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Rosacée

Dernière mise à jour : 30.01.2024
Révision médicale : Xavier Gruffat, pharmacien


Définition

Définition rosaceeLa rosacée est une maladie dermatologique inflammatoire chronique fréquente qui provoque une rougeur de la peau avec une couperose, c’est-à-dire une dilatation permanente et visible des petits vaisseaux de la peau du visage, ainsi que des papulopustules.

Autres noms
On parle aussi parfois simplement de couperose pour qualifier la rosacée. La maladie porte aussi le nom d’acné rosacée ou d’acné de l’adulte mais de façon erronée, car l’acné et la rosacée ne sont pas identiques. Par exemple, dans la rosacée on n’observe pas de points noirs.

Epidémiologie

Femmes plus touchées
Les adultes de 30 à 60 ans souffrent davantage de cette maladie que d’autres groupes d’âges, en particulier entre 40 et 50 ans. Les femmes sont plus touchées que les hommes et notamment les femmes avec un teint de peau clair1. Si les hommes sont atteints de couperose, les symptômes sont en général plus prononcés que chez les femmes2.

Causes

Les causes exactes de la rosacée ne sont pas encore connues3. Toutefois, on peut observer que des facteurs génétiques, de circulation locale, du système endocrinien, digestif ou nerveux et aussi l’environnement peuvent intervenir et expliquer une partie de l’origine de cette maladie dermatologique.

Relevons que certains facteurs de risque (triggers en anglais) peuvent aggraver ou favoriser la rosacée, ce sont en particulier :

– le soleil (d’où l’utilisation presque obligatoire chez les patients atteints de rosacée de crème solaire)

– l’alcool

– le stress et les émotions

– les épices et notamment les piments

– les boissons chaudes (thé, café). Toutefois, une étude publiée en décembre 2018 dans le Journal of the American Medical Association Dermatology (DOI : 10.1001/jamadermatol.2018.3301) a montré que boire quotidiennement du café pourrait réduire de façon significative les symptômes de la rosacée. La caféine, molécule importante du café, est connue pour réduire la dilatation des vaisseaux sanguins et avoir des effets immunosuppresseurs, permettant de diminuer le risque de rosacée, comme le relèvent les auteurs.

– le climat (chaud ou froid)

– des médicaments (vasodilatateurs, photosensibilisants)

– les bouffées de chaleur à la ménopause

– des bains chauds ou saunas

Etude (2015)
Selon une étude (DOI : 10.1001/jamadermatol.2015.2230) publiée en août 2015 réalisée par l’University Hospitals Case Medical Center à Cleveland (Ohio) portant sur 275 pairs de jumeaux, les gènes (l’hérédité) étaient responsables pour 46% du risque de développer une rosacée. Autrement dit, dans 54% des cas le risque était lié à l’environnement comme l’exposition au soleil et  la consommation d’alcool.

Cause possible
Une cause possible ou en tout cas un déclencheur de la rosacée pourrait provenir d’acariens comme Demodex, qui semble capable de déclencher des réactions inflammatoires cutanées. Le principe actif ivermectine (utilisé en crème, lire sous Traitements ci-dessous) semble agir en particulier contre Demodex.

Personnes à risque

La rosacée se manifeste en particulier chez les femmes et plus précisément de 30 à 50 ans (surtout 40 à 50 ans). Cela dit tous les âges peuvent être touchés par la rosacée.

Les cas les plus graves de rosacée touchent surtout les hommes.

Les personnes à la peau blanche (type caucasien) sont plus touchées que d’autres groupes ethniques.

Symptômes

Progression de la maladie
La rosacée est une maladie qui évolue progressivement, on observe aussi des différences d’intensité pour chaque patient.

Principaux symptômes
– En général, la rosacée commence par une rougeur (érythèmes) au centre du visage, favorisée par des facteurs déclencheurs (triggers) comme du stress, une exposition au soleil, un repas épicé, etc.
– Ensuite, on observe une couperose (dilatation permanente et visible des petits vaisseaux de la peau du visage) et la rosacée proprement dite avec notamment des éruptions de petites pustules ou papules sur le visage, avec une localisation en particulier sur le nez, le front, les joues et le menton. Dans certains cas la rosacée peut aussi se manifester sur les oreilles, le thorax et les côtes. Les pustules peuvent être remplis de pus4.

Rosacée oculaire
Dans environ 50% des cas les patients souffrant de rosacée peuvent avoir des problèmes avec les yeux (similaires à une conjonctivite), ces problèmes oculaires devront être traités par un médecin pour éviter des complications. Les yeux peuvent notamment être secs.

