Angine de poitrine
Dernière révision médicale : 12.04.2026
Auteur : Xavier Gruffat, pharmacien
Pour l’article sur l’angine (pharyngite) lire ici
Définition
L’angine de poitrine est un terme général utilisé pour décrire une sensation de serrement, d’oppression ou de douleur au milieu de la poitrine1. L’angine de poitrine est souvent provoquée par un rétrécissement des artères coronaires.
On distingue principalement deux formes d’angines de poitrine : l’angine de poitrine stable (en anglais : stable angina) et l’angine de poitrine instable (en anglais : instable angina), cette dernière est une urgence médicale. Plus d’informations dans la rubrique Symptômes ci-dessous
L’angine de poitrine (avec l’infarctus du myocarde) est une manifestation fréquente de la maladie coronarienne, une affection dans laquelle les artères du cœur sont rétrécies ou obstruées.
L’angine de poitrine (avec l’infarctus du myocarde) est un symptôme courant de la maladie coronarienne (insuffisance coronarienne).
Origine
Le mot « angine » vient du latin angere, qui signifie « serrer », « étouffer » ou « étrangler », décrivant bien la sensation ressentie par les patients.
Causes
Les artères coronaires apportent l’oxygène et les nutriments indispensables au muscle cardiaque. Avec le temps, elles peuvent se rétrécir en raison de dépôts de graisse (plaques d’athérosclérose), souvent liés à un excès de cholestérol ou à d’autres facteurs de risque cardiovasculaire.
Dans l’angine de poitrine stable, le flux sanguin reste généralement suffisant au repos, mais devient insuffisant lors d’un effort ou d’un stress, lorsque le cœur a besoin de plus d’oxygène.
Dans l’angine de poitrine instable, la situation est plus préoccupante : une artère peut être fortement rétrécie ou partiellement obstruée par un caillot, ce qui réduit l’apport en oxygène même au repos, augmentant le risque d’infarctus.

Symptômes
Il existe principalement deux formes d’angine de poitrine : l’angine stable et l’angine instable.
Angine de poitrine stable
Dans cette forme, les symptômes apparaissent lorsque le cœur reçoit moins d’oxygène que nécessaire, par exemple lors d’un effort physique (comme monter des escaliers), en cas de stress ou après un repas copieux2. Les signes typiques incluent une sensation de serrement, d’oppression ou de brûlure derrière le sternum, pouvant irradier vers le bras gauche, l’épaule, le cou, la mâchoire ou le dos. La douleur disparaît généralement en quelques minutes au repos ou après la prise de dérivés nitrés (ex. nitroglycérine). Dans des cas plus graves d’angine de poitrine, certains patients peuvent souffrir de vertiges, fatigue, transpiration excessive, nausée et de difficultés à respirer. Ces symptômes moins typiques ont tendance à apparaître notamment chez des diabétiques3.
Angine de poitrine instable (urgence médicale)
Dans cette forme, les symptômes surviennent de manière imprévisible, même au repos ou pendant la nuit, s’aggravent rapidement et durent souvent plus de 10 à 15 minutes. Cette situation reflète généralement une réduction brutale du flux sanguin vers le cœur (souvent liée à une rupture de plaque et à un caillot) et constitue un signe d’alerte majeur d’infarctus du myocarde, nécessitant une prise en charge urgente4.
Diagnostic
Lors d’une suspicion d’angine de poitrine, le médecin dispose de plusieurs outils de diagnostic.
– Examens non invasifs : l’électrocardiogramme (ECG), l’échocardiographie, la scintigraphie myocardique, l’imagerie par résonance magnétique (IRM), le scanner (tomodensitométrie, CT).
– Examens invasifs : la coronarographie. Ces examens nécessitent en général une courte hospitalisation.
Traitements
Angine de poitrine stable
Médicaments pour améliorer les symptômes :
– Les nitrates comme la nitroglycérine, elle est souvent utilisée en médecine à petites doses lors d’angine de poitrine stable. La nitroglycérine est le prototype des nitrates avec un effet thérapeutique. L’effet des nitrates repose sur la formation de monoxyde d’azote (NO). Le monoxyde d’azote porte aussi le nom d’oxyde azotique ou d’oxyde nitrique.
Lors d’une thérapie à long terme à base de nitroglycérine notamment sous forme de patch, attention à ne pas arrêter la thérapie de façon soudaine. Un risque de rebond (rebound en anglais) de l’angine de poitrine existe. C’est pourquoi il s’agira de diminuer progressivement la dose avant un arrêt définitif de la nitroglycérine.
– Les inhibiteurs calciques ou antagonistes du calcium comme l’amlodipine ou le diltiazem (Dilzem®). Ces médicaments empêchent l’entrée des ions calcium dans les cellules du muscle lisse cardiaque et de la musculature vasculaire. Il s’en suit un effet hypotensif et une dilatation des coronaires. Comme l’amlodipine met plusieurs heures pour agir, il n’est pas indiqué lors d’angine de poitrine aiguë ou instable (crise d’angine de poitrine). Le diltiazem réduit les besoins du coeur en oxygène et améliore l’irrigation sanguine du muscle cardiaque, il prévient ainsi les crises d’angine de poitrine ou diminue leur fréquence.
– Les béta-bloquants comme le bisoprolol sont des médicaments utilisés en cardiologie qui bloquent l’action des médiateurs du système adrénergique tels que l’adrénaline. Comme avec les autres bêta-bloquants, il ne faut pas arrêter brusquement la thérapie avec le bisoprolol mais diminuer la dose progressivement avant l’arrêt final. Votre médecin ou pharmacien vous conseilleront. D’autres bêta-bloquants cardiosélectifs tout comme le bisoprolol sont l’aténolol, le carvédilol, le métoprolol et le nébivolol.
