Coloscopie



La coloscopie permet d’explorer et de traiter certaines pathologies au niveau du côlon et du gros intestin.


Une coloscopie tous les 10 ans réduit de 40% le risque de cancer colorectalC’est l’examen le plus efficace pour détecter et soigner des lésions (par ex. polypes) dans le rectum et les intestins. La coloscopie est notamment utilisée et recommandée dans le dépistage précoce du cancer colorectal, l’un des cancers les plus fréquents dans les pays industrialisés (Europe, Amérique du nord).
Techniquement la coloscopie est un équipement qui se présente sous forme de tube ou sonde flexible composée en partie à base de fibre optique permettant de visualiser l’intérieur du côlon et de l’intestin par transmission vidéo. Cet équipement s’appelle un coloscope.

Grâce à la micro-caméra au bout de la sonde le médecin peut identifier les lésions et aussi effectuer immédiatement des actes chirurgicaux comme l’ablation des polypes.
Les polypes sont des tumeurs en général bénignes se trouvant dans le tube digestif.
L’introduction du tuyau flexible ou souple se fait par l’anus suite à un toucher rectal.

Préparation à la coloscopie – Déroulement

Pour effectuer une coloscopie, le patient devra suivre un protocole strict avant l’opération. Le médecin ou pharmacien vous renseignera à ce sujet.
Le patient devra utiliser un laxatif plusieurs heures avant la coloscopie, en général un médicament pris la veille avec beaucoup de liquide (parfois jusqu’ à 3 lt, selon les préparations). Il devra éviter de manger des fibres 48 h avant l’examen, on parle aussi d’un régime “sans résidu”.

Le but est de nettoyer l’intestin pour permettre une bonne identification et la suppression des polypes lors de la coloscopie. En effet, si l’intestin est rempli de matières fécales, il est impossible d’effectuer cet examen correctement.

La coloscopie est réalisée sous sédatifs et parfois en anesthésie générale. De plus en plus de médecins utilisent des sédatifs ayant un effet sur une courte durée (ex. 30 minutes) comme le propofol et évitent l’anesthésie générale. Le patient est couché pendant cette procédure.

Une coloscopie dure environ 20 minutes.

Objectifs de la coloscopie

Le principal objectif est d’identifier des lésions tumorales et éventuellement les supprimer, il est possible aussi d’effectuer une biopsie au niveau de la zone cancéreuse. La coloscopie est un examen très important dans la prévention du cancer colorectal. Selon une étude américaine parue en 2013, effectuer une coloscopie chaque 10 ans après l’âge de 50 ans réduit de 40% le risque de mortalité du cancer colorectal.

Coloscopie

Cet examen peut aussi être effectué pour rechercher la cause d’une diarrhée ou de douleurs abdominales non expliquées.


Le grand avantage de la coloscopie est de pouvoir en même temps retirer les polypes et diagnostiquer des lésions tumorales à un niveau précoce. Dans ce dernier cas il est ensuite possible de soigner plus vite un cancer colorectal, plus ce cancer est dépisté tôt et plus les chances de guérison seront élevées.

Effets secondaires et complications

En général, une coloscopie se déroule bien et sans risque, si ce n’est quelques douleurs. Le principal risque grave d’une coloscopie est une perforation, cette complication est rare et concerne environ 1 cas sur 1000. D’autres complications sont des douleurs abdominales, hématomes ou saignements. Une personne sur cent se rend à l’hôpital pour des complications d’une coloscopie, en général à cause de douleurs abdominales.

Certains médecins estiment qu’une coloscopie peut échouer dans environ 20% des cas, principalement à cause de manque d’expérience du médecin pour identifier et retirer les polypes par exemple, d’un intestin impropre (le nettoyage n’ayant pas fonctionné correctement), etc.

La coloscopie est un examen cher et invasif, c’est-à-dire nécessitant l’utilisation de sédatifs, une hospitalisation, du matériel de qualité, etc.

Dans certains pays émergents ou en voie de développement cet examen n’est tout simplement pas réalisable à grande échelle pour l’entier de la population à cause d’un manque de ressources financières, d’équipement ou d’une carence dans la formation des médecins.

Il existe d’autres examens que la coloscopie pour identifier un cancer colorectal, comme l’examen des fèces (recherche de sang dans les fèces), mais pour le moment ces examens sont moins efficaces que la coloscopie.

Taux de complication de 0,38%, selon une étude allemande
Une étude allemande publiée en juin 2017 a montré que le risque de complications pendant la coloscopie et 4 semaines après la procédure était bas, moins de 1%. Ces résultats proviennent d’une étude de cohorte prospective réalisée dans la région allemande du Saarland.
Sur 5’252 participants qui ont répondu à un formulaire décrivant d’éventuelles complications pendant et jusqu’à 4 semaines après avoir effectué une coloscopie, 43 ont rapporté des complications. Mais seulement une minorité de ces cas ont été confirmés par le médecin. Ce dernier a en effet confirmé 10 cas de saignement/hémorragie ainsi que 2 cas de perforation pendant la coloscopie. En rajoutant d’autres cas de complications, le nombre de cas de complications confirmés par le médecin était de 20 cas pour 5’252 participants, soit un taux de complication de 0,38%. Cette étude a été publiée en 2017 dans le journal scientifique Deutsches Ärzteblatt International (Dtsch Aerztebl Int 2017; 114: 321-7).

Différences entre hommes et femmes par rapport au cancer colorectal

  • Chez les hommes les tumeurs se trouvent davantage proche du rectum.
  • Chez les femmes les tumeurs sont localisées davantage proche du côlon.

Comme la coloscopie est plus efficace au niveau du rectum que du côlon, les femmes présentent un risque plus élevé de souffrir de ce cancer, car au moment de réaliser la coloscopie les médecins arrivent moins bien atteindre le côlon. Pour le mensuel français Science & Vie (édition d’août 2014), qui relevait les différences entre hommes et femmes en médecine, les médecins devraient prendre en compte cette information et améliorer les méthodes de dépistage chez la femme.
Une étude canadienne a montré en 2010 qu’une coloscopie chez la femme est moins efficace que chez l’homme dans les 3 ans après la coloscopie.

Âge coloscopie

Une étude publiée le 26 septembre 2016 dans la revue spécialisée Annals of Internal Medicine a montré qu’effectuer une coloscopie après l’âge de 75 ans n’avait aucun effet sur la prévention du risque de cancer colorectal. Autrement dit et selon cette étude réalisée par l’Université d’Harvard, effectuer  une coloscopie après l’âge de 75 ans ne serait pas nécessaire. Cette étude a porté sur l’analyse de plus d’1,3 millions de patients âgés de 70 à 79 ans ayant effectué une coloscopie .

Lire aussi : Une coloscopie tous les 10 ans réduit de 40% le risque de cancer colorectal

Sources (références):
Annals of Internal Medicine , Deutsches Ärzteblatt International (Dtsch Aerztebl Int 2017; 114: 321-7).
Photo: © ag visuell – Fotolia.com

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Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 14.06.2017

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