Nez bulbeux
Rarement, la rosacée peut mener à un nez élargi. Le nez apparaît bulbeux, la maladie est appelée rhinophyma. Ce symptôme est plus fréquent chez les hommes que chez les femmes5.

Diagnostic

Le diagnostic de la rosacée s’effectue par un médecin de famille ou un dermatologue. Un médecin devrait facilement identifier une rosacée grâce à son expérience et par un examen clinique. Il n’existe pas de tests spécifiques de la rosacée. Dès 2020, il est conseillé de poser le diagnostic de la rosacée en fonction du phénotype et plus selon des sous-types comme c’était le cas jusqu’en 20176.

A ne pas confondre
La rosacée est une maladie qui peut être confondue avec l’acné, l’allergie (réaction allergique) ainsi que d’autres maladies dermatologiques7.

Traitements (médicaments)

Objectifs du traitement
La rosacée diffère beaucoup d’un patient à l’autre, le traitement sera donc individualisé par le médecin. En 2024, les traitements médicamenteux ou avec d’autres méthodes ne permettent pas de guérir de la maladie mais aident à améliorer les symptômes. Autrement dit, il n’existe actuellement pas de traitement curatif de la rosacée8. Un objectif est notamment de guérir les poussées aiguës de la maladie.

Types de traitements
Le traitement devrait inclure l’utilisation de médicaments et une modification du style de vie.

Voie locale, orale ou autres traitements
On distingue en particulier les traitements par voie locale et orale, ces traitements peuvent aussi être combinés entre eux. On observe en général une amélioration des symptômes après 2 mois, comme pour le traitement de l’acné, il faudra se montrer patient.

1. Traitement local (crème)
traitement rosacéePrévention
– Le premier traitement consiste à appliquer de la crème solaire (haut indice de protection contre les UVA et UVB, min. FPS de 30) à chaque fois que vous vous exposez au soleil, en effet ce dernier est un vrai déclencheur de rosacée et la crème solaire a une véritable action préventive.
– Un autre moyen préventif consiste à nettoyer la peau avec des savons doux, d’éviter aussi l’utilisation de cosmétiques trop gras. Privilégiez par exemple des crèmes ou lotions “huile dans eau” moins grasses.
Médicaments curatifs
– D’un point de vue curatif, il existe des crèmes ou pommades à base de métronidazole (en Suisse Rosalox® Crème) ou parfois des pommades à base de vitamine A. 
– Depuis 2015, il existe sur le marché suisse un gel à base de brimonidine (Mirvaso®), en vente sur ordonnance. Ce médicament est indiqué en usage externe contre la rosacée du visage persistante.
– Depuis janvier 2017, il existe sur le marché suisse une crème à base d’ivermectine (Soolantra®) indiquée en usage externe pour traiter la rosacée lors de lésions inflammatoires provoqués par la rosacée papulopustuleuse modérée à sévère, selon des informations du site suisse de référence Pharmavista.net. En Suisse, la concentration d’ivermectine est de 1% ou 10mg/g. Ce médicament présenterait des effets anti-inflammatoires et antiparasitaires (lire ci-dessus sous Causes). Selon le journal suisse PHARMA-INFO© datant de janvier 2018, le Soolantra® doit être appliqué une fois par jour, un avantage par rapport au métronidazole qui a une posologie en général différente. En Suisse, depuis avril 2020, l’ivermectine peut être remis par un pharmacien, car il appartient à la catégorie de remise B+.

2. Traitements par voie orale
– Dans des cas plus sévères, le médecin peut prescrire des antibiotiques, par exemple de type tétracyclines comme la doxycycline. La doxycycline (au dosage de 40 mg) est notamment utilisée pour réduire des lésions papulopustuleuses chez l’adulte atteint de rosacée au visage9. Les antibiotiques ont aussi des effets anti-inflammatoires10. Les antibiotiques en prise orale sont généralement pris sur une courte période de temps. 
– L’isotrétinoïne, molécule indiquée à la base contre l’acné, est parfois utilisée lors de rosacée. Il s’agit d’une molécule appartenant aux rétinoïdes. Attention l’isotrétinoïne est tératogène, c’est-à-dire avec un risque de malformations graves du fœtus. Ce médicament est donc strictement contre indiqué chez la femme enceinte. Les femmes en âge de procréer ne peuvent être traitées à l’isotrétinoïne que si elles remplissent toutes les conditions d’un programme de prévention de la grossesse.

3. Autres traitements
– Pour détruire les vaisseaux dilatés (ex. au niveau du nez lors de rhinophyma), le médecin peut aussi recourir au laser ou à des thérapies ciblées (en anglais : electrosurgery).
– Psychothérapie.
– Cures thermales.
– Médicaments anxiolytiques ou antihistaminiques.

