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Interaction entre médicaments

Définition

Interaction entre médicamentsLes interactions entre médicaments ou interactions médicamenteuses sont en général liées à des enzymes hépatiques comme les cytochromes (CYP), des protéines plasmatiques comme l’albumine ou à des différences dans l’absorption du médicament. En fait, de nombreuses causes peuvent mener à des interactions.
Il en résulte des variations dans la concentration sanguine ou plasmatique, ce qui provoque éventuellement des effets secondaires.

Cytochromes 
Les cytochromes (CYP), ou cytochrome P450, sont des enzymes présentes dans divers tissus, notamment le foi, et qui interviennent en particulier dans le métabolisme de nombreux médicaments. Comme toutes les protéines, les enzymes sont synthétisées par l’ADN puis l’ARN.
Lorsqu’une personne prend plusieurs médicaments qui sont métabolisés par les cytochromes (CYP), il peut s’en suivre des interactions menant à des signes cliniques1.
Il existe 3 familles de cytochromes qui jouent un rôle dans le métabolisme (élimination notamment) des médicaments : CYP1, CYP2 et CYP3.
Les médicaments peuvent agir sur les cytochromes en particulier comme inhibiteur ou inducteur, au niveau de la synthèse des enzymes. La concentration de ces cytochromes peut donc varier en fonction de la prise de certains médicaments.
Exemples d’interactions avec les cytochromes : 
– La rifampicine (un antibiotique) ou le millepertuis (une plante) sont des inducteurs du cytochrome appelé CYP3A4. Si un patient prend de la cyclosporine (contre le rejet de greffes), également métabolisée par le CYP3A4, et en même temps de la rifampicine ou millepertuis, il peut s’en suivre une élimination trop rapide de la cyclosporine. La conséquence est un rejet de greffes.
– A l’inverse, l’itraconazole (un antifongique) agit comme un inhibiteur du CYP3A4. Si un patient prend de la cyclosporine et en même temps de l’itraconazole, il peut s’en suivre une élimination ralentie par l’organisme de cyclosporine. La conséquence peut être une néphrotoxicité provoquée justement par la cyclosporine.

Exemples d’interactions bénéfiques et néfastes

Les interactions entre médicaments peuvent être bénéfiques mais aussi, la plupart du temps, néfastes.

Interactions bénéfiques
Les cas d’associations bénéfiques concernent par exemple la prise de plusieurs antibiotiques qui exercent un effet synergique (sulfamidés), dans ce cas l’association est voulue et aide à la thérapie, ceci bien entendu relève du choix du médecin.

Interactions néfastes
Souvent l’interaction n’est pas voulue et s’avère néfaste pour le patient, voici différents cas d’interactions médicamenteuses :
– Des interactions de concurrence entre différents médicaments, comme c’est le cas lors de la prise par exemple d’Aspirine® (acide acétylsalicilique) et de Sintrom® (coumarine). Si la prise de ces deux médicaments n’est pas suivie par un spécialiste de la santé, il peut il y avoir des risques graves d’hémorragies. Dans ce cas un médicament déplace l’autre et augmente sa concentration dans le sang. Il peut s’en suivre une augmentation des saignements surtout lors de consommation quotidienne.
Il faut savoir que d’autres anti-inflammatoires que l’Aspirine peuvent mener à des interactions avec les fluidifiants sanguins comme la coumarine ou encore le clopidogrel. On peut citer notamment l’ibuprofène et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) en général.
– Un autre cas d’interaction concerne des interactions dans le métabolisme des médicaments. Un des cas les plus graves d’interactions peut se produire avec la prise de médicaments contre le cholestérol (avec notamment des statines) et la prise d’antibiotiques de type macrolides (comme le Klacid®). Dans ce cas, pendant une antibiothérapie (environ 10 jours), il faut arrêter la prise de statines. La prise de ces deux médicaments ensemble pourrait provoquer de graves problèmes musculaires (rhabdomyolise).

Exemples d’interactions :
– La prise de médicament à base de millepertuis (contre la dépression légère à modérée) et la pilule (surtout la microdosée) peut mener à des interactions. Il se peut que dans certains cas la contraception ne soit plus assurée.
– Un cas possible d’interaction peut avoir lieu entre la doxycycline (un antibiotique vendu en Suisse sous le nom de Vibramycine®) et Rennie® (à base de carbonate de calcium et de carbonate de magnésium contre l’hyperacidité gastrique). La prise de Rennie® inactive la Vibramycine®, en conséquence il faudra éviter de prendre du Rennie® lors d’un traitement à base de doxycycline.
– Les fluidifiants sanguins comme le clopidogrel peuvent mener à des interactions avec des compléments alimentaires notamment naturels comme le ginkgo, le curcuma, la canneberge (cranberry), l’huile de poisson ou la grande camomille (feverfew). Il peut s’en suivre une augmentation des saignements surtout lors de consommation quotidienne.
– Des interactions peuvent se dérouler entre des AINS comme l’aspirine et l’ibuprofène ainsi que des hypotenseurs comme les inhibiteurs ACE ou les bloqueurs des récepteurs de l’angiotensine. Les conséquences peuvent être des troubles rénaux. Les 2 formes de médicaments exigent un important travail métabolique au niveau rénal.

Bons conseils
– Il faut savoir que le risque d’interactions est statistiquement faible car de nombreux paramètres doivent être réunis, néanmoins il peut arriver que certaines associations mènent à des cas très graves. C’est pourquoi il est conseillé de se rendre toujours dans la même pharmacie, pour que l’équipe de la pharmacie sous la direction du pharmacien puisse vous créer et gérer un dossier médical (avec suggestions d’interactions de façon automatique).

Bons liens

http://medicine.iupui.edu/flockhart/table.htm Site en anglais d’une Université américaine qui montre et liste les enzymes responsables des interactions (cytochromes), site utile pour les spécialistes.
– pour la plupart des molécules documentées sur Creapharma.ch, découvrez les interactions (dans la rubrique Interactions).

Sources :
Littérature médicale

Rédaction : 
Xavier Gruffat (pharmacien)

Dernière mises à jour : 
02.11.2021

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Notes de bas de page et références :

  1. Livre en allemand : Taschenatlas Pharmakologie (Atlas de poche de pharmacologie), Lutz Hein – Jens W. Fischer, 8ème édition (8. Auflage), Thieme, 2020 – Remarque : une édition de ce livre existe aussi en français mais souvent il y a un retard dans les différentes mises à jour (éditions).

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Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 03.11.2021
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