BPCO
Dernière révision : 24.10.2025
Auteurs : Xavier Gruffat, pharmacien – Seheno Harinjato, journaliste
Aperçu
La BPCO est l’abréviation de broncho-pneumopathie chronique obstructive. La maladie est aussi connue par son abréviation anglaise COPD (chronique obstructive pulmonary disease). Bien que cette maladie sournoise soit largement répandue, elle n’est souvent pas décelée à ses débuts. La BPCO provoque un rétrécissement progressif des voies respiratoires avec principalement pour conséquences des troubles respiratoires. La BPCO est une maladie incurable. Elle désigne certains types de lésions irréversibles des poumons et des voies respiratoires qui obstruent les voies respiratoires et rendent la respiration difficile1. Les personnes atteintes de BPCO présentent une inflammation et des cicatrices des voies respiratoires, des lésions des alvéoles pulmonaires, ou les deux. L’emphysème et la bronchite chronique sont deux formes de BPCO.
En cas de BPCO, les poumons et les voies respiratoires subissent plusieurs changements :
– Perte d’élasticité des bronches et des alvéoles (petites poches d’air des poumons).
– Inflammation, cicatrisation et rétrécissement des voies respiratoires.
– Accumulation de mucus épais.
– Destruction des parois entre les alvéoles, qui deviennent plus grandes et retiennent l’air.
Les personnes atteintes de BPCO ont souvent des crises pendant lesquelles les symptômes s’aggravent : essoufflement important, toux, respiration sifflante et mucus plus abondant. Dans les cas graves, une hospitalisation peut être nécessaire.
La BPCO évolue lentement au fil des années, mais elle s’aggrave progressivement. Les crises deviennent plus fréquentes et plus sévères avec le temps.
Bronchite et emphysème
La BPCO inclut la bronchite chronique et l’emphysème (pulmonaire)2. Un autre moyen de définir ou de présenter la BPCO est de parler d’association de deux maladies, justement la bronchite chronique et l’empyhsème. Au sens strict, on devrait plutôt parler, au pluriel, de maladies chroniques systémiques d’origine respiratoire qui touchent les bronches. Dans ce dossier on va toutefois privilégier le singulier, soit la BPCO.
Dans la BPCO, en particulier dans la bronchite, les bronches sont enflammées et contiennent du mucus (voir illustration ci-dessous).

Alvéoles
Des poumons sains comptent environ 300 millions d’alvéoles3. C’est à l’intérieur des alvéoles que l’échange gazeux entre gaz carbonique et oxygène a lieu. Lors de BPCO, l’échange gazez est perturbé.
Epidémiologie
La BPCO tue chaque année plus de trois millions de personnes dans le monde. C’est une cause majeure de décès4.
Causes
La BPCO est causée par une exposition à long terme à des gaz ou des particules irritants, le plus souvent issus de la fumée de cigarette.
Dans le détail, les causes de la BPCO sont :
– Le tabagisme, principalement la fumée de cigarette et moins la fumée de cigares ou de pipes. Il s’agit de la principale cause de la BPCO.
Remarquons que lorsqu’une personne fume, on a tendance à souvent minimiser les premiers signes de la maladie, que l’on décrit fréquemment comme la «toux du fumeur».
Ce sont les fumeurs dès l’âge de 45 ans qui sont le plus souvent atteints de BPCO.
La fumée passive augmente aussi le risque de BPCO.
– Les poussières ou polluants. Les personnes exposées aux poussières dans leur travail – par exemple dans l’agriculture et l’industrie – et qui inhalent ainsi des substances irritantes peuvent également souffrir de BPCO. Des agents polluants provenant notamment des voitures peuvent aussi augmenter le risque.
– Combustibles solides à domicile. L’utilisation de combustibles solides comme le charbon ou le bois à domicile favorisent la survenue de la BPCO.
– L’asthme. L’asthme pourrait être un facteur de risque de la BPCO5. Le risque est augmenté chez des fumeurs asthmatiques.
– Génétique. Une déficience d’un gène (en anglais : alpha-1-antitrypsin) serait à l’origine d’environ 1% des cas de BPCO6.
Symptômes
Les symptômes de la BPCO n’apparaissent souvent pas avant que des lésions pulmonaires importantes ne se soient produites, et ils s’aggravent généralement avec le temps, en particulier si l’exposition à la fumée de cigarette se poursuit.
Les principaux symptômes de la BPCO, suite à un rétrécissement progressif des voies respiratoires, sont :
– Dyspnée, c’est-à-dire une difficulté respiratoire comme un essoufflement (souffle court). Dans des cas avancés, le patient atteint de BPCO peut se sentir essoufflé sans pratiquer d’exercice physique.
