Diverticulite

Définition

La diverticulite se définit comme l’inflammation des poches appelée diverticules. Ces derniers sont de petites hernies ou poches bombées qui se forment anormalement sur la paroi digestive, essentiellement dans la partie inférieure du gros intestin (côlon). Leurs dimensions varient habituellement de la taille d’un pois jusqu’à celle d’une noisette. Parfois, il existe des diverticules géants qui peuvent atteindre quinze centimètres de diamètre.

Diverticulose ou diverticulite ?
On parle d’une diverticulose si les diverticules ne sont pas enflammés. En d’autres termes, la diverticulose se complique par une diverticulite.

Causes et facteurs de risque

Les diverticules se développent généralement pour former une diverticulite lorsque des endroits naturellement faibles du côlon cèdent sous la pression. Cela entraîne la formation de poches de la taille d’une bille qui traversent la paroi du côlon.

Il existe plusieurs facteurs de risque de la diverticulite :

– La sédentarité. Le manque d’exercice physique augmente le risque de diverticulite.

– Le surpoids et l’obésité. L’obésité surtout est un important facteur de risque.

– Le vieillissement. On sait que la diverticulite augmente avec l’âge.

– L’habitude de manger de la nourriture pauvre en fibres alimentaires. Dans ce cas les selles durcissent et le patient est obligé d’exercer une force beaucoup plus intense pour les excréter. Par conséquent, les zones fragiles de la paroi digestive cèdent et forment les poches herniaires constituant les diverticules.
De plus, la diverticulite survient quand les diverticules sont obstrués par les particules contenues dans les aliments ingérés qui peuvent être des noix, des pépins ou des graines de toute sorte. Une infection apparaît dans ces petites poches qui deviennent des milieux favorables à la multiplication des germes.

– Le fait de fumer. Les non-fumeurs souffrent moins de diverticulite que les fumeurs.

– La prise de certains médicaments. Plusieurs médicaments sont associés à un risque accru de diverticulite, notamment les stéroïdes (corticoïdes), les opioïdes et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) tels que l’ibuprofène et le naproxène.

Symptômes

La diverticulite se manifeste habituellement par l’apparition brutale d’une vive douleur de la fosse iliaque gauche (le côté gauche du bas-ventre ou abdomen) qu’on qualifie aussi d’algie, de la fièvre et des nausées.
Parfois, le côté droit de l’abdomen est plus douloureux, surtout chez les personnes d’origine asiatique1.

Cette algie s’accentue par le toucher, le port de ceinture ou la position penchée en avant. Elle s’accompagne parfois d’une constipation ou de diarrhées (moins fréquent). La douleur dure en général plusieurs jours.

Le patient souffre plus rarement de vomissements, d’un ballonnement abdominal, d’un saignement sortant de l’anus et des troubles de la miction apparaissent.

Diagnostic

Les interrogatoires complétés par des examens cliniques suffisent généralement à identifier la diverticulite.

Le diagnostic se confirme notamment par des analyses de sang et des urines, une échographie, un scanner (CT-Scan, cela permet d’identifier les poches enflammées ou infectées et confirmer un diagnostic de diverticulite), une radiographie et une colonoscopie (c’est-à-dire la visualisation du côlon à l’aide d’un appareil spécial). Ces explorations servent également à rechercher l’existence d’une complication et orientent le médecin sur la conduite du traitement.
Un test des enzymes hépatiques permet d’éliminer les causes de douleurs abdominales liées au foie.

Complications

Selon la Mayo Clinic, environ 25% des personnes avec une diverticulite vont développer des complications comme la péritonite.

Péritonite :
La rupture des diverticules laisse sortir les contenus de l’intestin dans le péritoine, c’est-à-dire les membranes de la paroi interne de l’abdomen et celles qui entourent les organes qui s’y logent. Ce dernier s’irrite et s’infecte, ce qui constitue la péritonite qui est l’une des complications les plus redoutables de la diverticulite.

Autres complications : 
La diverticulite peut mener à la formation d’un abcès (pus), d’une occlusion intestinale ou des hémorragies digestives. Elle crée aussi la fistule ; c’est une sorte de canalicules qui va communiquer de façon anormale le côlon avec les autres organes abdominaux comme la vessie, l’utérus ou le vagin. Par exemple, une fistule reliant l’intestin avec la vessie évacue le pus dans les urines qui deviennent bulleuses et nauséabondes. La diffusion des microbes dans tout l’organisme engendre ce qu’on appelle septicémie (sepsis) qui est souvent fatale.

Augmentation du risque : 
Le risque d’apparition des complications s’accroit chez les individus immunodéprimés et ceux qui ont déjà été auparavant victimes d’une diverticulite compliquée. Il en est de même pour les malades qui prennent des médicaments immunosuppresseurs, des anti-inflammatoires et des anticoagulants. Par ailleurs, les jeunes patients et les personnes qui présentent des signes de gravité s’exposent plus fréquemment aux récidives.

Remarques sur les complications : 
La péritonite, la septicémie (sepsis) et l’occlusion intestinale non traitées à temps sont plus ou moins rapidement mortelles.

Quand consulter un médecin ?

Consultez un médecin chaque fois que vous avez des douleurs abdominales constantes et inexpliquées, en particulier si vous avez également de la fièvre et de la constipation ou de la diarrhée2.

