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Phényléphrine

La phényléphrine est surtout utilisée actuellement en médecine pour décongestionner la muqueuse nasale lors de rhume (rhinite) sous forme de goutte nasale ou en prise interne, souvent associée à d’autres molécules. La phényléphrine a une structure qui est très proche de celle de l’adrénaline.

Noms :
Phényléphrine, chlorhydrate de phényléphrine (nom du sel qu’on retrouve dans beaucoup de médicaments), Phenylephrinum PhEur, Phenylephrini hydrochloridum PhEur, Phenylephrinhydrochlorid

Effets :
La phényléphrine a un effet quasi-exclusif sur les récepteurs α-adrénergiques. La phényléphrine a des propriétés sympathomimétiques, vasoconstrictrices et décongestionnantes.

Indications :
Rhume (rhinite)
Refroidissement
Grippe (contre le rhume)
– Rhinite allergique et vasomotrice
Conjonctivite

Effets secondaires :
Les effets secondaires peuvent être occasionnellement, des tremblements, des maux de tête, une augmentation de la pression sanguine (hypertension), une irritation des yeux, une accélération du pouls, des extrasystoles, une excitation du système nerveux central et un rythme cardiaque rapide peuvent se produire1. Dans de rares cas, on observe une anxiété, une pâleur, des réactions d’hypersensibilité, une arythmie cardiaque et une augmentation de la pression intraoculaire. Lire aussi ci-dessous sous Remarques pour un risque en terme cardiovasculaire.

Contre-indications :
Hypersensibilité, glaucome à angle étroit, hypertension artérielle, traitement concomitant ou traitement par des inhibiteurs de la MAO depuis moins de 2 semaines, patients présentant une dilatation permanente des vaisseaux sanguins, le syndrome de Raynaud2.

Interactions :
L’administration simultanée de phényléphrine et d’inhibiteurs de la MAO (ces médicaments sont utilisés pour traiter la maladie de Parkinson, l’anxiété et la dépression), d’antidépresseurs tricycliques, d’antihypertenseurs, de guanéthidine ou de médicaments ayant des effets atropiniques peut entraîner une augmentation de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque. Les décongestionnants comme la phényléphrine peuvent interférer avec l’efficacité de certains médicaments contre la tension artérielle, l’épilepsie, le cœur, le diabète ou la thyroïde, mais aussi affecter la maladie chronique elle-même3.
Pour la liste complète d’interactions, veuillez lire la notice d’emballage.

Médicaments vendus en Suisse (selon le site Compendium.ch, état en mars 2022) :
Préparations composées (plus d’un principe actif) :
Original :
NeoCitran® Grippe/Refroidissement pour adultes, poudre (avec en plus de la phényléphrine, de la phéniramine, du paracétamol et de la vitamine C)
Génériques :
Sous forme orale (ex. poudre, capsules)
neotylol® Grippe (avec en plus de la phényléphrine, de la phéniramine, du paracétamol et de la vitamine C)
Rhinocap® Capsules Tentan (avec en plus de la phényléphrine, du dimenhydrinate et de la caféine)
Rhinocap® Capsules Dr. Grossmann (avec en plus de la phényléphrine, du dimenhydrinate et de la caféine)
Triofan® Rhinite retard, capsules (avec en plus de la phényléphrine, du chlorphénamine)
En goutte ou spray :
Vibrocil, gouttes nasales
Otriduo Rhume, spray-doseur (avec en plus de la phényléphrine, du dimétindène)
En collyre :
Neosynephrin-POS® 5%
En injection :
Il existe en Suisse différentes préparations à utiliser en injection.

Remarques :
– Le NeoCitran® en poudre, qui contient de la phényléphrine, a été mis sur le marché en Suisse en 1985, mais la phényléphrine a été enregistrée pour la première fois en Suisse en 1968. Il existait en 2022 en Suisse au moins un générique (lire ci-dessus). Le Rhinopront® n’est plus disponible sur le marché suisse.
– La phényléphrine a été placée sur une liste de médicaments à éviter publiée en 2017 par la revue française Prescrire (connue pour son indépendance de l’industrie pharmaceutique). La phényléphrine vient compléter d’autres molécules appelées sympathomimétiques vasoconstricteurs ou décongestionnants nasaux utilisés aussi contre le rhume comme l’éphédrine, la naphazoline, l’oxymétazoline, la pseudoéphédrine et le tuaminoheptane. Selon Prescrire ces médicaments ou molécules exposent à des troubles cardiovasculaires graves voire mortels. La prise de phényléphrine sous forme de spray, c’est-à-dire localisé au niveau du nez, est probablement moins risqué en terme d’effets secondaires cardiovasculaires qu’une prise en usage interne (ex. comprimé, sachet).
– La renommé institution médicale américaine Mayo Clinic estime aussi que les décongestionnants nasaux comme la phényléphrine ou la pseudoéphédrine peuvent parfois causer plus de mal que de bien, surtout s’ils sont mal utilisés ou pris par des patients qui ne devraient pas les utiliser4. En effet, la prise d’un décongestionnant oral peut soulager temporairement la congestion nasale, mais ce médicament peut aussi créer une augmentation de la tension artérielle et de la glycémie, aggraver un glaucome ou des problèmes urinaires, augmenter le risque de convulsions et affecter les problèmes cardiaques.
– De plus, l’utilisation de sprays nasaux décongestionnants en vente libre (OTC) pendant plus de trois ou quatre jours peut entraîner une aggravation de la congestion nasale une fois que le décongestionnant s’estompe, une maladie appelée rhinite de rebond (en anglais : rebound rhinitis).

Sources & Références : 
Sources : 
Pharmawiki.ch, Compendium.ch, Le Matin (lematin.ch), Wikipedia.org (en français), Mayo Clinic.

Rédaction : 
Xavier Gruffat (Pharmacien)

Dernière mise à jour : 
01.03.2022

Crédits photos :
Fotolia.com/Adobe Stock

Notes de bas de page et références :

  1. Site en allemand Pharmawiki.ch
  2. Site en allemand Pharmawiki.ch
  3. Article de la Mayo Clinic datant du 1er mars 2022, site accédé par Creapharma.ch le 1er mars 2022 et le lien marchait à cette date
  4. Article de la Mayo Clinic datant du 1er mars 2022, site accédé par Creapharma.ch le 1er mars 2022 et le lien marchait à cette date

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Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 01.03.2022
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