– Toux chronique
– Production de crachats et expectorations
– Respiration sifflante (en anglais : wheezing)
– Oppression de la poitrine
– Expectorations
– Infections respiratoires fréquentes
– Perte de poids involontaire
Facteurs de risque
Bien que le tabagisme soit la principale cause de la BPCO, tous les fumeurs ne sont pas susceptibles de la développer. Certains facteurs peuvent augmenter le risque de la maladie :
– Le sexe : les femmes sont plus à risque.
– L’âge : les personnes de plus de 65 ans sont plus touchées.
– L’environnement : l’exposition à la pollution ou à des toxines dans l’air augmente le risque.
– Le travail : les métiers exposant à la poussière, aux fumées ou à des produits chimiques sont plus à risque.
– La génétique : un déficit en alpha-1 antitrypsine favorise la BPCO.
Les antécédents médicaux : avoir eu de nombreuses infections respiratoires dans l’enfance augmente le risque.
Evolution de la maladie
Il s’agit d’une maladie à évolution progressive, c’est-à-dire que les difficultés respiratoires augmentent avec les années, surtout lors de pratique d’exercice physique.
La BPCO est incurable.
Complications
La BPCO peut favoriser la prolifération de bactéries dans les poumons, entraînant des infections. Elle réduit aussi le passage de l’oxygène dans le sang et empêche l’élimination du dioxyde de carbone, ce qui peut causer de graves complications, telles que :
– Pneumonie.
– Hypercapnie : excès de dioxyde de carbone dans le sang.
– Hypoxémie : manque d’oxygène dans le sang.
– Insuffisance respiratoire.
– Hypertension pulmonaire (pression élevée dans les vaisseaux des poumons).
– Insuffisance cardiaque droite (appelée aussi cœur pulmonaire).
– Pneumothorax (poumon affaissé).
– Polyglobulie (production excessive de globules rouges).
Les personnes atteintes de BPCO courent un risque accru de développer une maladie cardiaque, un cancer du poumon, une hypertension pulmonaire et une dépression. De même, une personne qui souffre d’une maladie pulmonaire chronique telle que la BPCO peut être plus exposée à une maladie grave et à des complications liées à Covid-197.
Diagnostic
Le diagnostic est notamment posé au moyen de tests de la fonction pulmonaire (en anglais : lung function tests), le but de ce test est notamment de mesurer la quantité d’air qui entre et sort des poumons ainsi que la quantité d’oxygène délivrée à la circulation sanguine8. Mais comme le diagnostic de la BPCO n’est pas évident, le médecin et notamment le pneumologue, peuvent utiliser d’autres techniques de diagnostic :
– Rayons X des poumons (en anglais Chest-X-Ray).
– CT-scan.
– Tests de laboratoire (ex. mesure du taux de gaz carbonique dans le sang).
– Oxymétrie de pouls pour mesurer le taux d’oxygène dans votre sang.
– Examens d’imagerie comme la radiographie thoracique ou la tomodensitométrie.
– Test d’effort.
– Électrocardiogramme (ECG).
– Analyses sanguines.
– Tests génétiques.
Traitements
Il n’existe pas de traitements capables de guérir la maladie, certaines mesures permettent de ralentir l’avancée de la BPCO et lutter contre certains symptômes au niveau du système respiratoire. Le traitement varie beaucoup en fonction du patient et de l’avancée de la maladie (stade léger, modéré, grave et très grave). L’un des buts des traitements est en particulier de lutter contre les crises de BPCO, appelées exacerbations (idem en anglais). Il faut savoir que même avec un traitement adéquat, un patient peut présenter une ou plusieurs exacerbations et devoir être hospitalisé9.
Médicaments
Un traitement médicamenteux contribue à inhiber l’inflammation des bronches et un entraînement régulier améliore les performances physiques.
Les médicaments utilisés sont en général des bronchodilatateurs et des corticoïdes inhalés. Le tiotropium en inhalation est aussi souvent utilisé contre la BPCO. Dans des stades graves ou très graves, les corticoïdes (ex. prédnisone)10 peuvent être pris sous forme interne comme en comprimés.
A un stade avancé de la maladie (stade grave et surtout très graves), les personnes atteintes ont besoin d’un apport supplémentaire d’oxygène (oxygénothérapie). Il a souvent lieu en milieu hospitalier.