– Le ranolazine (Ranexa®), un antiangoreux qui agit sur le métabolisme des cellules cardiaques pouvant être utilisé seul ou en association avec d’autres médicaments 5.
Médicaments pour prévenir les complications (ex. infarctus du myocarde) :
– Traitement prévenant la formation de caillots, comme par exemple l’aspirine (acide acétylsalicylique) faiblement dosé. Comme le sang devient plus fluide, il arrive mieux traverser les zones de rétrécissement des artères coronaires.
– Hypotenseurs. Lors d’hypertension ainsi que d’autres maladies métaboliques (ex. diabète) ou cardiovasculaires, le médecin va probablement prescrire des hypotenseurs de la famille des inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) ou des antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II (ARA-II).
– Médicaments hypolipidémiants comme les statines. Ils permettent de traiter l’hypercholestérolémie en abaissant principalement le taux de LDL (“mauvais cholestérol”). Ils ont surtout un rôle préventif, l’objectif étant de diminuer le risque cardiovasculaire comme ici l’angine de poitrine grâce à une ouverture plus grande à l’intérieur des artères coronaires (diminution de la plaque de graisse).
Chirurgie
L’une des interventions les plus fréquentes en cardiologie lors d’angine de poitrine est l’angioplastie coronaire, aussi appelée dilatation par ballonnet. On dilate l’artère coronaire rétrécie à l’aide d’un ballonnet gonflable monté sur un cathéter. Ensuite, on pose en général un stent. Une autre intervention est le pontage.
La chirurgie est surtout réservée aux cas résistants à la prise de médicaments et lorsque les changements du style de vie (lire aussi ci-dessous sous Bons conseils) ne font pas effets.
Angine de poitrine instable (stent, médicaments)
L’angine de poitrine instable est une urgence médicale. Un traitement chirurgical peut s’avérer nécessaire.
Lors d’angine de poitrine instable, les médicaments mentionnés ci-dessus ne fonctionnent pas toujours de façon adéquate pour faire disparaître les symptômes.
Un nitrate à action prolongée comme le dinitrate d’isosorbide (Isoket retard et spray) aide à dilater les artères coronaires. Le dinitrate d’isosorbide, dilate les vaisseaux sanguins et soulage ainsi le cœur. En outre, l’irrigation du muscle cardiaque est intensifiée et son approvisionnement en oxygène est donc amélioré. Dès qu’il est pulvérisé dans la bouche, Isoket spray coupe rapidement la crise d’angine de poitrine.
Les données les plus récentes avec notamment l’étude ORBITA-2 trial renforcent le conseil de donner d’abord aux médicaments une chance d’agir et de ne poser un stent qu’en cas de persistance des symptômes6. En 2024, rien ne prouve qu’un stent empêchera une future crise cardiaque (infarctus) ou augmentera le taux de survie par rapport à un traitement médicamenteux. En effet, la plupart des crises cardiaques surviennent dans des artères dont le rétrécissement n’est que de 40% ou moins, mais qui abritent ce que l’on appelle une plaque vulnérable, susceptible de se rompre sans avertissement. Le caillot sanguin qui en résulte bloque la circulation sanguine et déclenche une crise cardiaque.
Bons conseils & Prévention
Un changement du style de vie (lifestyle en anglais) peut être un moyen efficace pour lutter contre l’angine de poitrine.
– Evitez de fumer
– Adoptez une alimentation équilibrée (si possible suivez un régime méditerranéen)
– Evitez l’excès de poids
– Ayez suffisamment d’activité physique (avec l’accord de votre médecin, essayez de pratiquer 150 minutes par semaine d’exercice physique modéré)
– Réduisez ou gérez votre stress
– Limitez votre consommation d’alcool
– Prenez bien tous vos médicaments prescrits par le médecin (ex. contre le cholestérol).
FAQ – Questions fréquentes
L’angine de poitrine est-elle grave ?
Elle peut l’être. C’est un signal d’alerte du cœur à ne pas ignorer.
Quelle est la différence avec un infarctus ?
L’angine est temporaire. L’infarctus correspond à une obstruction complète et prolongée.
Peut-on faire du sport ?
Oui, mais avec l’avis d’un médecin et de manière adaptée.
Le stress joue-t-il un rôle ?
Oui. Il augmente les besoins du cœur en oxygène. Lire aussi sous Causes ci-dessus
Peut-elle disparaître ?
Elle peut être contrôlée, mais nécessite souvent un suivi à long terme.
Nom anglais :
Angina, Angina pectoris
Crédits photos :
Adobe Stock, Pharmanetis Sàrl
Historique de la mise à jour – Dossier revu médicalement :
– 12.04.2026 (par Xavier Gruffat, pharmacien)
– 29.02.2024 (par Xavier Gruffat, pharmacien)
Références scientifiques et bibliographie :
- Newsletter de la Mayo Clinic, Mayo Clinic Health Letter, page 1, édition d’octobre 2021 parlant notamment de l’angine de poitrine
- Mayo Clinic, “Angina (angine de poitrine)”, consulté le 12 avril 2026
- Newsletter de la Mayo Clinic, Mayo Clinic Health Letter, page 1, édition d’octobre 2021 parlant notamment de l’angine de poitrine
- Cleveland Clinic, “Unstable Angina”, consulté le 12 avril 2026
- Newsletter de la Mayo Clinic, Mayo Clinic Health Letter, page 1, édition d’octobre 2021 parlant notamment de l’angine de poitrine
- Article du site Harvard Health Publishing – Harvard Medical School, Does a coronary stent make sense for stable angina?, datant du 1er mars 2024, site accédé par Creapharma.ch le 29 février 2024 et le lien marchait à cette date (attention article payant possible)