Traitements

Diverticulite non compliquée
À part les antibiotiques et les médicaments qui soulagent la douleur, le médecin prescrit en général un régime alimentaire que le patient doit suivre à la lettre. Si un repos digestif s’avère nécessaire, l’hospitalisation permettra une alimentation parentérale, c’est-à-dire par voie veineuse (injectable).
Des antibiotiques permettent de traiter les infections, bien que les nouvelles directives stipulent que dans les cas très légers de diverticulite, ils peuvent ne pas être nécessaires3.
Ce traitement est efficace chez la plupart des personnes souffrant de diverticulite non compliquée.

Diverticulite compliquée (chirurgie) : 
La diverticulite compliquée ou mal tolérée, les diverticules géants et les crises récidivantes nécessitent en général une opération chirurgicale.
La chirurgie consiste à enlever la partie malade du tube digestif et traiter les anomalies comme les abcès, les saignements, les perforations, les obstructions ou les fistules. Cette technique curative prévient également la récidive.
Il existe deux types de chirurgie : la résection intestinale primaire (en anglais : Primary bowel resection) et la résection intestinale avec colostomie (en anglais : Bowel resection with colostomy).
Lors de diverticulite compliquées, une prise d’antibiotiques par voie intraveineuse en milieu hospitalier appartient souvent au traitement. De plus, un tube est inséré pour drainer un abcès abdominal, si celui-ci s’est formé.

Suivi des soins (selon la Mayo Clinic) : 
Votre médecin peut vous recommander une coloscopie six semaines après votre rétablissement d’une diverticulite, surtout si vous n’avez pas subi l’examen l’année précédente. Il ne semble pas y avoir de lien direct entre la diverticulite et le cancer du côlon ou du rectum. Mais la coloscopie – qui est risquée lors d’une attaque de diverticulite – peut exclure le cancer du côlon comme cause de vos symptômes.

Règles hygiénodiététiques après une diverticulite :
Prenez tout d’abord une alimentation totalement liquide par voie orale. Puis introduisez progressivement des aliments de plus en plus consistants et riches en fibres (lire : Aliments riches en fibres).
À titre indicatif, conformez-vous aux étapes suivantes afin d’obtenir une réalimentation normale :
– Débutez l’alimentation avec de la nourriture pauvre en fibres durant les trois premières semaines comme les légumes cuits et faciles à digérer et les fruits cuits sans peau. Vous pouvez aussi prendre les farineux comme les biscottes et le pain blanc grillé, les viandes maigres ou mi-grasses et les potages. Les boissons gazeuses et les jus de fruits à jeun sont proscrits.
– Durant la quatrième et la cinquième semaine, vous pouvez introduire un aliment par jour; prenez, par exemple, des fruits crus bien mûrs sans leur peau et des légumes crus ou des salades.
– Enfin, vous pouvez manger normalement à la sixième semaine. Par ailleurs, prenez des fruits et légumes variés crus ou cuits à raison de cinq fois quotidiennement.
Après avoir franchi ces trois étapes, consommez des nourritures riches en fibres.
Il faut savoir que les fibres sont proscrites pendant les crises et fortement conseillées en dehors des poussées douloureuses.

Bons conseils

– Faites régulièrement de l’exercice physique, cela permet notamment de diminuer la pression à l’intérieur du côlon.

Consultez votre médecin en cas de :

– Fièvre associée à une douleur vive ou inhabituelle au ventre

– Fragilité ou dégradation de votre état de santé

– Répétition des crises

– Inappétence ou difficulté à boire

Prévention

– Consommez régulièrement des aliments riches en fibres comme les légumineuses, les céréales à grains entiers, le riz brun, le pain complet, les fruits et les légumes tout en les mastiquant suffisamment.

Bons conseils pour soigner une diverticulite

– Évitez les épices, l’excès de viandes, les matières grasses, les lentilles, le brocoli, le chou-fleur, les raisins secs et les produits céréaliers raffinés.

– Buvez suffisamment

– Faites des activités physiques régulières

– Lorsque vous sentez le besoin d’aller à la selle, ne vous retenez pas

– Abstenez-vous de l’abus de laxatif

– Suivez les conseils de votre médecin pour stimuler votre système immunitaire

– Evitez de fumer (un facteur de risque de la diverticulite)

Si vous êtes atteinte de la diverticulose ou si vous avez eu auparavant des crises de diverticulite :

– Prenez des fruits sans leurs pépins

– Abstenez-vous de consommer le maïs soufflé ou en épi, les noix et les graines

– Demandez conseils à votre médecin en cas de constipation

– Consultez votre médecin si vous pensez avoir besoin de prendre des corticoïdes ou des anti-inflammatoires.

– La prise de probiotiques pourrait aider lors de diverticulite.

Sources :
Mayo Clinic

Rédaction :
Xavier Gruffat (pharmacien)

Dernière mise à jour : 
23.02.2021

Comment traduit-on la diverticulite dans d’autres langues ?
  • Anglais : Diverticulitis
  • Allemand : Divertikulitis
  • Italien : diverticolite

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Notes de bas de page et références :

  1. Article de la Mayo Clinic datant du 7 mai 2020, site accédé par Creapharma.ch le 23 février 2021 et le lien fonctionnait à cette date
  2. Article de la Mayo Clinic datant du 7 mai 2020, site accédé par Creapharma.ch le 23 février 2021 et le lien fonctionnait à cette date
  3. Article de la Mayo Clinic sur les traitements de la diverticulite datant du 7 mai 2020, site accédé par Creapharma.ch le 23 février 2021 et le lien fonctionnait à cette date
Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 23.02.2021