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Somnifères

On distingue différents médicaments somnifères, parfois aussi appelés hypnotiques quand ils sont spécifiques sur le sommeil, disponibles sur le marché. 

1. Traitements (somnifères) en vente en pharmacie sans ordonnance

valériane somnifère

Valériane. Voir autres plantes médicinales contre les troubles du sommeil

– Antihistaminiques H1 (antagonistes des récepteurs H1), comme par exemple : diphénydramine, doxylamine.

2. Traitements en vente sous prescription médicale (prescrits par un médecin après avoir posé un diagnostic)

– Les benzodiazépines : les plus connus des somnifères (donné en général à dose supérieure que pour le traitement contre l’anxiété). Attention à ne pas prendre pendant plus de 4 semaines ces remèdes, car une tolérance et une dépendance rapide à ce genre de produit existe. A moins que le médecin voit ce traitement comme unique alternative. De nombreuses préparations en Suisse et en France sont présentes sur le marché.

– Le zolpidem, le zaléplone et la zoplicone (ainsi que l’eszoplicone aux Etats-Unis) agissent plus ou moins comme les benzodiazépines mais auraient moins de risque de dépendance et surtout de risque d’effets secondaires (ex. arrêt respiratoire si mélangé avec de l’alcool). On parle aussi pour qualifier ces molécules de “Z drugs” en anglais ou “médicaments Z”, ou encore d’hypnotiques. Le terme hypnotique provient du fait que ces médicaments agissent seulement sur le sommeil, et pas sur l’anxiété ou d’autres maladies comme les benzodiazépines.

– Le ramelteon (vendu sous la marque Rozerem® aux Etats-Unis). Il s’agit d’un somnifère qui se lie sélectivement aux récepteurs MT₁ et MT₂ dans le noyau suprachiasmatique en imitant l’action de la mélatonine, au lieu de se lier aux récepteurs GABA, comme avec des médicaments comme le zolpidem. Un problème du ramelteon est qu’il est peu efficace pour favoriser l’endormissement.

– Les inhibiteurs de l’orexine (hypocrétines) comme  le suvorexant (Belsomra®, apparu en 2014) ou le lemborexant (Dayvigo®, apparu en 2019). L’orexine est une protéine cérébrale liée à la sensation de veille, donc on diminuant la quantité d’orexine la personne a envie de dormir. Les inhibiteurs peuvent mener à des risques de dépendance. Plusieurs cas de suicides ou tentatives de suicides ont été rapporté avec la prise du suvorexant.

Somnifères presque plus utilisés : 
– Les barbituriques comme le barbital, le phénobarbital ou le pentobarbital (dans le passé connu sous le nom de pentobarbitone), ils sont peu utilisés actuellement car ils présentent un risque élevé de toxicité, par exemple si mélangé avec de l’alcool). La première commercialisation d’un barbiturique, le barbital, par le laboratoire pharmaceutique Bayer date de 1904. Le barbital était vendu sous le nom de Veronal. Comme les benzodiazépines, les barbituriques se lient aux récepteurs cérébraux GABA en augmentant leur sensibilité. Les GABA provoquent un effet relaxant et calmant. La célèbre actrice Marilyn Monroe est morte d’une overdose de barbiturique, tout comme le musicien Jimi Hendrix.
– L’hydrate de chloral, peu utilisé de nos jours car une dépendance s’installe rapidement, cette molécule compte aussi d’importants effets secondaires (insuffisance hépatique, cardiaque et rénale). L’hydrate de chloral est considéré comme le premier véritable somnifère ou hypnotique. Il a été synthétisé en 1832 par l’Allemand Justus von Liebig. En Suisse, en décembre 2020 il existait un médicament sur le marché à base d’hydrate de chloral1.

Lire aussi : mélatonine

Remarques intéressantes sur les somnifères :
– Le traitement à base de somnifère doit être le plus court possible, le dosage le plus bas et ne jamais arrêter un traitement à base de somnifère de façon brutale.
– Il est intéressant d’observer que la prise de somnifères diminue le sommeil paradoxal, on pense qu’après l’arrêt de la consommation de somnifères la quantité de sommeil paradoxal augmente pour compenser les nuits avec somnifères ce qui peut donner l’impression d’une nuit agitée, c’est une raison pour laquelle de nombreuses personnes ont de la peine à arrêter un traitement avec des somnifères. Mais soyez patient, avec le temps vous retrouverez des nuits équilibrées (sommeil lent et paradoxal) et donc cette sensation de nuits peu réparatrices sans somnifère va diminuer.
– La durée générale d’un traitement à base de somnifère est de 4 à 8 semaines chez des personnes ne souffrant pas de pathologies psychiatriques (dépression, anxiété, schizophrénie). Car pour ces dernières le traitement peut durer des mois voire des années.
– Jusqu’à présent (début des années 2020), l’industrie pharmaceutique n’a pas été capable de développer des somnifères qui sont véritablement efficaces et sûrs (sans risque important d’effets secondaires ou de dépendance)2.
– Au Moyen-Âge, des plantes médicinales considérées de nos jours comme toxiques étaient utilisées comme la belladone ou la stramoine (Datura). L’alcool était aussi utilisé dans cette période de l’histoire. Au 19ème siècle, la morphine a été utilisée comme somnifère, désormais remplacée par les médicaments somnifères apparus au 20ème et 21ème siècle (lire liste ci-dessus).

Dernière mise à jour :
19.01.2021

Rédaction :
Xavier Gruffat (pharmacien)

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Notes de bas de page et références :

  1. Compendium.ch, site accédé le 21 décembre 2020
  2. Magazine Superinteresante, édition de décembre 2020

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Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 19.01.2021
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