Bons conseils & Prévention

– Appliquez une crème solaire (avec une protection UVA et UVB élevée) lors d’exposition au soleil, même si l’ensoleillement est faible. Le soleil est un important facteur déclenchant pour la rosacée. Utilisez un facteur de protection (FPS, en anglais SPF) d’au moins 30, si possible 50.

– Utilisez des crèmes de maquillage de couleur verte pour cacher les taches rouges de la rosacée, le vert est une couleur complémentaire du rouge et permet d’atténuer les taches rouges de la rosacée.

– Evitez les aliments trop épicés et les boissons trop chaudes. Le café pourrait toutefois être recommandé, comme l’a montré une étude de 2018. En effet, une étude publiée en décembre 2018 dans le Journal of the American Medical Association Dermatology (DOI : 10.1001/jamadermatol.2018.3301) a montré que boire quotidiennement du café pourrait réduire de façon significative les symptômes de la rosacée. La caféine, molécule importante du café, est connue pour réduire la dilatation des vaisseaux sanguins et avoir des effets immunosuppresseurs, permettant de diminuer le risque de rosacée, comme le relèvent les auteurs.

– Limitez votre consommation d’alcool.

– Evitez l’utilisation de médicaments corticoïdes (en usage interne ou externe).

– Ne soignez pas la rosacée en automédication mais prenez rendez-vous chez un dermatologue.

– Hydratez votre peau régulièrement, demandez conseil à votre dermatologue.

– Evitez de prendre des douches trop chaudes.

– Pour nettoyer la peau, utilisez un nettoyant doux.

– En hiver et quand il fait froid protégez votre visage par exemple avec une écharpe.

– Ecrivez un journal de bord identifiant les irritants et les déclencheurs (par exemple le rayonnement UV ou la nourriture épicée). Montrez-le ensuite si possible à votre médecin traitant.

Nom anglais de la maladie :
Rosacea

Crédits photos :
Adobe Stock

Historique des mises à jour – Dossier revu médicalement :
– 30.01.2024 (par Xavier Gruffat, pharmacien – révision médicale complète)
– 29.01.2021 (par Xavier Gruffat, pharmacien – révision médicale complète)

Références scientifiques et bibliographie :

  1. SANJEEV NANDA (M.D.), Mayo Clinic a-z Health Guide, WHAT YOU NEED TO KNOW ABOUT SIGNS, SYMPTOMS, DIAGNOSIS & TREATMENT, 2nd edition, Rochester, Mayo Clinic Press, 2023.
  2. [email protected] du 15.06.2020, journal mensuel édité par des pharmaciens de l’Université de Bâle, Suisse
  3. SANJEEV NANDA (M.D.), Mayo Clinic a-z Health Guide, WHAT YOU NEED TO KNOW ABOUT SIGNS, SYMPTOMS, DIAGNOSIS & TREATMENT, 2nd edition, Rochester, Mayo Clinic Press, 2023.
  4. SANJEEV NANDA (M.D.), Mayo Clinic a-z Health Guide, WHAT YOU NEED TO KNOW ABOUT SIGNS, SYMPTOMS, DIAGNOSIS & TREATMENT, 2nd edition, Rochester, Mayo Clinic Press, 2023.
  5. SANJEEV NANDA (M.D.), Mayo Clinic a-z Health Guide, WHAT YOU NEED TO KNOW ABOUT SIGNS, SYMPTOMS, DIAGNOSIS & TREATMENT, 2nd edition, Rochester, Mayo Clinic Press, 2023.
  6. [email protected] du 15.06.2020, journal mensuel édité par des pharmaciens de l’Université de Bâle, Suisse
  7. SANJEEV NANDA (M.D.), Mayo Clinic a-z Health Guide, WHAT YOU NEED TO KNOW ABOUT SIGNS, SYMPTOMS, DIAGNOSIS & TREATMENT, 2nd edition, Rochester, Mayo Clinic Press, 2023.
  8. SANJEEV NANDA (M.D.), Mayo Clinic a-z Health Guide, WHAT YOU NEED TO KNOW ABOUT SIGNS, SYMPTOMS, DIAGNOSIS & TREATMENT, 2nd edition, Rochester, Mayo Clinic Press, 2023.
  9. [email protected] du 15.06.2020, journal mensuel édité par des pharmaciens de l’Université de Bâle, Suisse
  10. SANJEEV NANDA (M.D.), Mayo Clinic a-z Health Guide, WHAT YOU NEED TO KNOW ABOUT SIGNS, SYMPTOMS, DIAGNOSIS & TREATMENT, 2nd edition, Rochester, Mayo Clinic Press, 2023.

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Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 30.01.2024
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