plus tard à la fin de cette année.

Le 05 juin 2019. Par la rédaction de Creapharma.ch (supervision scientifique par Xavier Gruffat, pharmacien). Sources : Communiqué de presse de l’étude (en anglais). Référence : journal Science Advances (DOI : 10.1126/sciadv.aau3333). Crédit photos : Adobe Stock

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Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 07.06.2019