Sécheresse vaginale

Définition

La sécheresse vaginale est l’insuffisance ou l’absence de l’humidification naturelle du vagin. En effet, grâce à l’écoulement d’une muqueuse transparente destinée à protéger les parois vaginales et à manifester l’excitation féminine, le vagin entretient son élasticité et garde une douce texture. En plus de la douleur, la sécheresse vaginale peut affecter l’harmonie du couple et entraîner des troubles psychologiques chez la femme. Le stress, la peur, la culpabilité et la baisse de la libido sont autant d’obstacles à l’épanouissement personnel de celle-ci.

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Epidémiologie

34% de femmes en souffrent à la ménopause
Une étude américaine qui a pris en compte les données de l’Étude des femmes à travers le pays (SWAN) en suivant plus de 2’400 femmes sur une période de 17 ans a montré qu’au départ, 19,4 % des femmes (âgées de 42 à 53 ans) avaient signalé une sécheresse vaginale. Au moment où les femmes de l’étude étaient âgées de 57 à 69 ans, 34 % d’entre elles se plaignaient de symptômes de sécheresse vaginale. Cependant, plus de 50 % des femmes n’avaient pas signalé la sécheresse vaginale à leur médecin ou à autre spécialiste de la santé, ce qui montre que la sécheresse vaginale est un tabou. Ces données ont notamment été étudiées et mises en avant dans une étude publiée le 20 juin 2018 dans le journal scientifique Menopause.

Causes

Les causes de la sécheresse vaginale sont multiples, à savoir :

– Le stress, la peur (anxiété) et la fatigue : quelle que soit son origine, le stress provoque une mauvaise lubrification des parois vaginales. Ce sont les femmes ménopausées qui sont les plus touchées par le stress. Avec la fatigue et la peur, il figure parmi les premiers facteurs de blocage du processus d’excitation sexuelle et de l’humidification naturelle du vagin.

– La prise de certains médicaments : si vous devez prendre des antidépresseurs, des traitements antiacnéiques, des anti-hypertenseurs, des vasoconstricteurs, des antihistaminiques, des pilules contraceptives ou d’autres médicaments, prenez soin de bien lire les notices. Si un médicament peut être à l’origine d’une sécheresse buccale, il peut également assécher les autres muqueuses et entraîner une sécheresse vaginale. En cas de doute, n’hésitez pas à demander l’avis d’un médecin. La chimiothérapie ainsi que l’irradiation peuvent aussi augmenter le risque de souffrir de sécheresse vaginale. 

– La ménopause : au moment de la ménopause, des troubles hormonaux ainsi que la carence en œstrogène sont inévitables et engendrent un déséquilibre de la lubrification vaginale.

– Les troubles hormonaux (diminution du taux d’œstrogènes) et les troubles de l’ovaire.

– La grossesse : pendant les trois premiers mois de grossesse, la femme peut souffrir d’une sécheresse vaginale passagère qui doit normalement se rétablir dès que la région pelvienne recommence à s’engorger de sang.

– L’allaitement peut aussi être source de perturbation hormonale.

– Les infections vaginales (ex. mycoses vaginales).

– Les toilettes intimes trop excessives.

– La consommation de tabac, à cause de l’effet vasoconstricteur provoqué par la nicotine.

– La consommation d’alcool, source de déshydratation de l’organisme.

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– L’absence ou la rareté des rapports sexuels.

Origine physiologique :
Lorsqu’une femme passe par la ménopause et que son taux d’œstradiol diminue, son corps subit de nombreux changements. Parmi ces changements, on note une diminution du débit sanguin vaginal, ce qui entraîne une sécheresse vaginale et des douleurs pendant les rapports sexuels.

Symptômes

La pénétration douloureuse fait partie des symptômes les plus fréquents de la sécheresse vaginale. Celle-ci peut être accompagnée de brûlures et de démangeaisons. L’apparition de microlésions sur les parois vaginales, provoquées par les frottements et l’absence de muqueuse peut également indiquer la présence d’un déséquilibre au niveau de l’humidification naturelle du vagin.

Les femmes souffrant d’une sécheresse vaginale peuvent également être plus sensibles aux inflammations et infections vaginales accompagnées de prurit ou de pertes odorantes.

Traitements

Il existe de nombreux traitements pour soulager la sécheresse vaginale

Le traitement à base d’hormones

Un traitement à base d’œstrogènes utilisé en général sous forme de crème vaginale, d’ovule vaginal, d’anneau (ring) vaginal voire de gel constitue un remède efficace contre la sécheresse vaginale. Ils sont indiqués surtout dans des cas avancés de sécheresse vaginale. Pour les cas moins avancés, les lubrifiants et hydratants sont davantage recommandés (lire ci-dessous).
Certains produits comme par exemple des ovules ou comprimés vaginaux contiennent en plus d’une hormone comme l’estriol également des bactéries Lactobacillus acidophilus.
Lorsque les oestrogènes sont appliqués au niveau local (vagin), la sécurité de ces produits est bonne. C’est-à-dire que les études ne montrent pas un risque statistiquement plus élevé de cancer du sein ou de formation de caillots sanguins.