Antibiotiques :
Aux Etats-Unis, l’American College of Physicians11 estimait en 2021 en se basant sur une étude que les personnes atteintes de BPCO devraient être traitées par des antibiotiques en cas d’une suspicion de bronchite bactérienne pendant maximum 5 jours. Un traitement antibiotique court mais efficace permet de limiter la résistance aux antibiotiques dans nos sociétés. Un traitement à long terme à base d’antibiotiques ne réduit pas le nombre de crises (exacerbations) de la BPCO12.
Chirurgie
Dans certains cas, une chirurgie peut être réalisée par le corps médical, afin d’enlever certains tissus endommagés. La chirurgie est surtout réservée aux cas d’emphysèmes qui n’ont pas réagi de façon favorable aux traitements médicamenteux.
Prévention
– Ne fumez pas et évitez l’exposition à la fumée passive, afin de réduire le risque de contracter une BPCO. Essayez impérativement d’arrêter de fumer. Il s’agit du principal bon conseil à suivre.
– Evitez l’air froid, en hiver ou lors de temps froids portez un masque ou mettez une écharpe sur votre bouche avant de sortir dans la rue.
– Prévenez les maladies respiratoires infectieuses comme la pneumonie. Faites-vous vacciner contre certaines souches menant à la pneumonie, la grippe ou la Covid-19.
– Faites régulièrement de l’exercice physique, afin d’augmenter les capacités pulmonaires.
Bons conseils
– Un voyage en avion peut parfois s’avérer problématique pour les personnes atteintes de BPCO, à cause de la diminution de la concentration en oxygène dans la cabine à l’altitude de croisière du vol. Cela dit, les complications lors de vol en avion restent rares13.
– Un programme de réhabilitation pulmonaire peut être proposé par le personnel soignant. L’idée est de mieux comprendre la BPCO et d’essayer de changer son style de vie. La Mayo Clinic, considérée comme le meilleur hôpital au monde (ou réseau d’hôpitaux), a mis un programme de réhabilitation pulmonaire (en anglais : pulmonary rehabilitation) pour bien prendre en charge la BPCO.
Nom en anglais de la maladie :
Chronic Obstructive Pulmonary Disease (COPD)
Crédits photos :
Adobe Stock, Pharmanetis Sàrl
Historique de la révision médicale du dossier, auteurs et correcteurs :
– 24.10.2025 ( par Xavier Gruffat, pharmacien – Seheno Harinjato Razanamanga, journaliste)
– 10.10.2022 (par Xavier Gruffat, pharmacien – révision médicale complète du dossier)
Références scientifiques et bibliographie :
- Article de la Cleveland Clinic : Chronic Obstructive Pulmonary Disease (COPD), mis à jour en août 2024, site accédé par Creapharma.ch en octobre 2025 et le lien marchait à cette date
- Newsletter de la Mayo Clinic, Mayo Clinic Health Letter, page 1, édition spéciale de novembre 2022 parlant notamment des maladies pulmonaires
- Newsletter de la Mayo Clinic, Mayo Clinic Health Letter, page 1, édition spéciale de novembre 2022 parlant notamment des maladies pulmonaires
- Newsletter de la Mayo Clinic, Mayo Clinic Health Letter, page 1, édition spéciale de novembre 2022 parlant notamment des maladies pulmonaires
- Newsletter de la Mayo Clinic, Mayo Clinic Health Letter, page 3, édition spéciale de novembre 2022 parlant notamment des maladies pulmonaires
- Newsletter de la Mayo Clinic, Mayo Clinic Health Letter, page 3, édition spéciale de novembre 2022 parlant notamment des maladies pulmonaires
- Consumer Health: COPD risks and prevention, article de la Mayo Clinic datant du 8 novembre 2021, le lien marchait à cette date
- Newsletter de la Mayo Clinic, Mayo Clinic Health Letter, pages 1 à 3, édition spéciale de novembre 2022 parlant notamment des maladies pulmonaires
- Newsletter de la Mayo Clinic, Mayo Clinic Health Letter, page 8, édition spéciale de novembre 2022 parlant notamment des maladies pulmonaires
- Newsletter de la Mayo Clinic, Mayo Clinic Health Letter, page 4, édition spéciale de novembre 2022 parlant notamment des maladies pulmonaires
- Newsletter de la Mayo Clinic, Mayo Clinic Health Letter, page 5, édition de novembre 2021 parlant notamment des antibiotiques citant une étude publiée dans Annals of Internal Medicine.
- Newsletter de la Mayo Clinic, Mayo Clinic Health Letter, page 8, édition spéciale de novembre 2022 parlant notamment des maladies pulmonaires
- Newsletter de la Mayo Clinic, Mayo Clinic Health Letter, page 1, édition spéciale de novembre 2022 parlant notamment des maladies pulmonaires