Aux Etats-Unis en tout cas, les médecins peuvent prescrire une pilule (à prendre oralement et pas au niveau vaginal) appelée ospemifene qui est prise chaque jour. Ce médicament est notamment indiqué lors de rapports sexuels douloureux chez les femmes post-ménopausées.  L’ospemifene active les récepteurs à l’oestrogène au niveau du tissu vaginal.
Aux Etats-Unis toujours, la prasterone (ou DHEA) appliquée sous forme de suppositoire vaginal, permet d’augmentation la lubrification ainsi que l’élasticité.

Le recours aux lubrifiants

La sécheresse vaginale est souvent source de gêne et de douleur lors du rapport sexuel. C’est pour cette raison que le recours aux lubrifiants peut s’avérer utile. Attention, l’utilisation de ce type de produit nécessite une très grande précaution, pensez à demander conseil auprès de votre pharmacien. De préférence, optez pour des lubrifiants à base de silicone ou d’eau à ceux qui sont à base d’huile ou de vaseline et qui risquent de rendre les préservatifs poreux et d’irriter les muqueuses.

Certains lubrifiants contiennent de l’acide hyaluronique, de la vitamine PP et du glycérol. Ces produits ont l’avantage de réhydrater et de lubrifier en même temps le vagin. Cette réhydratation peut durer de quelques heures à quelques jours. Ces gels conviennent particulièrement aux femmes ménopausées pour une utilisation quotidienne.

Ces produits ont souvent un pH proche du vagin, en général avec un pH de 4,5.

Il est conseillé d’appliquer le lubrifiant sur le partenaire ainsi qu’à l’ouverture du vagin.

Les hydratants vaginaux

Les hydratants vaginaux (en anglais : vaginal moisturizers) permettent d’agir sur le tissu vaginal, notamment en augmentant la quantité d’eau dans les cellules de la paroi vaginale. A la différence des lubrifiants qui n’altèrent pas les tissus vaginaux, les hydratants peuvent permettre de soigner la sécheresse vaginale en tout cas en partie. En général, les hydratants vaginaux sont appliqués 2 à 5 fois par semaine dans le vagin et à son ouverture. L’acide hyaluronique est une molécule hydratante souvent à privilégier.
Mais comme on l’a vu ci-dessus, il existe aussi des produits qui ont une fonction à la fois lubrifiante et hydratante.

Autre traitement (CO2)
Certains médecins (aux Etats-Unis notamment) proposent à leurs patientes un traitement laser à base de CO2 (en anglais : CO2 laser) qui a pour but de stimuler et régénérer les cellules vaginales. Il est conseillé qu’un gynécologue effectue cette procédure.

Remèdes naturels

De nombreuses plantes comme la sauge, le soja, le lin ou la cimicifuga sont connues pour leurs bienfaits contre la sécheresse vaginale. Grâce à leur teneur en phytooestrogènes, elles ont la faculté d’activer l’hydratation naturelle du vagin.

Le trèfle rouge possède également ces vertus et peut être prescrit en cas d’insuffisance de l’humidification du vagin. Malgré l’efficacité de ces plantes, évitez l’automédication, l’avis d’un médecin phytothérapeute reste indispensable car les phytooestrogènes peuvent être contre-indiqués chez certaines personnes.

Remède de grand-mère

Tampon yogourt

Homéopathie

Si vous souhaitez prendre des remèdes homéopathiques, les médicaments comme le Folliculinum (5 CH) et la Muqueuse vaginale (4 ou 5 CH) constituent des alternatives thérapeutiques intéressantes. Lorsque la sécheresse vaginale commence à être très gênante, le Bryonia (5 CH ou 7 CH) ou l’Aluminia (5 CH) est indiqué. Le Natrum muriaticum (5 CH) quant à lui soulage les fissurations vaginales.

Bons conseils

Afin de prévenir la sécheresse vaginale, il est conseillé de :

– limiter les toilettes intimes à deux fois par jour afin d’entretenir l’équilibre de la flore de Döderlein ou flore vaginale ;

– utiliser un produit qui ne risque pas de nuire à l’acidité de la flore vaginale lors des toilettes intimes, un savon doux au PH neutre par exemple ;

– ne pas utiliser trop régulièrement des protège-slips et des tampons car leur capacité d’absorption peut à long terme contribuer à dessécher le vagin ;

– éviter de porter des pantalons trop serrés qui peuvent irriter la vulve à cause du frottement. Les sous-vêtements en coton sont également à privilégier ;

– entretenir une activité sexuelle régulière qui va permettre d’améliorer la circulation sanguine des organes génitaux et de prévenir le risque d’atrophie ;

– privilégier les préliminaires lors des relations sexuelles afin de favoriser l’humidification naturelle ;

– évacuer le stress et reprendre confiance en soi ;

– se protéger à l’aide d’une légère application de crème de jour avant de nager car l’eau chlorée peut favoriser les démangeaisons.

Personne responsable et impliquée dans l’écriture de ce dossier :
Xavier Gruffat (Pharmacien et Rédacteur en chef de Creapharma)

Crédits photos :
Fotolia.com

Comment traduit-on la sécheresse vaginale  dans d’autres langues ?
  •  Anglais : Vaginal Dryness
  •  Allemand : vaginale Trockenheit
  •  Italien : secchezza vaginale
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Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 12.08.2018